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Pourquoi avons-nous si peur de jeter nos affaires ?

  • mis à jour le lundi 4 mai 2020
  • 5 Min de Lecture

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Chercher la légèreté dans un monde lourd

Chacun d’entre nous jette plus de 530 kg de déchets par an, ce qui est faramineux et non sans conséquences pour notre environnement. C’est un fait, nous subissons aujourd’hui les revers d’une société de surconsommation irréfléchie. Nous vivons encombrés d’objets et sommes constamment sollicités pour nous en procurer. Le quotidien de chacun en témoigne, et nous en sommes tous fatigués. Alors une question s’impose. Est-il possible de retrouver de la simplicité et de la légèreté dans ce monde lourd, bruyant et encombrant ?

Oui, rien n’est perdu nous répond Dominique Loreau, essayiste et grande experte de l’essentialisme, un art de vivre Japonais que nous avions déjà eu l’occasion de découvrir à travers son essai : « Mon sac, reflet de mon âme » . Derrière un sujet à priori futile, le choix d’un sac à main, D. Loreau avait abordé l’importance de consommer moins mais mieux.

Pour une consommation durable et consciente

Son nouvel ouvrage, L’éloge de la légèreté, est la parfaite suite de son appel à une saine et consciente consommation pour notre bien-être collectif en évitant de gaspiller les ressources de notre Terre, mais également pour notre bien-être personnel. Comme le note Dominique Loreau :

Le rôle d’un bon intérieur est de nous maintenir en bonne santé. S’il ne remplit pas sa mission, c’est qu’il n’en est pas un bon. En s’accumulant, les objets attirent la poussière, les moisissures, les mites. En multipliant les meubles, on augmente les chances de se cogner. Nous nous préoccupons beaucoup de la qualité de notre nourriture, de notre eau, mais nous ne faisons pas le lien entre santé et espace de vie. Or la propreté et l’espace, quel que soit le nombre de mètres carrés que nous occupons, sont tout aussi importants pour notre bien-être et équilibre.

Mais ce n’est pas inné chez tout le monde. Si certains n’hésitent pas à sortir des sacs-poubelles taille XXL et à se sentir mieux une fois qu’ils ont fait le vide, pour d’autres l’affaire se révèle être une véritable angoisse. La raison étant bien souvent une peur liée à une expérience émotionnelle douloureuse lors de l’enfance, de l’adolescence ou d’une catastrophe qui a engendré un stress post-traumatique

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Les 8 peurs qui nous empêchent de nous désencombrer

Avoir peur de perdre de l’argent

Sauf que c’est une peur irrationnelle et donc excessive. L’argent est déjà perdu et on ne peut pas le récupérer en gardant des possessions inutiles chez soi. Par ailleurs, même si vous les revendez, vous ne pourrez prétendre qu’à 1/3 de leur prix initial.

Avoir peur de manquer

C’est une peur intense et instinctive. Pendant longtemps avoir peur de manquer faisait partie des phobies sociales les plus communes. D’ailleurs, les personnes souffrant le plus de la peur de manquer sont celles nées entre les années 1920 et 1940. Nous l’oublions au quotidien, mais vivre dans l’abondance et l’encombrement est très récent.

Le secret pour vaincre la peur et l’anxiété, c’est d’avoir un petit peu de tout chez-soi. En tant que citadins, tout est à notre disposition, cela ne sert donc à rien d’acheter et de s’encombrer de stocks de 3 mois.

Avoir peur d’être pauvre  

Posséder plein d’objets et être riche n’est pas la même chose. Bien au contraire même. En dépensant moins en vêtements, gadgets technologiques, sorties, restaurants et autres dépenses, vous serez plus riche, avec en bonus une meilleure qualité de vie.

Avoir peur de gaspiller

Y compris quand il s’agit de jeter des affaires que nous n’utilisons plus. Comme nous l’avons souligné plus tôt, le manque a longtemps était la norme, et jeter ses affaires revenait à gaspiller. Or il n’y avait pas de plus grand péché.

