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L’alcoolisme, maladie chronique et première addiction

L’alcoolisme est une maladie chronique qui se développe sur des dizaines d’années. Au fil du temps, la personne s’accoutume à boire de grandes quantités d’alcool, jusqu’au jour où elle tombe dans la dépendance.

Cette maladie est à la fois la première addiction des Français et un mal tabou, responsable de 40 000 décès annuels en France, et de plus de 7 % des maladies et décès prématurés en Europe.

Bien qu’étant un enjeu de santé publique déclaré, l’alcoolisme reste difficile à combattre.

D’abord, parce que la consommation de l’alcool est associée au plaisir et à la fête.

Ensuite, parce que l’alcool est un produit vicieux. Si on n’y prend pas garde, notre consommation peut devenir régulière, puis indispensable, jusqu’à créer une dépendance. L’alcool n’est alors plus associé à la joie de vivre mais à la souffrance.

De fait, combien de violences, d’accidents, de viols, de suicides ou de meurtres sont causés par l’usage abusif de l’alcool ?

Comment faire pour rompre l’enfermement dans lequel nombre de personnes alcooliques se trouvent ?

N’est-il pas temps de mettre encore plus en garde sur les risques d’une consommation importante d’alcool, qui peut avoir les mêmes effets qu’une drogue dure chez certaines personnes ?

Pour mieux comprendre les enjeux de l’alcoolisme et comment sortir de ce mal chronique, nous rencontrons Michel Craplet, médecin alcoologue engagé depuis 35 ans dans la prévention du risque de l’alcool et l’auteur de « l’alcool, première addiction » (Odile Jacob, 2021).

L’alcoolisme, un mal Français refoulé

L’autocensure sociale

  • Vous commencez votre livre en dénonçant la banalisation de l’alcoolisme avec l’usage répété du mot « addiction » pour éviter de dire le mot « alcoolisme ».
  • MC : A l’origine, l’alcoolisme est un mot médical inventé au XIXème siècle pour remplacer le terme d’« ivrognerie ». En devenant alcoolique, l’ivrogne n’est plus un délinquant mais un malade qui a besoin de soin. Seulement, au fil du temps, le mot « alcoolique » est devenu aussi péjoratif que celui d’« ivrogne ». On préfère aujourd’hui parler d’addiction, un terme plus moderne et branché. 
  • Quelle est la conséquence de ce néologisme ?
  • MC : Les mots comme « alcoolisme » et « alcoologie » disparaissent des médias et des discours. Ce qui est très préoccupant car l’addiction à l’alcool représente 80 % des problèmes de violence liés aux addictions.
  • Il y a une relation établie entre l’alcool et l’inceste. Sauf qu’aucun média n’ose l’aborder.
  • Dans les violences faites aux femmes, 30 à 40 % des agresseurs et victimes abusent de l’alcool. Lors de grandes réunions sur ce sujet, les associations spécialisées ont demandé d’aborder la question de l’alcool. Cela n’a jamais été possible, les autorités ministérielles n’ont même pas daigné répondre à ces associations.
  • Comment expliquez-vous ce refoulement ?
  • MC : Les enjeux économiques et la pression des lobbies existent, mais notre histoire et nos racines culturelles doivent aussi être prises en compte. L’alcool est enterré très profondément dans notre inconscient collectif. Depuis les Gaulois qui ont mis en tonneaux le vin apporté par les Romains, nous avons un rapport très particulier avec cette boisson. Arracher une vigne, c’est nous arracher le cœur.

Les ruses de l’inconscient

Extrait de « L’alcool, première addiction » de Michel Craplet : 

Un client demande au comptoir :

– Garçon, deux whiskys !

– Vous voulez dire un double, dit le serveur.

– Non, deux whiskys dans deux verres différents.

Le client étant roi, le garçon s’exécutait à chaque fois que ce client revenait pour demander la même chose.

Un jour, le garçon osa lui en demander la raison. Le client lui expliqua que lors de la libération de la France en 1944, un soldat Américain lui avait sauvé la vie et qu’ils avaient décidé qu’ils boiraient systématiquement un verre à la santé de l’autre de part et d’autre de l’Atlantique chaque fois qu’ils s’en serviraient.

Un jour, le client demande un whisky.

Le garçon s’approche avec compassion :

– Alors… votre camarade est malheureusement décédé.

 – Pas du tout, lui répond le client, tout va très bien, mais moi j’ai arrêté de boire !

  • Pourquoi avez-vous choisi de partager cet extrait ?
  • MC : Cette blague dit beaucoup de vérités de l’alcoologie. Elle explique comment on peut se faire croire soi-même qu’on ne boit plus.
  • A quel moment doit-on s’inquiéter de sa consommation d’alcool ?
  • A partir du moment où elle n’est pas ordinaire. Cela reste difficile à définir car les ruses de notre inconscient ne sont pas toujours évidentes à percevoir. Une patiente racontait avoir pris l’habitude de boire une flûte de champagne en prenant son bain moussant pour se détendre le soir. Puis un jour elle s’est aperçue qu’elle prenait 10 bains par jour pour avoir ses 10 flûtes.

Néanmoins, contrairement aux croyances collectives, la question de la quantité d’alcool bue n’est pas aussi importante que celle de la motivation. « Quel est notre objectif quand on boit ? » est la question fondamentale à se poser.

L’alcoolisme, entre mythes et réalités

  • Sommes-nous tous égaux face à l’alcool ?
  • MC : Non à cause de deux paramètres :
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