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À la rencontre des femmes chamanes du Gabon et du Pérou

  • mis à jour le vendredi 6 mars 2020
  • 24 Min d'écoute

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Présentation de David Paquin, réalisateur de « Visions chamaniques. Territoires oubliés »

Le film 

BloomingYou est allé à la rencontre du réalisateur David Paquin dont le dernier film « Vision chamaniques. Territoires oubliés.» sortira au cinéma le 11 mars 2020.

Dans ce film, nous suivons l’itinéraire initiatique d’une Française dont le chemin nous emmène à la découverte des rites des femmes chamanes de deux peuples premiers : les Fangs du Gabon et les Shipibo-Conibos du Pérou.

Chez ces femmes, le chamanisme est tout un art de vie et d’exercices de conscience avec des objectifs concrets : aider, réparer, améliorer la santé mentale et le quotidien des personnes.

Rencontre avec David Paquin

  • C’est votre 3ème film sur le chamanisme. Vous avez aussi réalisé « Chamane, le chant de la vie » et « Rencontres chamaniques de la France à l’Amazonie ». Pourquoi cet attrait pour le chamanisme ?

David Paquin : Ma mère était évangéliste. A l’adolescence, je suis allé à l’Eglise Evangéliste pendant 4 ans. J’ai été très tôt touché par le sujet des questions existentielles (D’où on vient ? Qu’est-ce qu’on fait là ? Où est ce qu’on va ?). C’est quelque chose que j’ai porté, puis j’ai fait ma vie d’adulte en devenant réalisateur.

  • Comment le chamanisme est entré dans votre vie ?

David Paquin : J’ai rencontré assez tôt le chamanisme grâce à mes voyages, bien que cela soit resté longtemps une énigme.  Puis, autour de mes 33-34 ans, quand cela n’allait pas trop dans ma vie, j’ai rencontré une chamane avec laquelle j’ai fait un travail sur moi pendant 4 ans. J’ai été ébloui et transformé. Du coup, j’ai eu envie en tant que réalisateur de film de partager ce que l’on m’avait enseigné.

  • Comment a commencé votre œuvre autour du chamanisme ? Et pourquoi continuer ?

David Paquin : Il y a 10 ans, j’ai rencontré un jeune garçon, un voyou au caractère dur et qui était en colère contre la vie. A 36 ans, il a été atteint d’un cancer, et était quasiment condamné par la médecine. Il est parti voir un chamane d’Amazonie qui l’a miraculeusement guéri. Son histoire m’a touché et j’en ai fait mon 1er film sur le chamanisme.

C’est à l’occasion de ce 1er film que je rencontre les peuples premiers et les chamanes. Ce sont des gens exceptionnels, une fois qu’on les a rencontrés on a envie de les revoir. J’ai donc continué à faire des films sur le chamanisme.

Pour son 3e film« Vision chamaniques. Territoires oubliés. » , David Paquin suit l’initiation d’une femme, dont le parcours est un écho à son histoire personnelle. Comme son héroïne, David Paquin a été initié par une femme chamane et son film leur est dédié.

Plongée au cœur du chamanisme au féminin

Les femmes, les premières chamanes de l’Histoire 

Pour pouvoir s’approcher des femmes chamanes, notamment les Fangs, David Paquin a dû montrer patte blanche. Dans cette communauté, hommes et femmes sont séparés et vaquent à leurs activités. Ils se rassemblent cependant lors des rituels et des cérémonies.

Pour David Paquin, gagner la confiance des femmes-chamanes n’a pas été simple : il lui a fallu passer beaucoup de temps auprès d’elles et s’initier à leurs rites.

  • Quelle est la différence entre le chamanisme des femmes et celui des hommes ?

David Paquin : La vraie différence entre le chamanisme au masculin et au féminin, c’est une question de sensibilité. Et personnellement, la sensibilité féminine me touche particulièrement.

  • D’où vient cette différence de sensibilité ?

Selon une légende indienne, on dit que les femmes, quand elles avaient « leur lune », avaient des visions. Elles entraient dans une hutte spécifique avec des grands-mères qui accueillaient et discutaient avec ces jeunes femmes. Pendant cet échange, des visions pouvaient avoir lieu. Une fois que leur lune était terminée, elles revenaient dans la communauté et racontaient ce qu’elles avaient vu.

Les hommes ont eu envie d’avoir ces capacités-là. N’y arrivant pas naturellement, ils ont inventé des moyens artificiels : les quêtes de vision, les huttes de sudation où il fallait transpirer, partir jeûner seul en forêt pendant 5 jours, etc.

Le chamanisme au féminin

Pour les femmes chamanes, la vie est organisée autour de rituels et cérémonies qui peuvent durer entre 24 et 48h.

  • Comment se déroulent ces cérémonies ?

David Paquin : Cela démarre toujours le matin et on commence par aller voir l’arbre reconnu comme le « maitre du lieu » que l’on honore par des actes et des chants. On fait de même pour un bras de rivière. L’idée est de demander à toutes ces entités que la cérémonie se passe bien et qu’on puisse avoir des réponses aux questions pendant la cérémonie.

Toute la journée de rituels sert à faire monter la joie jusqu’au soir où il va y avoir la danse et des transes.

