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Comment l’accélération du temps contribue au mal-être social ?

  • mis à jour le mardi 10 novembre 2020
  • 5 Min de Lecture

/ 5.

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Le temps de l’incertitude

Si le développement personnel et le bien-être ont le vent en poupe, c’est pour une unique raison : notre société hypermoderne peut être mortifère pour le corps et l’esprit. Plusieurs causes participent à cet état, mais une seule est notre sujet du jour : le temps. Celui qui nous échappe en s’accélérant ou en se désagrégeant, nous compliquant l’existence, ou plus grave, nous exposant à des troubles psychiques.

C’est le constat du psychiatre et auteur Michel Delage, ancien professeur du Service de santé des armées et ancien chef de service à l’hôpital des armées Sainte-Anne à Toulon.

Selon M. Delage, notre expérience du temps regroupe trois niveaux :

  • Le temps du quotidien, à savoir notre rythme de vie et routine de tous les jours.
  • Le temps de la vie qui correspond aux différents cycles d’âges s’étendant de la petite enfance à la vieillesse.
  • Puis le temps social, celui de l’époque et du lieu dans lesquels nous vivons et qui structure le temps du collectif selon une configuration précise.

On distingue quatre configurations :

  1. Le temps différencié entre le moment présent et ce qui ne l’est pas. C’est un temps social que l’on retrouve chez les peuples premiers. Dans certaines langues africaines, un même mot désigne hier et demain. Ce qui compte pour leur compréhension, c’est de désigner un autre jour que celui d’aujourd’hui.
  2. Le temps cyclique, que l’on retrouve dans les sociétés orientales, traditionnelles et hiérarchisées. Le temps se construit sur la reproduction de l’identique. L’homme s’inscrit dans un cycle cosmique, et sa vie est régie par les rythmes naturels.
  3. Et le temps linéaire de nos sociétés occidentales, largement tributaires de la conception judéo-chrétienne de l’existence avec un début (Genèse) et une fin (Apocalypse). C’est un temps qui se construit en suivant une direction, un but.
  4. Le temps de l’incertitude, qui est devenu nôtre, lorsque nous avons perdu le contrôle du temps.

Le temps accéléré

Les différentes innovations technologiques qui ont jalonné ces deux derniers siècles ont permis d’apporter d’importants progrès dans les sociétés occidentales, mais également des revers. Le principal revers étant notamment l’accélération du temps avec des conséquences coûteuses sur notre psychisme, dont la principale est l’obsession de l’immédiateté et de la vitesse.

C’est la conséquence la plus palpable de l’accélération du temps. Nous pouvons l’expérimenter à notre échelle à travers le flux continu de mails, l’infobésité, le multitasking, la recherche de la rentabilité à tout crin. En s’accélérant, le temps a rompu son équilibre avec l’espace. Celui-ci s’est effondré. Dans le sens où nous pouvons nous rendre à l’autre bout du monde en moins d’une journée, téléphoner ou envoyer des mails qui pourront être reçus et lus dans n’importe quel coin du monde, à n’importe quelle heure.

Au final, l’accélération du temps nous amène à vivre plus vite, et à accumuler toujours plus d’informations d’activités ou d’expériences. Même si nous ne sommes plus dans la course à « l’avoir » mais à celle du « faire », nous restons quand même dans la logique du « toujours plus » fondée sur la recherche des plaisirs. Or, on sait maintenant que ce n’est pas le plaisir qui apporte une vie épanouie et accomplie mais le sens que l’on donne à sa vie et à ses projets.

Cependant, le temps ne nous échappe pas seulement parce qu’il nous prend de vitesse et nous compresse. Il se disloque également, jusqu’à devenir illisible.

Le temps chaotique

Vivre sur du sable mouvant

Une autre caractéristique de la fuite du temps sont les changements rapides et permanents vécus autant dans le monde du travail que celui de la famille. Fini l’emploi à vie dans la même entreprise. Fini la famille nucléaire. C’est le temps du chômage, des formations, du changement de métier et de voie professionnelle. C’est également le temps où à côté des mariages fleurissent des divorces et des seconds mariages, des familles recomposées, monoparentales.

