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Les robots vont-ils remplacer les hommes?

  • jeudi 26 avril 2018
  • 5 Min de Lecture

Les robots sont-ils l’avenir de l’homme ?

On l’entend partout, d’ici 10 à 20 ans les dernières avancées technologiques dans le domaine numérique, de l’intelligence artificielle et de la robotisation vont automatiser tous les métiers de services, ceux-là mêmes qui représentent près de 75 % des emplois français. De fait, c’est tout le marché du travail qui va se trouver chamboulé. Sommes-nous donc tous voués à finir sur la paille? C’est vite dit selon certains économistes, mais comme nous le verrons, les vrais enjeux et les risques qui les accompagnent ne sont pas du fait de la machine.

Le 21ème siècle, l’ère des robots ?

Selon une étude de 2013 de l’Université d’Oxford, les emplois susceptibles d’être automatisés concerneraient prêt de la moitié d’entre eux (47 % précisément). Nous l’avions déjà vu pour la médecine et les transports . Les autres secteurs étant l’administration, la logistique et la production. Amazon a déjà installé dans ses entrepôts les robots Kiva, dont la fonction est d’amener des paquets pouvant peser jusqu’à 300 kilos aux salariés humains en temps optimal. Tout cela bien sûr ayant pour but de traiter les commandes plus rapidement. Nous pouvons allonger notre liste avec d’autres métiers comme :

  • Conseiller financier

Depuis deux ans, c’est une « employée digitale » répondant au doux nom d’Amélia, qui est en charge de répondre aux principales questions des clients de la banque suédoise SEB. Un autre exemple ? Depuis mars, la société JP Morgan a mis sur le marché le programme Contrat Intelligence, dont la fonction est d’analyser et de détecter la moindre erreur juridique dans tous les contrats de prêts en quelques secondes.

  • Animateur

Dans les foires et les halls d’exposition, les robots sont déjà mis à contribution en tant que divertissement ou guide auprès des visiteurs. On commence également à les trouver dans les maisons de retraite. La société d’Aldebaran a développé un petit robot de 58cm baptisé Nao. Mignon tout plein, ce petit robot anime des jeux de loto ou de mémoire. Il peut aussi discuter sans s’épuiser et s’énerver avec les personnes atteintes d’Alzheimer. Etre un robot a ses bons côtés.

  • Agriculteur

Comme pour les voitures en ville, les tracteurs deviendront à leurs tours autonomes. Dino, le robot de Naïo Technologies, désherbe tout seul, et son petit frère Oz collecte et transporte les rejets à ses côtés.

  • Journaliste

Que cela soit pour des comptes rendus de match ou des résultats boursiers, les robots rédacteurs du français Syllabs, et des américains Automatted Insights et Narrative Science sont imbattables pour fournir des textes carrés aux informations précises. Ils peuvent écrire jusqu’à 36 000 articles en moins d’une heure. En mars 2015, le site web du « Monde » avait utilisé un de ces logiciels.

Les robots appuyés par l’intelligence artificielle semblent donc en passe de tous nous remplacer. Néanmoins, tous les économistes ne parient pas sur une si grande révolution. Ulrich Zierhan, du Centre pour la Recherche Economique de Mannheim, s’est également penché sur la question des emplois automatisés, à la demande de l’OCDE. Et pour lui, ce n’est pas la moitié des emplois qui seraient remplacés, mais seulement 10 %. :

« Beaucoup d’études utilisent des informations qui ne considèrent l’emploi que dans sa globalité; or il y a une très grande diversité de tâches au sein d’un même emploi – deux travailleurs qui ont le même intitulé, font en réalité des choses très différentes ». 

Il suffit qu’une tâche au sein d’un emploi ne soit pas automatisable, pour que l’humain reste indispensable.

Les limites des robots et de l’intelligence artificielle

Pour le chercheur de Mannheim, ce n’est pas parce qu’un emploi est automatisable que cela signifie qu’il soit condamné à l’être.

