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Christelle Kocher, la mode au-delà des clivages

  • jeudi 12 avril 2018
  • 6 Min de Lecture

Le mariage du sportswear avec la haute couture

Dans le monde de la mode, les designers de grandes marques finissent toujours pas prendre leur envol et créer leur propre maison de collection. Parmi eux, on trouve la maison Koché, inspiré du nom de famille de sa fondatrice, Christelle Kocher. Que vous aimiez la mode ou non, vous allez découvrir le parcours de vie et le portrait d’une jeune femme aussi sage que talentueuse, et dont la joie de vivre et l’optimisme sont contagieux. Ses créations reflètent d’ailleurs son état esprit et sa vision du monde qui en découle. Un monde multiculturel, mélangé, ouvert et tolérant. Dans la langue des vêtements, cela se traduit par le mariage du sportswear, du streetwear ainsique le prêt à porter et la Haute Couture.

C’est dans son atelier que Christelle a eu la gentillesse de nous accueillir et de nous raconter son histoire et son parcours.

Une enfance sportive dans la banlieue de Strasbourg
  • D’où viens-tu ? Qui étaient tes parents, et à quoi ressemblait ton enfance ?
  • J’ai grandi dans la banlieue de Strasbourg, au sein d’une famille qui n’avait rien à voir avec le milieu de la mode ou celui de l’art.
  • La mode est venue comment ?
  • Par la télévision, je regardais les défilés d’Yves Saint Laurent et de Christian Lacroix, c’était magnifique !
  • Quand a eu lieu le déclic ?
  • On m’avait offert à Noël des bouquins de type bio d’artistes pour les enfants sur Picasso, Braque, Van Gogh, Matisse. Quand je lisais ces livres, je trouvais ça incroyable.

Le dessin lui permet de s’échapper et de rêver. Ce n’est qu’à la fin du collège, qu’elle comprend que la mode peut être un métier. Son ambition est donc toute désignée : être styliste.

Après un bac S et un BTS de mode, elle obtient une bourse pour faire ses études dans une très prestigieuse école de mode, la Central Saint Martins de Londres. Celle-là même qui avait accueilli John Galliano, Alexander McQueen, et Hussein Chalayan, entre autres. « J’ai fini major de ma promo, et j’ai trouvé du travail directement en sortant de l’école, chez Armani en Italie ».

Un parcours brillant entre grandes et petites maisons.

L’expérience chez Armani s’avère très satisfaisante pour Christelle Kocher : « ça a été une très bonne expérience, très formatrice, parce que c’était intéressant d’avoir une marque de mode qui était industrielle avec des moyens assez incroyables. »

J’essaie au maximum de me dire « un problème, une solution ». C’est sûr qu’être entrepreneur en France, ce n’est pas sans difficulté. Mais je n’aime pas le mot problème, je préfère le mot « challenge », c’est plus positif.

Amoureuse de Paris, elle quitte l’Italie pour revenir à la capitale avec en tête l’idée de travailler dans de plus petites maisons. Ces maisons à taille humaine et non industrielle sont susceptibles d’approfondir ses connaissances. « Il y a une créatrice que j’adorais à l’époque, Martine Sibon. Je l’ai contacté et j’ai eu un job. Ensuite je suis allée chez Chloé, en tant que responsable du flou. Puis chez Sonia Rykiel, et chez Dries van Noten, en Belgique à Anvers. »

Une vie professionnelle plus que remplie donc !

Une vie entre Paris – New York – Italie

D’autant que cela ne s’arrête pas, car en parallèle, Christelle Kocher reçoit deux belles propositions :

  • « Une à Bottega Veneta, où il s’agissait de dessiner tout le prêt-à-porter, sous la direction artistique de Thomas Maier »
  • « L’autre chez le groupe Chanel qui me proposait de reprendre et de donner un nouveau souffle à une de leur maison d’art qu’ils venaient d’acquérir, la Maison Lemarié. En utilisant l’artisanat et le savoir-faire de cette Maison, je devais rebooster la collection, en lui donnant un coup de frais. Même si l’artisanat à la broderie n’était pas mon corps de métier, j’ai accepté le challenge »

Sa vie l’amène donc à passer une semaine par mois à New York au studio de Bottega Veneta, et une semaine en Italie ensuite pour les essayages. Tout en revenant le reste du mois à Paris pour travailler sur les collections de Chanel. Cela fera alors 13 ans que Christelle met sa créativité au service des autres maisons.

