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  5. De l’hypnose thérapeutique aux techniques d’activation de conscience

 

Comment les TAC ont-elles remplacé l’hypnose ?

Rencontre avec le Dr Jean Becchio

Bien avant que l’avènement de la médecine moderne ne la confine au rang du spectacle et du divertissement, l’hypnose était un outil thérapeutique utilisé par les druides, les chamans, les sorcières, les conteurs et les hommes-médecine. Tantôt pour aider leurs visiteurs à évoluer, tantôt pour les guérir.

Grâce aux récentes découvertes des neurosciences, l’hypnose est redevenue un outil thérapeutique utilisé pour soulager les douleurs, se remettre d’un burn-out, se libérer d’une addiction ou encore pour retrouver confiance en soi.

Depuis, l’hypnose thérapeutique n’a cessé d’évoluer pour donner lieu aujourd’hui aux TAC, les Techniques d’Activation de Conscience.

Afin de mieux comprendre les dessous de cette évolution, ainsi que ses implications et ses bienfaits, nous recevons l’auteur « « Du nouveau dans l’hypnose : les techniques d’activation de conscience » (Odile Jacob, 2021) », Jean Becchio.

Médecin généraliste spécialisé en psychiatrie et soins palliatifs, J. Becchio est également le président du CITAC et le fondateur d’un des premiers enseignements universitaires d’hypnose dispensé à l’université Paris-Orsay.

Une brève Histoire de l’hypnose

  • Quelle est la différence entre l’hypnose et les TAC ?
  • JB : C’est tout simplement une évolution. L’hypnose était défendable à une certaine époque avec certains dogmes, elle ne l’est plus aujourd’hui suite aux découvertes des neurosciences. Aujourd’hui, ce qui est défendable, ce sont les TAC. Demain, cela sera peut-être encore autre chose.
  • Quelle est l’origine de l’hypnose ?
  • L’hypnose existe depuis toujours car depuis que l’humain est apparu sur Terre, la souffrance (comme le plaisir) l’accompagne. Pour soulager cette souffrance, il a inventé un moyen, qui est la croyance en des forces supérieures. Les forces de la nature, du ciel, de Dieu etc. Le chaman était un médiateur qui captait ces forces et les envoyait chez la personne qui souffrait.

Ce rôle de médiateur a subsisté pendant très longtemps. Ambroise Paré, médecin du roi François Ier, affirmait ainsi : « je soigne les personnes et Dieu les guérit ».

Les différentes évolutions de l’hypnose thérapeutique :

  • Du chamanisme au magnétisme : A partir du XVIIème siècle, Dieu se retire de la médecine pour être remplacé par la science. Un siècle plus tard, le médecin Autrichien Anton Mesmer, inspiré par les découvertes sur l’électricité et l’électromagnétisme, crée le magnétisme animal.
  • Du magnétisme à la suggestion : Au XIXème siècle, le médecin écossais James Braid discrédite le magnétisme pour le remplacer par la suggestion. Le médecin souffle à l’oreille du patient somnolant, ou endormi, des mots ou phrases destinés à le guérir.
  • De la suggestion à l’hypnose thérapeutique : Au XXème siècle, les outils comme le scanner et les IRM valident la thèse de James Braid. Les mots, la parole et les métaphores ont bien une force qui agit sur le cerveau, et peut entraîner une diminution de la douleur, physique et morale.

Comment les TAC stimulent-elles nos forces vitales ?  

Qu’est ce qui distingue les TAC de l’hypnose ?

  • Vous écrivez : « Les grands changements de nos vies viennent de l’intérieur et vont vers l’extérieur. Un bon thérapeute emploie toujours une technique qui stimule la force interne. » Comment stimulez-vous cette force, et quelle différence avec l’hypnose ?
  • JB : Avec l’hypnose traditionnelle, le thérapeute donne un « coup de marteau » au moyen d’une suggestion directe. Envie d’arrêter de fumer ? En une séance, « boom » on est dégoûté du tabac.

Avec les TAC, le thérapeute prend le patient sous son aile, jusqu’à ce qu’il développe assez de forces intérieures pour s’arrêter de fumer. Ce qui implique de voir le thérapeute régulièrement, et de faire des exercices d’auto-activation pour stimuler ses forces.

Stimuler les forces nécessite trois éléments :

  1. Une relation de confiance entre le thérapeute et le patient.
  2. Connaître trois de ses ressources. Pour Jean Becchio, c’est le chocolat noir, marcher dans les Pyrénées ariégeoises et lire un bon bouquin.
  3. Connaître son expertise, à savoir ses talents ou capacités naturelles.
  • Quelle est la différence entre une séance d’hypnose et de TAC ?
  • JB : Contrairement à l’hypnose classique, le problème du patient est directement abordé pendant une séance de TAC.
  • Comment abordez-vous le problème ?
  • JB : Le patient prend une posture tonique, ferme les yeux et se concentre sur sa douleur pendant dix secondes. On fait comprendre au patient que le but d’une séance est de partir du port de l’inconfort pour voyager, et arriver au port du confort.
  • Combien de temps dure une thérapie de TAC ?
  • JB : Une séance dure entre 5 et 15min. Pour traiter une douleur aiguë et récente, une à trois séances suffisent. Pour traiter des souffrances enkystées comme une dépression ou une addiction, une thérapie dure entre 4 et 6 mois.

Pourquoi l’indécision brise nos forces ?

  • Pour évoquer la problématique du choix binaire, vous citez la première phrase du Roman de David Copperfield de Charles Dickens : « Serai-je le héros de ma vie ou ce rôle sera-t-il joué par quelqu’un d’autre que moi ? » Comment un choix partiel ou le non-choix devant une bifurcation conduit à l’échec ou à la névrose ?
  • JB : On a sans arrêt le choix. Vous avez le choix de venir me voir ou d’aller voir une autre personne. Si vos lecteurs réfléchissent quelques secondes, il va se présenter une bifurcation aujourd’hui, dans leur vie. Est-ce que je vais faire ceci ou cela ? Habituellement, nous faisons les bons choix qui nous permettent d’avancer, ce qui n’est pas le cas pour un patient en manque d’énergie ou d’agentivité.

L’agentivité est notre puissance d’agir, qui peut se trouver entravée par une petite voix intérieure hésitante devant une bifurcation. L’hésitation trop longue laisse place à la peur. Celle-ci étant mauvaise conseillère, elle nous oriente presque systématiquement vers le mauvais chemin.

  • JB : Nous devons donc apprendre à notre patient à gérer ses peurs pour qu’au moment de la bifurcation il choisisse un chemin. S’il choisit le mauvais, grâce à cette confiance, il en prendra vite conscience et opérera une nouvelle bifurcation pour aller vers le bon chemin.
  • Vous insistez énormément sur la nécessité d’encourager l’autonomie du patient
  • JB : C’est primordial, « aide-toi et le ciel t’aidera ». On avertit d’emblée nos patients que si on accepte de les aider, ils doivent aussi faire leur part de travail en faisant les exercices. Sans cela, on est dans l’hypnose traditionnelle. Quand un dépressif va mieux, j’espace nos rencontres hebdomadaires à 15 jours, puis à la fin, je le verrais une fois par mois m’assurer qu’il est bien autonomisé.

Quels sont les liens de pouvoir entre le corps et l’esprit ?

écrit par

Amal Dadolle

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