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Comment être heureux selon Jean-Jacques Rousseau?

  • mercredi 29 mai 2019
  • 6 Min de Lecture

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Comment être heureux selon Jean-Jacques Rousseau

Jean-Jacques Rousseau : La quête philosophique d’un rebelle

Farouche et anticonformiste

Avec Voltaire, Rousseau est certainement le philosophe des Lumières dont nous avons le mieux retenu le nom. De son temps, son esprit farouche et anticonformiste lui aura valu beaucoup de détracteurs et fait changer trois fois de religion.

Son esprit rebelle lui aura également peut être permis de prendre beaucoup de recul avec ses compères des Lumières qui portaient aux nues l’idée du Progrès comme destin heureux des hommes.

C’est désormais grâce au génie du cerveau humain, et non plus seulement aux bonnes grâces divines, que les hommes peuvent se bâtir un monde meilleur.

C’est dans cet enthousiasme général que Rousseau se distingue.

En quête philosophique du bonheur

Rousseau ne doit pas seulement sa réputation à son caractère anticonformiste et sauvage, il la doit à sa magnifique plume qui a su exprimer avec élégance et simplicité des idées originales et complexes. Il a su, entre autres, distinguer les limites de la démocratie, et les dangers potentiels du Progrès sur le bonheur des hommes.

Rousseau note ainsi que progresser n’est pas s’élever. Dans le premier cas nous cultivons notre intelligence, dans le second cas nous cultivons notre sagesse. Or, pour Rousseau la sagesse est un bien meilleur garant du bonheur que l’intelligence, car le bonheur lui est intimement lié :

Quoi qu’on puisse en dire, j’ai été sage, puisque j’ai été heureux autant que ma nature m’a permis de l’être : je n’ai point été chercher ma félicité au loin, je l’ai cherchée auprès de moi et l’y ai trouvée.

Rousseau aura effectivement consacré toute son œuvre et sa vie à être heureux.

La clé du bonheur : l’amour de soi 

La connaissance de soi

On n’aime que ce que l’on connaît et comprend, c’est la simple raison pour laquelle il est important de se connaître. Rousseau, connaisseur des Anciens, et donc du mythe de Narcisse avait compris que l’authenticité était une condition non négociable d’une vie épanouie.

L’humain est par nature paradoxal, nous avons tous les mêmes pulsions de violence et d’égoïsme quand nous sommes frustrés. Il n’empêche que nous savons aussi aimer, soutenir, consoler, nourrir, etc… La connaissance de soi permet d’être lucide avec ses qualités, ses défauts mais aussi ses besoins et ses envies. Se connaître, c’est certes passer par des vérités désagréables, mais c’est surtout faire la lumière sur sa propre valeur.

Le respect de soi

Le bonheur chez Rousseau demande donc d’être conscient de sa valeur et des valeurs qui nous inspirent et nous portent. En faisant ce travail intérieur, on ne se rend pas forcément compte que l’on construit sa propre estime, et son respect de soi. C’est pourtant bien ce qu’il se passe.

Si le respect de soi est un garant du bonheur, c’est parce qu’il nous met au centre de nos décisions et de nos choix. Nous agissons en fonction de nous et non des attentes de nos proches ou de la société :

J’appris que la première sagesse est de vouloir ce qui est, et de régler son cœur sur sa destinée. Voilà tout ce qui dépend de nous, me disiez-vous ; tout le reste est de nécessité.

Rousseau le sait par expérience.

Être aligné avec ses valeurs

Le respect de soi implique inévitablement la nécessité d’être aligné avec ses valeurs. Bien que cela soit certainement une aspiration de tous, la société ne nous facilite pas les choses. Les tentations et le risque d’être excommunié du groupe pour avoir dit sa vérité nous éloignent bien souvent de notre alignement.

Rousseau compare la vie en société à un champ de bataille, et distingue les courageux des vrais héros :

Le brave ne fait ses preuves qu’aux jours de bataille ; le vrai héros fait la sienne tous les jours, et ses vertus, pour se montrer quelques fois en pompe, n’en sont pas d’un usage moins fréquent sous un extérieur plus modeste.

