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D’où viennent nos erreurs ?

Le défi des biais cognitifs

Selon les sciences cognitives, toute erreur de raisonnement, d’analyse et de choix est induite par un ou plusieurs biais cognitifs, à savoir une construction de la pensée erronée.

Plus de 200 biais cognitifs ont été répertoriés, et il n’est pas impossible que nous en découvrions d’autres à l’avenir.

Parmi ces centaines de biais, les plus connus sont :

  • Le biais des émotions impulsives où notre choix ou raisonnement est orienté par la colère ou la peur.
  • Le biais d’autorité, où les choix et réflexions sont systématiquement influencés par une personne que nous considérons (à tort ou à raison) comme plus compétente que nous.
  • Le biais de l’excès ou de déficit de confiance en nos connaissances et aptitudes pour raisonner ou se décider.

Au regard de la quantité de biais et de notre nature singulière (par notre histoire et personnalité), il est évident que nous ne sommes pas tous soumis aux mêmes biais. Comme est évidente notre impuissance à pouvoir tous les corriger.

Il est, en revanche, possible de détecter les biais cognitifs les plus handicapants et d’agir sur eux :

  • Soit à travers une prise de conscience et un travail sur soi personnel qui nous amène à changer notre façon de penser.
  • Soit en modifiant l’environnement et le contexte comme le suggère la méthode Nudge, pensée par Cass R. Sunstein, prestigieux professeur de droit à Harvard, et Richard Thaler, professeur d’économie et de sciences comportementales.

Toutefois, les biais cognitifs ne sont pas les seuls grands coupables à l’origine de nos erreurs. A leurs côtés, sévit aussi le bruit.

Un bruit inaudible mais constant 

Cass Sunstein, ainsi que Daniel Kahneman, prix Nobel d’économie, spécialiste de psychologie cognitive et d’économie comportementale, et Olivier Sibony, professeur de stratégie décisionnelle à HEC Paris, ont rédigé à six mains « Noise : pourquoi nous faisons des erreurs de jugement et comment les éviter » (Odile Jacob, 2021).

Dans cet essai, les auteurs s’interrogent sur les différences et erreurs de jugement commises dans le cadre professionnel.

Par exemple, à compétences égales, pourquoi deux médecins peuvent proposer deux diagnostics différents sur un même cas d’étude ? Pourquoi deux professeurs peuvent noter différemment une même copie ? Pourquoi deux juges peuvent attribuer des peines différentes pour un même crime ? Pourquoi deux responsables aux RH peuvent avoir deux retours différents sur un même candidat ?

Cette différence de jugement nous interpelle à double titre.

D’une part, elle ne devrait pas exister. Sur un cas d’étude, on ne demande ni une opinion ni un avis mais une expertise professionnelle sans affect et sans idée préconçue. Autrement dit, pour le même cas d’étude, nous nous attendons à avoir le même jugement, quel que soit le médecin, le prof ou le juge.

Or, il n’en est rien. Ce qui signifie, d’autre part, qu’un professionnel a commis une erreur de jugement.

Une erreur de jugement, dans l’esprit des auteurs et chercheurs, n’est pas un exercice cognitif (de la pensée) défaillant. Il s’agit plutôt d’une erreur de mesure. Le professionnel n’a pas su mesurer la qualité, le coût ou la justesse de son cas d’étude.

Loin d’être anodines, ces erreurs de jugement sont même monnaie courante, et font perdre aux entreprises et aux administrations, leur crédibilité, clients et gains.

Le grand coupable à l’origine de ces erreurs de jugement n’est pas le biais, mais le « noise », c’est-à-dire le bruit définit par les auteurs comme la variabilité indésirable de jugements sur un même sujet.

Qu’est-ce que le bruit ?

Les 3 types de bruit

Le bruit se compose de plusieurs « sous bruits » :

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