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  5. Comment répondre aux mensonges dans son couple ?

Pourquoi ment-on dans son couple ?

« Rien ne dérange davantage une vie que l’amour » affirmait l’écrivain François Mauriac.

Les recherches en psychologie lui donnent raison, dans le sens où si l’amour est si compliqué c’est parce que c’est sur ce terrain que nous sommes confrontés à nos blessures d’enfance, conscientes ou inconscientes, avouées ou non. Ce n’est donc pas surprenant que cela soit au sein de cette relation que les mensonges foisonnent.

Tous les mensonges ne sont pas synonymes de trahison, certains sont mêmes bien intentionnés, voire bénéfiques. Dire à sa femme qu’on la trouve belle après un accouchement, alors qu’elle est en vrac, c’est un joli mensonge.

Et puis, il y a des mensonges dont on se fiche, parce qu’ils ne sabordent pas la confiance en l’autre. Prétexter ne pas avoir entendu qu’il fallait acheter des yaourts en rentrant du travail n’a rien de bien méchant.

Pour les mensonges plus graves, proches de ce qu’on pourrait appeler une trahison (l’adultère, mentir sur ses intentions, ses sentiments, sur ses problèmes financiers, sa santé, rester en contact avec un ex sans rien dire etc.), les choses sont un peu plus corsées.

Mais qu’ils soient bénins ou sérieux, quatre raisons principales nous poussent à mentir :

  • Éviter une situation fâcheuse (une dispute, un conflit, une émotion gênante)
  • Obtenir un bienfait (une récompense, un pouvoir)
  • Protéger l’autre (d’une souffrance, d’une vérité trop dure)
  • Cacher l’inavouable (une faiblesse, un sujet de honte).

Au sein des couples, la découverte d’un mensonge est vécue comme un drame, mais souvent, c’est davantage dû à un problème individuel qu’au couple en lui-même, comme nous l’apprend Lisa Letessier, psychologue clinicienne et auteure de l’ouvrage « Le Mensonge dans le couple » paru aux éditions Odile Jacob.

Que cache une prédisposition aux mensonges ?

Une enfance malheureuse

Les « petits » mensonges (sur son emploi du temps, ses tâches faites ou à faire) sont inoffensifs, exceptés quand ils sont fréquents.

Quand le mensonge devient compulsif, quand il devient un besoin, il cache en fait d’autres besoins en lien direct avec des blessures d’enfance :

  • Le besoin de se protéger du regard des autres, en particulier de ceux qu’on aime. C’est un « héritage » issu de l’enfance, quand les premiers que nous avons aimés, les parents, ont été nos premiers juges. Quoique fasse l’enfant, ce n’était jamais bien ou toujours critiquable. L’enfant devenu adulte souffre alors d’un schéma d’imperfection-honte. Il est convaincu d’être rejeté par l’autre, s’il s’autorise à être ce qu’il est.

Pour rappel, ce qu’on appelle schéma est le cadre cognitif qui détermine nos pensées, comportements et croyances sur soi, le monde et les autres.

  • Le besoin de culpabilité, conséquence du fait d’avoir menti. Ce qui apparait comme un besoin masochiste est issu là encore d’une enfance tourmentée et brimée. L’enfant a appris que la moindre petite erreur mérite une sanction sévère et imminente. Adulte, il souffre du schéma de punition, qui se manifeste de deux façons :
    • Soit il reste dans le rôle de victime, et la personne cherche à se faire du mal en se sabotant constamment.
    • Soit il part dans le rôle de bourreau, et la personne devient imbuvable avec son entourage, cherchant le moindre prétexte pour punir, critiquer, engueuler, se montrant volontiers rancunière et vindicative.

L’adulescence en action

  • Le besoin d’adrénaline. Mentir ne résulte pas toujours d’une blessure d’enfance, il peut y avoir des motivations superficielles comme simplement celle de vouloir mettre un peu de piquant dans un quotidien ennuyeux. Cela peut aller jusqu’à tromper son conjoint rien que pour ressentir l’excitation de la peur.

