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Comment se libérer d’une relation toxique?

  • mercredi 17 avril 2019
  • 8 Min de Lecture

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Qu’est-ce que l’emprise ?

« Être sous emprise c’est être conditionné à penser, réfléchir, agir, ressentir exactement comme le veut le manipulateur » rapporte Julie Arcoulin, thérapeute diplômée en communication et spécialiste en développement personnel et relationnel.

Dans son dernier ouvrage, elle explique les mécanismes de la manipulation et propose des pistes et solutions pour ceux qui sont enlisés dans les sables mouvants de la relation toxique.

Quand on n’a jamais eu affaire à un manipulateur, il n’est pas forcément évident de se mettre dans les chaussures de quelqu’un qui est tombé dans leurs griffes. Effectivement, comment peut-on perdre son libre arbitre ?

Comment tombe-t-on sous emprise ?

Un piège en 3 actes

Le manipulateur procède en 3 temps :

  • Le temps de la séduction et de la lune de miel

Le manipulateur fait comprendre à sa victime qu’il n’y a personne de plus génial qu’elle sur cette planète. Il flatte et promet monts et merveilles pour que son charme opère.

  • Le temps de la dévalorisation

Après avoir envoûté sa victime, le manipulateur commence à la dévaloriser pour lui faire perdre confiance en elle. Ainsi déstabilisée, la victime se repose davantage sur le manipulateur.

  • Le temps de l’isolement

Le manipulateur commence à semer la zizanie dans l’entourage pour pousser les uns et les autres à couper les ponts. Désormais isolée, l’emprise sur la victime sera maintenant totale.

Les outils du manipulateur

Pour asseoir son emprise, le manipulateur fait en sorte de plonger sa victime dans un flou mental afin de lui faire perdre ses repères. Il va utiliser pour cela une panoplie d’outils : le mensonge, les ronds de jambe, les menaces, l’incohérence du comportement et des propos (un jour vous êtes merveilleux, le lendemain un moins que rien), la remise en doute systématique des faits et dits.

Tous ces outils, utilisés au quotidien n’ont qu’un seul but : user le mental, le moral et vider la victime de son énergie. Au fur et à mesure de l’emprise, la victime se déconnecte d’elle-même pour uniquement se focaliser sur les besoins et les attentes du manipulateur. On est alors tombé sous emprise.

Une histoire qui se répète

Ceux qui sont le plus à même de tomber sous l’emprise d’un manipulateur dans leurs relations affectives ou professionnelles sont ceux qui ont déjà eu affaire à un manipulateur dans leur enfance. Généralement un parent. C’est un cas classique en psychologie. Si nous ne faisons pas un travail d’introspection sur nos blessures d’enfance, surtout quand celle-ci a été malmenée, nous reproduirons les mêmes schémas familiaux.

Être conscient de son histoire, de ce qu’il se passe autour de soi et des répercussions sur son état intérieur est le plus cadeau que l’on puisse s’offrir. C’est aussi le début de la liberté pour sortir de l’emprise mentale.

Comment sortir de l’emprise ?

  • Accepter que l’on soit sous emprise

En prenant conscience que l’on est une victime, on prend conscience que ce que l’on vit n’est pas normal. L’étiquette de victime n’est pas du tout agréable, elle est même humiliante. C’est peut-être tant mieux, car cette idée a le mérite de réveiller un peu de colère. Ce qui est très bon en la circonstance, car elle nous donne le courage nécessaire pour entamer le processus de détachement.

  • Récupérer de l’énergie

Par le stress quotidien qu’inflige le manipulateur et sa présence quotidienne, la victime se retrouve vidée de son énergie en plus d’être déboussolée sur ses priorités. Après la prise de conscience que la relation est toxique, le plus important est donc de récupérer de l’énergie. Pour cela, l’idéal est de s’éloigner en partant une semaine dans un endroit où vous pourrez être tranquille et réfléchir sereinement. La victime devra certainement mentir à son manipulateur pour pouvoir partir, mais cela ne sera jamais qu’un juste retour des choses.

  • Sortir du jeu

Quoi que fasse la victime, elle aura toujours tort ou ne fera pas assez bien aux yeux du manipulateur. Alors à quoi bon s’échiner ? La bonne posture est de s’en foutre complètement.

  • Balayer vos peurs

Le connu et la routine du quotidien, même invivables, nous rassurent. L’inconnu, la peur de la solitude, de la vengeance (physiques, menaces) du manipulateur peuvent également nous effrayer.

