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Comment réagit notre cerveau face au traumatisme ?

  • mis à jour le lundi 1 juin 2020
  • 5 Min de Lecture

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Décryptage d’un cerveau traumatisé

Un cerveau lésé

Même des décennies après une expérience traumatique, le moindre signe de danger peut réveiller son souvenir et provoquer une sécrétion importante d’hormones de stress comme si on y était. C’est la réminiscence d’un passé non réglé, lointain et pourtant toujours là.

Les neurosciences étudient la manière dont le cerveau traite ce processus mental et ont observé que les traumatismes sont la cause de changements physiologiques et nuisent à une partie du cerveau. En effet, ils transforment sa perception et son imagination, mais pas seulement.

Il y a d’abord une désactivation de l’hémisphère gauche au profit de l’activation du droit qui voit les choses d’un point de vue intuitif, émotionnel, visuel, spatial et tactile. Il stocke les souvenirs du toucher, des odeurs, des sons et des émotions quand le gauche est plus factuel et logique. Mais cela est sans compter que les traumatisés deviennent très sensibles à la moindre menace et ont une mémoire différente de ceux qui ont navigué sur un long fleuve tranquille.

Il n’est évidemment pas impossible de surmonter les séquelles d’un traumatisme en rétablissant l’équilibre de tout l’organisme.

La mémoire du traumatisé

Pour la plupart des gens, un souvenir douloureux s’estompe avec la magie du temps et peut même acquérir une forme banale dans le cerveau de sorte qu’à l’évocation de l’expérience négative, la perception n’est plus la même. L’événement négatif a même été l’occasion d’une nouvelle vie.

Si nous ne sommes pas responsables de ce qui arrive, nous sommes responsables de ce que l’on en fait.

En revanche, presque tout ceux ayant vécu un évènement traumatique restent impuissants devant leur histoire. Ils n’arrivent pas à ranger dans le passé un événement qui lui appartient pourtant bien. Ils restent « là-bas », dans leur souvenir traumatisant, et ne savent pas comment être dans la pleine conscience du présent et même à l’intérieur de leur propre corps. Et au lieu de se risquer à expérimenter de nouvelles options, la peur du danger leur devient familière, plus familière que le « aller mieux. » « Aller mieux », cet inconnu qui leur voudrait presque du mal ! Un autre débat…

Face à la menace, normalement, notre système d’hormones de stress est tout à fait capable de nous fournir une réaction appropriée, tout aussi capable de nous ramener à l’équilibre. Chez les personnes atteintes d’un stress post traumatique, le retour à la mesure n’est pas évident. C’était il y a dix ans, quinze ans, mais les warnings de lutte et de fuite persistent bien alors qu’il n’y a plus de danger objectif.

Les effets du traumatisme sur le cerveau

Comment se déclenchent les troubles mentaux

Imaginons que petit, vous ayez été agressé par un individu qui portait un pull jaune. L’amygdale, qui évalue le caractère menaçant de ce qui se présente à vous et permet ainsi de déguerpir, a automatiquement fait le lien entre le pull jaune et le danger imminent. Cette sentinelle émotionnelle est comme un appareil photo. Elle saisit une expérience négative et complexe et se limite à un seul cliché. En clair, elle a enregistré l’information qu’un pull jaune est le signe qu’il faut courir.

L’hippocampe, enfin, joue aussi son rôle sur les lieux de l’événement et enregistre l’information non seulement dans la mémoire à court terme mais la transfère dans celle à long terme, maintenant ainsi l’information vivante dans le présent.

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Quelques années plus tard, votre glande amygdale repère dans une foule un pull jaune, d’autres informations arrivent à votre cerveau, pour autant seul le pull jaune entraîne l’excitation de l’amygdale et le déclenchement de votre réaction de lutte ou de fuite.

L’hippocampe aurait dû freiner la course folle de l’amygdale en criant : « C’était il y a longtemps » ! Et non ! En cause le syndrome de stress post traumatique car le traumatisme originel n’a pas été archivé.

L’amygdale ou le détecteur de fumée

Un danger se présente. Les émotions alors ressenties sont transmises vers la fameuse amygdale, dans le cerveau limbique, inconscient (ultra rapide) et vers les lobes frontaux où les sensations atteignent l’esprit conscient (transmission plus lente).

La principale fonction de l’amygdale consiste à identifier si une perception appartient au registre de la survie. Si l’amygdale pressent une menace, elle envoie aussitôt un message à l’hypothalamus mobilisant le système des hormones du stress et le système nerveux autonome pour instrumenter une réponse immédiate du corps entier.