Jouer avec le feu peut même devenir addictif et complètement banal, d’après Neil Garret, chercheur au département psychologie expérimentale d’University College London, dont une étude réalisée en 2016 fait état d’une adaptation émotionnelle du cerveau dans le traitement du mensonge.

Ce comportement immature, qui ne recherche que les plaisirs immédiats au risque de tout perdre, laisse néanmoins perplexe : est-ce vraiment l’attitude d’une personne heureuse ?

Quoiqu’il en soit, l’immaturité ou les schémas issus des blessures d’enfance n’est pas toujours uniquement du côté des menteurs. Ceux qui refusent le moindre petit mensonge et exigent un « devoir de transparence » ne sont pas forcément mieux portants.

Que cache une allergie aux mensonges ?

Une enfance malheureuse (II)  

On compte 18 schémas cognitifs biaisés, mais ceux qui sont propres aux allergiques du mensonge viennent tous des blessures psychiques de séparation ou de rejet. Il y a trois schémas principaux :

  • Le schéma de méfiance qui résulte de la peur constante d’être trahi.
  • Le schéma d’abandon qui résulte de la peur constante d’être quitté.
  • Et le schéma de fusion qui résulte du besoin de transparence.

Quelle que soit la nature du schéma, il découle toujours du même besoin de sécurité affective et se manifeste par le sentiment de vide intérieur sidéral.

Une des réponses pour faire face à ses peurs et se sentir en sécurité est de rechercher à contrôler les faits et gestes de son partenaire. Une réponse plus que limitée et qui conduit souvent à la rupture.

Une question de valeur et de circonstance

A côté des situations extrêmes, il apparaît selon l’expérience de Lisa Letessier que pour des personnes ne souffrant d’aucun schéma, ce n’est pas tant la gravité du mensonge (adultère ou autre) qui leur pose problème que le mensonge même.

Pour le dire clairement, il nous arrive à tous de faire de grosses conneries, c’est humain et cela peut se pardonner. Mais cacher sa faute, c’est là où le bât blesse, où la confiance est brisée.

Pour d’autres, c’est la grosse connerie en elle-même qui fait office de coup de canif dans le contrat.

Quelle est la faute la plus lourde ? Le mensonge ou la grosse connerie ? Il n’est pas possible de répondre ici à cette question tant elle est intime.

C’est à la fois une question de valeur, d’éducation, de principe et de l’état du couple. Est-ce qu’on allait bien avant la « grosse connerie » ou est-ce que celle-ci est révélatrice d’une crise ? Et cette crise, est-elle un passage ou le signe que c’est la fin ?

Quoiqu’il en soit, nous avons des solutions et conseils pour tout le monde.

Des solutions pour une sortie de crise

Comment retrouver la confiance en son conjoint ?

Sur la question de l’infidélité, nous avons déjà vu qu’il n’y a que 4 alternatives comprenant la rupture, le pardon, le statut quo (je n’ai rien vu, rien entendu et j’assume le non-choix) ou le mariage « libre » (chacun fait sa vie affective de son côté mais reste ensemble pour des raisons matérielles).

Pour le reste, rien n’est possible tant que celui, ou celle qui a trompé ou menti ne présentent des excuses sincères. Pour qu’elles le soient, il est nécessaire de :

  • Verbaliser clairement ses regrets et ses sentiments.
  • Reconnaître la souffrance que l’on a causée et expliquer en quoi on a fait souffrir.
  • Expliquer la raison de son comportement sans chercher à se trouver des excuses.
  • Proposer une façon de se faire pardonner

Ce n’est pas facile de s’excuser, surtout quand notre culture assimile cela à un aveu de faiblesse. C’est pourtant un acte d’amour, et la preuve que l’on tient à son conjoint et son couple.

