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La force de s’incarner

Entre Marie-Pierre Dillenseger, spécialiste des arts stratégiques chinois, et BloomingYou, c’est une relation continue et suivie depuis la publication de ses ouvrages « La voie du Feng-Shui » et « Oser s’accomplir ».

Il était donc évident de se retrouver à l’occasion de la sortie de son dernier livre, « Debout. La force de s’incarner », publié chez Mama éditions.

Selon Marie-Pierre Dillenseger, « nous incarner n’est pas réussir à faire ce que nos parents, nos professeurs et la société attendent de nous, mais plutôt d’entrer en cohérence avec l’être que nous sommes. »

Mais au milieu des bruits et des préoccupations de ce monde, comment mettre de la distance entre la personne que nous pensons être et celle que nous sommes vraiment ?

Comment la sagesse chinoise peut-elle nous aider à mieux vivre au quotidien, au milieu des épreuves, avec nous-mêmes, notre famille, notre travail ou avec nos amis ?

Du bon attirail pour l’aventure de la vie

  • Comment agir et penser selon qui nous sommes vraiment ?
  • MPD : Avant d’agir, il y a la question d’être à notre place. Une place qui n’est jamais celle que l’on nous aura donnée d’avance, mais toujours celle que nous allons dessiner, trouver et accepter. L’action est potentiellement source de difficultés si elle se lance sans la conscience de ce qui est véritablement au service de nous-mêmes. C’est-à-dire non pas notre ego ou notre compte en banque, mais un ensemble de qualités, de talents et de forces profondes.
  • Des forces que vous appelez aussi « le bon attirail pour l’aventure de la vie ». Quelles sont-elles exactement ?
  • MPD : Ces forces sont nos muscles énergétiques et le type de désir qui nous rapproche, ou nous éloigne, d’une conscience d’être aligné avec nous-mêmes. Il y a une ligne directrice qui est la capacité que nous avons dans chacune de nos décisions et de nos actes de générer de la joie, étroitement liée à notre élan vital.
  • Comment reconnait-on cette joie ?
  • MPD : La personne le sait. La personne sait où en est son niveau de vitalité.
  • Comment se reconnecter à cette joie ?
  • MPD : Pour ce faire, il faut d’abord avoir une lecture la plus honnête possible quant à notre état de vitalité. Est-ce que le matin, je suis heureux de sortir du lit ? A partir du moment où le constat d’un déséquilibre est fait, la suite est d’identifier des petits gestes et situations (faire un détour sur son chemin du travail pour passer à côté d’un jardin) qui insufflent quelques bouffées d’oxygène. Cela ne change pas la situation difficile mais cela re-remplit graduellement notre sas de vitalité. Ce qui va permettre de gagner en recul et en force pour avancer dans la définition de la suite.

Du sens de la vie

Extrait de « Debout. La force de s’incarner » 

« Le sens de la vie est de vivre. Il est d’enraciner dans quelques actes qui nous survivront une part de céleste qui s’est faufilée au moment de notre matérialisation.

La question n’est pas de « comment se dépasser » ni « comment dépasser les autres » mais de « comment prendre sa place ? ». Il y a toujours le risque hypothétique que nous œuvrions en vain, que personne au monde ne soit jamais touché par nos efforts, que notre travail ait été inutile et invisible. Acceptons-le parce que ce que nous faisons est d’abord et avant tout pour notre âme.

Il est plus probable néanmoins que quelqu’un, ne serait-ce qu’une seule personne, trouve du réconfort dans nos gestes, notre bienveillance et notre tentative de faire de notre mieux possible. Cette personne touchée par notre énergie sera à même de porter cette petite part de nous-mêmes ailleurs et plus loin.

Avec le recul, c’est tout ce qui compte. Il suffit d’une personne, puis d’une autre pour que se mette en place avec le temps des cercles vertueux. »

  • Pourquoi avoir choisi de partager avec nous cet extrait ?
  • MPD : Parce qu’il souligne l’essentiel qui est de toucher quelques personnes, de rencontrer quelques lieux, de profiter de quelques moments au fil d’une vie, qui illustrent, complètent et témoignent ce que nous sommes venus faire dans cette vie-ci. Dans notre culture, nous évacuons assez facilement la mort. Or, elle est un guide. C’est parce que notre vie est limitée dans le temps que nous ne devons pas oublier l’essentiel qui est de vivre et d’être en lien avec l’autre.

