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Le design face aux grandes mutations actuelles

  • mardi 4 décembre 2018
  • 6 Min de Lecture

Première édition du Forum Design Paris

Le 16 novembre dernier, nous nous sommes rendus à la 1ère édition de Forum Design Paris, un événement gratuit qui s’est déroulé dans le 2ème arrondissement parisien. Le thème ? Comme vous pouvez vous en douter, le design, mais cette fois appréhendé dans un contexte plus global et plus en phase avec nos réalités écologiques, politiques, sociales, économiques et scientifiques. Durant ces trois jours, on aura pu assister à des plénières, des ateliers, des pitchs de projets et même des performances.

La configuration de l’espace permettait au public de former un cercle autour des intervenants. C’était un véritable moment de rassemblement puisque chacun, avec sa spécificité, venait ajouter une pierre à ce nouvel édifice de pensée. « Nous passons d’un monde supposément infini, exploitable, à un monde fini et solidaire. Ainsi que l’avait conçu il y a plus d’un demi-siècle l’architecte et designer américain Richard Buckminster Fuller, nous sommes embarqués sur le vaisseau terrestre, partie d’un système en mouvement permanent. » résument Jérôme Delormas, Marina Wainer et Marie-Hélène Fabre, le trio fondateur du Forum.

Récemment, nous avons eu la chance de poser quelques questions à l’un des trois organisateurs : Jérôme Delormas.

Les Hazelnuts ©Rémy Deluze

  • Quelle est l’histoire de la création du Forum Design Paris ? (Ses organisateurs, sa raison d’être etc.)
  • JD : le Forum Design Paris est issu de la volonté des D’Days il y a deux ans de renouveler leur événement prospectif qui s’appelait « Think Life ». René- Jacques Mayer, Scott Longfellow et Alain Thuleau, alors en charge des D’Days et de leur production, m’ont demandé de travailler à une nouvelle formule pour cette part prospective des D’Days. Étant alors en train de créer avec Fanette Mellier et Clémence Seurat une Maison d’édition assez atypique et engagée (369 éditions),

j’ai proposé des orientations de fond et de faire un projet éditorial, considérant la rencontre et le débat comme une forme éditoriale à part entière. Il s’agissait de mettre le design en perspective vis-à-vis des grandes mutations actuelles, écologiques, technologiques et sociales.

Il s’agissait aussi de contribuer à développer en France une culture du design ouverte et polyphonique, d’insister sur le « faire » , sur les personnes et collectifs qui agissent concrètement sur tout le territoire et à l’étranger, au-delà des figures stars et du business (mais qui jouent aussi leur rôle). Cette ligne éditoriale a été accueillie avec enthousiasme par mes interlocuteurs. Je leur ai proposé alors de développer ce projet tant sur le fond que sur la manière d’aborder de tels sujets avec deux complices en qui j’ai totalement confiance. Confiance aussi en leur capacité à développer et contribuer à faire de ce positionnement une réalité. Il s’agit de Marina Wainer et Marie-Hélène Fabre. Nous avons cependant eu un gros problème : les D’Days ont été mis en sommeil. Notre projet est tombé à l’eau. Pourtant, nos premières intuitions et les premiers contacts pris nous ont incités à poursuivre l’aventure. 369 éditions n’était donc plus un partenaire éditorial des D’Days, il devenait le concepteur – porteur du projet. (…) Rapidement, les partenaires ont répondu présent, le Ministère de la culture et de la communication, le Liberté Living Lab notamment, mais aussi les partenaires liés à une part de la programmation prévue à l’origine par les D’Days, ambassade des Pays-Bas, Institut Français, Jérusalem design-week, etc. Cet engouement nous a alors permis de construire précisément le projet et d’intégrer d’emblée la dimension internationale, en s’appuyant sur des créateurs et personnalités de pays particulièrement intéressants quant à leur conception plurielle, pragmatique et prospective du design : les Pays-Bas, le Japon et Israël. (…)

Sa raison d’être :

  • JD : le forum est articulé autour de trois questions :

L’humanité se confronte aujourd’hui à l’émergence du vivant et des éléments naturels comme aussi légitimes qu’elle à avoir des droits, mais aussi à l’intelligence artificielle qui renforce encore la nécessité de repenser le statut de l’humanité. Dans ce nouveau contexte, comment et pourquoi les modes de production, de consommation et d’organisation sociale sont bouleversés ? Enfin, dans cette nouvelle donne, qu’enseigne-t-on, que transmet-on, quelle est la pédagogie du design ?

