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  5. Il n’y a pas de faux départ !

Tranche de vie !

Je n’ai pas beaucoup dormi cette nuit mais il y a ce bonheur dans mes muscles et cette chaleur dans mon sang qui me tiennent compagnie. Il y a cette lumière dans la ville qui réchauffent nos cœurs et encore plus proche de mes yeux cet écran d’ordinateur.

Voilà. J’ai pris mon billet d’avion. La destination a du bon: je pars à Nouméa. Comme au cinéma, « Régler mes pas dans les pas de mon père », parti jouer les Robinson dans sa nouvelle villa.

C’est incroyable comme il m’est facile de partir. Ramasser mes affaires, les plier dans ma petite valise et claquer la porte un après-midi d’été. Avec mes livres, mon passeport et mes carnets. (Enfin, le passeport c’est seulement si la procédure d’urgence de la préfecture veut bien me l’accorder pour le jour du départ. Depuis peu mes papiers d’identité sont périmés, et moi évidemment je viens de m’en apercevoir)

Jusqu’ici tout va bien… même si l’important selon moi, n’est certainement pas l’atterrissage. Commençons par avoir assez de pétrole pour s’offrir un avion qui décolle.

Je lève les yeux vers la fenêtre, les nuages filent vite aujourd’hui, le vent les a balayé pour laisser place au soleil. C’est bien ce que je veux pour ma mémoire : du soleil.

Ça commence toujours comme ça… La famille. C’est par là que tout commence… C’est un voyage dans le voyage.

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Vous l’aurez compris, mon père vit en Nouvelle-Calédonie. Ne me demandez pas pourquoi. Peut-être pour faire « Goulou Goulou dans la casa ». Pour son passage à la cinquantaine, on est déjà passé de deux à cinq (si l’on compte pour une entière, chacune des trois sœurs considérées comme « demi »). Oui chez nous, comme dans les spectacles de Lucchini, on est comme ça : « on est welcome ». Il y a donc une possibilité de se retrouver pour ses 60 ans, avec une équipe de foot au complet. J’ai oublié de vous dire que mon père a toujours rêvé d’être entraineur…Ou homme politique, je ne sais plus trop. La vérité, c’est qu’il est toujours prêt à mouiller le maillot.😄

Ma mère, elle, elle est sur une autre planète. Elle a été professeur d’EPS, puis de lettres (oui, je vous assure, le sport c’est de la culture). Aujourd’hui, elle est…à la retraite…

(Ceci est un mot en voie de disparition dans le dico, « camarades, camarades, ne lâchons rien »…)

« Faites des parents », qui en 68 ont 18 ans, ça veut dire naitre dans une manif dans les années 80, apprendre à marcher en chantant, « tous ensemble, tous ensemble », sur le même chemin, redorons les valeurs du genre humain.

Quand on aime on ne compte pas, alors ces hippies ont arpenté le monde en combi, ont fait des petits dont je fais partie, et puis ont fini par divorcer d’avoir consommé, sans assez de modération, un trop plein de liberté, laissée sans mode d’emploi, aux futures générations.

J’ai rapidement compris qu’il faudrait sans cesse improviser. Il y a toujours un évènement, un départ, une rupture, prêts à nous dévier de notre route pour nous mettre sur des chemins buissonniers. Parmi ces détours sans retour, j’ai tenté de préserver une certaine légèreté.

J’ai toujours pensé, que c’était plus dur pour eux, que pour moi. C’est vrai, ça n’avait pas l’air évident, de passer de belles nuits d’amants, à des journées de transfert, de linges sales et d’enfants.

Alors j’ai pris le train comme on traverse un port, pour passer d’une rive à l’autre, d’un monde à un autre. D’un parent à un autre. Entre une semaine, maternelle pour deux. Et un weekend, rempli pour la quinzaine. Finalement, je me suis accommodée de ces différences-là. Elles sont devenues moi…

Il n’y a pas de modèle. Il faut inventer sa vie.

