Immersion au cœur du Congrès International de Fasciathérapie – Jour 2
Le deuxième jour du 1er Congrès International de Fasciathérapie, organisé par Fascia France et le CERAP, a offert une exploration plus profonde. En effet, les liens entre le corps, l’esprit et la société ont été au centre des échanges. Les témoignages, les expériences et les réflexions ont ainsi montré un soin global qui dépasse largement la dimension physique. Ici, la fasciathérapie apparaît comme une voie de résilience et de transformation. Pour comprendre les bases scientifiques sur lesquelles repose tout ce qui suit, notre guide complet sur les fascias et la santé pose l’anatomie, la biologie et les mécanismes de la douleur fasciale.
🎧 Vous pouvez réécouter le premier épisode ici : Épisode 1.
Danis Bois : la puissance d’agir du vivant
Le professeur Danis Bois, fondateur de la méthode de fasciathérapie MDB, a ouvert la journée. Il a parlé de la « puissance d’agir du vivant ». Pour lui, chaque être humain porte en lui un mouvement interne. Cette force de vie peut ainsi guider la guérison.
« Le désir de vivre n’est pas qu’une idée. Il est inscrit dans la matière même du corps. Et c’est à ce niveau qu’agit la fasciathérapie. »
Danis Bois
Danis Bois met l’accent sur la lenteur et l’écoute. Dès lors, le toucher ne cherche pas à imposer, mais à faire émerger un mouvement interne. Ce dernier devient ainsi une source d’équilibre et de santé. Cette notion de mouvement interne, que Danis Bois approfondit dans notre épisode dédié à sa pratique méditative, est au cœur de toute l’approche MDB.
Trauma et résilience : le témoignage de Jeanne-Marie Rugira
Jeanne-Marie Rugira, psychosociologue et rescapée du génocide rwandais, a partagé un témoignage fort. Marquée par les douleurs physiques et psychiques, elle a trouvé un chemin de paix grâce à la fasciathérapie. BloomingYou lui a consacré un épisode complet, dans lequel elle détaille comment la fasciathérapie l’a aidée à se reconstruire à partir de son corps.
« Ce n’est pas la guerre qui me faisait souffrir, mais la coupure d’avec un lieu de paix en moi. Le fascia m’a redonné ce lieu. »
Jeanne-Marie Rugira
Pour elle, le fascia est bien plus qu’un tissu. C’est un symbole du lien social et écologique, une mémoire vivante qui relie chaque individu à la communauté.
La pratique hospitalière – Christophe Roman
Christophe Roman, ostéopathe et formateur, a partagé son expérience au sein des hôpitaux. À son sens, former les professionnels de santé aux techniques du fascia est indispensable pour améliorer les soins post-chirurgicaux, notamment dans les paralysies faciales et les troubles de la déglutition. Les cicatrices chirurgicales méritent ici une attention particulière : comme l'explique Geoffrey Janier-Dubry dans notre épisode dédié, une cicatrice non traitée peut perturber l'ensemble du réseau fascial des années après l'opération.
« Quand j'ai commencé à pratiquer, je rêvais qu'un jour, les gens qui sortent d'opérations puissent bénéficier de ce que l'on fait. Au niveau de la cicatrisation, on a vu que ça gagne du temps. »
Christophe Roman
Son approche allie ainsi précision scientifique et sensibilité humaine, intégrant la fasciathérapie dans un parcours de soin pluridisciplinaire.
Le toucher thérapeutique face au stress post-traumatique
Le Dr Agnès Afnaïm, médecin auprès des victimes de torture, a livré son expérience. Face aux limites des traitements classiques, elle a découvert dans le toucher du fascia un outil précieux qui restaure la confiance et la sécurité. BloomingYou lui a consacré un épisode complet : comment détecter les signes d'alerte dans le tissu, comment adapter chaque geste, comment un toucher respectueux peut reconstruire là où la parole et les médicaments atteignent leurs limites. Sur le versant neurologique de cette souffrance, le Dr Danièle Ranoux explique pourquoi ces douleurs résistent si longtemps aux traitements classiques — et comment les traiter enfin.
