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Le PIB, un indicateur bien être « has been » ?

  • mardi 3 juillet 2018
  • 4 Min de Lecture

Quand la performance économique ne suffit plus à notre bonheur

Petit rappel : le PIB, ou Produit Intérieur Brut, calcule l’ensemble de la production de biens et services réalisée à l’intérieur d’un pays, quelle que soit la nationalité des entreprises. A ne pas confondre avec le PNB, Produit National Brut, qui calcule l’ensemble de la production de biens et services, d’un pays sur son sol et à l’étranger.

En Occident, alors que politiques et médias considèrent le PIB comme encore le meilleur indicateur pour mesurer le bien-être de leurs concitoyens, nombreux sont les économistes à penser le contraire. Quelles sont leurs raisons, et disposons-nous d’autres options, pour mesurer le bien-être d’une population ?

Les limites du PIB

Les limites du PIB nous sont connues depuis un petit moment, dont celui d’ignorer un bon nombre de paramètres contribuant, tout autant que les entreprises et usines, à la croissance économique d’un pays, comme le bénévolat, les 50h/semaine de travail domestique, mais aussi le travail au noir et les activités illégales.

Pour se concentrer sur la notion de « bien-être » spécifiquement, on remarquera que le PIB ne semble pas tellement concerné par la question, puisqu’il comptabilise aussi bien les productions bénéfiques à la société que celles qui le sont moins, comme les entreprises polluantes. En mettant toutes les activités dans le même panier, le PIB laisse donc de côté les enjeux liés à l’environnement, élément pourtant phare de notre bien-être.

C’est, d’ailleurs, tout le problème du PIB comme indicateur de bien-être : il ne s’axe que sur la productivité, le rendement et les coûts, autrement dit « la quantité », et ne tient pas du tout compte de l’aspect « qualitatif » d’autres activités, qui ont un fort impact sur le bien-être d’une société. Citons comme autres exemples que l’environnement : la santé, l’éducation, les arts, ou encore la sécurité et la liberté. La valeur réelle de ces secteurs ne se mesure pas en termes de rendement ou de productivité, cela ne rimerait à rien, si ce n’est à être inefficace. Leur valeur réelle, c’est la qualité. Ce qui demande des investissements et du temps, mais cela le PIB le conçoit difficilement.

Pourtant, miser sur le long terme, et la qualité, c’est ce qui est aujourd’hui essentiel au bien-être d’une population. A ce titre, ce n’est pas étonnant que les Européens les plus heureux soient les Suédois, les Finlandais et les Danois. Ces derniers, depuis une dizaine d’années, ont complètement repensé l’organisation et le financement de leurs services publics en lançant une ambitieuse « réforme qualité », qui visait aussi bien à satisfaire les usagers, qu’à promouvoir l’attractivité des emplois dans le secteur public. Et ces données, l’OCDE en est bien consciente, d’où sa recherche de nouveaux indicateurs.

Quelles alternatives au PIB ?

Pour l’instant, l’OCDE a proposé deux autres alternatives au PIB, que sont l’Indicateur de progrès véritable (IPV) et l’indice de bien-être économique (IBED). Contrairement au PIB, ces deux indicateurs intègrent dans leurs calculs la pollution, les inégalités sociales et le bénévolat. Bien que les économistes s’accordent à dire que ces deux mesures sont loin d’être parfaites, elles présentent l’avantage de désacraliser le PIB, comme indicateur ultime de bien-être. Les économistes ont ainsi pu constater qu’en Europe Occidentale, le PIB avance plus vite que l’IPV. Aux USA, c’est encore plus préoccupant : l’IPV est carrément en recul depuis les années 1970. Si personne ne semble presser de trouver d’autres alternatives au PIB, ces deux mesures de l’OCDE ont l’avantage de remettre en question l’idée qu’un bon PIB signifie que tout va bien dans le meilleur des mondes.

Si cette idée reçue reste encore forte dans les consciences, c’est à raison. S’il s’avère, effectivement, que pour nous Occidentaux, le PIB a quelque chose d’obsolète, ce n’est certainement pas le cas pour tout le monde. Sur le reste de la planète, nombreux sont les endroits où la misère règne encore, où tout le monde ne mange pas à sa faim, et où l’on n’a pas un toit au-dessus de sa tête. Quand on est dans la survie, on n’a pas le temps de philosopher sur le sens de la vie, ou autre chose, on va à l’essentiel, qui sont les besoins premiers. Ce qui revient à faire passer la croissance économique avant tout autre chose, car elle reste un puissant levier au progrès pour ces populations. Gardons en tête, qu’aujourd’hui, penser autre chose qu’à la richesse matérielle, c’est un luxe seulement connu des Occidentaux. Le PIB reste donc un outil pertinent pour les pays en voie de développement. Le temps d’être rassasié.

Le PIB, un outil qui n’a qu’un temps

Alors qu’en conclure ? Que le PIB est juste un outil pertinent, pour le temps d’amorcer une croissance économique. Mais une fois cela fait, il serait tout aussi pertinent d’inventer un autre outil, au risque de faire du surplace, ou de stagner. Le créateur du PIB, le scientifique Simon Kuznets, nous prévenait déjà en 1962 : « Il faut garder à l’esprit des distinctions entre quantité et qualité de la croissance, entre les coûts et les retours sur investissement, et entre le court et le long terme […]. Les objectifs de croissance doivent préciser ce qui doit croître et pourquoi. »

Le « pourquoi » n’a manifestement pas suscité beaucoup de réflexions politiques en 1962, mais aujourd’hui, cela devrait être une de nos principales questions. Il est temps de prendre conscience que nous vivons dans une société différente de celle de nos parents et de nos grands-parents. Si d’autres temps, impliquent d’autres mœurs, cela suppose aussi d’autres mesures économiques. Des mesures qui, nous l’auront bien compris, privilégient la qualité à la quantité.

Pour aller plus loin : Rutger Bregman, Utopies réalistes, Seuil, 2017
écrit par

la rédaction

Mieux-être & Réussite

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