J’ai grandi avec deux maisons et deux lits. Et aussi deux pots de Nutella et deux abonnements à Télérama😜. Vu comme ça, avouez, que cela donne envie 😉

Dans la cour de récré, les premières années, j’étais bien la seule dans mon monde d’enfants de divorcés. Souvent, on me demandait « Ils ont refait leur vie tes parents ? ». Je répondais : « Des vies, ils n’en ont qu’une. C’est celle-là, et c’est très bien ainsi ». On insistait en me laissant entendre : « Ils pourraient peut-être se remettre ensemble… ? ». Silence.

J’ai tenté de leur expliquer que je n’y pensais jamais. Jamais. Puis j’ai juste cessé de les écouter. J’avais cette vie-là à aimer, et c’était bien assez. D’Amour, je n’ai jamais manqué. Je ne voulais pas de faux espoir, car l’espoir est un poison. Un poison qui nous enlève la force d’aimer ce qui est là.

Et puis j’avais de la chance, je partais tout le temps en vacances. D’ailleurs, je gagnais toujours à la rentrée, au concours du nombre de chambres dans lesquelles je m’étais endormie pendant l’été. 😛

Une année, mes parents ne s’étaient pas concertés. J’ai passé le mois de juillet en Crête avec ma mère. A mon retour, mon père m’a annoncé tout fier, qu’on passerait le mois d’Août en Grèce. J’ai frôlé l’indigestion au Tzatziki, mais depuis, je danse hyper bien le Syrtaki.

Avec ma mère, souvent, on se baignait sur des plages naturistes. Les « tout nus » et pas toujours bronzés (petite aparté : nous sommes des « gens du Nord », vous savez, ceux qui ont « dans leur cœur la chaleur qu’ils n’ont pas dehors »…), bref, les plages sauvages, c’est bon pour l’apprentissage au corps. C’est comme si j’avais sauté une classe, c’est une éducation en accéléré. Après c’est facile pour se retrouver, devant un garçon, à poil sans tes talons hauts (pour paraphraser la chanson de Renaud), quand lui, te dit timidement, « euh…on prend l’apéro…d’abord ? »… « Ah bon ?…Ah si tu veux…oui d’accord… »

C’est utile aussi pour comprendre Houellebecq et ses « particules élémentaires », même si ça ne se dit pas, que celui-là figure en tête de ma bibliothèque. (Mais selon moi c’est un grand écrivain, rendons à Michel ce qui lui appartient.) Et puis l’essentiel, il le dit lui-même c’est de « rester vivant ». Là « où tout est facile, où tout est donné dans l’instant ; il existe, au milieu du temps, la possibilité d’une île. »

« Les mamans, ça pardonne toujours, c’est venu au monde pour ça ». Grâce à elle, j’ai développé, un sens aigu de l’adaptation. A l’endroit, à l’envers, je suis devenue la femme, caméléon. 😎

Mon père pour rattraper ces petites dérives, m’a fait visiter les églises du monde entier, (sans pour autant en trouver une pour me faire baptiser). Je dois dire que selon les pays visités, on a vu autant de synagogues que de mosquées. Pour simplement vérifier que j’avais bien appris mes leçons de l’année, il me faisait juste corriger, l’air de rien, sur les livres d’or à l’entrée, l’orthographe des témoignages des pèlerins. C’est devenu notre signature de famille : « Dieu pardonne la faute et Dieu c’est nous

Aujourd’hui plus que jamais, gardons tous dans un coin de nos têtes, cette certitude : L’unité est bien supérieure à la division. Notre plus grande force restera l’ouverture.

Des bateaux, on en prend beaucoup, mais contre vents et marées, petites peurs et préjugés, Composé, décomposé ou recomposé, celui qui tient toujours le coup,c’est bien la famille d’abord, la famille d’abord.
Celle que l’on a reçue et celle que l’on a créée.

Si je suis capable d’écrire ça, si mes parents, mon frère, sont capables de le lire, si tous ensemble nous sommes en mesure d’en rire, c’est que…
pour les vacances en Polynésie, j’ai pardonné,
et pour nos séparations, j’ai remercié.

Ceci est une invitation, à vous de jouer…

Auré  ☺

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