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  5. Comment faire les bons choix ?

Qu’est-ce qui guide nos choix ?

Je pense donc je suis ?

Nos choix reflètent qui nous sommes. En partie seulement, car il est dorénavant bien admis que notre libre arbitre est somme toute assez limité par diverses entraves.

La psychologie et la sociologie ont démontré depuis longtemps que notre milieu familial, social et culturel influence (ou guide) nos choix. Ceci étant dit, le milieu n’est pas le seul en cause comme le souligne Sophie Guignard, auteure de « Je choisis donc je suis » paru aux éditions Flammarion.

Ancienne banquière d’affaires, Sophie Guignard a rejoint le monde médiatique en devenant directrice des Inrocks à Buenos Aires, avant de rejoindre la France pour collaborer auprès de divers médias dont le Monde et France Culture.

Notre vie étant limitée, la question de savoir faire les bons choix est fondamentale. Mais sur quoi se reposer ? S. Guignard préconise quelques recettes pour faire les bons choix issus de diverses études neuroscientifiques, psychologiques, sociologiques et économiques.

Avant de les connaître, il est intéressant de prendre conscience des biais cognitifs qui limitent notre réflexion et nous rendent aveugles à d’autres choix.

Que sont les biais cognitifs ?

Ces biais cognitifs furent dévoilés dans les années 1970 par deux grands psychologues, Amos Tversky et Daniel Kahneman, également prix Nobel d’économie en 2002.

Parmi ces biais figurent :

  • Le « biais du cadrage », qui provient des questions fermées ne pouvant que nous amener à raisonner de façon binaire, et à répondre par oui ou non. Par exemple : « Doit on privilégier l’écologie sur la croissance économique ? », « Dois-je divorcer ? ». Ces questions nous condamnent à ne voir que deux possibilités et excluent toute autre solution.
  • Le biais de confirmation, où l’on ne cherche que des informations destinées à conforter notre idée. Quelque part, le choix est déjà fait.
  • Le biais des émotions impulsives où notre choix est fait sous le coup de la peur ou de la colère.
  • Le biais d’autorité où nous nous décidons en fonction de l’avis d’une personne considérée comme plus compétente que nous, comme notre médecin ou supérieur hiérarchique.
  • Le biais de l’excès de confiance en nos connaissances et aptitudes pour faire un choix.

Rarement, la raison seule guide nos choix. Le contexte et notre état d’esprit y contribuent pour beaucoup. Comment s’y retrouver ?

D’une part, il faut éviter de prendre ses décisions sur un coup de tête. L’adage qui veut que la nuit porte conseil est pertinent à plus d’un titre. Ensuite, Sophie Guignard préconise de suivre deux autres principes.

Comment optimiser ses chances de bien choisir ?

Profiter du retour d’expérience

Selon le psychologue Daniel Gilbert, pour optimiser ses chances de faire le bon choix, il est utile de demander l’opinion à celui ou celle qui a été amené à rencontrer la même problématique. Il s’agit de profiter de son expérience pour mieux se positionner.

Ce conseil avisé est assez logique, et il pourrait même passer pour banal si nous y avions souvent recours. Or, selon l’expérience de D. Gilbert, ce n’est guère le cas.

La raison est en que, conscients de notre différence et singularité, nous pensons que les réactions, sensations et comportements des uns seront, de fait, différents des nôtres. Et que donc leur expérience ne nous est guère utile.

La méthode du hamburger idéal

Tal Ben-Shahar, professeur de psychologie positive à l’université d’Harvard, a inventé une méthode dédiée à la problématique du bon choix.

Quelle que soit la problématique à laquelle nous sommes confrontés, il en résulte toujours un double dilemme : privilégier le présent et le plaisir immédiat, ou le futur. Devons-nous être cigale ou fourmi ?

De ce double dilemme ressortent 4 comportements :

  • Le bon vivant adulescent qui ne vit qu’aujourd’hui. Il se régale de son gras hamburger sans penser aux conséquences de sa santé de demain.
  • Le moine qui pense que le présent doit être sacrifié pour le seul compte du futur. Autant dire que de nombreuses peurs gouvernent le moine. Il ne prend aucun plaisir immédiat en se forçant à manger sain. Seule sa santé de demain compte.
  • Le dépressif qui n’attend rien de cette vie, ni aujourd’hui, ni demain. Son hamburger a un sale goût et ne lui apporte aucun bienfait pour sa santé future.
  • Le bienheureux, celui qui tente de trouver un juste équilibre de vie et essaie de se trouver un hamburger à la fois gourmand et sain pour la santé.

