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Que gagnent les hommes avec le féminisme ?

  • mercredi 4 avril 2018
  • 4 Min de Lecture

C’est sans comparaison avec le machisme !

Dans les discours, l’égalité homme-femme est acquise, mais dans la pratique, cela coince encore un peu. On peut le comprendre : au quotidien, adhérer aux valeurs féministes, c’est commencer par balayer devant sa porte en prenant en charge la moitié des tâches domestiques avec sa compagne. Pourtant, à l’instar de Raphaël Liogier, nombreux sont les hommes qui adhérent au féminisme. C’est le cas de Jérémy Patinier, danseur, journaliste et auteur du Petit guide du féminisme pour les hommes, qui n’y va pas par quatre chemins : le féminisme libère les hommes autant que les femmes. « Le féminisme c’est un éveil. Une épiphanie. Une révélation. On dit que les hommes dominent, mais ils sont eux-mêmes dominé par de fausses croyances, des principes injustes et injustifiés, des pratiques d’un autre âge. » Pour ce trentenaire, les hommes ont beaucoup à gagner dans le féminisme. En quoi justement ?

Une meilleure santé

Dans un monde patriarcal exacerbé, pas facile d’être un homme tous les jours. Obligés de se conformer aux normes sociales imposées par le système, les hommes sont soumis à un stress quotidien. Mais comme nous l’avions déjà vu avec Raphaël Liogier, se prendre trop au sérieux, ou agir d’une façon qui nous déplait, c’est s’ajouter du stress et, à long terme, nuire à sa santé. On le constate dans les études scientifiques, les hommes sont plus les sujets aux suicides, aux dépressions, au burn-out et aux addictions diverses comme l’alcoolisme. Les hommes ont besoin de se défaire des griffes du patriarcat et de sa vision primaire du masculin et de la virilité. Ils se doivent pour eux-mêmes de redéfinir ce qu’est qu’un homme et ce qu’est la virilité.

Un couple harmonieux

Selon une enquête américaine menée en 2007 par l’Université de Rutgers auprès de 500 personnes, les hommes considèrent qu’être en couple avec une femme se déclarant féministe garantit une relation plus stable, ainsi qu’une plus grande satisfaction sexuelle. Intéressant, non ? L’étude conclut sur le fait suivant : un homme et une femme se considérant comme des partenaires égaux ont une relation plus durable et surtout plus épanouie. Françoise Héritier, au moment où elle rédigeait Une pensée en mouvement en 2009, envisageait alors : « Lorsque les positions des sexes ne seront plus conçues en terme de supériorité et d’infériorité, l’homme gagnera des interlocuteurs : il parlera avec les femmes d’égal à égal. Alors les hommes n’auront plus honte de leur part dite « féminine » où s’exprime, selon la norme socialement convenue, les émotions et les affects. Il n’est pas évident que l’égalité des personnes supprime entre elles le désir et l’amour ». Pas évident du tout, en effet !

Une vie de famille heureuse

Combien d’hommes et de femmes ont souffert d’un père si ce n’est absent, du moins indisponible ? Et sur quels choix et quels chemins cela les a-t-il conduits pour combler ce manque ? Heureusement la donne change aujourd’hui, et nombreux sont les pères qui ne tiennent pas à reproduire ce schéma. Une pétition a été lancée en 2017 et avait connu un certain succès où des pères de famille, des trentenaires pour une grande majorité, réclamaient l’allongement des congés de paternité à 4 semaines. Comme le souligne pertinemment Jérémy Patinier : « Les hommes ne sont pas moins capables d’élever et de soigner un bébé qu’une femme et il est grand temps qu’ils le prouvent et se le prouvent par la même occasion ».

Une société plus sure

Que gagnerait une société où les rapports de force machistes et sexistes s’éclipseraient ? Beaucoup moins de violences dans toutes les couches sociales. Jérémy Patinier rapporte une anecdote historique à propos des Juifs d’Europe Centrale du XIXème. Alors que ce peuple subissait des pogroms (attaques et pillages) en boucle, ils étaient en plus exclus du service militaire et du droit de posséder une arme. Exclus parmi les nations chrétiennes dans lesquelles ils vivaient, les Juifs ont fini par exclure, à leur tour, les valeurs de ces pays. Ainsi, « à la fin du XIXème siècle, les Juifs d’Europe Centrale refusèrent le modèle masculin traditionnel basé sur l’action et l’agression. Ils dévalorisèrent l’exercice physique et le sport au profit de l’intellect et du développement de dispositions douces et pacifiques. » Cela commençait dès leur enfance : les petits garçons ne jouaient pas à la guerre et aux petits soldats, mais étaient encouragés à prier et à lire. Conclusion ? « Dans la communauté juive de cette époque, on peut noter la remarquable absence de crimes liés à l’ivresse, de délits provoqués par des rivalités d’hommes, de violences exercées contre les femmes. »

Une planète plus verte

Une étude parue en 2016 dans le Journal of Consumer Research s’est penchée sur les liens entre les valeurs « virilistes » et les comportements écologiques. Effectivement, les études montrent que les femmes recyclent plus et présentent une plus faible emprunte carbone par rapport aux hommes. Après avoir interrogé 2000 hommes et femmes en Chine et aux Etats-Unis, il apparait que les hommes associent les comportements écolo à la féminité. Ils avouent être donc plus enclins à se comporter de façon moins respectueuse de l’environnement s’ils sentent leur virilité menacée. Tant que cette idée absurde persistera, les ONG devraient donc penser à revoir leur discours marketing en ressortant le mythe du sauveur et du protecteur du monde dans leur campagne.

Qu’en conclure ? Finalement, que cela soit à l’échelle individuelle, collective ou mondiale, le féminisme est l’affaire de toutes ET de tous.

Pour aller plus loin :  Jérémy Patinier, Petit guide du féminisme pour les hommes, éditions Textuel, 2018

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