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Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ?

  • mardi 15 mai 2018
  • 4 Min de Lecture

Comment la société nous conditionne ?

Jean-Jacques Rousseau nous avait mis en garde : « l’homme est bon par nature, c’est la société qui le corrompt ». Jean-Paul Sartre, plus succinct, reprenait en chœur des décennies plus tard : « L’enfer c’est les autres ». Le diagnostic de ces philosophes est dérangeant autant que profond : nous sommes empêchés d’être qui nous sommes. Nous nous renions afin de nous plier aux règles des autres et de la société. Ce jeu des règles commence dès la prime enfance au sein de la famille. Concrètement, qu’est ce qui nous empêche d’être qui nous sommes et comment faire pour y remédier ? C’est ce que nous allons voir au côté du professeur de psychologie, Edward Deci, que nous vous avions déjà présenté autour des limites de loi du bâton et de la carotte. Limites que nous retrouvons ici.

Tomber dans les filets du désir des autres

Deci et son équipe ont mis en exergue six grands types de motivations en les divisant en deux catégories :

  • les motivations extrinsèques qui comprennent l’argent, la célébrité et la beauté.
  • Les motivations intrinsèques qui comprennent les relations humaines significatives, le développement personnel et sa contribution à la communauté.

Or la société occidentale, accorde une immense importance aux motivations extrinsèques (l’argent, la célébrité et la beauté). Mais comme nous l’avions déjà vu avec l’argent, les motivations extrinsèques nous détournent de nos véritables aspirations. Le temps excessif passé à se regarder dans le miroir ou à compter le nombre de ses followers sur Instagram entre exactement dans la même logique que la récompense financière. Je ne fais plus les choses pour moi, « à cause de moi », mais pour l’autre, sur le regard qu’il va porter sur moi. Nous oublions, à partir de là, que le seul regard qui devrait nous importer, c’est celui que nous portons sur nous-mêmes, car au fond il n’y a que nous qui connaissions nos véritables motivations et aspirations. L’oublier et être dépendant du regard des autres, c’est se rendre malheureux. Les résultats des recherches des psychologues sont sans appel : les motivations extrinsèques nous rendent plus anxieux, stressés, insatisfaits, voire dépressifs. En revanche, et nous ne sommes pas surpris, les motivations intrinsèques contribuent à notre bien-être, nous sommes naturellement plus motivés, épanouis et satisfaits de la vie que nous menons et de ce que nous sommes.

Naturellement, la gloire, la beauté et l’argent ne sont pas les seules motivations extrinsèques. Il en existe de moins « superficielles » comme celle de vouloir répondre aux atteintes familiales. C’est la classique histoire du fils de l’avocat qui se rêve menuisier, mais s’en interdit, conscient de décevoir les ambitions paternelles. Dans nombre de cas, le fils, un bon garçon, fera des études de droit et la carrière que l’on attend de lui. Le bien est l’ennemi du mieux, n’est-ce pas ? Comme ce gentil fiston, nous sommes nombreux à nous soumettre aux règles, à les avaler sans jamais les digérer et à sentir leurs poids sur notre estomac toute notre vie. Si cette histoire de fils d’avocat est bien connue, c’est parce qu’elle nous renvoie à un besoin fort qui découle de notre nature fondamentalement sociale : notre besoin d’affiliation, d’appartenir à un groupe, à une famille surtout. Les liens du sang étant extrêmement valorisés dans nos sociétés. Bien souvent ils sont un argument à part et nous enferment dans une place déterminée. Problème : les motivations extrinsèques familiales et les motivations intrinsèques ne vont pas toujours en harmonie. Alors que faire ? Comment être soi, sans être déterminé par les autres, tout en pouvant vivre avec eux ?

Trouver sa propre voie en écoutant sa voix

Devant les règles de la société ou de la famille, il ne sert à rien de se soumettre, ni de se rebeller. Dans les deux cas, nous (nous) perdons. Se soumettre, nous l’avons vu, c’est manger la règle sans la digérer. Se rebeller, c’est recracher la règle. Pour autant, celle-ci ne disparait pas. Il existe, heureusement, une troisième voie, celle où la règle est mangée et digérée. C’est la voie de l’autonomie.

L’autonomie repose sur deux principes-clef :

  • L’authenticité, que nous ne pouvons exprimer qu’en reconnaissant nos besoins psychologiques et aspirations personnelles. Le but ? Vivre en harmonie avec nous-mêmes.
  • La responsabilité, où nous avons fait les règles extérieures comme nôtres. Le but ? Vivre en harmonie avec les autres.

La responsabilité commence dès l’enfance où toute l’éducation consiste à transformer les stimuli extérieurs en stimuli intérieurs. Par exemple, un enfant qui commence à sortir les poubelles, le fera dans un premier temps à la demande des parents. Mais, comprenant au fur et à mesure tout l’intérêt de s’atteler à cette corvée pour le bien commun, surtout si les parents lui expliquent, l’enfant sortira bientôt les poubelles sans que personne ne le lui demande. Pour digérer une règle, le mieux est encore de la comprendre. Si la règle est comprise les individus acceptent de prendre des responsabilités pas forcément intéressantes mais qui sont importantes.

Et qu’est ce qui permet finalement de passer de la soumission / rébellion à l’autonomie ? Frédéric Lenoir nous a déjà donné la réponse : en passant de l’inconscience à la conscience. Conscience de qui je suis et de mes besoins, et conscience que je ne vis pas seul(e) sur une île déserte. C’est cela être auto-déterminé.

Must read : Edward L. Deci avec Richard Flaste, « Pourquoi faisons-nous ce que nous faisons ? », Interéditions, 2018
écrit par

Camille

Mieux-être & Réussite

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