Pour deux raisons :

  • D’abord parce que tout changement est long, en plus de rencontrer des résistances. Les clients peuvent mal l’accepter ou cela peut être pour des raisons culturelles. Mais quelle que soit la résistance rencontrée, tout changement est long, surtout quand c’est à long terme.
  • D’autre part, même si des emplois sont détruits par la technologie, celle-ci en crée de nouveaux autour d’elle, comme développeur de logiciels, spécialiste de traitement de données, de l’entretien, de la maintenance et de la coordination du robot. Un autre avantage auquel on ne pense pas immédiatement, c’est que la robotisation s’accompagnera d’une relocalisation de la fabrication industrielle en Occident. Auparavant délocalisée pour des questions de coûts avantageux de main d’œuvre, le robot étant imbattable sur la question, permet de réinstaller la fabrication industrielle à domicile. Partant de l’impact de l’automatisation, le cabinet de conseil en stratégie Boston Consulting Group, prévoit en Allemagne une hausse nette de 350 000 emplois d’ici à 5-10 ans.

Qu’est ce qui n’est pas automatisable finalement ? Les rapports entre humains. Et c’est là où table Ulrich Zierhan. Reprenons l’exemple du médecin. L’automatisation de la lecture des scans lui offrira un temps précieux où il pourra consacrer plus de temps au côté humain de son métier, en dialoguant davantage avec ses patients. Son temps sera aussi dégagé pour se consacrer aux cas médicaux plus complexes.

Pour les médecins, comme pour la catégorie d’employés qui perdront leur emploi, ça sera donc tout bénef: ils feront autre chose de plus gratifiant, et cela s’accompagnera d’une hausse des salaires. Mais il y a un loup. Ulrich Zierhan avertit : « Les travailleurs peu qualifiés qui affrontent les plus hauts risques d’automatisation, reçoivent aussi moins de formations leur permettant de s’adapter ». De plus le chômage ne serait pas le plus gros problème, mais juste la partie cachée de l’iceberg : « Il serait pertinent à court terme de voir l’effet de vague d’innovations technologiques sur la distribution des salaires. ».

Le vrai défi de la robotisation et de l’IA : la redistribution des richesses.

Depuis une vingtaine d’années, la productivité ne s’associe plus systématiquement à l’emploi. Le PIB et les profits d’entreprises n’ont jamais été aussi bien portants, et comme on le constate, l’emploi n’a jamais été aussi mal portant. En théorie économique, il est alors apparu comme un paradoxe : le salaire médian a baissé et le salaire moyen a augmenté. Les économistes l’expliquent facilement. Les salariés ne peuvent pas gagner plus que ne coûterait une tâche effectuée par un robot, et dans le même temps ces innovations technologiques créent de la richesse. L’origine du déséquilibre vient de la répartition des richesses. L’exemple d’Instagram et de ses 10 employés qui ont renversé Kodak et ses 140 000 salariés de l’industrie de la photographie, suffit à lui-même. Le résultat a été que la poignée de fondateurs d’Instagram a empoché l’augmentation du PIB, devenant ainsi des multimillionnaires.

Internet est devenue indispensable et a créé des géants, des rois du monde, les GAFAM. Ils se sont accaparé le domaine numérique, et ont investi dans celui de la robotisation et de l’IA. ET en parallèle en concentrant une grosse part du capital. Où vont-ils vouloir aller et nous emmener ? A quoi va aboutir cette nouvelle et quatrième révolution industrielle, après celle qui nous aura fait sortir des champs et celles qui nous ont offert l’électricité et internet ? Les précédentes révolutions industrielles se sont accompagnées de progrès partagés par tous et d’une hausse de la qualité de vie. La vraie question finalement c’est : en ira-t-il autrement avec la quatrième ?

Pour aller plus loin : Science & Vie, Emmanuel Monnier, « Salariés ou robot, qui sera l’esclave de qui ? », n°1206, mars 2018
écrit par

La rédaction

Mieux-être & Réussite

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