L’astrologie est l’une des rares disciplines où coexistent, sous une même étiquette, des praticiens de très grande rigueur — formés, publiés, transparents sur leurs limites — et des charlatans qui exploitent la vulnérabilité de personnes en souffrance. Le problème, pour qui n’est pas du milieu, c’est que rien ne signale visiblement la différence : les deux peuvent avoir un beau site, un vocabulaire ésotérique cohérent, et des consultants qui les recommandent.
Cet article propose sept critères concrets pour distinguer les deux, à activer avant de prendre rendez-vous. Aucun de ces critères pris isolément ne suffit : c’est leur faisceau qui permet d’évaluer. À la fin de l’article, vous trouverez également cinq signaux d’alerte qui doivent vous faire fuir, et une méthode pratique pour vérifier le profil d’un praticien en moins de quinze minutes.
L’enjeu n’est pas mince. Une consultation d’astrologie touche à des questions identitaires, émotionnelles, parfois douloureuses. Une lecture maladroite peut renforcer une anxiété, ancrer une fausse certitude, ou installer une dépendance. À l’inverse, une lecture juste peut ouvrir une perspective bienvenue. La différence tient en grande partie au choix du praticien.
Critère 1 — Le praticien annonce et explique sa tradition
Première question à se poser : dans quelle école d’astrologie ce praticien s’inscrit-il ? Comme l’expliquait notre article Astrologie psychologique vs astrologie traditionnelle, il n’existe pas une astrologie unique : la tradition occidentale couvre au moins trois grandes familles (psychologique/humaniste, traditionnelle/prédictive, évolutive), auxquelles s’ajoutent l’astrologie védique indienne (jyotish), l’astrologie chinoise, et quelques courants plus marginaux.
Un astrologue sérieux dit clairement dans quelle tradition il s’inscrit. Il sait nommer ses sources et ses influences. Si on lui demande « pratiquez-vous une astrologie prédictive ou psychologique ? », il répond par une phrase précise, pas par une formule floue du type « j’utilise plusieurs approches ».
Le signal négatif : un praticien qui répond « toutes les astrologies, c’est la même chose » ou qui mélange dans la même consultation des éléments de voyance, de magnétisme, de tarot prédictif, de numérologie et d’astrologie sans clarifier ce qui relève de quoi. Cette indistinction n’est pas une ouverture d’esprit : c’est généralement le signe d’un manque de cadre méthodologique.
Comment vérifier ? Lire attentivement la page « à propos », le site, les éventuelles interviews. Chercher des mots-clés explicites : astrologie humaniste, astrologie jungienne, astrologie évolutive, astrologie traditionnelle, astrologie horaire. Leur absence n’est pas rédhibitoire — beaucoup de bons astrologues parlent en langue ordinaire — mais leur présence est un bon signe.
Critère 2 — Le refus explicite de la voyance et de la prédiction « magique »
L’astrologie sérieuse, qu’elle soit psychologique ou traditionnelle, se distingue de la voyance. Un voyant prétend percevoir l’avenir par une faculté extra-sensorielle — c’est une posture incompatible avec une pratique astrologique rigoureuse, qui repose sur l’interprétation d’une configuration géométrique selon des règles transmises.
Le critère ici est simple : le praticien distingue-t-il sa pratique de la voyance ? Le dit-il clairement sur sa page de consultation, dans ses interviews, dans ses livres si l’on en a ?
Sur la page de consultation de Didier Colin sur BloomingYou, la promesse est formulée sans ambiguïté : « une lecture psychologique de votre thème astral, sans prédictions, sans ésotérisme ». Et dans son Dictionnaire merveilleux de l’astrologie (Éditions First, 2024), Didier Colin va plus loin : « L’objet de l’astrologie n’est ni de prévoir des drames ou des catastrophes, ni de prédire notre avenir proche ou lointain, encore moins de nous aider ou de nous encourager dans cette voie. » Voilà le type de positionnement explicite qu’il faut chercher.
Le signal négatif : un site qui annonce « voyance et astrologie », ou un praticien qui propose à la fois des consultations d’astrologie et des séances de voyance pure sans clarifier que ce sont deux pratiques différentes. Encore une fois, le mélange n’est pas en soi disqualifiant si les cadres sont distincts ; mais la confusion entretenue l’est.
