Cancer : et si nous pouvions soigner sans chimio ni...
Publié le 04/06/2019, mis à jour le 02/06/2026
Santé intégrative
Cancer : et si nous pouvions soigner sans chimio ni rayon?
7 min de lecture
Et si le cancer était d’abord une maladie du métabolisme, c’est-à-dire un trouble de l’énergie de la cellule ? C’est l’idée qui fonde le traitement métabolique du cancer, défendu par l’oncologue Laurent Schwartz. L’hypothèse est sérieuse. Pourtant, elle n’est pas validée. Voici donc ce qu’elle dit vraiment, sans promesse de miracle.
Avant de lire : cet article est une mise en perspective, pas un protocole de soin. Le traitement métabolique du cancer relève aujourd’hui de la recherche. Il n’est pas validé par des essais cliniques aux normes. Les molécules et le régime évoqués ici ne sont ni des remèdes prouvés, ni des produits « sans danger ». Rien de ce qui suit ne remplace l’avis de votre médecin, et surtout pas celui de votre oncologue. N’arrêtez jamais un traitement et ne vous auto-médiquez pas.
Réputé parmi ses pairs, longtemps enseignant à l’École polytechnique, le Dr Laurent Schwartz a consacré sa carrière à une question simple. Et si nous nous étions trompés non sur la façon de soigner le cancer, mais sur ce qu’il est ? Dans ses livres, il avance en effet une idée à contre-courant. Le cancer ne serait pas une cellule devenue folle, mais une cellule dont le moteur énergétique fonctionne mal.
Cette conversation, nous l’avons d’ailleurs prolongée en podcast. Ainsi, vous pouvez la retrouver dans notre entretien dédié à la thèse du cancer comme maladie métabolique. Ici, en revanche, nous regardons de près le traitement lui-même, et surtout ses limites.
Otto Warburg, le point de départ du traitement métabolique du cancer
Au commencement, il y a un homme. Otto Warburg, médecin allemand, prix Nobel de médecine en 1931. De son vivant, sa renommée égalait presque celle de Pasteur. Pourtant, son nom est tombé dans l'oubli après sa mort, en 1970. En effet, resté en Allemagne pendant la guerre, ses travaux n'ont pas circulé en anglais.
Warburg observe pourtant une chose troublante dès les années 1920. Quand une cellule cesse de bien respirer, elle se met à fermenter du sucre. Or, toutes les cellules cancéreuses fermentent. C'est même ainsi qu'on les repère. Cet effet, dit « effet Warburg », n'est d'ailleurs pas contesté. Par exemple, le TEP-scan, examen de routine en oncologie, repose exactement dessus : on injecte un sucre légèrement radioactif, et les tumeurs, gourmandes en glucose, s'illuminent à l'écran.
C'est de cette observation que Schwartz est parti. Ainsi, le traitement métabolique du cancer s'articule autour de deux piliers : freiner la fermentation, d'une part, et adapter l'alimentation, d'autre part.
Le régime cétogène : une piste, pas une recette miracle
Le régime cétogène réduit fortement les sucres et privilégie les bonnes graisses. Privé de glucose, le foie fabrique alors des corps cétoniques, un carburant de secours. L'idée n'est pas nouvelle. D'abord, dès le XIXe siècle, l'Anglais William Banting popularise l'alimentation pauvre en sucres. Puis, dans les années 1920, des pédiatres américains l'emploient contre l'épilepsie de l'enfant. Cet usage existe d'ailleurs encore aujourd'hui.
En cancérologie, en revanche, l'hypothèse est différente. Il s'agirait d'affamer les cellules tumorales en les privant de sucre, tout en nourrissant les cellules saines avec les corps cétoniques. De plus, le régime y est aussi pauvre en protéines, pour limiter la glutamine dont raffoleraient les tumeurs. Certains travaux suggèrent par ailleurs une meilleure tolérance aux traitements et une baisse de l'inflammation. Dans le traitement métabolique du cancer, le régime joue donc un rôle de soutien, jamais de remède à lui seul.
À retenir absolument : Il n'existe pas de régime cétogène universel, et surtout pas de régime « anti-cancer » miracle. Chaque terrain, chaque microbiote est différent. Un régime mal conduit expose à des carences. En contexte de cancer, tout changement alimentaire majeur doit être encadré par l'équipe soignante. Ne vous lancez jamais seul.
Les molécules : une hypothèse de recherche, pas une ordonnance
Le pari de Schwartz est le suivant. Certaines molécules anciennes, déjà en pharmacie pour d'autres usages, pourraient relancer l'activité de la mitochondrie. Or la mitochondrie est la centrale énergétique de la cellule. Schwartz la compare à une tour de contrôle : elle règle l'énergie, l'acidité, la salinité du milieu. Ainsi, sous l'effet de l'inflammation, elle se déréglerait, et la cellule se mettrait à fermenter.
