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  5. Voter ou ne pas voter, telle est la question ?

dilemme démocratique

Ça y est ! Les régionales ont élu leur champion pour l’arène électorale de 2021 ! Les élections présidentielles approche à grand pas ; quelques petits jours avant le premier tour ! Forcément nous abordons ce sujet au bureau, en famille ou entre amis. Si hier, la question était « et toi pour qui tu votes ? », aujourd’hui elle est plutôt « et toi tu votes ? ».

Coup d’œil à gauche à droite,  on se regarde, un demi-sourire crispé, les uns s’excusent, les autres assument comme une masse : moi, je ne vote pas. Une fois les premières réactions d’insurrection ou de compréhension passées, les arguments sont échangés et au final on s’interroge : j’irai voter ou pas ?

Incrustons-nous quelques temps à un repas de famille et faisons le tour de table où nous aurons un petit éclairage des différents partis sur la question du vote :

votera-votera pas-bloomingyou

Pourquoi les français boudent-ils les urnes ?

Josette, 76 ans, se désole de cette tendance à s’abstenir, le vote ce n’est pas quelque chose qu’on nous a donné gratuitement : au même titre que la liberté, c’est d’abord un droit acquis douloureusement suite à un long combat. Historiquement parlant, ça fait mal de renier ce qu’on a chèrement gagné. Pour Josette donc, si le vote est un droit, il est d’abord une obligation civique car symbole de notre liberté et démocratie.

A l’autre bout de la table, son petit-fils de 20 ans Lucas, digne représentant de cette jeunesse délicate et distante de la vie politique : « pourquoi aller participer à cette bêtise ? Cela peut être n’importe qui, parce que dans tous les cas c’est bonnet blanc et blanc bonnet et rien ne changera de toute manière. »

Marie, 52 ans, temporise et reconnait que même si le système n’est pas parfait, loin s’en faut, il faut le garder de peur de perdre le peu que l’on a ! Et puis méfiance ! Si plus personne ne va voter c’est la perte de notre liberté (soupir exaspéré de Lucas) ou du moins c’est la porte ouverte à toute forme d’extrémisme. Ne pas utiliser son droit de vote c’est donc encourir le risque de voir le pire se réaliser.

Pour son beau-frère, Olivier, le pire est déjà là, il est dans ce droit de vote qui ne fait que nous faire cautionner un système et ses représentants. La question n’est pas que le système soit perfectible, c’est qu’il ne fonctionne pas : les élections sont un moment de spectacle où l’on berce les citoyens de l’illusion de participer. C’est une mise en scène pour faire croire à mamie Josette qu’elle est effectivement libre. Ce système nous asservit et rentrer dans le jeu, c’est jouer avec ses règles. Quand les règles sont faussées et les cartes dupées, à quoi ça sert de jouer ? Le jeu est illusoire, et continuer à y jouer c’est lui donner la légitimité de continuer ce qui ne fonctionne pas. Lucas a instinctivement compris le problème.

Enfin, Laure, étudiante en sociologie, comprend les arguments en faveur des pour et des contre, mais elle veut être actrice du destin national. C’est son rôle en tant que citoyenne éduquée et bien informée. Il est toujours possible de bouger les lignes en mettant par exemple en avant d’autres idées et d’autres partis. Et puis, pour savoir pour qui voter, il faut déjà que nous y comprenions quelque chose. Cela implique que tout le monde doit avoir des notions de base en droit notamment, mais surtout en économie. L’école doit donc jouer un rôle beaucoup plus important si nous voulons que le vote ait un vrai impact. Mieux avertis et informés, les gens comprendraient les enjeux de tel ou tel programme politique et iraient voter. La jeune femme termine, enfin, en expliquant que le numérique peut révolutionner notre système politique en nous proposant de voter des lois directement de chez nous, par exemple.

Perte de confiance dans le système

A l’approche du dessert et du café digestif, on pose un diagnostique : le problème est double et il concerne notre confiance dans nos politiciens. Nous ne les croyons plus. Depuis 30-40 ans on nous explique que la crise passera et que ça ira mieux. On attend et on trouve le temps long, donc on s’interroge sur ceux là même dont on voit le visage depuis (trop) longtemps. A quoi pensent ces hommes et ces femmes politiques : pensent-ils à nous, à leur mission ou à leur carrière singulière ?

Derrière question, le changement a-t-il plus de chance de se faire par le vote ou par l’abstention ? Qu’arriverait-il si nous arrêtions tous de voter ? Nos dirigeants seront-ils alors choqués et reconnaîtront ils enfin que le système actuel ne fonctionne plus ? Mais la question contraire est tout aussi pertinente : qu’arriverait-il si nous allions tous voter ? Les politiciens changeraient-ils leur comportement ? Des partis politiques « citoyens » apparaitraient-ils ? En attendant ces beaux jours, on quitte la table avec toujours avec le même dilemme : votera, votera pas ?

Photo de couverture :http://www.rue89strasbourg.com/a-17h-la-participation-au-referendum-reste-tres-faible-35774-
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