« Avant de relancer le mouvement interne, il faut d'abord accompagner la personne dans son retrait et ses peurs. Le toucher, dans sa lenteur et son écoute, devient alors un langage premier. »
Dr Agnès Afnaïm
La distinction « porter » et « être porté » : Ève Berger-Grosjean
Dans le domaine du coaching professionnel, Ève Berger-Grosjean utilise la fasciathérapie pour accompagner les dirigeants. Ces leaders, souvent tendus et épuisés, apprennent à se déposer. BloomingYou lui a consacré un épisode dédié au lien entre fasciathérapie et leadership : comment le corps devient une boussole pour la décision, et comment les fascias révèlent ce que la pensée seule ne peut pas percevoir.
« Les dirigeants portent tout. Mais ils ignorent qu'ils peuvent aussi se laisser porter. Le fascia révèle cette possibilité. »
Ève Berger-Grosjean
Une pédagogie du vivant : Hélène Bourhis-Bois
Hélène Bourhis-Bois, chercheuse et formatrice, a insisté sur un point fondamental : la rigueur scientifique et la pédagogie sont essentielles pour garantir la qualité des soins. La fasciathérapie n'est pas une simple technique — c'est un art de la relation. Cette rigueur est par ailleurs incarnée par Christian Courraud au CERAP, qui a fait dialoguer pendant vingt ans pratiques manuelles et exigences de la recherche scientifique.
« Il faut une éthique, une unité qui laisse place à la singularité de chaque praticien. »
Hélène Bourhis-Bois
Les enjeux de reconnaissance – Anouk Serre
Anouk Serre, présidente de Fascia France, a rappelé les défis institutionnels. Malgré les bienfaits reconnus — soulagement de la douleur chronique, gestion du stress, amélioration de la qualité de vie —, la fasciathérapie reste en effet peu intégrée dans les parcours de soins officiels. C'est pourquoi la preuve par les chiffres reste essentielle : l'étude clinique du Dr Isabelle Bertrand sur 188 patients souffrant de lombalgie montre que 5 séances de fasciathérapie réduisent significativement douleurs et anxiété — avec un bénéfice mesurable sur les dimensions psychosociales que la kinésithérapie seule n'atteint pas.
« Le toucher, la chaleur humaine, la présence : tout cela ne se quantifie pas facilement. Pourtant, c'est ce qui soigne, ce qui transforme. »
Anouk Serre
Le fascia : un soin global pour une santé intégrative
Ces témoignages montrent que le fascia est un tissu vivant qui reconnecte l'être humain à son histoire, à ses émotions et à sa résilience. En effet, les praticiens présents au Congrès s'accordent sur son rôle clé dans plusieurs domaines complémentaires :
- Réduction des douleurs musculo-squelettiques et des tensions chroniques
- Régulation du système nerveux autonome et du stress
- Accompagnement des traumas physiques et psychiques
- Réconciliation du corps et de l'esprit, dans une approche de santé intégrative
Une expérience collective et vivante
Pour conclure cette journée, le chercheur Christian Courraud a résumé l'esprit du congrès en ces termes :
« Ce n'était pas seulement un congrès. C'était une expérience vivante. La preuve que la fasciathérapie n'est pas une mode, mais une approche qui touche à l'essence même de l'humanité. »
Pourquoi s'intéresser à la fasciathérapie aujourd'hui ?
Dans un monde où le stress, les douleurs chroniques et l'anxiété se multiplient, la fasciathérapie offre une réponse concrète. Douce, respectueuse et profondément humaine, cette pratique invite à repenser notre rapport au corps.
Elle propose ainsi de ralentir pour écouter son corps, de redécouvrir la chaleur humaine et la confiance, et enfin de relier la santé individuelle à la santé collective — une vision que Jeanne-Marie Rugira incarne mieux que personne.
Les propos et témoignages présentés ici ont été recueillis à l'occasion du 1er Congrès International de Fasciathérapie, qui s'est tenu au Palais des Congrès de Vannes, les 9 et 10 mai 2025.
🔎 Pour aller plus loin sur les fascias
Ce deuxième jour du Congrès a mis en lumière des témoignages exceptionnels. Pour approfondir chacun des thèmes abordés :
🎧 À écouter sur BloomingYou