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10 idées reçues sur l’histoire de l’école

  • mis à jour le mardi 27 avril 2021
  • 7 Min de Lecture

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10 idées reçues sur l’histoire de l’école

Lumière sur l’école d’hier

Le diable se cache dans les détails dit-on, mais il peut être également niché dans les approximations, les croyances, les idées reçues et contre-vérités. En histoire notamment, comme le rappelle le médecin-psychiatre Patrick Clervoy :

« La vérité historique est une construction. Elle est le produit d’un travail sous influence. » 

Cette influence, voulue ou inconsciente, touche naturellement des périodes ou domaines de l’histoire plus que d’autres. Ainsi, l’histoire de l’école dont la démocratisation est une des gloires du régime républicain, et dont l’actualité et le devenir suscitent actuellement des débats passionnés, est plus sujette à subir cette influence que l’histoire de l’Egypte Ancienne par exemple.

Tout le travail et le défi de l’historien est d’être capable de prendre du recul pour donner une vision réaliste du passé et de notre héritage. C’est ce que propose l’historien de l’éducation, professeur émérite à l’université Paris-V et auteur, Claude Lelièvre dans son dernier ouvrage « L’école d’aujourd’hui à la lumière de l’histoire » paru récemment chez Odile Jacob.

De son livre, voici 10 idées reçues anecdotiques, étonnantes ou franchement troublantes sur l’histoire de l’école.

Des véritables débuts de l’école

1. Qui a eu cette idée folle ?

Contrairement à ce qu’affirme la malicieuse chanson de France Gall, ce n’est pas vraiment Charlemagne qui a eu « l’idée folle un jour d’inventer l’école », puisque les premières écoles apparues en France sont le fait des Romains suite à la conquête de la Gaule. Pour autant, l’empereur carolingien a bien eu un rôle important dans l’histoire de l’école en tant que restaurateur et novateur.

Charlemagne contribue, en effet, à la renaissance des écoles, disparues à la suite de l’effondrement de l’Empire Romain, dans un souci d’unité du royaume franc. En son esprit, l’unité politique n’est possible que par l’unité du culte religieux. Ainsi, il exige de chaque évêchés et monastères d’accueillir une école pour enseigner les psaumes, l’écrit, le chant, le calcul et la grammaire.

2. Jules Ferry a-t-il rendu l’école obligatoire ?

C’est une idée reçue des plus connues et persistantes. Pourtant, non, l’école n’est pas rendue obligatoire par Jules Ferry.

Le 20 janvier 1880, Jules Ferry propose à la Chambre des députés un projet de loi qui rendrait l’instruction obligatoire pour les filles que pour les garçons.

Mais cette instruction n’a pas obligation d’être reçue à l’école, elle peut être donnée à la maison, chez l’enfant. Sa présence à l’école n’est donc pas obligatoire.

Après des disputes incendiaires et une certaine résistance de la part des conservateurs, la loi de Jules Ferry est finalement validée le 28 mars 1882.

Quelques légendes sur l’école de la IIIème République

3. Nos ancêtres les Gaulois. Vraiment ?

Les ancêtres valorisés dans les livres d’histoire de la IIIème République ne sont pas les Gaulois, mais les Gallo-romains. Ernest Lavisse, historien et rédacteur des manuels scolaires sur l’histoire aurait détesté l’insolente résistance du village d’Astérix contre les troupes romaines.

Dans ses manuels, Lavisse fait comprendre aux enfants que l’invasion de la Gaule par les Romains est la meilleure chose qui soit arrivée aux Français. Cela leur a permis de sortir de l’« obscure sauvagerie gauloise » pour entrer de plein pied dans la « civilisation romaine et la lumière du progrès ».

On remarquera, bien sûr, que cette vision de l’histoire « progressiste et civilisationnelle » justifiait, de surcroit, les ambitions et actions colonialistes françaises d’alors.

4. La IIIème République a-t-elle banni Dieu de l’école ?

Le divorce entre l’Etat et l’Eglise signé en 1905 a été long, déchirant et très compliqué. Pourtant, si les religions, et le catholicisme en premier, ont été banni de l’enseignement public, Dieu y est resté.

Jules Ferry laisse dans l’enseignement primaire, un programme intitulé « les devoirs envers Dieu ». L’objectif pour l’enseignant est simple :

  • Il doit faire comprendre à ses élèves que Dieu n’est pas une blague et, que par conséquent, son nom ne doit pas être prononcé à tort et à travers.
  • Par ailleurs, que Dieu s’appelle Allah ou Bouddha, qu’il vienne de l’islam, du judaïsme ou du catholicisme, il mérite le même respect et la même dévotion.

Ces devoirs envers Dieu feront partie de l’instruction scolaire pendant plus de 60 ans. Ce n’est qu’à la Libération qu’ils seront vraiment supprimés.

Pourquoi Jules Ferry a-t-il fait ces compromis ? Pour montrer patte blanche à une grande partie des Français, très attachés au catholicisme, et certainement pour faire comprendre que la laïcité n’a pas vocation à empêcher l’existence de la religion. Son unique but, c’est d’empêcher la religion de faire de la politique.

5. Qui sont les hussards noirs de la République ?

Dans l’imaginaire collectif, les hussards noirs de la République est le surnom donné par Charles Péguy aux instituteurs, dans le but de les valoriser et de les honorer comme les agents officiels de la République.

Pourtant, ce ne sont pas les instituteurs que désignait Charles Péguy, mais les normaliens qui portaient alors un uniforme noir. Dans l’esprit de l’époque, l’Ecole normale supérieure se devait être une sorte de pendant civil de l’Ecole polytechnique et de Saint Cyr. Or, jusqu’à preuve du contraire, l’uniforme reste un outil incroyablement efficace pour faire naître l’esprit de corps que l’on retrouve à l’armée.

