Publié le 23/09/2018, mis à jour le 19/09/2026
Psychologie & Émotions
Ne pas savoir dire non : comprendre l’immunodépression psychique, et en sortir
Réponse express : C’est le trouble le plus fréquent de la capacité à se défendre, selon le psychiatre Christophe Massin, et il se reconnaît à trois signes qui s’enchaînent. Une cécité à l’agression, on ne voit pas qu’on est attaqué. Une anesthésie, on ne ressent presque rien. Et une absence de réponse, qui autorise la répétition. Derrière, une émotion domine, la peur, et une autre manque, la colère. La sortie décrite dans le livre ne commence ni par une réplique cinglante ni par une technique, mais par un travail de reconnaissance, puis par l’apprentissage du « non ».
Définition : l’immunodépression psychique
L’immunodépression psychique désigne l’absence de réaction défensive face à une agression, par analogie avec l’affaiblissement des défenses de l’organisme. Massin nomme Agnel, ou Agnelle, le personnage qui l’incarne dans son livre, en référence à la fable de La Fontaine qu’il place en exergue du chapitre.
Parce que, dans ce modèle, la perception de l'agression est elle-même retardée. L'anesthésie empêche de ressentir le coup au moment où il est porté, et la réponse ne peut pas précéder la perception.
Massin ne tranche pas par une définition mais par deux questions qu'il pose au lecteur : constate-t-il un dysfonctionnement de ses défenses, et celui-ci est-il invalidant, cause de souffrance ? Le reproche que l'on s'adresse ensuite est, dans son tableau, l'un des signes les plus parlants.
Par trois questions, avant de répondre : est-ce de mon ressort, en ai-je les moyens en temps et en énergie, est-ce le bon moment. Puis en consultant les signaux du corps.
Le moins possible. « Non est une phrase complète. » Les justifications montrent la faille et invitent l'autre à insister.
Souvent parce qu'un enjeu affectif domine, une quête d'approbation ou une peur d'abandon. Tant que cet enjeu prime, les défenses saines peinent à s'établir.
L'auteur le déconseille formellement. Les tentatives avortées font partie du chemin, et la progression n'est pas linéaire.
Non. L'auteur exclut explicitement de son propos les situations relevant du cadre pénal. Elles nécessitent un accompagnement spécialisé.
Ce que contient la suite
La suite développe :
- Pourquoi c'est important
- Les trois signes, dans l'ordre
- Deux visages, dans le couple et dans la famille
- Le chemin de sortie
- Applications pratiques
Environ 13 minutes de lecture, 2 798 mots.
Pourquoi c'est important
Parce que le silence est lu comme une autorisation. Massin le formule sans détour : « L'impunité équivaut à de la permissivité. Loup est autorisé voire encouragé à poursuivre. » Ne pas répondre n'est pas neutre, c'est un message envoyé à l'environnement. Parce que le coût est double. Il y a le dommage de l'agression, et il y a le reproche que la personne s'adresse ensuite. Massin note que ces personnes s'en veulent de leur manque de réactivité, et que « n'avoir pas su dire non ni se protéger sont les choses qu'on se pardonne le moins » (chapitre 10). Parce que le monde du travail y expose particulièrement. Il décrit un environnement où l'on est traité comme un pion interchangeable, soumis à des procédures déshumanisantes, à un management du « toujours plus et plus vite », à des communications numériques impératives et sans nuance. Dans ce contexte, écrit-il, « on trouvera en lui le collaborateur idéal dont on abuse avant de l'envoyer au rebut ». Il supplée les carences d'effectifs, se laisse surcharger, supporte les injonctions contradictoires, et se montre prêt à faire encore mieux si on lui manifeste de l'insatisfaction (chapitre 3).
Les trois signes, dans l'ordre
1. La cécité à l'agression
Premier signe : Agnel ne semble pas remarquer qu'on lui parle mal. « C'est l'entourage qui est choqué, bien plus que l'intéressé. » Si on le lui fait remarquer, il banalise, dit que ce n'est pas grave, ou qu'il a l'habitude. Certains vont jusqu'au déni et justifient l'agresseur : ils l'ont provoqué, ils n'ont reçu que ce qu'ils méritaient. Massin décrit ici une dichotomie très nette. Quand il demande à Agnel s'il s'adresserait lui-même à quelqu'un comme Loup l'a fait, la réponse tombe sans hésitation : « Ah non, jamais ! » Il vit donc un écart complet entre le comportement qu'il tolère pour lui et celui qu'il réserve aux autres. « L'amour c'est pour les autres, pas pour lui. »
2. L'anesthésie
Deuxième signe, étroitement lié au premier. Interrogé sur ce qu'il ressent, Agnel reste confus. « L'offense, l'injustice, la mauvaise foi grossière, il ne les perçoit pas clairement, la colère n'appartient pas à son univers… Comme s'il lui manquait un bras. » L'émotion qui anesthésie, écrit Massin, c'est la peur. Peur de mal faire, d'être fautif, d'être pointé du doigt. Ressentir de la colère relèverait pour lui de la transgression, avec un risque de représailles terribles. « Elle est annihilée dans l'œuf, avant même qu'il puisse la ressentir. » Détail révélateur : l'anesthésie fonctionne aussi dans l'autre sens. Complimenté ou traité avec égards, Agnel est envahi par la gêne, se défend, trouve que c'est excessif. Il ne s'autorise pas le plaisir d'être reconnu. « Il a appris tellement à vivre sans cela depuis toujours, qu'il a l'impression de ne pas en avoir besoin. »
3. L'absence de réponse
Troisième signe, conséquence directe. Agnel ne sait ni défendre son travail, ni remettre à sa place celui qui lui manque de respect. Et Massin prévient : si on lui suggérait à ce stade des ripostes à placer pendant la réunion, il se sentirait totalement impuissant à les appliquer. « Cela ne lui est pas accessible d'emblée, il lui faudra parcourir un chemin. » C'est un point important pour le lecteur pressé : dans ce livre, la réplique parfaite n'est pas le point de départ, c'est le point d'arrivée.