En clair, il s’agit de toujours opter pour le choix qui peut faire concilier une vie faite de plaisirs présents mais aussi porteuse de sens. En ce sens, plaisir et bonheur peuvent se rejoindre.

A ce titre, les choix qui concilient plaisir et bonheur sont souvent des « évidences ». Seuls le doute et l’incertitude nous interrogent .

Là aussi, Sophie Guignard préconise quelques méthodes.

Comment se décider dans l’incertitude ?

La méthode Obama

L’éditorialiste et journaliste Steven Johnson décrit dans son ouvrage « Farsighted » le processus décisionnel de l’administration Obama pour décider, entre autres, de la capture d’Oussama Ben Laden :

  1. L’étape « divergente », qui est le moment où l’on recense tous les scénarios possibles et imaginables.
  2. L’étape « convergente », où les scénarios sont analysés, écartés et corrigés s’ils comportent deux biais cognitifs assez répandus en politique : le biais de confirmation et le biais d’excès de confiance.
  3. L’étape « post mortem », où l’on envisage l’échec des meilleurs scénarios retenus. Ce faisant, cela permet d’anticiper les imprévus ou d’élaborer un plan B. L’idée est de pouvoir toujours rebondir sans céder au stress.

S’inventer des règles

Devant des situations complexes, le ressassement et la réflexion permanente nous empêchent d’agir. Pour y remédier, quelques règles peuvent nous aider :

  • Jeff Bezos applique « la règle des 70 % », autrement dit, il prend ses décisions avec 70% des informations. Attendre d’avoir tous les éléments prendrait trop de temps et ferait manquer des occasions.
  • La règle de deux. Si on trouve deux bonnes raisons de changer de métier, d’entamer une relation ou de déménager, on ne réfléchit pas plus et on fonce.

La technique des 5 pourquoi

Cette technique est celle de Sakichi Toyota, fondateur du groupe qui porte son nom.

A l’origine, cette technique simple que Toyota décrivait comme l’essence de sa méthode scientifique, consiste à répéter cinq fois « pourquoi » afin que la nature du problème ainsi que sa solution deviennent claires.

Or, cette méthode peut être également reprise pour nos problèmes de vie, afin de faire apparaître la vraie motivation qui dicte nos choix.

  • Je veux devenir médecin
  • Pourquoi ? Parce que c’est un métier prestigieux
  • Pourquoi le prestige compte ? Pour rendre fier mon père
  • Pourquoi ce choix peut le rendre fier ? Parce que lui n’a pas jamais pu réussir le concours.

C’est un exemple simple, mais le fait est que nos choix sont d’abord pris en fonction des autres plutôt qu’en fonction de nous.

Ce qui nous amène au dernier conseil à prendre en compte en cas de doute : décider en étant aligné avec ses valeurs. S’ils nous amènent là où on le souhaite c’est parfait. Mais si ce n’est pas le cas alors les remords et regrets seront beaucoup moins douloureux que si c’était la peur ou l’affect qui nous avaient guidés.

Les bons choix sont de beaux choix

« Puissent vos choix refléter vos espoirs plutôt que vos peurs »,

« Puissent vos choix refléter vos espoirs plutôt que vos peurs », serait un vœu formulé par Nelson Mandela. Au final, il n’y a pas de meilleur phare dans l’incertitude. Car il y a une chose dont on peut être certain, les choix issus de la peur sont ceux que l’on pourra le plus regretter. Telle est la conclusion des personnes qui sont aux portes de la mort.

Il est une formule bien connue qui veut que « choisir c’est renoncer ». Il y a quelque chose de pernicieux et d’immature en elle, qui sous-entend que choisir s’accompagne automatiquement de frustration.

Plutôt que de voir dans nos choix un renoncement, Sophie Guignard invite plutôt à y voir : « une affirmation ; un chemin parmi tant d’autres, que l’on choisit d’explorer avec l’espoir non pas d’avoir choisi le meilleur, mais d’arriver à faire en sorte qu’il le devienne.

Vue ainsi, la question des bons choix s’efface derrière celle des beaux choix. Et il n’est alors plus tellement question de savoir si nos choix sont rationnels, s’ils sont stratégiques ou s’ils sont intelligents [,] s’ils sont sages, s’ils sont vertueux, s’ils nous permettent de mieux supporter la fatalité de notre condition.

Ce qui compte, est alors de savoir si, chaque jour qui passe, nous aimons l’histoire qu’ils racontent, le chemin qu’ils tracent et le personnage qu’ils façonnent. Tout le reste est littérature. »

Amen.

Source : Sophie Guignard, Je choisis donc je suis, éditions Flammarion, 2021
écrit par

Amal Dadolle

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