Ce volet médicamenteux est au cœur du traitement métabolique du cancer. Concrètement, le protocole qu'il étudie associe trois molécules. D'abord l'acide lipoïque, un antioxydant. Ensuite l'hydroxycitrate, extrait du fruit Garcinia cambogia. Enfin le bleu de méthylène, un colorant de synthèse né en 1876, longtemps utilisé en médecine avant les antibiotiques. Cette association forme le cœur de ses recherches, notamment dans le cadre du projet THEMA mené avec Polytechnique Montréal.
Que sait-on vraiment ? Des résultats existent sur l'animal. Par exemple, une étude préclinique de 2024 (revue Cancers) montre un ralentissement de tumeurs ovariennes chez la souris. Chez l'humain, en revanche, on en reste aux séries de cas. Schwartz lui-même est d'ailleurs le premier à réclamer de vrais essais cliniques. Disponible en complément alimentaire ne signifie donc jamais prouvé, ni sans risque.
Et le dioxyde de chlore ?
Sur ce point, soyons fidèles à l'auteur. Schwartz ne se contente pas d'évoquer le dioxyde de chlore (ClO2) : il en fait un allié de son protocole. Dans ses livres, il le décrit comme un « capteur d'électrons » qui, à l'image du bleu de méthylène, lèverait l'effet Warburg et relancerait la mitochondrie. Il rapporte d'ailleurs avoir vérifié ce mécanisme sur des cellules en culture, et cite une réaction d'oxydation confirmée dans le laboratoire de Frédéric Bouillaud (Inserm). Surtout, il en juge la toxicité faible et réversible — de simples nausées ou diarrhées qui cèdent dès qu'on baisse la dose —, « loin de la toxicité de la chimiothérapie ».
C'est précisément ici qu'il faut être honnête avec vous : sur cette molécule, l'auteur s'écarte nettement du consensus sanitaire. Le dioxyde de chlore vendu en ligne sous les noms de « MMS », « CDS » ou « CDL » appartient à la famille des désinfectants. Son ingestion a donné lieu à des mises en garde répétées de l'ANSM, de Swissmedic, des agences belge et canadienne et de la FDA, qui rapportent des intoxications parfois graves (vomissements, déshydratation, atteintes digestives, troubles de la formule sanguine) et l'absence d'effet thérapeutique démontré. La solution « CDS 3000 » et son promoteur, cités par Schwartz, figurent au cœur de ces alertes.
Notre position d'éditeur : nous rapportons fidèlement ce que défend l'auteur, parce que c'est le sujet de cet article. En revanche, nous ne reproduisons ni posologie ni mode de préparation du dioxyde de chlore : sur ce point, l'écart avec les autorités sanitaires est trop important, et l'enjeu trop sérieux. Si la question vous traverse l'esprit, n'expérimentez rien seul — parlez-en à votre oncologue.
L'origine commune des maladies, selon Schwartz
De ses travaux, Schwartz tire une idée plus large. Cancer, Alzheimer, hépatite, Parkinson : toutes ces maladies partageraient une racine commune, l'inflammation des cellules concernées, et donc un trouble de l'énergie. Les symptômes diffèrent, certes, mais le mécanisme serait le même. Ainsi, soigner reviendrait toujours à relancer l'activité de la mitochondrie.
Il faut toutefois le dire nettement. C'est une hypothèse de travail, pas une vérité établie. Or la médecine considère aujourd'hui ces maladies comme distinctes, avec leurs mécanismes propres. Cette lecture unifiée reste donc minoritaire et débattue.
Pourquoi cette approche reste-t-elle méconnue ?
Selon Schwartz, plusieurs portes se sont fermées. En 2012, dit-il, sa proposition d'essais à l'Institut national du cancer serait restée sans réponse. Par ailleurs, le Conseil de l'ordre des médecins lui aurait adressé une mise en garde. Sur ce dernier point, il concède d'ailleurs un argument de poids : il n'a pas la preuve définitive de ce qu'il avance. En effet, il invoque une présomption, étayée par la littérature, mais pas une démonstration. Cette honnêteté mérite d'être soulignée.
Il pointe ensuite une logique économique. Une molécule ancienne, non brevetable et peu coûteuse, n'attire pas les financements nécessaires aux grands essais. Le traitement métabolique du cancer resterait donc en marge, faute de preuves à grande échelle. À l'appui, il cite l'exemple des statines anticholestérol, dont l'utilité est de plus en plus discutée malgré des ventes colossales. Ce débat-là, nous l'avions abordé sous un angle plus consensuel en parlant de prévention des maladies cardio-vasculaires. Ces affirmations restent toutefois celles de Schwartz : elles éclairent son combat, mais ne tranchent pas le débat scientifique.
