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De l’hypnose médicale aux techniques d’activation de conscience

  • mis à jour le mercredi 12 mai 2021
  • 38 Min d'écoute

/ 5.

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Du nouveau dans l’hypnose avec le Dr Jean Becchio

Médecin généraliste et spécialisé en psychiatrie et soins palliatifs, Jean Becchio est également le fondateur d’un des premiers enseignements universitaires d’hypnose, et le président du CITAC, le Collège International des Techniques d’Activation de Conscience. Ses enseignements sont dispensés à l’université Paris-Orsay.

Nous l’accueillons à l’occasion de la sortie de son dernier livre « Du nouveau dans l’hypnose, les techniques d’activation de conscience » paru chez Odile Jacob.

On y apprend que loin d’être une technique issue du XIXème siècle, l’hypnose est un outil thérapeutique ancestral utilisée par les druides, les chamans, les conteurs et les hommes-médecine pour changer l’état de conscience de leurs visiteurs. Tantôt pour les aider à évoluer, tantôt pour les guérir.

L’origine même du mot « hypnose » est antique. Il est issu du nom du dieu grec Hypnos qui pendant le sommeil fait son travail de soignant, répare, cicatrise, console et panse les plaies du corps de l’âme et de l’esprit.

Dans l’histoire contemporaine, l’hypnose a longtemps été renvoyée au rang du spectacle et du divertissement, mais depuis les années 1980 elle est redevenue, discrètement, un outil thérapeutique validé par la science.

Aujourd’hui encore, grâce aux découvertes constantes des neurosciences, l’hypnose ne cesse d’évoluer pour donner lieu aux TAC, les Techniques d’Activation de Conscience.

  • Quelle est la différence entre l’hypnose et les TAC ?
  • JB : C’est tout simplement une évolution. Les neurosciences nous ont obligé à sortir de dogmes qui nous accompagnaient depuis le XIXème pour rentrer dans de nouveaux paradigmes qui proposent un traitement différent. L’hypnose était défendable à une certaine époque avec certains dogmes, elle ne l’est plus maintenant. Aujourd’hui, ce qui est défendable, ce sont les TAC. Demain, cela sera peut-être encore autre chose.

Les leviers pour stimuler ou brider nos forces vitales

Comment stimuler nos forces vitales ?

  • Vous dites : « Les grands changements de nos vies viennent de l’intérieur et vont vers l’extérieur. Un bon thérapeute emploie toujours une technique qui stimule la force interne. » Quelles techniques utilisez-vous pour stimuler cette force ?
  • JB : Avec l’hypnose traditionnelle, le thérapeute donne un « coup de marteau » au moyen d’une suggestion directe. Envie d’arrêter de fumer ? On fait une séance, et « boom » on est dégoûté du tabac.

Avec les TAC, pour s’arrêter de fumer, le patient doit voir le thérapeute régulièrement, en plus de faire des exercices d’auto-activation pour stimuler ses forces.

  • Pour stimuler les forces, vous invitez votre patient à se rapprocher de ses compétences et ressources en se rappelant non pas ce qui lui fait du bien quand il est dans la douleur, mais ce qu’il a construit.
  • JB : Stimuler les forces nécessite trois éléments :
    • Etablir une relation de confiance avec le patient à travers l’écoute active.
    • Demander trois de ses ressources. Pour moi, c’est le chocolat noir, pouvoir randonner dans les Pyrénées ariégeoises et avoir un bon bouquin.
    • Demander son expertise, à savoir les talents ou capacités naturelles.

Exemple : Un patient Yougoslave immigré présentait beaucoup de problèmes d’addiction dont l’alcool qu’il pouvait consommer jusqu’à 4L par jour. Ce qui est en soi une expertise. En combinant ses forces, ses ressources, il est arrivé à vaincre son alcoolisme au bout d’un an.

Mémemto :

  • Les compétences sont nos capacités issues du domaine professionnel.
  • Les ressources sont les activités que nous aimons faire pour nous détendre ou prendre du plaisir.
  • L’expertise sont les activités que nous réalisons avec facilité et plaisir en dehors du domaine professionnel.

Pourquoi l’indécision nous vide de nos forces ?

  • Pour évoquer la problématique du choix binaire, vous citez la première phrase du Roman de David Copperfield de Charles Dickens : « Serai-je le héros de ma vie ou ce rôle sera-t-il joué par quelqu’un d’autre que moi ? » Comment un choix partiel ou le non-choix devant une bifurcation conduit à l’échec ou à la névrose ?
  • JB : On a sans arrêt le choix. Vous avez le choix de venir me voir ou d’aller voir une autre personne. Si vos lecteurs réfléchissent quelques secondes, il va se présenter une bifurcation aujourd’hui, dans leur vie. Est-ce que je vais faire ceci ou cela ? Habituellement, nous faisons les bons choix qui nous permettent d’avancer, ce qui n’est pas le cas pour un patient en manque d’énergie ou d’agentivité.