L’héritage monarchique de notre système scolaire

6. Qui a imposé la dictée à l’école ?

Au regard de la place quasi-sacrée que l’Education Nationale accorde à l’orthographe et à la dictée, on pourrait légitimement croire qu’elle a été instaurée par Jules Ferry sous la IIIe République. Eh bien non.

Celui à qui on doit la dictée est le ministre de l’instruction publique du roi Louis-Philippe, François Guizot qui l’a fait entrer dans les programmes de l’école primaire en 1834.

Pour la petite anecdote, Jules Ferry n’a jamais été un grand fan de la dictée. Selon lui, il était absurde de se focaliser sur l’orthographe plutôt que sur la capacité de rédaction et d’argumentation. Autrement dit, il lui semblait absurde de faire une fixette sur la forme au détriment du fond. Position intéressante, mais qui manifestement n’a pas su être entendu.

7. Le baccalauréat est-il d’origine républicaine ?

Au même titre que la dictée, voire davantage, le bac est présenté comme la marque de fabrique de l’école républicaine. Citons une formule de Michel Blanquer, Ministre de l’Education Nationale : « le baccalauréat, un des plus beaux rendez-vous républicains ». Là encore, c’est non.

A son origine, le bac était une épreuve orale créé sous Napoléon Ier pour rentrer à l’université. Mais les principales réformes qui en ont fait un examen fondé sur le mérite et l’égalité des chances de réussite, se sont produites durant la monarchie de Juillet. Là encore, sous l’impulsion du roi Louis-Philippe.

Ces réformes ont fait du bac une épreuve écrite anonyme reposant sur des sujets nationaux, et ont conçu les fameuses mentions du bac. Comme quoi la méritocratie, n’est ni une invention ni une exclusivité républicaine.

8. Pour qui les vacances d’été ont-elles été instaurées ?

Là aussi, contrairement à une idée reçue tenace, les vacances d’été n’ont pas été instaurées pour permettre aux petits Français d’aider leurs parents dans les travaux des champs. Ces derniers se déroulant d’ailleurs du printemps à l’automne. Les vacances d’été sont, en fait, un héritage issu du mode de vie de la noblesse.

Les familles aristocratiques disposaient, en effet, de plusieurs résidences, et partageaient leur temps de vie entre leur maison de ville lors de la saison grise, et leur domaine campagnard pendant la belle saison où tout le monde se rencontrait pour faire vivre son réseau de sociabilité.

Les familles bourgeoises, désireuses de se rapprocher toujours plus des nobles pour s’éloigner du peuple « travailleur », adoptèrent le même mode de vie.

Ainsi, les premières vacances d’été furent mises en place uniquement pour les collégiens et lycées, qui n’étaient alors que des enfants issus de la bourgeoisie et de la noblesse, pour leur permettre de rejoindre leurs parents à la campagne.

Châtiments corporels et les clichés sexistes : des réalités d’un autre âge ?

9. Les châtiments corporels, une pratique pas si ancienne

Coup de bâton, coup de règle en bois ou en fer sur les doigts, oreilles tordues etc. Il est connu que les châtiments corporels ont été longtemps présents à l’école.

Si Jules Ferry avait promulgué une loi en 1887 pour les interdire au sein de l’école républicaine, la Cour de cassation reconnait par deux fois, en 1889 et 1908, un droit de correction de l’instituteur sur l’enfant.

Ce n’est qu’en 1978, qu’un arrêté décrète que « tout châtiment corporel, pour quelque cause que ce soit, est strictement interdit. »

Pourtant, les punitions comme la fessée, la gifle, le tirage de cheveux et d’oreilles perdurent dans les classes jusque dans les années 1980 comme l’a révélé une vaste enquête sur la discipline et les punitions à l’école du sociologue Bernard Drouet.

10. Les clichés sexistes persistent dans les manuels scolaires

Que l’école républicaine du 19ème siècle est été discriminante envers les femmes, cela n’étonne personne. Ainsi les petites filles étaient essentiellement instruites pour devenir bonnes épouses et mères de familles. Et les figures historiques féminines peu présentes subissent des analyses qui se passent de commentaires.

Ainsi Catherine de Médicis est dépeinte comme une empoisonneuse perfide, Marie-Antoinette comme une frivole intrigante, ou encore Catherine de Russie comme une cruelle folle furieuse. Le message sous-jacent est que les femmes sont incapables de faire de preuve de raison, et donc il est dangereux de leur confier le pouvoir politique.

Mais plus troublant, c’est que cette discrimination perdure jusque dans l’histoire contemporaine.

En 1997, le premier ministre Alain Juppé se voit remettre un rapport sur l’image de la femme dans les manuels scolaires. Et la conclusion est claire : « L’image donnée de la femme dans les manuels scolaires ne permet pas aux jeunes filles de trouver des modèles positifs d’identification. […] Pas ou peu valorisée pour ses qualités, la femme n’est pas invitée à participer à la vie économique ni à l’histoire de son pays. »

Plus proche encore de nous dans le temps, une étude « les manuels de lecture de CP sont-ils sexistes ? » réalisée en 2007 par l’universitaire Christine Fontanini, professeur des sciences de l’éducation, démontrent la persistance de « modèles d’identification conformes aux stéréotypes de sexe. […] Le père [est] peu concerné par les tâches familiales, tandis que la vie professionnelle des mères n’est guère évoquée ».

Des progrès restent donc à faire, et l’histoire des femmes est un autre sujet. Retenons juste que la médiocrité n’a pas d’autre intelligence que la superficialité.

Source :  L’école d’aujourd’hui à la lumière de l’histoire. Claude Lelièvre, aux éditions Odile Jacob.
écrit par

La rédaction

Éducation

Société

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