Secrets d’Histoire : la pilule

Par Camille - jeudi 7 décembre 2017 - Temps de lecture: 3 minutes et 15 secondes -

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Wavebreak Media Ltd/123RF
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Secrets d’Histoire : la pilule

L’alliance du féminisme et de l’eugénisme

La pilule aurait été inventée dans le but de libérer la femme. Du moins, c’est ainsi qu’on la présente depuis de nombreuses années. Et pourtant, comme vous allez le découvrir, la pilule n’est pas l’œuvre de volontés angéliques. Elle doit son apparition à des raisons idéologiques, qui appartiennent plus à l’eugénisme qu’au féminisme, et à l’acharnement de deux personnages centraux, la militante Margaret Sanger et le médecin Gregory Pincus.

La révolte de Margaret Sanger

En 1879, Margaret Sanger voit le jour au sein d’une famille d’ouvriers, immigrés Irlandais aux Etats-Unis. Entourée de nombreux frères et sœurs, elle ne mange pas tous les jours à sa fin, juge son univers crasseux et grouillant de monde. A l’âge de 10 ans, Margaret perd sa mère, et rend coupables les grossesses à répétition (18 grossesses en 22 ans) et l’appétit sexuel de son père.

Elle tourne le dos à son milieu grâce à l’amour d’un petit bourgeois, qui l’épouse. Adulte installée et mère de trois enfants, Margaret exerce le métier d’infirmière auprès de migrants vivants dans les ghettos de New-York. Le contact avec cette population lui rappelle avec révulsion et révolte le monde de son enfance. C’est à ce moment-là qu’elle passe de la pensée aux actes. Margaret quitte mari et enfants, pour se consacrer entièrement à sa lutte, en créant la ligue pour le contrôle des naissances.

L’oreille attentive des eugénistes

Margaret Sanger rame à ses débuts de militante de la contraception. L’époque est au puritanisme dans les classes dirigeantes, et les classes populaires n’y prêtent qu’une oreille distraite. Avec l’âge, l’idéalisme s’efface pour le pragmatisme. Puisqu’elle vit dans un monde d’hommes et d’argent, elle décidera de jouer le jeu.

Margaret accepte donc vers ses 40 ans la demande en mariage d’un millionnaire, après avoir négocié avec lui son autonomie et le financement de son projet de contrôle de naissance. Devenue dame du monde, elle se rapproche de cercles de pensées de l’époque. Plus précisément de l’eugénisme, dont elle fera sienne les idées. En parlant des classes populaires, dont elle est originaire, elle écrit :

« S’ils ne sont pas capables de s’occuper d’eux-mêmes, ils ne devraient pas être autorisés à apporter leur progéniture dans ce monde. Nous désirons arrêter à sa source, la maladie, la pauvreté, la faiblesse et la folie qui existent aujourd’hui, car celles-ci contribuent à la détérioration de la race ».

Rencontre avec Grégory Pincus

Dans les années 1950, Margaret rencontre Grégory Pincus, médecin américain, tout aussi audacieux et fougueux qu’elle. Il est le premier à féconder des lapines in vitro, ce qui le fait passer pour un Frankenstein aux yeux de ses collègues. Il bouscule trop vite les mentalités de son époque, qui n’y voient qu’un moyen de donner les pleins pouvoirs aux femmes sur la procréation. Harvard le pousse dehors, ce qui lui ferme de facto les portes des autres institutions ou facultés prestigieuses.

C’est quand il se retrouve au fond du trou, à presque 50 ans, qu’il rencontre Margaret. A presque 70 ans, mais toujours aussi combattive, elle dispose de l’argent et d’un réseau. Grégory Pincus a pour lui la science, ses connaissances et ses découvertes. Ils sont faits pour s’entendre. Margaret va l’aider à trouver des fonds, ce qui ne s’avéra pas trop difficile, comme le dit Sabrina Debusquat :

« Dans cet Amérique de décideurs blancs, beaucoup comprennent le potentiel de la pilule comme moyen d’épurer la race. »

Cela sous-entend le pire, et on est loin de la question de l’émancipation des femmes.

La pilule validée par la FDA : l’efficacité prime sur la santé et le confort des femmes

Qui permet la mise sur marché d’un médicament ou d’un aliment aux USA ? La FDA, Food and Drugs Administration, qui vérifie que tout produit ne porte pas atteinte à la santé des Américains. Or, l’efficacité de la première pilule s’est vite manifestée dans les premiers essais, mais les effets secondaires aussi. Les plaintes des patientes n’ont servi à rien.

Elles ont été cependant négligées avec dédain, les mettant sur le compte de la légendaire névrose féminine. Pourquoi la FDA a-t-elle validé la pilule de Gregory Pincus, alors que celui-ci n’avait présenté qu’une étude portant sur une année de test, sur une centaine de femmes ? Une étude au vocabulaire choisi, qui ne parle pas de « femme », mais de « cycle », grossissant ainsi les données, donnant l’illusion d’une expérience de vaste ampleur.

Mais ce n’est que fumisterie, et Pincus se garde bien aussi de préciser que la moitié des femmes ont renoncé à poursuivre l’expérience, à cause des effets secondaires trop importants. Si, de son côté, la FDA a validé la première pilule, c’est tout simplement pour des raisons matérielles.

En sous-effectif, elle n’avait pas la possibilité de vérifier par elle-même les expériences de Grégory Pincus, et ce qui comptait avant tout, c’était l’efficacité du produit. Or, la pilule marchait très bien, et les effets secondaires étaient franchement minimisés par l’étude de notre médecin peu scrupuleux.

Voilà pour la petite Histoire. Découvrez, maintenant, pourquoi les effets secondaires de la pilule sont à prendre très au sérieux !

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