Qu’est-ce que l’agentivité ? C’est notre puissance d’agir, qui peut se trouver entravée par une petite voix intérieure hésitante devant une bifurcation. L’hésitation trop longue laisse place à la peur. Celle-ci étant mauvaise conseillère, elle nous oriente presque systématiquement vers le mauvais chemin.

  • JB : Nous devons donc apprendre à notre patient à gérer ses peurs pour qu’au moment de la bifurcation il choisisse un chemin. S’il choisit le mauvais, grâce à cette confiance, il en prendra vite conscience et opérera une nouvelle bifurcation pour aller vers le bon chemin.
  • Vous insistez énormément sur la nécessité d’encourager l’autonomie du patient.
  • JB : C’est primordial, « aide-toi et le ciel t’aidera ». On avertit d’emblée nos patients que si accepte d’aider les patients, ils doivent aussi faire leur part de travail en faisant les exercices. Sans cela, on est dans l’hypnose traditionnelle. Quand un dépressif va mieux, j’espace nos rencontres hebdomadaires à 15 jours, puis à la fin, je le verrais une fois par mois m’assurer qu’il est bien autonomisé.

Les liens de pouvoir entre le corps et l’esprit

L’impact des mots sur le corps

  • Vous écrivez : « Les mots soignent par eux-mêmes lorsqu’ils sont bien choisis et en correspondance avec le vécu et le ressenti du patient. » Comment le langage impact le corps et l’esprit ?
  • JB : Les mots possèdent bien une force, c’est ce qu’on appelle la sémantique. Si je dis à un patient « vous allez mieux, je suis content », il reçoit cela avec satisfaction mais l’IRM n’indique aucun changement cérébral. Si je lui dis : « vous allez mieux, je suis content et vous êtes sur le bon chemin », quelque chose se passe dans son cerveau. Une onde fulgurante se manifeste à l’IRM et que j’appelle « onde de la joie ».

Que s’est-il passé ? « Le bon chemin » est une image symbolique et universelle, qui a changé le sens de la phrase en lui apportant davantage d’intensité. « Aux médecins de connaitre les mots qui aident le patient ».

  • Ces mots vous ont été inspiré par Aristote dans la Poétique et la Rhétorique.
  • JB : Aristote a d’abord écrit La Rhétorique pour permettre aux rhéteurs, c’est-à-dire aux avocats, de construire des discours qui influencent le juge et leur permettent de gagner le procès. Mais d’autres avocats s’éloignaient de la Rhétorique pour orner leur discours de métaphore, poésie, musique etc. Ce qui touchait non seulement l’intellect du juge, mais aussi son oreille et son cœur.
  • Est-ce qu’il s’agit de l’inconscience bienveillante évoquée dans votre livre ?
  • L’inconscient bienveillant est une notion introduite par Milton Erickson. Aujourd’hui, on parle plutôt de force de vie intérieure. On rejoint un peu les philosophies taoïstes avec le chi, l’énergie vitale qui circule en nous et nous soutient. La bienveillance est à l’intérieur de nous, mais il faut qu’on l’encourage.

L’influence du langage corporel sur le mental

  • Vous démontrez également comment notre langage corporel influence notre mental à travers l’expérience de la psychologue américaine Amy Cudy 
  • JB : Amy Cudy a mené une expérience révolutionnaire qui a d’abord été critiquée par ses collègues, puis validée par l’ensemble de la communauté scientifique.

Après avoir mesuré le taux d’hormones de stress (cortisol) et du bonheur (testostérone) dans la salive d’étudiants volontaires, Amy Cudy compose deux groupes.

Aux premiers, elle leur demande de prendre la pose d’une personne anxieuse, épaules rentrées, tête baissée pendant 3min. Aux seconds, elle leur demande de prendre la pose de fier conquérant pendant 3min également.

A nouveau, toutes les salives sont analysées. Dans le groupe des déprimés, le taux de cortisol augmente de 15 % et le taux de testostérone baisse de 10 %. A contrario, dans le groupe des fiers conquérants, le taux de cortisol a baissé de 25 % et le taux de testostérone a augmenté de 20 %.

Conclusion ? Il est important de se tenir droit pour avoir un bon état d’esprit !