Critère 3 — Un parcours et des publications vérifiables
L’astrologie n’est pas une profession réglementée en France : aucune école n’est officiellement reconnue par l’État, aucun titre n’est protégé. Cela ne veut pas dire qu’on ne peut rien vérifier — au contraire, c’est précisément parce qu’il n’y a pas de cadre légal qu’il faut s’appuyer sur des éléments publics et vérifiables.
Trois éléments à chercher :
L’ancienneté de la pratique — combien d’années d’exercice ? Une pratique de 30 ans n’est pas un argument d’autorité absolu (un mauvais astrologue peut exercer mal pendant longtemps), mais elle est un signal de stabilité et d’engagement. À l’inverse, un praticien qui s’est installé il y a six mois et déjà publie un livre de référence mérite plus de vigilance.
Les publications — l’astrologue a-t-il écrit des livres ? Si oui, dans quelle maison d’édition ? Un éditeur de référence (Hachette, First, Albin Michel, Le Robert, Dervy) ne garantit pas la qualité du contenu mais filtre quand même un certain niveau. Un livre auto-édité ne disqualifie pas, mais demande davantage de vérification.
La présence médiatique passée — des chroniques radio, des interviews dans la presse généraliste, des conférences publiques sont autant de signaux que le praticien est connu et reconnu hors de son cercle direct. Là encore, ce n’est pas un argument d’autorité, mais un élément de contexte.
À titre d’exemple, Didier Colin pratique depuis plus de cinquante ans, a publié plus d’une cinquantaine d’ouvrages chez Hachette puis First, et a été chroniqueur sur Europe 1 (1994-1997) et France 2 dans Matin Bonheur (1991-1995). Ces éléments sont tous vérifiables publiquement.
Critère 4 — L’absence de promesses fortes
C’est sans doute le critère le plus simple à activer, et l’un des plus discriminants : un astrologue sérieux ne fait pas de promesses fortes.
Quelques formules à surveiller :
- « Je vois clairement que… » — la formulation est de la voyance, pas de l’astrologie.
- « Vous allez rencontrer l’amour avant la fin de l’année » — prédiction chiffrée non fondée sur une lecture symbolique.
- « Il est certain que ce projet va aboutir » — certitude incompatible avec la lecture symbolique.
- « Je peux vous garantir que… » — aucune garantie n’existe en astrologie.
- « Votre vie va complètement changer après cette séance » — promesse de transformation qui sort du cadre d’une consultation.
À l’inverse, voici le type de formulations cohérentes avec une pratique sérieuse :
- « Votre configuration de naissance suggère plutôt une tendance à… »
- « Voici une hypothèse, dites-moi si cela résonne avec votre expérience »
- « Je vois plusieurs possibilités d’interprétation pour ce point, à vous de me dire ce qui vous parle »
- « Cette configuration peut s’incarner de différentes manières — comment la reconnaissez-vous, vous, dans votre vie ? »
Le langage de l’astrologie sérieuse est celui de l’hypothèse, de la résonance, de la nuance. Si vous avez l’impression d’entendre un discours d’autorité univoque qui ne laisse aucune place à votre propre lecture, vous n’êtes probablement pas chez un astrologue rigoureux.
Critère 5 — Une posture éthique vis-à-vis de la santé et de la psy
Un astrologue n’est ni médecin, ni psychiatre, ni psychologue, ni psychothérapeute. Ces titres sont protégés par la loi française : seuls les diplômés peuvent s’en prévaloir. Un astrologue sérieux respecte cette frontière.
Concrètement, cela veut dire :
- Il ne pose pas de diagnostic médical. Si vous décrivez des symptômes physiques, il vous renvoie à un médecin.
- Il ne pose pas de diagnostic psychologique ou psychiatrique. Pas de « vous êtes bipolaire », pas de « vous avez un TDA ».
- Il ne prescrit pas de traitement, ni n’incite à arrêter un traitement médical existant. Les conseils du type « arrêtez vos médicaments, je vais vous soigner par les énergies » relèvent du dérapage grave.
- Il vous oriente vers un professionnel de santé si la situation le justifie : détresse psychologique, idées suicidaires, troubles anxieux marqués, deuil traumatique. Une consultation d’astrologie n’est jamais un substitut à un suivi thérapeutique.
- Il distingue clairement sa pratique d’un accompagnement psychologique. Un astrologue qui propose une « thérapie astrologique » sans être lui-même thérapeute par ailleurs entre dans une zone grise problématique.
