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le rêve du papillon

Quand j’avais autour de dix ans, je me souviens qu’il y avait trois questions métaphysiques  — j’ignorais alors que c’est ainsi que les grands appellent cela — qui me plongeaient  dans un trouble profond, et me donnaient  l’impression que le sol pouvait sans préavis se dérober sous mes pieds. J’aimais jouer avec ce sentiment, à la fois délicieux et terrifiant.

Le première question était de savoir comment aurait été le monde si je n’étais pas né. J’avais bien conscience que je n’en étais qu’un élément minuscule. Mais aurait- t-il été identique à ce que je connaissais, à mon absence près ?  Et comment pouvais-je le savoir ? Aurait il seulement existé?

Comment pouvais-je, moi qui étais né et qui était en train de penser, concevoir un monde où je n’existais pas ? Je me souviens d’instants intenses où, couché dans mon lit regardant le plafond, je m’endormais sur cette question, tout en vérifiant à travers la porte vitrée de ma chambre que la  lumière brillait bien dans celle de mon père. C’était le signe qu’il s’était couché tôt et, ces jours là, le vertige de ma question disparaissait, je m’endormais heureux et rassuré.

La deuxième question : qui aurais-je été si j’étais né d’autres parents, à une autre époque ou à un autre endroit. Aurais-je été le même ou différent ? Le “je” de “qui aurais-je été” avait-il seulement un sens puisque j’aurais peut être alors été tellement autre. Y aurait-il eu quelque chose qui aurait été le même en moi et qui aurait justifié que j’utilise le même “je”?

yarruta/123RF

Quant à la troisième question, j’ai découvert bien plus tard qu’elle n’était pas récente. Elle avait été posée par un philosophe du IV ème siècle avant JC.  Je la formulais alors ainsi “Comment savoir que je ne rêvais pas et que les moments où je pensais être dans la réalité, je n’étais pas en train de rêver”

Voici la manière, beaucoup plus poétique dont Tchouang- Tseu posait la question.

“Une nuit, je revais que j’étais un papillon. Mais je m’éveillai en étant Tchouang-tseu. Suis-je bien Tchouang-tseu, qui se souvient d’avoir rêvé ou suis-je un papillon qui rêve maintenant qu’il est  le philosophe Tchouang-tseu”

Tchang Tseou est l’un des pères du taoisme.  Je l’ai découvert  dans un petit livre que j’adore : “le rêve du papillon” qui réunit des textes variés. Il prône un concept qui me parle intensément  — moi qui ai du mal à tenir en place —celui de “non-agir” – non par la passivité ou l’indolence, mais par l’action juste en cohérence avec l’univers et les autres… “L’Homme est ainsi invité à se débarrasser de son égocentrisme et de sa volonté de plier la réalité à ses fantasmes.” dit le commentaire de wikipédia Un programme qui plait beaucoup à une partie de moi … l’autre continue avec constance et fidélité à vouloir plier la réalité ….

Le rêve du papillon est  une lecture apaisante à l’aube de cette rentrée qui  s’annonce pleine de changements  . Et à cette idée mon esprit qui s’envole a soudain une pensée tendre et intense pour tous ces papillons qui, dans leurs rêves, pensent être écoliers, , collégiens, lycéens  ou professeurs, et qui se préparent à retrouver bientôt le chemin des salles de classe, des salles de profs et des cours de récréation. D’où ils pourront s’envoler très haut vers le ciel.

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