Pour Michel Delage, ces changements divers et multiples ne sont pas sans conséquences pour une personne et son rapport à elle-même. « Ce que nous sommes est tributaire de plus en plus du contexte changeant qui soumet chacun à une certaine discontinuité de son existence. »

On objectera que si ces changements sont conscients, ils ne viendront pas troubler l’identité de la personne. En revanche, s’ils sont subis, il y a une « fragilisation identitaire » où l’on ne sait plus (trop) qui on est et où on habite.

A ce propos, il n’est pas étonnant d’observer dans la société un certain regain des valeurs traditionnelles avec une nostalgie pour un passé idéalisé, et donc faussé. Mais ce regain est normal dans les temps incertains, parce qu’on se réfugie toujours vers ce qui est connu quand on est perdu.

La fin du cycle des âges

Ce dernier point aborde comment le temps social désorganisé perturbe le temps de la vie, celui du cycle des âges.

Un autre phénomène que nous constatons autour de nous, est l’omniprésence des adolescents. Il peut avoir 35 ans (les adulescents), 55 ans (appelés sous le nom de quincados), voire même être un adonaissant de 11 ans qui tente de rentrer plus vite dans le monde adolescent. A l’origine de la glorification de ce cycle de vie se trouvent la publicité et le marketing des secteurs marchands associés, ainsi que les réseaux sociaux.

La conséquence en est un effacement des frontières entre les différents cycles de vie. Plus rien ne vient clairement marquer le début ou la fin de l’adolescence. Même les quelques petits rituels qui nous restaient (permis de conduire ou le passage du bac) ne pèsent plus.

Ce qu’il est important de préciser, c’est que l’adolescence n’est pas un cycle de vie « neutre ». C’est une période de vie où l’on est profondément attaché au présent et où on évite soigneusement de se projeter dans l’avenir. C’est comme si le temps ne s’écoulait pas et restait en suspens.

Or, ce rapport au temps rappelle celui que Michel Delage observe dans le deuil. Socialement, du moins, la mort et le deuil doivent se faire discrets. Il est urgent de passer vite à autre chose. Comme si encore une fois, on ne voulait pas penser au temps qui passe.

Ce que nous vivons au niveau collectif, c’est ni plus ni moins qu’un « désancrage temporel ». Alors il faut prendre le temps de s’ancrer. Ce qui signifie trouver de bons repères et appuis.

Pistes pour vivre en temps troublés

Aucune époque n’a été une période tranquille et sympathique. Les maladies, la faim ou la guerre ont été l’épreuve de beaucoup de nos grands-parents et aïeux.

Notre époque est troublée par l’accélération et la désorganisation du temps. Ainsi que deux ou trois autres gros problèmes. Cela reste tout de même moins sanglant. Et ne pouvant rien changer à la réalité, le mieux est de composer avec.

A ce propos, les Chinois vous conseilleraient de consulter le Yi Jing  pour vous éclairer sur les bons choix de vie.

De plus, si nous ne pouvons pas faire grand-chose pour changer le temps social, nous pouvons nous concentrer sur les temps sur lesquels nous avons une quelconque emprise. A savoir, le temps du quotidien et celui de la vie.

Au quotidien, nous pouvons nous organiser pour essayer de supprimer le superflu et ainsi retrouver du temps pour soi, afin d’éviter d’être oppressé par le temps social. En plus de consolider une sécurité intérieure indispensable aux temps troublés.

Pour ce qui est de retrouver un ordre et un sens dans un temps désarticulé, Michel Delage préconise une démarche que l’on retrouve dans beaucoup de thérapies.

Il s’agit de faire un récit de sa vie en tâchant de discerner les fils conducteurs, et ce qui nous a poussé à faire nos choix de vie. C’est un vrai exercice d’humilité et de connaissance de soi qui permet de retrouver cohérence et contrôle de notre temps.  

Source : Michel Delage, « Le temps d’exister pour soi, en famille, dans la société », éditions Odile Jacob, 2020
écrit par

La rédaction

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Époque

Société

Sagesse & philosophie

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