Se soigner autrement : ce que cette approche change vraiment
Au fond, l'apport le plus solide du traitement métabolique du cancer n'est peut-être pas une molécule. C'est plutôt une manière de penser le soin. Schwartz plaide en effet pour une médecine moins découpée en spécialités, plus intégrative, attentive aux processus communs plutôt qu'aux seuls organes. Car les organes du corps sont interdépendants. Nous avions d'ailleurs exploré cette vision dans notre réflexion sur la manière dont nous serons soignés demain.
Il insiste aussi sur le rôle du patient. Non pas passif face au médecin, mais acteur de ses choix. Ainsi, cela suppose d'oser questionner, de demander un second avis, de s'informer à de bonnes sources. C'est tout l'enjeu de prendre des décisions éclairées, et cela passe d'abord par une relation de confiance avec son médecin. Cette idée qu'une science mette parfois des décennies à être entendue, nous l'avons par ailleurs rencontrée avec les fascias, que la médecine a mis deux siècles à comprendre.
Ce que je retiens de cette approche
D'abord, une prudence nécessaire. Le traitement métabolique du cancer n'est pas un remède prouvé. Le présenter comme tel serait mentir, et donner un faux espoir à des personnes vulnérables. Ce n'est pas notre rôle.
Ensuite, une honnêteté que je veux saluer. Schwartz reconnaît lui-même qu'il n'a pas la preuve définitive. Il demande des essais, pas une foi. C'est exactement la bonne posture, et c'est rare.
Enfin, une conviction que je partage. Une maladie n'est ni un dossier ni un protocole sur pattes. C'est une personne qui a le droit de comprendre et de questionner. Restez donc curieux, restez lucides. Entre tout rejeter et tout gober, il existe un chemin de crête : l'esprit critique. C'est là, justement, que se trouvent les vraies questions sur ce que les approches complémentaires peuvent apporter dans le cancer.
Soutenir la recherche
Une molécule ancienne, qu'on ne peut plus breveter, n'attire pas les financements qui prouveraient — ou non — son efficacité. Les travaux de Schwartz s'appuient donc sur un organisme indépendant, le Fonds de Dotation Guérir du Cancer (65 avenue de Ségur, Paris), qui finance la recherche sur les thérapies métaboliques.
Pour soutenir cette recherche, voici la page « Comment faire un don » du fonds, ou le lien direct pour effectuer un versement. Les dons ouvrent droit à une réduction d'impôt de 66 %, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Pour aller plus loin : les sources
Les ouvrages cités dans cet article :
Laurent Schwartz, ouvrages parus chez Thierry Souccar Éditions, dont Les clés du cancer (2022) et Le bleu de méthylène (2024).
Laurent Schwartz, La fin des maladies ?, éditions LLL, 2019.
Dr Éléonore Djikeussi, Cancer : maladie génétique ou crise énergétique cellulaire ?, éditions Le Souffle d'Or, 2022.
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Je pense que tous on est en attente !! Je sais qu il y a eu des dons pour l avançée de ces travaux !! Mais va t on vraiment guérir !! Car j en ai marre qu à chaque molécule sortie par big pharma c est toujours compté en mois de survie sans progression et on entend jamais cela va vous guérir !! Donc ils ne désirent pas nous guérir mais entretenir la maladie !! Alors M SCHWARTZ j espère que votre désir c est vraiment de nous GUÉRIR et que votre autitre annonciateur’pour nous les malades LA FIN DES MALADIES ne sera pas un doux rêve pour nous !! Ce serait cruel !! Il apparaît dans une de votre vidéo que vous êtes prés du but !! Alors je vous dis mille merci
très impressionnant, des informations riches en attente de vous lire 🙂
Je pense que tous on est en attente !! Je sais qu il y a eu des dons pour l avançée de ces travaux !! Mais va t on vraiment guérir !! Car j en ai marre qu à chaque molécule sortie par big pharma c est toujours compté en mois de survie sans progression et on entend jamais cela va vous guérir !! Donc ils ne désirent pas nous guérir mais entretenir la maladie !! Alors M SCHWARTZ j espère que votre désir c est vraiment de nous GUÉRIR et que votre autitre annonciateur’pour nous les malades LA FIN DES MALADIES ne sera pas un doux rêve pour nous !! Ce serait cruel !! Il apparaît dans une de votre vidéo que vous êtes prés du but !! Alors je vous dis mille merci