Pour autant, il y a des peurs qui peuvent être injustifiées comme celle qu’il veuille retirer les enfants du parent-victime. Les manipulateurs ne s’intéressent effectivement pas à leurs enfants. Excepté leur « héritier », ils s’en moquent complétement.

De même qu’avoir peur de ne pas s’en sortir sans le manipulateur est une illusion. Car, une fois les premiers instants d’adaptation passés, la personne retrouve le goût de vivre et savoure son indépendance d’esprit.

  • Préparer son départ

Sortir d’une relation d’emprise, ça se prépare quel que soit le type de relations. Toute la difficulté étant bien sûr de ne pas réveiller les soupçons du manipulateur. Que cela soit une relation conjugale, de travail ou familiale, il y a des choses à mettre en place. Par exemple, faire les copies des documents importants. Si on est lié par des enfants, des biens, des contrats, la consultation d’un avocat pour connaître ses droits est incontournable.

  • Compter sur son entourage

On est toujours moins seuls qu’on ne le pense. Des gens nous aiment toujours, bien qu’ils se soient écartés de nous à cause du manipulateur.

Dès qu’on sort de la relation toxique, ce sont les premiers à nous ouvrir les bras. Il est important d’aller au-delà de ses gênes et de la « peur de déranger ».

On ne sait jamais ce que pensent les gens. Selon l’expérience de Julie Arcoulin, les victimes sont très souvent accueillies par un « je suis content que tu aies (enfin) ouvert les yeux. »

Un système à côté de la plaque

L’entourage est très important. Car pour sortir d’une relation toxique, il faut avoir un minimum de soutien moral. C’est primordial. Cela l’est d’autant plus que le système social et judicaire actuel n’est pas du tout adapté pour protéger les victimes, enfants et adultes, des manipulateurs.

Julie Arcoulin révèle les deux raisons majeures de cet échec :

  • « Parce que les services sociaux ne parviennent pas à s’aligner sur leurs méthodes de travail, [et] parce qu’il existe un clivage entre les services sociaux et la justice. »
  • « Parce que toutes les preuves de violence qui se trouvent dans le dossier de justice ne sont pas accessibles aux services sociaux, et on vous fait donc répéter maintes et maintes fois votre histoire sans pouvoir la valider, faute de preuves. »

La mère d’une petite fille de 3 ans qui revenait avec des marques rouges près des parties intimes après les séjours chez son père-manipulateur a subi les calvaires du système.

Elle raconte notamment qu’elle a dû attendre deux années pour recevoir une réponse à sa demande de consultation d’un pédopsychiatre pour son enfant. Réponse ? « Oui mais vous savez elle est trop petite et vous pourriez l’un et l’autre l’influencer en l’amenant à la séance. »

Ce n’est qu’une petite anecdote dans un flot d’absurdité administrative, totalement décorrélée de la réalité. Le système profite aux manipulateurs. C’est la double peine pour les victimes. Sans oublier qu’en plus du chemin de croix dans les procédures interminables, et du stress qui va avec, les parents doivent aussi aller travailler.

La séparation physique avec le manipulateur ne suffit pas totalement à mettre fin à l’emprise mentale, car le vrai combat se situe dans la tête durant le processus de reconstruction.

Comment se reconstruire après une relation toxique ?

Se libérer de l’emprise mentale nécessite d’aller trouver des ressources à l’intérieur de soi. Voici les clés pour les réveiller.

  • Prendre soin de ses valeurs

Les valeurs c’est ce que nous voyons, ressentons comme vrai, beau, bien et qui nous apparaît comme précieux et intime. Comme le rappelle Julie Arcoulin : « connaître ses valeurs c’est ainsi mieux se connaître soi-même. Dans la mesure où elles nous guident, nous orientent, nous font faire des choix plutôt que d’autres. Si nous sommes au clair avec nos valeurs, nous prenons des décisions en accord avec nous-mêmes, justes et cohérentes. ». C’est cela être authentique.

  • Être à l’écoute de ses besoins et envies

Au fil de l’emprise, les besoins et envies de la victime s’effacent pour ceux du manipulateur. Pour mieux se reconnecter à soi, la personne peut se plonger dans ses souvenirs heureux du passé, pré-emprise. L’idée est de se rappeler ce qui nous faisait du bien et plaisir, et de s’y remettre. Plus c’est ludique, mieux c’est.