Sur ce critère, le test simple est : posez la question. « Pouvez-vous m’aider sur mes problèmes d’anxiété ? » Un praticien sérieux vous répondra quelque chose comme : « Je peux vous éclairer sur ce qui se rejoue dans votre fonctionnement, mais pour traiter une anxiété installée, il faut un suivi avec un psychologue ou un psychiatre. Les deux peuvent se compléter, mais pas se substituer. » Si la réponse est « oui, je vais vous guérir », vous savez ce qu’il vous reste à faire.
Critère 6 — Une transparence tarifaire et un cadre clair
Les pratiques tarifaires sont un excellent révélateur. Un astrologue sérieux affiche ses tarifs publiquement, énonce clairement la durée de la consultation, précise les conditions d’annulation, et indique ce qui est inclus ou non (compte-rendu écrit, enregistrement audio, séance de suivi).
Voici ce qu’on doit pouvoir trouver sur la page de consultation, avant même de prendre rendez-vous :
- Le tarif exact, en euros, sans formule du type « contactez-moi pour devis »
- La durée précise de la séance (60 minutes, 90 minutes…)
- Le format (visioconférence, présentiel, téléphone)
- Les conditions d’annulation (délai, frais éventuels)
- Ce qui est inclus (un compte-rendu ? un enregistrement ? plusieurs séances ?)
À titre d’exemple, la fiche de consultation Didier Colin sur BloomingYou annonce : trois séances de 60 minutes en visioconférence, 280 €, annulation gratuite jusqu’à 48 h avant, deuxième session offerte si la première ne répond pas aux attentes. Tout est posé.
Les fourchettes raisonnables pour une consultation d’une heure avec un astrologue expérimenté en France se situent entre 80 € et 250 €. En dessous, il faut comprendre comment c’est possible (consultation très courte ? étudiant en formation ?). Au-dessus de 300 € de l’heure, le tarif s’aligne sur celui des thérapeutes de renom — ce qui peut se justifier pour un astrologue très expérimenté, mais qui mérite une vérification du parcours.
Signal d’alerte particulier : les tarifs progressifs cachés (« la première séance est à 50 €, mais ensuite il faudra un cycle de 12 séances à 150 € chacune »). Quand le tarif d’appel ne correspond pas au tarif réel de la pratique, c’est mauvais signe.
Critère 7 — Le respect de votre libre arbitre
Dernier critère, et peut-être le plus important : après la consultation, êtes-vous plus libre ou plus dépendant ?
Une bonne consultation d’astrologie vous met en mouvement. Elle ouvre des pistes, propose des hypothèses, éclaire des dynamiques que vous reconnaissez ou pas. À la fin, vous repartez avec plus de questions intéressantes, plus de matière pour penser votre vie, et la décision finale vous appartient toujours.
Une mauvaise consultation fait l’inverse : elle vous installe dans une lecture déterministe de votre vie (« vous êtes Sagittaire ascendant Lion, donc vous serez toujours comme ceci »), crée une dépendance au praticien (« il faut absolument revenir le mois prochain, sinon je crains que… »), ou suscite de la peur (« attention, il y a un transit difficile en mars, je peux vous protéger »).
Quelques questions à vous poser après une consultation :
- Est-ce que je me sens plus capable d’agir, ou plus paralysé ?
- Est-ce que j’ai envie de revenir parce que c’était utile, ou parce que je crains ce qui pourrait arriver si je ne reviens pas ?
- Est-ce que la séance a éclairé des choses que je ressentais déjà confusément, ou m’a-t-elle imposé une lecture étrangère à mon expérience ?
- Est-ce que je peux nuancer, contester, refuser certaines interprétations sans que le praticien se braque ?
Si les premières réponses sont les bonnes, vous avez probablement consulté quelqu’un de sérieux. Si ce sont les secondes, mieux vaut ne pas y retourner.
Les 5 signaux d’alerte qui doivent vous faire fuir
Au-delà des sept critères positifs, voici cinq signaux dont un seul peut suffire à disqualifier un praticien.
1. La prédiction négative suivie d’une « protection » payante. « Je vois une grosse difficulté arriver en mai, mais avec une séance de désenvoûtement à 400 €, vous pourrez la dévier. » C’est de l’extorsion déguisée. Aucun astrologue sérieux ne fonctionne ainsi.
2. La pression au cycle de séances. « Une seule séance ne servira à rien, il vous faut un suivi de douze séances minimum. » Si le cycle long se justifie parfois, la pression doit venir de votre demande, pas de l’agenda commercial du praticien.