Beaucoup de souffrances ont à voir avec une nécessité imposée qui est d’être ce que nous ne sommes pas. Et là, la joie disparait. 

Le sens derrière le non-sens 

  • Vous vous êtes inspirée de la loi des 5 éléments pour décrire les 5 épreuves fondamentales de la vie : l’épreuve du feu, de la tombe, de l’épée, de la noyade et de la forêt. Quelles sont nos armes par rapport à ces épreuves et comment se défend-on ?
  • Tant que l’épreuve est assimilée à une calamité ou une punition, nous sommes en posture passive, accablés par les épreuves, au lieu d’entendre qu’il s’agit d’une formidable opportunité pour avancer. C’est à dire dégager de notre chemin des obstacles, qui ne sont pas là pour nous enquiquiner, mais pour déployer nos forces.
  • La vie n’est pas linéaire, notre réaction n’a pas à être que défensive. La colère, ou la frustration nous connectent avec une part de nous-mêmes qui n’est pas à sa place, ou qui a été blessée. Plus souvent qu’on ne le croit la colère est légitime. La posture juste est une posture qui tolère à la fois la déception mais qui ose y répondre. Si on a cette lecture de la vie, on va presque s’amuser des mauvais coups qui se préparent puisqu’on les détecte avant même qu’ils n’arrivent.

Du temps qui passe

Imaginer sa mort

  • Vous nous invitez “à rêver/imaginer notre mort pour ajuster ce qui doit l’être et stopper les tourments. Il est essentiel et vital de choisir non pas sa mort, mais les conditions de notre passage vers la suite.” Pourquoi penser à notre mort ou aux conditions de celle-ci nous aide à mieux vivre ? 
  • MPD : Selon moi, se préparer à la mort n’est pas triste. Il s’agit de pouvoir envisager dès maintenant la musique que l’on souhaiterait entendre au moment de notre passage. Cela fait peur, cela rend triste, mais cela simplifie la vie de ceux qui reste.
  • Ensuite, la mort, c’est tous les jours. Tous les jours, une part de nous s’en va et une part de nous se déploie. Le processus de transformation implique une prise de conscience de ce que nous laissons mourir (nos choix anciens) et notre responsabilité d’œuvrer toujours au service de la suite. Le vide est la condition du plein.
  • Comme la question de la posture dépend de notre capacité d’accepter la réalité telle qu’elle est, la mort fait pour moi partie des limites que nous devons accepter. Si nous les acceptons, cela nous donne une perspective différente avec une irrémédiable envie de vivre pour s’accomplir le plus pleinement possible, et surtout travailler sur ce que nous allons vraiment laisser derrière. A savoir, ce que nous pouvons faire pour préparer le passage de témoin, pour nous inscrire déjà dans la mémoire de ceux que nous côtoyons.

L’impatience, la première résistance

  • Vous écrivez : « S’il me fallait nommer la résistance la plus courante dans ma pratique d’accompagnement, je dirais sans hésiter la difficulté à patienter. » (p.99) Comment se détacher du temps qui passe et de ses contraintes ?
  • D’abord en créant du vide. Alors que nous sommes tous débordés, il faut entendre que notre énergie vitale ne se nourrit que de moments de vide. Des moments de pause.
  • L’impatience est le fruit de notre mental qui cavale, d’une lecture mentale abstraite de la réalité où nous savons planifier, mais où nous oublions que la vie n’est pas une ligne droite. En introduisant des contraintes temporelles (il faut que je termine telle chose à tel moment), nous tombons et nous nous fourvoyons dans une illusion déconnante par rapport à la réalité.

Conclusion ? Amusons-nous plutôt à aller découvrir les obstacles, puisque ce sont en fait des opportunités pour déployer les forces issues de notre attirail pour l’aventure de la vie.

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Jean Becchio

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