Très réactive, elle gagne devant la réaction des lobes frontaux, supposés tempérer, siège de la raison, avant même que l’on soit conscients du danger ! Au moment où on comprend ce qui se passe, le corps est déjà en action.

Chez les post traumatisés, l’amygdale est trop réactive face à la menace. Chat échaudé craint l’eau froide. C’est le même principe. Il n’y a plus de jugement d’intensité car l’équilibre entre l’amygdale, détecteur de danger, et le cortex préfrontal qu’on pourrait comparer à une tour de guet, est rompu.

Un cerveau au fonctionnement altéré

Se battre contre les fantômes du passé

Les scanners des traumatisés ont révélé à quel point la peur, la panique et l’horreur persistaient en eux et pouvait être déclenchées par de multiples aspects du quotidien, même anodins. Ils n’ont su faire face au choc émotionnel, et donc pas intégré leur expérience passée dans le flux continu de leur vie. Ils sont « là-bas ». Leurs réactions physiques et émotionnelles sont gouvernées par l’empreinte du passé.

Quand on est atteint d’un stress post traumatique, on organise sa vie avec l’omniprésence du traumatisme. Il est immuable et tout nouvel événement, toute information entrante est polluée par le passé. Au lieu de se concentrer sur de nouvelles options, on compense, il n’y a pas de solution au problème, et on finit par refouler l’identité de sa nature profonde affectant notre corps et notre esprit.

Le présent n’a plus de réalité

Il peut y avoir explosion ou au contraire verrouillage en réponse à des commentaires ou à des regards inoffensifs. Le contrôle de ses émotions et ses réflexes est altéré mais surtout les personnes atteintes d’un syndrome de stress post traumatique ne courent plus quand elles devraient tenter de fuir ou ne ripostent pas quand elles doivent se défendre. Il y a désorientation.

C’est même très compliqué pour elles de sentir quand elles sont vraiment en sécurité et d’activer les défenses quand il y a péril.

Tant que le traumatisme n’est pas résolu, les hormones du stress secrété par le corps pour se protéger continuent à circuler et les réactions de survie peuvent survenir à n’importe quel moment. L’amygdale ne distingue plus le passé du présent. Bien sûr que notre sentinelle émotionnelle a un rôle capital dans notre vie, mais si elle part au quart de tour à chaque fois que le lait déborde sur le feu, on peut contracter des peurs chroniques et des états de stress aigu. Par ailleurs le corps finira par accuser le coup jusque dans nos entrailles.

Pistes pour retrouver une bonne santé mentale

Aujourd’hui, nous avons non seulement les connaissances nécessaires mais aussi les outils pour répondre au syndrome de stress post traumatique via des techniques modernes et des thérapies holistiques. Rappelons que ce sont les yeux qui gardent en premier la perception d’un événement traumatique et autre. Il convient donc parfois de revisualiser une scène sur laquelle on est restés figés.

Le but étant de modifier les réflexes d’hypervigilance dans le moment présent par le détachement, et non pas de réagir comme sur les lieux d’un crime ! Il s’agit donc de s’autoréguler pour atténuer les réactions disproportionnées. Jolie nouvelle, toute forme de créativité peut jouer un rôle salvateur en ce qu’elle permet d’entrer en résilience et de guérir d’un traumatisme, comme la peinture, l’écriture, le théâtre…

Sylvaine Allié est praticienne en neuro-training à Paris.
Source : Le corps n’oublie rien de Bessel Van der Kolk aux éditions Albin Michel
écrit par

Sylvaine Allié

Savoir être

Se connaître

1 commentaire
  • Répondre Julia
    • mardi 9 juin 2020
    • 12 h 24 min

    Bonjour Sylvaine,

    Je découvre ce blog et je trouve ce travail d’une grande qualité.
    Je te rejoins sur de nombreux points. Je trouve cela tellement pertinent d’avoir conscience que nous pouvons subir nos traumatismes, parfois même toute notre vie. De nombreuses personnes sont réticentes à l’aide qui peut leur être apportée et cela est dommageable car c’est d’un soutien sans nom.

    Nous sommes tous différents face aux traumatismes ressentis et je crois qu’il est nécessaire d’éduquer au retour à une conscience salvatrice 🙂

    Je souhaite partager ton article car il aidera de nombreuses personnes, je pense.

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