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De l’art de ne rien faire sans culpabiliser…

  • mercredi 7 novembre 2018
  • 6 Min de Lecture

Le fabuleux pouvoir de l’oisiveté

« L’oisiveté est mère de tous les vices », cette célèbre maxime honorant la valeur du travail est inscrite dans notre inconscient collectif, et ce, pour notre plus grand malheur selon Tom Hodgkinson. Cet excentrique hédoniste Anglais est le fondateur d’une revue « The Idler » (le paresseux) et l’auteur de nombreux best-seller en Grande-Bretagne. Son dernier ouvrage « L’art d’être oisif » est un essai feel good où sont remises en question les valeurs fortes de notre société occidentale, comme le travail, l’action ou la modération. Des valeurs si profondément ancrées qu’elles nous culpabilisent quand nous sommes au chômage, fumons une cigarette ou que nous ne faisons tout simplement rien quand nous devrions nous activer. C’en est assez pour Tom Hodgkinson, il est temps de décompresser, de ralentir et de se prendre moins au sérieux. Pour ce faire, il nous invite à prendre du recul sur nos modes de vie et à saisir les occasions quotidiennes qui nous invitent à l’oisiveté et s’y adonner avec délectation.

Du réveil

Il n’y a pas de plus grand bonheur que celui de rester coucher dans son lit alors que le réveil nous somme de nous lever. S’accorder 5, 10, 15, 30min de sommeil de rab est le summum des délices matinaux. Tom Hodgkinson regrette l’adage qui veut que le monde appartienne à ceux qui se lèvent tôt. Nous l’avons tellement imprégné dans nos esprits que nous en avons fait un fondement de moralité. Pour Tom Hodgkinson c’est une ridicule arnaque intellectuelle. Car est-ce seulement vrai d’ailleurs ? Ou, ne serait-ce pas juste le ressenti de quelques tristes et sérieux rabat-joies ? La médecine le rappelle, le sommeil est important pour notre bien-être. Alors, il est temps de se débarrasser de son réveil et de réapprendre à se réveiller en douceur, naturellement et avec plaisir. Souvenez-vous à ce propos de nos 10 règles d’or pour bien dormir.

De la gueule de bois

Pour Tom Hodgkinson, une gueule de bois ne se soigne pas, elle s’assume, se prépare et se vit. Au lieu de prendre cher, on peut en faire une expérience positive en réunissant des amis autour d’un film stupide ou d’une série de documentaires animaliers : « Il faut l’appréhender comme un jour de congé, une fuite de la réalité pour vivre l’instant présent ». Eh oui, vivre une cuite en pleine conscience nous permet d’accéder à des bienfaits spirituels insoupçonnés. Josh Glenn, écrivain américain, témoigne :

« La gueule de bois peut nous transporter dans un état second de perception que l’on peut rarement expérimenter, à moins de vivre dans un monastère. »

Du déjeuner et de sa disparition

« Un vrai déjeuner devrait être nourrissant aussi bien pour le corps que pour l’âme et notre humeur, il devrait être aussi convivial que réconfortant ». Malheureusement, c’est loin d’être le cas à notre époque où beaucoup de personnes se contentent d’un sandwich avalé en 10 minutes derrière l’écran de leur ordinateur. Pour Tom Hodgkinson, le coupable est notre amour de la vitesse. A ce titre, il rejoint l’appel de Carlo Petrini, fondateur du Slow-Food :

« La vitesse est devenue notre prison et nous sommes tous atteints du même virus : la « Fast Life », qui bouleverse nos habitudes, nous poursuit jusque dans nos foyers, nous conduisant à nous nourrir de « Fast Food ». […] Contre la folie universelle de la « Fast-Life », prenons la défense du plaisir de vivre. Contre ceux, et ils sont légions, qui confondent efficacité et frénésie, nous proposons ce vaccin : jouir sûrement, lentement, pleinement, et sans excès des plaisirs des sens. »

De la maison

L’art de l’oisiveté dans un monde de dingue consiste ici à rejeter la culture des sorties et du « Just do it ». Nos maisons devraient être un véritable havre de paix, un petit cocon chaleureux que l’on regretterait de quitter à chaque déplacement. Fermons la porte aux sollicitations sportives et aux visites culturelles ou divertissantes. Restons chez nous, posés et ne faisons rien.