A l’heure de la veillée, la musique commence. En son centre, il y a une harpe. Mais pas n’importe laquelle, une harpe sacrée dans laquelle un esprit s’est glissé. C’est d’ailleurs quand celui-ci a envoûté la harpe que la cérémonie peut commencer. Le musicien va jouer de cette harpe pendant 8-10h d’affilée tout en chantant. Chaque note correspond à une vibration énergétique particulière et chaque personne possède sa propre vibration.

  • Quel est le but de ces cérémonies ?

David Paquin : Ces cérémonies sont faites pour faire monter la joie et continuer notre chemin de beauté. Nous nous demandons tous : quel doit être mon chemin de vie pour me réaliser ? Mais jamais nous nous demandons : comment faire pour que mon chemin de vie soit celui de l’épanouissement et de la beauté. Ce sont deux approches du sens de la vie complétement différentes.

  • Parmi tous les peuples premiers que vous rencontrez, y a-t-il uniquement des femmes chamanes, ou y a-t-il aussi des hommes ?

David Paquin : Il y a bien sûr des hommes aussi. D’ailleurs, dans beaucoup de peuples premiers, l’homme est chamane, et sa femme l’accompagne. Parfois elle est autant chamane que lui, mais c’est l’homme qui est mis en valeur comme en Amazonie équatorienne chez les Indiens Shuars. Dans d’autres régions, comme en Sibérie ou au Canada, il y a en revanche beaucoup plus de femmes-chamanes.

Le chamanisme selon David Paquin

Le langage oublié

  • Qu’est-ce que le chamanisme pour vous ?

David Paquin : Le chamanisme est né avec l’homme. Parmi tous les peuples premiers que j’ai rencontrés, tous disent que nous avons la capacité d’avoir deux langages. On a le langage intellectuel qui permet d’acquérir le savoir, c’est celui du langage matériel. L’autre langage est celui du ressenti, qui permet d’acquérir de la connaissance.

Le langage du ressenti demande de taire le mental de se mettre dans un silence intérieur. Souvent, dans le chamanisme, on va passer par la transe plus ou moins profonde, la méditation ou la danse pour toucher son ressenti. Cela demande également d’observer le monde, de voir les signes, de voir que tout est en relation et que rien ne se passe au hasard. C’est s’aligner avec ce corps d’énergie et le corps physique.

Le chamanisme pourrait être résumé à être en communication avec le monde des esprits. Mais il faut comprendre par esprit, les énergies. Et tout est énergie : les plantes, les humains, les animaux. Tout corps physique a une énergie et on peut communiquer sans mots. C’est une relation avec le vivant et la vibration énergétique.

La différence entre l’acte chamanique et le chamanisme

  • Qu’est-ce que l’acte chamanique ? Et quelle différence avec le chamanisme ?

David Paquin : L’acte chamanique c’est juste l’acte de rentrer en soi dans son ressenti. Tout le monde peut faire cet acte. Il n’est pas nécessaire d’être chaman pour cela. C’est cela qui m’intéresse dans le chamanisme : ce n’est ni une religion ni un dogme, mais un chemin de liberté. C’est juste être dans son ressenti. L’acte chamanique est le socle des thérapies qui a accompagné l’homme depuis toujours. Dans le chamanisme, il n’y a ni bien ni mal, c’est de l’énergie avec de la lumière et de l’ombre.

Être chamane dans une communauté, c’est complètement différent. C’est quelqu’un de choisi et élu par les esprits. On ne se demande pas si on est chamane ou pas, on le sait par les esprits.

  • Quelle vision de la vie a-t-on après un acte chamanique ?

David Paquin : On a celle des peuples premiers. Ils voient la Terre comme un corps avec ses points faibles et ses points forts. Une mine, un lac, une montagne est un point fort de la Terre. Quant à nous, humains, on est juste ses enfants. Quand on saisit la beauté d’un arbre et d’une rivière, on est en pleine gratitude. Ressentir ça change à peu près tout. Vivre prend tout son sens, on se sent lié à tout. La solitude n’existe pas dans le chamanisme.

Ce que nous pouvons apprendre du chamanisme

  • Que peut apporter le chamanisme aux sociétés modernes ?

David Paquin : C’est un patrimoine culturel super important parce qu’on va en avoir besoin dans nos sociétés en manque de sens. Beaucoup de gens ne sont pas bien, parce que mal positionnés. J’ai été dans leur situation, je suis allé à droite et à gauche, et enfin je me suis retrouvé. C’était un réel soulagement.

J’ai fait mes choix et pas forcément les bons, mais je n’ai pas l’impression d’avoir été à contre-courant de ma vie. Sandra Ingerman, qui intervient dans le film, dit qu’en Occident, on a tous l’impression d’être à contre-courant. On est jeune, on grandit, on s’établit et à un moment on se dit : mais pourquoi tout ça ? A quoi ça sert ?

  • Que diriez-vous pour donner envie à nos lecteurs d’aller voir votre film ?

David Paquin : Mon film est une proposition. Celle de voir les choses un peu différemment sur le chamanisme, et de comprendre que c’est quelque chose de très ouvert. Il s’agit de rentrer dans son ressenti et d’utiliser un autre langage que celui de son mental.

Ma 2nde proposition est de voir la vie sous un autre angle. On regarde souvent la vie comme un chemin très linéaire, et on avance tout droit. Essayons de regarder différemment nos vies et nos projections. J’essaie de donner un peu de joie et d’espoir.

Un beau programme qui vaut le détour. En salle à partir du 11 mars !

Merci David !

écrit par

Amal Dadolle

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