Nous avons essayé de construire un événement dont la forme et les formats sont multiples. Nous avons conçu un média embarqué qui consistait, piloté par un duo de journaliste et de designer, à produire des contenus autant en direct que pour le web et les réseaux sociaux, à proposer aussi des prises de paroles et débats (dans les tables rondes notamment) non frontaux mais bien horizontaux et non-hiérarchiques. Cette première édition du Forum design est parisienne, mais il n’est pas certain que ce rendez-vous destiné à grandir se fasse toujours dans cette ville. Nous ressentons le besoin de changer les contextes du Forum pour garder une approche toujours en veille. Rien n’est arrêté.

Table Ronde (No)Man's Land ©Rémy Deluze

  • Durant ces trois jours, on a souvent évoqué cette nouvelle conscience du vivant. Quelle place voulez-vous lui donner ?
  • JD : la conscience du vivant est sans doute un basculement de notre pensée du monde et de notre présence au monde. Ce n’est pas d’hier, mais on sait cruellement aujourd’hui que l’humanité est en haut de la chaîne de prédation, que notre planète n’est ni infinie ni un objet de consommation. Nous sommes avec, pas dessus. Cette véritable révolution, qui a un impact énorme sur ce que nous produisons et comment nous produisons, est aussi importante que celle de l’intelligence artificielle. Et face à ces bouleversements, c’est la modestie ou la vanité humaine qui est en jeu : respecter notre milieu de vie ou toujours chercher à le dominer, au risque d’en crever. À cet égard le design a une grande responsabilité puisqu’il est potentiellement à la croisée de notre appréhension du monde et des outils qui nous mettent en relation : le design est fondamentalement une interface qui relie, rend intelligible et contribue donc à construire notre réel et nos imaginaires.
  • Vous faites également un parallèle intéressant avec l’intelligence artificielle. Ne pensez-vous pas que celle-ci pourrait faire l’objet de votre prochaine édition ?
  • JD : l’intelligence artificielle est un thème important bien entendu mais il n’est pas évident qu’il doive être le thème unique d’une édition du Forum. Comme toujours dans notre démarche, nous essayons de créer de la dialectique et de la polyphonie. L’intelligence artificielle traitée pour elle-même peut nous piéger dans cette nouvelle religion de l’innovation et de la technologie comme unique horizon. L’innovation doit forcément pour nous (et la première édition l’a tenté) côtoyer la création et l’invention, elle n’advient généralement pas tout à fait là où on l’attendait. La première question doit rester celle de l’émancipation et de la responsabilité de transmettre des agencements qui ne nous appartiennent pas mais que nous suscitons. Au regard des ateliers présentés, de la remise du prix et des différents intervenants, on retient que vous faites une place importante à la transmission (dans le champ du design et de l’architecture et du design).

 Table Ronde (No)Man's Land ©Rémy Deluze

  • Pourquoi ?
  • JD : la transmission est essentielle pour nous à plusieurs titres. Tout d’abord, vis-à-vis du public non spécialisé, il est essentiel de permettre l’appropriation des questions qui concernent tout le monde. Non pas pour former des spécialistes mais pour contribuer à être acteur de nos vies et de nos sociétés. Cela en créant, en jouant, en fabriquant. La transmission c’est aussi ce qui met les futurs décideurs, professionnels et protagonistes des mutations actuelles en position d’agir avec des outils intellectuels, technologiques, techniques et économiques adaptés à notre temps et à nos besoins. C’est alors une question politique, celle de la définition de ces besoins…

Ce que l’on en a pensé :

Cet événement brille par sa volonté d’écrire un récit collectif autour du design et de notre rapport au monde. On salue la diversité des intervenants et la richesse des contenus exposés. Première édition prometteuse, on attend la prochaine avec impatience !

Forum Design Paris est un évènement de 369 éditions. Avec le soutien du Ministère de la Culture, de l’Institut Français, des D’Days. En partenariat avec le Liberté Living Lab, la Jerusalem Design Week, l’Agora du Design, la Fondation Sasakawa, la Villa Kujoyama, l’Ambassade des Pays Bas, la Cité internationale des arts.

Vous pourrez visionner gratuitement les différentes plénières ici et retrouver l’actualité du forum design paris, en cliquant ici  ou là !

écrit par

Elise Roche

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