Si nous nous éloignons de nos principes, c’est bien pour gagner ailleurs. Le désir de gloire, de réussite sociale est le sacerdoce des braves. Leur ambition les dirige et les pousse à se dépasser ou à oublier leurs valeurs si elles les freinent dans leur avancement. Quoiqu’il en soit, ils sortent des sentiers battus. Mais pour celui qui veut être droit et honnête avec lui-même et les autres, la souplesse d’esprit n’est pas de rigueur. Un amour vrai ne fait pas de compromis.

Prendre soin de soi

Parce que la vie nous éprouve assez, il est nécessaire de prendre soin de soi. Nous pourrions parier que Rousseau aurait adoré la philosophie nordique du Hygge.

« Les plaisirs du cœur sont le bonheur du sage : Que ces plaisirs sont doux à qui sait les goûter ! Heureux qui les connaît, et sait s’en contenter ! Jouir de leurs douceurs dans un état paisible, c’est le plus cher désir auquel je suis sensible. Un bon livre, un ami, la liberté, la paix : Faut-il pour vivre heureux former d’autres souhaits ? 

Bien que Rousseau soit un esprit indépendant, il ne considérait pas que le bonheur soit possible sans les autres. Un état d’esprit heureux et joyeux nous pousse naturellement à être ouverts aux autres. D’ailleurs Rousseau aura consacré une grande partie de son parcours philosophique à réfléchir au bonheur collectif. Dans « De la République », par exemple, il s’interrogera sur quel régime politique le bonheur collectif peut émerger.

Du bonheur individuel au bonheur collectif

La liberté

Pas de bonheur sans liberté . C’est l’évidence même. La liberté c’est avant tout la possibilité de suivre son cœur, ses désirs, pouvoir faire ce qu’on veut, où on veut et avec qui on veut et s’il le veut bien. Car la liberté doit être pour tous bien sûr.

Alors que le succès aurait dû le faire changer de comportement et d’état d’esprit en adoptant le comportement que l’on attendait de lui, faire la cour, participer à des discussions de Salon, copiner avec les autres Lumières, Rousseau ne l’entendit pas de cette oreille « Le succès de mes premiers écrits m’avait mis à la mode. L’état que j’avais pris excitait la curiosité ; l’on voulait connaître cet homme bizarre, qui ne recherchait personne, et ne se souciait de rien que de vivre heureux à sa manière. » La première liberté que l’on doit s’accorder pour Rousseau c’est d’être cohérent avec sa nature, car c’est seulement ainsi que nous pouvons pleinement nous épanouir.

La liberté c’est de pouvoir exprimer qui on est. Si nous pouvions nous accorder cette liberté, au lieu de préférer la standardisation, la mode, la « bien-pensance », de préférer la diversité et l’originalité, il est clair que cela ne pourrait que servir le bonheur de vivre ensemble.

Les amis

La liberté de Rousseau c’est l’indépendance, mais ce n’est pas celle de l’autiste ou du misanthrope.

Je sais qu’une solitude absolue est un état triste et contraire à la nature : les sentiments affectueux nourrissent l’âme, la communication des idées avive l’esprit. Notre plus douce existence est relative et collective, et notre vrai moi n’est pas tout entier en nous. Enfin telle est la constitution de l’homme en cette vie qu’on n’y parvient jamais à bien jouir sans le concours d’autrui.

Le code du travail selon Jean-Jacques Rousseau 

Nous le savons, le travail peut nous épanouir comme nous aliéner . A ce propos, Rousseau propose son code du travail :

« L’homme […] est un être trop noble pour devoir servir simplement d’instruments à d’autres, et l’on ne doit point l’employer à qui leur convient sans consulter aussi ce qui lui convient à lui-même ; car les hommes ne sont pas faits pour les places, mais les places sont faites pour eux ; et, pour distribuer convenablement les choses, il ne faut pas tant chercher dans leur partage l’emploi auquel chaque homme est le plus propre, que celui qui est le plus propre à chaque homme pour le rendre bon et heureux autant qu’il est possible. Il n’est jamais permis de détériorer une âme humaine pour l’avantage des autres, ni de faire un scélérat pour le service des honnêtes gens. »

Source : Joël Bienfait, « Le bonheur entre Jean-Jacques et Rousseau », éditions l’Harmattan, 2018
écrit par

Camille

Savoir être

Bonheur

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