3. Le diagnostic à caractère psychiatrique ou médical. Un astrologue qui vous annonce une maladie, qui pose un diagnostic psy, ou qui conteste un diagnostic médical existant, sort gravement de son cadre. Cela peut, dans certains cas, relever de l’exercice illégal de la médecine.
4. L’incitation à rompre des liens (familiaux, amoureux, professionnels). « Cette relation est toxique pour vous, vous devez la couper immédiatement. » Un astrologue ne dispose d’aucune information valide pour pousser à de telles ruptures. Méfiance absolue.
5. La sacralisation de la personne du praticien. « Je suis un canal », « j’ai été choisi pour cette mission », « j’ai reçu ce don dans mon enfance ». Indépendamment du fond spirituel, ce type de discours installe une asymétrie qui rend toute critique impossible — ce qui est précisément le contraire d’une relation thérapeutique ou consultative saine.
Et concrètement, comment vérifier ?
La méthode en quinze minutes, avant de prendre rendez-vous.
- Lire attentivement la page de présentation et les conditions de consultation. Tarifs, durée, format, annulation : tout doit être clair.
- Faire une recherche Google sur le nom du praticien. Pas seulement les premières pages : aller en page 3-4, chercher des avis négatifs, vérifier s’il y a des plaintes, des articles de presse défavorables, des signalements.
- Vérifier la bibliographie. Si le praticien est auteur, regarder ses livres sur le site de l’éditeur, sur la BNF (gallica.bnf.fr), sur Babelio, sur Lecteurs.com. Vérifier les dates, les éditeurs, les éventuelles rééditions.
- Chercher des interviews ou conférences en accès libre. Une heure d’écoute d’un podcast ou d’une conférence donne une idée plus juste qu’une page de site marketing.
- Tester un échange écrit avant la réservation. Une question précise par mail (« pratiquez-vous une astrologie psychologique ou prédictive ? »). La qualité et la précision de la réponse en disent long.
En résumé
Choisir un astrologue sérieux tient à sept critères positifs (tradition revendiquée, refus de la voyance, parcours vérifiable, absence de promesses fortes, posture éthique, transparence tarifaire, respect du libre arbitre) et à la vigilance face à cinq signaux d’alerte (protection payante, pression au cycle, diagnostic médical, incitation à la rupture, sacralisation du praticien).
Aucun de ces critères pris isolément n’est rédhibitoire, et leur application demande un peu de discernement — un bon astrologue peut avoir une page mal foutue, comme un mauvais peut avoir un site parfait. C’est le faisceau qui compte, et la cohérence d’ensemble entre le discours public, la pratique réelle et la posture éthique.
Si vous voulez expérimenter une consultation d’astrologie psychologique avec un praticien qui réunit ces critères, la consultation avec Didier Colin sur BloomingYou en est un exemple concret — plus de cinquante ans de pratique, une cinquantaine d’ouvrages publiés chez First, un positionnement explicitement non-prédictif, et un cadre clair (trois séances de 60 minutes en visioconférence, 280 €, annulation gratuite à 48 h).
Pour comprendre en amont ce que recouvre une telle consultation, voir notre article Consultation d’astrologie psychologique : à quoi sert-elle vraiment ?.
Sources et références
Didier Colin, Le dictionnaire merveilleux de l'astrologie, Éditions First (Édi8), Paris, 2024, ISBN 978-2-412-09396-2.
Loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 portant diverses dispositions d'ordre social, article 44 (protection du titre de psychologue).
Loi n° 2004-806 du 9 août 2004 relative à la politique de santé publique, article 52 (protection du titre de psychothérapeute, complétée par le décret du 20 mai 2010).
Code pénal, articles L. 4161-1 et suivants (exercice illégal de la médecine).
Miviludes — Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires, miviludes.gouv.fr.
Note éditoriale : cet article propose des critères d'évaluation pour choisir un astrologue. L'astrologie est une approche symbolique, qui ne relève ni de la médecine ni d'une psychologie scientifique validée. Une consultation d'astrologie ne remplace en aucun cas un suivi médical ou psychothérapeutique. Si vous traversez une période de détresse psychologique, consultez un professionnel de santé. En cas de suspicion de dérive sectaire, la Miviludes (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires) recueille les signalements sur miviludes.gouv.fr.