Garder l’enthousiasme et l’équilibre !

Par Maryvonne PIETRI - dimanche 26 novembre 2017 - Temps de lecture: 4 minutes et 20 secondes -

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Garder l’enthousiasme et l’équilibre !

Pourquoi relier l’enthousiasme à l’équilibre ?

Ce sont les Grecs qui nous ont offert un des plus beaux mots de notre langue, le mot « enthousiasme » : du grec « en theo » un Dieu intérieur. A l’origine en effet, le mot enthousiasme était employé dans un sens religieux. Dans le langage actuel, l’enthousiasme a perdu sa connotation religieuse et signifie un engagement à un idéal, une cause, des études, une quête, un projet et se traduit par de la joie et de l’excitation.

L’enthousiasme nous parle donc de foi, de confiance et d’espoir en l’avenir. Il se manifeste de façon intégrale en nous : tête, cœur et corps. Nous n’avons pas de contrôle sur l’apparition de l’enthousiasme, il émerge comme un point de rencontre entre l’extérieur et l’intérieur, il est vécu comme un feu intérieur, un élan qui connecte notre cœur avec la vision du futur, notre représentation du monde et nos valeurs profondes. A cet instant précis, à la source de l’enthousiasme, nous pouvons entrevoir la réalisation de ce que nous portons en nous comme un « Oui c’est possible ! », une porte s’ouvre alors.

Où la question de l’équilibre intervient-elle ?

Les expressions « se lancer à corps perdu » et « corps et âme » reflètent bien les excès que je peux rencontrer et dont j’ai été moi-même sujet, en tant que grande enthousiaste ! Pourrions nous imaginer un instant « un curseur » à l’enthousiasme!? En effet, dans sa valeur haute il est un moteur extraordinaire pour avancer, progresser et rêver. Dans sa valeur basse, il peut-être le camouflage subtil d’une peur en l’avenir qui nous déplace de la réalité et de la juste source de nos actions. Nous entrons dès lors en réaction face au monde !

Je rencontre régulièrement de nombreuses personnes « lancées à corps perdu » dans leur startup. Ils poursuivent leur rêve avec enthousiasme et une foi en la vie des plus décoiffantes ! C’est magnifique à voir et à entendre. Toutefois, ils s’endettent parfois de façon importante, tant leur rêve est puissant. Je cotoie par ailleurs des personnes en risque et post burn-out, qu’elles soient salariées ou indépendantes. Et à chaque fois, c’est la même chose : elles pensent qu’elles vont y arriver, même si ce n’est plus l’enthousiasme qui les guide depuis longtemps mais la perte de sens et au fond, la peur de ne pas y arriver.

Comment être attentif à nos curseurs d’équilibre et choisir en conscience ?

Pour choisir, nous avons la nécessité d’être conscient et d’écouter la petite voix intérieure qui susurre souvent le trop plein. La vie est d’un équilibre fantastique, tel un balancier, elle nous informe si nous prêtons l’oreille qu’il se passe quelque chose. Dans notre corps, quand tous les systèmes sont en équilibre, c’est l’état de santé. Tout déséquilibre emmène inévitablement le désordre. Que se passe-t-il avant un burn out ? Il y a une phase de burn in. Il s’agit d’un mécanisme – et le mot est choisi – par lequel l’individu s’épuise sans l’admettre, il se croit indispensable, enchaîne dossiers et réunions, interrompt ses jours de congés et ses vacances, ne quitte plus son téléphone portable et prolonge ses journées au bureau. Il devient incapable d’organiser des phases de détente pour recharger les batteries, « faute de temps » évoque t-il la plupart du temps. Le temps a pris le contrôle de sa vie, il court après chaque heure et chaque jour sans réussir à le rattraper. C’est à ce moment là qu’il serait essentiel d’agir, sous peine d’un effondrement physique et psychologique. Faute de réaction, cette phase conduit le plus souvent au burn out, et ceci d’autant plus sûrement que la personne assure que tout va bien, qu’elle est un peu fatiguée mais que cela va passer et qu’elle est satisfaite de ses réalisations.

A partir de là, la personne est entrée inconsciemment dans une phase de déni. Elle ne voit plus la réalité et cet espace dénié pousse à un inconfort croissant à l’intérieur d’elle-même, à une incapacité à faire face à la situation, avec de nombreuses raisons possibles. L’une d’elle, de plus en plus fréquente est la perte de sens. Quel sens a cette vie que je mène ? Suis-je encore celui ou celle qui tient la barre et les voiles face au vent de la vie ou ai-je quitté cet espace depuis bien longtemps ?

Prenons le mot SENS à présent. Du latin sensus, « percevoir par les sens, ressentir » il est passé à une racine germanique qui indiquait « une direction, un chemin ». Les deux mots se sont mutuellement influencés au fil du temps pour évoquer le fait de « sentir le chemin que l’on prend ».

De là nous entrons dans une question plus globale. Nous observons dans le monde entier un changement de valeurs, une nécessité de la part des individus de se prendre plus en main, d’exercer leur souveraineté, leur capacité à « choisir leur vie » en équilibrant les différents pôles de l’existence. Le monde politique en est directement impacté par une société civile plus mature, plus reliée et active sur le terrain. Dans les organisations, les métiers changent à toute vitesse, certains disparaissent. Les rôles se transforment d’eux-mêmes, les entreprises mutent dans leur façon de s’organiser, de travailler ensemble.

C’est là qu’il devient nécessaire de reprendre les rênes sur ma vie. D’observer à quel endroit je ne suis plus en contact avec la réalité, je suis embarqué malgré moi dans la toute puissance de mon rêve, j’ai dépassé mon cercle d’influence. Il est essentiel dès lors de regarder à quel endroit je peux agir et à partir de quelle limite je ne peux plus agir. De voir que la toute-puissance et l’omnipotence sont le paradoxe de l’impuissance. Cela nécessite d’accepter cet espace d’impuissance en nous, de renoncer et d’accepter :

je ne peux changer le monde, je suis le monde qui change.

A partir de là, je fais ma part et j’offre au monde l’équilibre et le balancier dont il a tant besoin.

Comment prendre soin de soi, quitter le mode réactif et re-devenir créatif?

  • Prendre conscience de ses besoins, demander de l’aide et du soutien et effectuer les passages en douceur quand la réalité le permet et que j’en fais le choix.
  • S’arrêter et pratiquer l’introspection, se reconnecter avec son moi intérieur pour observer où je me suis perdu : dans l’autre ? dans le travail ? dans la société ?
  • Prendre conscience de mes sources d’énergie afin de recharger mes batteries : musique, marche en forêt, sport, …
  • Me rappeler de mes talents, de mes succès et de mes réussites afin de rééquilibrer les fondations
  • Enfin, aller chercher le soutien auprès des personnes auprès desquelles je peux trouver de la ressource, de l’écoute et de l’empathie.

Pour conclure, je terminerai avec cette phrase qui anime mon quotidien et mes interventions :

« Dans chacun de vos actes, nourrissez-vous la vie ou l’épuisez-vous ? ».

Maryvonne PIETRI accompagne depuis plus de 2​0​ ans, des entreprises et des personnes à dénouer les noeuds ​visibles/​invisibles​ et ​les systèmes​ de croyances qui empêchent leurs avancées. Elle a facilité de très nombreux groupes sur le Leadership de Soi et la relation humaine.

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