 

La création de la marque Koché
  • Comment et quand as-tu fondé ta maison Koché ?
  • Je voulais le faire au bon moment. Le bon moment, c’était d’avoir l’expérience nécessaire, mais aussi les moyens de le faire. C’est arrivé il y a 3 ans quand j’ai pu investir afin de créer une marque. J’ai aussi continué à travailler pour la Maison Lemarié du groupe Chanel, afin de développer ce que j’avais initié avec l’artisanat.
  • Pourquoi avoir choisi de continuer avec la Maison Lemarié ?
  • Parce qu’aujourd’hui c’est une richesse, un atout et un axe de différenciation fort. Koché c’est vraiment un mélange où j’utilise l’héritage de la couture de l’artisanat français avec le prêt-à-porter du luxe mais en faisant des ponts avec la Street culture, le sportswear, et en injectant aussi mon goût pour l’art contemporain dedans. C’est un projet qui est très sincère et très personnel.

L’idée pour Christelle est de proposer un dialogue. Koché n’est ni une marque de couture, ni une marque streetwear. Christelle aime les deux et tout son travail consiste à faire  » que les deux cohabitent ensemble « 

Aujourd’hui, on mixe, et le mélange correspond à une certaine idée de voir le monde. On n’a plus du tout envie d’avoir une société clivante, mais une société d’échanges.

Cet état d’esprit d’échange et d’affranchissement des barrières, elle le reporte sur ses collections, naturellement, mais aussi sur :

  • Ses défilés, où elle manifeste son goût pour l’art en invitant des gens qui viennent de la musique, comme des DJ et des chorégraphes. Son casting est composé aussi de gens qui sont des modèles habitués aux très grandes maisons. D’autres qui viennent de ses rencontres à Londres, Tokyo ou des USA, ou encore des gens qu’elle croise dans la rue, durant des soirées, ou tout simplement en se baladant. Tous « représentent une certaine jeunesse ou quelque chose : une timidité ou une innocence qui m’aurait touché. Le physique pour moi n’est pas le plus important, ce qui compte c’est la personnalité. »
  • Les prix. « C’était très important d’avoir une partie de la collection qui soit accessible en prix. Évidemment ce sont des pièces de créateurs qui ne sont pas fabriquées en masse, donc ça a un certain prix. J’ai des tee-shirts à 90-100 euros, des hoodies à 200-300 euros, et des robes à 300-350 »

L’échange, l’ouverture, la tolérance, la curiosité… ce sont finalement ces valeurs qui sont le véritable imprimé des vêtements Koché, et sa signature. L’organisation d’un défilé à l’intérieur de l’Église Saint-Merri, près du Centre de Georges Pompidou ne fait que le confirmer.

Koché, plus que des vêtements, une philosophie de vie !
  • Pourquoi avoir organisé un défilé dans cette Église ?
  • Elle est particulière. Elle a été la première à célébrer les mariages gays. Le curé est très ouvert et invite des hindous, des musulmans, des protestants, …. à célébrer la foi ensemble. Un message simple mais très fort qui correspond à mes valeurs.

Les réponses de Christelle à notre petit quizz confirment d’ailleurs ce que nous savons maintenant de notre styliste :

  • Quel est ton moteur pour pallier les moments compliqués ?
  • J’essaie au maximum de me dire « un problème, une solution ». C’est sûr qu’être entrepreneur en France, ce n’est pas sans difficulté. Mais je n’aime pas le mot problème, je préfère le mot « challenge », c’est plus positif.
  • Ton mantra ?
  • Je suis déjà tellement contente de faire mon projet, je vis mon rêve, donc les problèmes sont juste des petits défis du quotidien.
  • Tissu ou matière préférée à travailler ?
  • Le jersey, parce que c’est super confortable à porter, on est super à l’aise dedans et on peut travailler aussi bien les teeshirts que les robes, même les robes du soir. C’est important que les femmes se sentent à l’aise en toutes circonstances.
  • Si tu étais une couleur ?
  • Le jaune, c’est solaire !
  • Un animal ?
  • Une panthère noire.
  • Une plante, une fleur?
  • Un pied de cacao. J’adore le chocolat, je pourrais en avoir à disposition tout le temps  !

C’est quoi la suite ?

Aujourd’hui Koché dispose de 60 points de vente dans le monde. En France (Beaumarchais, Montaigne Market, Tom Greyhound dans le Marais), mais aussi Londres, New-York, Londres, Japon, Corée, Chine, Shanghai, Hong Kong, Italie, Belgique, et au Canada. Pour Christelle, son futur challenge consiste à « faire grandir le projet, et accompagner mon équipe pour se développer comme une maison à envergure internationale ».

C’est tout ce qu’on lui souhaite !

 

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