Pour ne plus craindre de gaspiller, vous pouvez tout simplement donner ou vendre vos affaires. Si personne n’en veut, c’est que votre vêtement ou votre meuble est arrivé en fin de carrière. Il est inutile de garder des choses qui nous enferment moralement dans le superflu ou les pensées négatives. Le vrai gaspillage c’est celui d’accorder plus d’importance à ses angoisses, et autres troubles anxieux, plutôt qu’à son bien-être.

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Avoir peur de perdre un souvenir ou de le regretter

Notre rapport aux objets se complique dès lors qu’il y a l’émotionnel qui entre en jeu. Les vieux bijoux de l’arrière-grand-mère, la vaisselle de famille du XIXème, tous ces objets ont une dimension affective décrétée comme sacrée par la famille, la société, l’éducation ou la religion. Mais est-ce pour autant vrai pour nous ? Ou est-ce la culpabilité, voire la superstition qui nous empêche de nous en séparer ?

Il est important de ne pas confondre le fait de jeter des vieux souvenirs matériels avec celui de rejeter son passé. D’ailleurs ce sont les souvenirs que nous gardons en mémoire, dans notre cerveau comme dans notre cœur, qui sont réellement importants. Ce sont ceux-là qui nous définissent.

Avoir peur du vide

Attention là aussi aux amalgames. Se désencombrer, ce n’est pas transformer son chez-soi en clinique froide et vide. L’essentialisme n’est pas la quête du malaise mais du bien-être. Or pour nous sentir bien, nous avons besoin d’un chaleureux et confortable espace où nous pouvons respirer. Un bon grand et gros canapé, un beau tapis, une jolie table en bois et quelques livres, ce n’est pas le vide.

Avoir peur du regard des autres  

Ici on est dans la peur d’avoir peur, qui témoigne d’un manque d’estime de soi certain.  En désencombrant leur intérieur, certains craignent d’être pris pour des marginaux ou des interdits bancaires auprès de leurs relations. Quand la voix du bon sens a laissé la place à celle de l’ego, le problème n’est plus les autres mais son rapport à soi-même.

En apprenant à se désencombrer, on apprend ainsi à jeter quelque chose de plus lourd qu’un vieux buffet : la peur du regard des autres. Il est temps de changer ses obsessions et d’oublier son entourage pour se concentrer sur le regard que l’on porte sur soi. Il n’y a pas de remède miracle, pour ne plus se dévaloriser, il faut renforcer sa confiance en soi. Pour ce faire, souvenez-nous de nos astuces, et conseils .

Avoir peur du changement  

Elle se manifeste quand on vit dans le regret permanent du passé ou dans la crainte du futur. Or certains objets nous renvoient à notre attachement au passé et d’autres comblent un besoin de sécurité par rapport à l’avenir.

Dans un premier temps, il est important de prendre conscience des rapports que nous avons avec nos objets, de discerner quelles sont nos raisons cachées de les garder. Ce n’est qu’après un travail d’introspection que nous pouvons commencer à surmonter l’angoisse de séparation. Puis oublier hier et demain pour se concentrer uniquement sur ce qui nous est essentiel aujourd’hui.

Se désencombrer, c’est donc d’abord faire des choix en pleine conscience : qu’est-ce que je garde, qu’est-ce que je jette ? C’est l’art de lister, au lieu de ruminer, et de prendre des décisions.

Plus facile à dire qu’à faire comme toujours quand il faut oser sortir de sa zone de confort pour affronter ses peurs. C’est pourtant le seul chemin pour être heureux et s’épanouir.

Pour rappel, chercher à éliminer la peur est souvent vain. La seule démarche constructive est de l’apprivoiser pour faire de sa peur une alliée.

écrit par

Amal Dadolle

Savoir être

Se connaître

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