« [L’oisif sage] sait qu’il a une âme exigeant des moments de contemplation. Au lieu de se divertir avec des vacances actives et des nuits à thème, il caresse le rêve de s’installer dans une cabane au pied d’une colline en Chine. »

Du pub

Du pub ou du bar pour notre cas français. Aller au pub pour notre essayiste est l’occasion de faire une pause dans une vie frénétique. Alors jeune père de famille, il prit conscience de sa nouvelle habitude d’aller au pub toutes les fins d’après-midi, et en saisit les raisons :

« Je pris alors conscience que j’étais devenu [un] type triste [,] le picoleur masculin et solitaire. Et c’est alors que je compris tous ces hommes. Ils ne fuyaient pas leur épouse, ils cherchaient surtout du temps pour eux dans ces interludes, du temps pour la réflexion, la tranquillité, loin de la maison et du travail. »

De la lune et des étoiles

« Nous nous sentons petits sous les étoiles, et paradoxalement nous nous sentons davantage nous-mêmes. Nous sommes qui nous sommes. » Quelle étrange magie se dégage la nuit pour nous faire sentir plus vivants ? A défaut d’en comprendre la raison, nous devrions au moins savourer à sa juste mesure cette mystérieuse et merveilleuse intensité. A l’image de l’écrivain du XVIIe siècle Chang Ch’ :

« Ecouter une leçon bouddhiste sous la lune rend l’humeur plus détachée ; discuter de l’habilité à l’épée sous la lune renforce le courage, discuter de poésie sous la lune rend l’atmosphère plus charmante dans l’intimité, et regarder une femme magnifique sous la lune ravive la passion. »

Du sexe

« Ah, s’allonger et se laisser faire ! Voilà le rêve érotique de tout indolent. Les ébats amoureux devraient être désordonnées, enivrés, polissons, paresseux. » Faire l’amour ne devrait être ni le terrain privé des gens dotés de physiques d’Apollon, ni un programme d’acrobaties athlétiques à réaliser dans un temps donné. Prendre les choses trop au sérieux au lit est le plus sûr moyen de repartir frustrer. Loin de ces absurdes inepties modernes, Tom Hodgkinson préconise qu’entre adultes consentants, on se munisse d’une bouteille d’alcool pour lever toute inhibition tant physique que psychologique et se laisser aller à faire n’importe quoi.

De l’art de la conversation

L’art de la conversation s’est hélas perdu. Mais nous pouvons le retrouver avec notre conjoint le soir munis de vin, ou entre amis (4 maximum) dans une ambiance intime avec toujours un peu d’alcool pour délier les langues et les cœurs. Converser c’est échanger. C’est le moment où sont abordés les croyances intimes de chacun, les rêves d’enfance ou juste se demander si les extraterrestres existent.

Une bonne conversation se ressent, on sent que nous créons une bulle où le temps semble suspendu.

Nous sommes donc aux antipodes d’un match de boxe oral d’éditorialistes sur les chaînes infos.

De la rêverie

Pour Tom Hodgkinson, les rêves sont un sujet que nous devrions tous prendre très sérieux : « Nos rêves nous transportent dans d’autres mondes et nous aident à donner du sens à notre vie de tous les jours. Rêver nous relie à notre précieux inconscient. […] L’art de vivre est l’art de réunir le rêve et la réalité. L’un nourrit l’autre dans le cercle vertueux de la création. […] Il devrait exister un dialogue, une harmonie entre ces deux mondes. Leurs deux sphères antagonistes de l’expérience humaine, en deux façons de vivre exclusives l’une de l’autre, est une tragédie. Cette dissociation se retrouve dans d’autres domaines de l’existence : le travail et la vie ont divorcé, l’art et la science également. » Et à ce propos, nous vous invitons à revoir notre article sur les rêves et leurs bienfaits.

Que conclure de ces quelques réflexions sur l’oisiveté ? Que derrière une insolente paresse réside en fait la clé pour retrouver une vie saine et équilibrée. S’octroyer des moments d’oisiveté assumés, c’est contrebalancer les déviances de notre société acharnée de vitesse et d’action, où nous sommes soumis à un stress constant parce que le temps de la pensée a disparu. Un temps précieux et dévolu à la contemplation, la prise de recul, la méditation, la rêverie, la réflexion et le sens critique. Ainsi, assurer un juste équilibre entre le temps de l’action et le temps de la pensée est l’une des clés d’une vie heureuse et épanouie.

Source : Tom Hodgkinson, L’art d’être oisif dans un monde de dingue, Editions Les Liens qui Libèrent, 2018
écrit par

Camille

Mieux-être & Réussite

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