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Les addictions comme rempart à la solitude

  • jeudi 28 décembre 2017
  • 3 Min de Lecture

De « L’incapacité d’être seul » de la psychiatre Catherine Audibert

La solitude, on la cherche ou on l’évite suivant les circonstances. Quand nous menons une vie active et familiale, s’isoler devient une nécessité pour souffler et reposer notre esprit. De ce point de vue, la solitude est une aire de repos. En revanche, quand nous vivons seuls depuis un certain temps, la solitude devient un poids. Comme d’habitude, tout est une question d’équilibre. Mais si la solitude peut nous être pesante, pour d’autres, et c’est ce qui nous intéresse ici, c’est carrément l’angoisse.

Catherine Audibert, psychologue et auteure de « l’incapacité d’être seul. Un essai sur l’amour, la solitude et les addictions », qualifie cette incapacité d’être seul de solitude-détresse, l’opposant à la solitude-sereine (notre aire de repos). Au fur et à mesure de ses années d’activités, notre psychologue s’est aperçue que derrière les différentes histoires et parcours de ses patients tombés dans une addiction, tous avaient un point commun : leur incapacité viscérale à être seuls. Quel est le lien entre la solitude-détresse et l’addiction ? Et comment peut-on s’en sortir ?

Les addictions, ou la recherche d’une solitude-sereine

Les addictions comprennent naturellement les drogues, l’alcool et la nicotine, mais pas seulement. Elles englobent aussi tous les comportements excessifs, où on est dans le besoin et non plus dans le plaisir. Ce qui comprend donc aussi les sex addict, les boulimiques, ceux qui font leur ménage ou leur sport pendant 5h tous les jours de la semaine, ou encore ceux qui ne peuvent entretenir que des relations amoureuses toxiques. Je ne peux pas vivre avec toi, je ne peux pas vivre sans toi. Ces exemples sont bien connus, mais il faut savoir qu’absolument tout objet ou toute activité peut devenir une addiction pour se vider la tête et échapper à l’angoissante solitude.

« Le repli addictif est un refuge dans une solitude qui ne peut être supportable que grâce à des « drogues », pouvant devenir […] une nécessité vitale. […] C’est un traitement solitaire de sa détresse ».

Ce traitement via les addictions permet donc à celui ou celle en proie à une solitude-détresse, de goûter pendant un temps éphémère à la solitude-sereine. Mais pendant un temps éphémère seulement. Voilà pourquoi les addictions ne sont pas une solution pour se sortir de la solitude-détresse. Pour retrouver sa capacité à être seul dans le long terme, les patients de Catherine Audibert vont devoir retrouver ce qui a fait défaut dans leur petite enfance : une aire de solitude- sereine.

Trouver et développer sa solitude-sereine

Pour sortir d’une solitude-détresse, il n’y a pas cent solutions. La plus évidente étant d’aller suivre une thérapie, avec un professionnel qui aidera la personne concernée, à comprendre d’où vient sa solitude-détresse dans un premier temps. Le second travail sera de trouver et de poser les fondements pour développer une solitude-sereine. L’amour, à ce niveau-là, peut également faire des miracles. En effet, Catherine Audibert nous apprend que la relation amoureuse est le terreau idéal pour retrouver sa capacité à être seul. Avec un partenaire suffisamment intelligent et patient, une relation même au départ toxique, car fondée sur les besoins et les peurs de l’autre, peut se transformer en véritable relation d’amour, basée sur le partage et le désir.

La solitude est un vrai sujet de société, de même que les drogues et autres addictions. Et les deux sujets ne sont pas toujours éloignés l’un de l’autre, comme l’explique Catherine Audibert :

« il n’y a pas une théorie mais des théories de l’addiction, et l’incapacité d’être seul en est une ».

Aujourd’hui, les lois punissent le comportement addictif, en le stigmatisant et sans chercher à en comprendre les origines. Si vous arrivez à abandonner un comportement addictif inadéquat, la société considéra que vous êtes guéri. Victoire, on a un « drogué » en moins ! Ce qui est tout simplement faux. Se libérer d’une addiction, sans avoir résolu le problème de fond, ne vous fera que retomber dans une autre addiction socialement plus acceptable. Ne soyons donc pas si prompts à condamner les addictifs, et demandons-nous plus souvent « pourquoi ce choix ? ». Il n’y a jamais de fumée sans feu, et on ne tombe pas dans une addiction par hasard.

Must read: Catherine Audibert, « L’incapacité d’être seul. Essai sur l’amour, la solitude et les addictions », Editions Payot & Rivages, Paris, 2016 
écrit par

Camille

Mieux-être & Réussite

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