  • Rêver sa vie

Dans le cas où on a eu un parent-manipulateur, on ne possède pas de souvenirs heureux pré-emprise. Il y a donc tout à faire et pour savoir ce que l’on veut et il y a juste à rêver, imaginer et se laisser porter.

  • Rétablir son espace mental

Cela consiste à reprogrammer ses pensées sur soi-même, ses envies et ses projets. La seule façon de se libérer de l’emprise est d’oublier son auteur, le manipulateur. Il faut donc se focaliser sur soi, et apprendre à s’aimer en devenant narcissique. Les bénéfices sont doubles. D’une part, parce que l’on travaille sur son estime de soi. C’est important, car sans elle, on donne l’autorisation à l’autre de nous faire du mal. D’autre part, une fois que l’on a goûté à la liberté et à la paix de l’esprit, on ne veut plus que cela s’arrête.

  • Pardonner mais à qui ?

Pardonner, c’est renoncer à se venger et à vivre dans la rancœur. Si la colère a ses raisons d’être, elle n’est bénéfique qu’à court terme. A long terme, une colère qui s’installe nous ronge de l’intérieur.

Nous nous renfermons sur nous-mêmes et ne sommes pas vraiment libérés du manipulateur puisqu’il est encore au centre de nos pensées.

Le premier pardon que l’on doit accorder est à soi-même. Se pardonner de n’avoir pas su voir, d’avoir gâché des années de vie.

Comment peut-on arriver à se pardonner ? Selon Julie Arcoulin : « pardonner c’est se donner les moyens de transcender sa souffrance pour en faire quelque chose de positif pour soi, la collectivité.

Se donner les moyens de pardonner en guérissant nos blessures, se demander ce qu’il faut changer en nous pour ne plus retomber dans le schéma, mettre des choses en place pour transformer ce qui doit être, se promettre de ne plus se laisser maltraiter, apprendre à mettre ses limites. »

  • Continuer à croire au monde des bisounours

Voici un autre conseil de pro :

ne laissez pas votre amour des autres et votre envie de croire au monde des bisounours s’évaporer à cause de mauvaises expériences, si douloureuses soient-elles. Le monde est rempli de personnes merveilleuses, et nous sommes tous connectés les uns aux autres. Ne perdez pas foi en l’humanité, notre époque en a besoin.

  • Réhabiliter ses relations saines et sereines

On ne peut avoir de relations harmonieuses avec les autres sans commencer par en avoir avec soi. Une relation saine repose entre autres sur le respect, l’affection, la confiance, l’autorisation d’être soi et d’oser dire non.

  • Retrouver l’amour

Il n’existe pas de relation amoureuse avec un manipulateur. Il est incapable d’aimer. On ne va donc pas retrouver l’amour, mais tout simplement le trouver. Au début, il est naturellement difficile de refaire confiance. Néanmoins, il faut être conscient que les manipulateurs ne sont pas légions. Ils représentent 2 à 4 % de la population totale.

Avant de donner sa confiance, il y a une période de temps à respecter pour voir si factuellement l’autre en est digne ou non. Enfin, il y a très peu de chance de ne pas tomber sur une relation saine si on est clair avec ce que l’on souhaite, ou non et si on a suffisamment de confiance et d’estime de soi.

  • Réapprivoiser sa sexualité

Il y a un vrai sujet d’étude à mener sur la sexualité des manipulateurs. Résumons-les en deux grandes catégories : les mous et les tordus. Les mous, vous l’aurez compris, ne sont pas attirés par le sexe et s’abonnent à vie au missionnaire. Les tordus sont une autre histoire.

Entre les désirs borderlines imposés aux conjoints soumis, et les viols fréquents par contrainte ou surprise, les victimes qui sortent de cet enfer doivent retrouver leur désir propre. Avec l’aide du temps, un nouveau partenaire, ou l’aide d’un professionnel, tout arrive.

Une fois sortie et libérée, pour être sûre de ne plus tomber entre les griffes d’un vampire, il y a 3 principaux éléments à retenir et à appliquer.

3 choses à retenir pour ne pas tomber sous emprise

Voici les 3 choses à savoir :

Car le secret pour débarrasser le monde des manipulateurs est là :

plus chacun s’aimera et se respectera, moins les manipulateurs auront de pouvoir .

Source : Julie Arcoulin, « Sortir de l’emprise et se reconstruire. Manuel pratique pour se libérer de la manipulation », éditions Le Courrier du Livre, 2019
écrit par

Amal

Relations interpersonnelles

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