Le toucher thérapeutique n’agit pas seulement sur les muscles. Il peut aussi influencer nos émotions, notre stress et même notre cerveau. C’est ce que les recherches en neurosciences commencent à documenter — et ce que les praticiens en fasciathérapie observent sur le terrain depuis des années. Pour comprendre les bases anatomiques de ce tissu, notre guide complet sur les fascias et la santé pose les fondements indispensables.
Dans cet épisode de BloomingYou – Les Voix du Corps, la chercheuse Laure Zago nous éclaire. Chercheuse au CNRS, à l’Institut des maladies neurodégénératives de Bordeaux, elle concentre ses travaux sur le lien entre le toucher manuel, les fascias et le fonctionnement cérébral.
👉 Ces propos ont été recueillis à l’occasion du 1er Congrès international de Fasciathérapie, coorganisé par FasciaFrance et le CERAP, qui a réuni les pionniers de cette approche pour croiser les regards entre science, thérapie manuelle et philosophie du vivant.
Le toucher soigne-t-il aussi notre cerveau ?
Selon Laure Zago, dix minutes de massage suffisent pour activer le système nerveux parasympathique. En effet, les effets observés sont nets et immédiats : davantage de détente, une réduction du stress perçu et un apaisement global. De plus, le toucher manuel — comme la fasciathérapie MDB développée par Danis Bois — agit simultanément sur le système nerveux, le système hormonal et le système immunitaire. Il améliore ainsi l’équilibre du corps tout en influençant profondément le mental.
Le fascia, ce lien entre la peau et le cerveau
Le fascia est un tissu conjonctif présent partout dans le corps. Rempli de récepteurs sensoriels, il envoie en permanence des messages au cerveau et participe activement à la régulation des émotions. C’est précisément ce que le Dr Danièle Ranoux documente dans son analyse neurologique des fascias : ce tissu contient plus de terminaisons nerveuses que la peau — il est donc un organe sensoriel à part entière, pas seulement une structure mécanique de soutien.
Laure Zago — C’est ce que les neuroscientifiques appellent la cognition incarnée.
Deux types de toucher, deux effets différents
Les chercheurs distinguent deux formes principales de toucher, aux effets bien distincts :
Le toucher discriminatif — il permet de localiser, mesurer, ressentir une pression ou une texture. C’est le toucher de l’évaluation.
Le toucher social ou affectif — plus lent, doux et émotionnel, il correspond au geste de la caresse. C’est le toucher du soin.
Ce second type de contact active certaines zones du cerveau liées aux émotions, à la motivation et aux fonctions exécutives. Par ailleurs, c’est ce toucher affectif que la fasciathérapie MDB mobilise en priorité. L’étude clinique du Dr Isabelle Bertrand sur 188 patients lombalgiques le confirme : un toucher conscient et lent produit des effets mesurables sur l’anxiété et la qualité de vie, bien au-delà de la simple réduction de la douleur.
Toucher, attention et rumination mentale
Un autre effet notable du toucher est sa capacité à capter notre attention et à nous ramener dans le corps. Grâce à ce mécanisme, il réduit les pensées automatiques et les ruminations mentales. C’est ainsi une voie d’accès à une présence plus consciente — ce que Danis Bois appelle la méditation de pleine présence : un état ancré dans la sensorialité du corps, distinct de la simple pleine conscience.
Une approche qui réunit science et ressenti
Le parcours de Laure Zago mêle psychologie cognitive, neurosciences et pratiques corporelles comme le yoga. Elle cherche à comprendre ce qui se passe dans le cerveau quand le corps est touché. Ses recherches ouvrent ainsi une voie nouvelle : une manière de penser le soin qui réconcilie l’observation scientifique et l’expérience subjective du patient.
En cela, elles rejoignent l’approche de Geoffrey Janier-Dubry, qui montre que même les cicatrices oubliées depuis des années continuent d’émettre des signaux que le corps sensible peut percevoir et traiter — une autre preuve que le fascia est bien plus qu’un tissu passif.
Trouver un praticien qualifié
Pour pratiquer la fasciathérapie dans un cadre sérieux, choisissez un praticien formé à la méthode du professeur Danis Bois. Des professionnels de santé — kinésithérapeutes, sages-femmes, infirmiers — ainsi que des praticiens en approches complémentaires appliquent cette méthode, appelée fasciathérapie MDB. En consultant un praticien adhérent à FasciaFrance, vous bénéficiez d’un cadre de référence reconnu, qui garantit la qualité de la formation et le respect d’une charte professionnelle.