S’interroger sur son propre comportement

Nous l’avons vu dès le départ, mentir ne découle pas de mauvaise intention. Vouloir éviter une dispute ou une remarque acide se comprend. Si notre partenaire nous ment, occasionnellement, peut-être que le problème vient de nous.

Quelques questions méritent de se poser :

  • Comment-ai-je réagi la dernière fois que mon conjoint a avoué quelque chose qui m’avait contrarié ?
  • Est-ce que je n’ai pas tendance à le critiquer facilement parce qu’il ne fait pas les choses comme je l’entends ?
  • Est-ce que je ne suis pas chiant(e) ?
  • Généralement, les gens ont-ils peur de me dire ce qu’ils pensent de moi ?
  • Suis-je d’un tempérament jaloux ?

Petit exercice qui n’est pas confortable, mais efficace.

Travailler sur ses proches schémas

Pour le schéma de fusion

  • Deux fois dans la semaine, choisir une activité à pratiquer seul (sport, balade, musée)
  • Une fois par mois, organiser une soirée copains sans son conjoint.
  • Travailler sur la relation avec ses parents (tout part de là) en mettant de la distance avec eux.

Pour le schéma de méfiance

  • Face à une situation inconnue, envisager plusieurs scénarios alternatifs. Par exemple, il ou elle ne répond pas à mon SMS, parce qu’il/elle n’a plus de batterie, est en plein exposé, a laissé son portable dans son sac etc.
  • Méditer sur son exigence : peut-on faire une erreur sans perdre de facto la confiance de l’autre ? Et moi, suis-je tout le temps parfait(e) ?
  • Essayer d’avoir des relations plus profondes en confiant quelque chose d’intime à votre sœur ou ami.

Pour le schéma d’abandon

  • Apprendre à tolérer la solitude en s’adonnant à une activité, seul, comme lire un livre, prendre un bain et se rendre compte que tout va bien.
  • Se souvenir des moments où on a su s’appuyer sur ses propres ressources intérieures sans compter sur personne.
  • Méditer en pleine conscience pour accueillir ses angoisses et respirer.
  • S’auto-observer en prenant note de toutes les situations qui activent le sentiment d’abandon. On prend également conscience des sensations physiques, des émotions et des pensées qui accompagnent l’angoisse, ainsi que de son comportement. Ce qui permet de prendre du recul et de ne plus réagir à l’instinct.
  • Consulter un professionnel dans tous les cas, car ce schéma est beaucoup trop profond pour être traité de manière autonome.

Communiquer, communiquer, communiquer

Communiquer au sein d’un couple suppose de régler les problèmes à deux. La méthode proposée par Lisa Letessier, rejoint en tout point celle du prix Nobel d’économie en 1978, l’Américain Herbert Simon :

  1. Définir le problème en des termes précis et concrets.
  2. Inventorier toutes les solutions possibles sans les évaluer ou les censurer.
  3. Évaluer les solutions en tenant compte des avantages et désavantages, des conséquences pour soi et les autres, ainsi que des implications concrètes (argent, temps) à court et long terme.
  4. Prendre une décision en tâchant de se montrer pragmatique, la solution « parfaite » n’existe pas.
  5. Exécuter ce qu’on a décidé de faire.
  6. Evaluer les résultats de la solution trouvée.
  7. Si les résultats obtenus sont insatisfaisants, pas de panique ou de stress superflu. C’est l’indice que le problème doit peut-être être reformulé, ou que certains paramètres n’ont pas été suffisamment pris en compte, et donc repartir à l’étape 1.

Et puis, enfin, cela suppose de communiquer, communiquer, communiquer. Pour restaurer confiance et amour dans son couple, il n’y a pas d’autres secrets chez les couples qui durent.

Source : Lisa Letessier, Le mensonge dans le couple, éditions Odile Jacob, 2018
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