Qu’est-ce que la proprioception, notre 6eme sens ?

  • Je découvre dans votre livre que nous avons un 6ème sens que l’on appelle la proprioception, à savoir ce qui est relatif à la mobilité du corps. Vous écrivez : « ce sens est tellement évident qu’on ne sait pas qu’il s’agit d’un processus qui est actif en permanence comme les autres 5 sens. » 
  • JB : Cette découverte est une grande révolution qui nous ramène à Aristote. En décrivant les 5 sens (la vision, l’odorat, le goût, l’audition et le toucher) qui nous ont accompagné pendant des siècles, il a omis la proprioception. En 2014, la proprioception a été réhabilitée par les neuroscientifiques et comprend quatre paramètres :
    • La conscience de soi.
    • La position du corps dans l’espace.
    • La perception de la gravitation terrestre.
    • Le sens de l’équilibre.
Le 6ème sens ou le 1er des 6 sens ?

Si on peut perdre les 5 sens, ce n’est pas le cas de la proprioception. Pourquoi ? Parce que c’est la force qui nous permet de lutter contre la force d’attraction terrestre. La proprioception est à la fois la force de la perception, de l’équilibre, de l’action et du mouvement, ce qui en fait la mère des 5 sens. Par exemple, quand on entend un bruit dans la rue, on tend l’oreille. Un mouvement qui nous permet de mieux percevoir le son.

Pourquoi toutes les émotions sont positives ?

La raison d’être des émotions

  • La notion d’émotion positive, comme la joie, ou négative, comme la colère, est dépassée selon vous. « Toute émotion est utile et doit être utilisée. Une émotion n’est pas un état mais un processus dynamique. » Les émotions sont donc souvent rationnelles, pourtant Descartes pensait l’inverse.
  • JB : Selon les scientifiques occidentaux, il y a 4 émotions : la peur, la colère, la joie et la tristesse. Et toutes sont utiles. Sans sa tristesse, Baudelaire n’aurait jamais pu écrire les Fleurs du Mal. Il était un triste naturel qui a su utiliser son émotion. Pareil pour la colère, si elle est utilisée bien à bon escient, elle est un formidable réservoir d’énergie, d’action et de persévérance. Le vrai danger c’est de n’éprouver aucune émotion, c’est ce qu’on appelle l’

 A noter que les philosophes taoïstes comptent 5 émotions, en rajoutant celle issue de l’état de réflexion ou de contemplation, où il n’y a ni joie, ni tristesse, ni colère, ni peur.

  • Vous dites que la dépression a une fonction. Laquelle ?
  • JB : La dépression peut être effectivement utile à un certain moment quand le corps se sent menacé par un burn out, ou autre. La dépression doit être acceptée comme un évènement salvateur qui, une fois traversée, sera une expérience qui nous aura fait grandir. Ce qui est problématique, c’est quand la dépression est permanente. 

Dernières questions

  • Vous parlez également de la souffrance psychique des enfants en citant Bruno Falissard et vous reprenez les fondamentaux qui sont liés à la stimulation de l’attention chez les enfants. Comment le TAC peut aider les enfants à être plus concentrés ?
  • JB : Oui. On a le cas d’une enfant très active qui a amélioré ses troubles de l’attention grâce aux TAC. La méthode s’adapte aux particularités des enfants, mais ils apprennent facilement les exercices à condition qu’ils fassent partie de leur univers de jeu vidéo, de manga ou autre.
  • Vous terminez votre livre en évoquant votre passion pour la philosophie taoïste et la pensée chinoise qui influencent votre pratique. Finalement, est-ce que la science ne court pas après des savoirs millénaires que l’on a déjà ?
  • JB : Tout à fait. La proprioception est arrivée chez nous en 2014, mais c’était la base de la médecine taoïste où le mouvement et les émotions sont primordiaux.

Les taoïstes ne sont, cependant, pas les seuls à être en avance :

  • Les philosophes également, à l’instar de Spinoza qui compris le fonctionnement de l’esprit et notre force de vie.
  • Les poètes, aussi, ont compris avant les scientifiques, la sensorialité et la proprioception.
  • JB : Ecoutons les poètes, regardons les œuvres d’art des peintres, relisons les philosophes, étudions les médecines traditionnelles tout en restant scientifiques, c’est-à-dire avec un scepticisme joyeux. Employons-le pour comparer la tradition et la modernité scientifique, et faire jaillir des étincelles qui vont nous faire progresser.
Must read : "Du nouveau dans l'hypnose. Les techniques d'activation de conscience." Jean Becchio. Aux éditions Odile Jacob.
écrit par

Amal Dadolle

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