Deux visages, dans le couple et dans la famille
Massin consacre un chapitre entier aux situations relationnelles adultes, en précisant qu'il y traite les violences essentiellement psychologiques et non les faits relevant du cadre pénal (chapitre 5).
Agnelle, la femme « trop sympa »
Au début, Agnelle est conquise par la séduction de Renard : à l'écoute, ouvert, libre. Il entretient un flou sur sa situation de couple. Agnelle veut tellement que cela marche qu'elle ne s'autorise pas à creuser. Une fois attachée, elle le trouve moins présent. Quand elle exprime sa souffrance, il lui renvoie des piques : elle imagine des choses, elle est trop impatiente, trop prisonnière d'un idéal petit-bourgeois du couple. Le mécanisme est nommé : « c'est elle qui a un problème, voilà le clou qu'il va enfoncer avec constance et une certitude sans faille ». Quand ses amis pressentent qu'elle s'illusionne, elle le défend. Ils ne le connaissent pas comme elle, il est spécial. Massin identifie le verrou : « c'est donc sa dépendance affective qui inhibe la possibilité de voir clairement les dessous du scénario ». La peur d'être quittée, la solitude, le spectre de l'abandon.
Agnel, le « gentil garçon »
Second cas, familial. Face à Lou, sa sœur aînée à la forte personnalité, le ton catégorique et les jugements définitifs lui clouent le bec, y compris devant des tiers. S'il tente de se justifier, elle manie l'ironie et l'achève. Il en ressort humilié. Le piège est celui des injonctions contradictoires : elle lui donne des ordres, repasse derrière lui, s'attribue le mérite, puis lui reproche à la fois son initiative et son inaction. « Agnel, piégé par ces injonctions contradictoires, se retrouve en tort quoi qu'il fasse. » Le verrou, ici, est la quête d'approbation. « Tant qu'il recherchera l'approbation de Lou, il ne pourra s'en dépêtrer – c'est là son talon d'Achille. » Il mobilise une énergie considérable pour une cause désespérée.
Le chemin de sortie
Massin le découpe en étapes qui se succèdent, et il insiste sur l'ordre.
Étape 1 : reconnaître l'agression
Reconnaître, avant même de réagir. L'outil est une question de comparaison, à poser situation par situation : « Est-ce que moi, je mettrais un autre dans cette situation, je lui parlerais ou j'agirais ainsi à son égard ? » Cette gymnastique fait apparaître progressivement des procédés que la personne s'interdit d'infliger à autrui. « Il s'entraîne à devenir vigilant comme une sentinelle. » Le piège à connaître : glisser trop vite. Puisqu'il peut supporter, c'est que ça va. Or, écrit Massin, « prendre sur lui et rebondir comme si de rien n'était lui coûte à chaque fois ».
Étape 2 : réveiller la sensibilité
Face au mécanisme de minimisation, une insistance bienveillante est nécessaire : « Es-tu vraiment sûr que cela ne te fait rien ou si peu ? » Massin décrit ici une réalité que beaucoup reconnaîtront. La perception du coup arrive souvent à retardement, par un malaise vague qui remonte dans les heures ou les jours qui suivent. Il faut alors revisiter le passé récent pour identifier la scène qui, quand on l'évoque, amplifie le malaise. « La sentinelle s'aperçoit à retardement qu'un ennemi a réussi à pénétrer les défenses. » Et il autorise explicitement les étapes intermédiaires : reconnaître l'abus après coup, sentir le préjudice, pouvoir énoncer les faits et leur impact sans minimiser. C'est déjà un acquis.
Étape 3 : connaître ses limites
Massin place cette question au centre, et il commence par une observation : « Apprendre à reconnaître ses propres limites figure rarement dans les programmes éducatifs ! » (chapitre 4). Il décrit une triple symptomatologie qui trahit les enjeux émotionnels de fond : un état de doute anxieux, de l'inhibition et, ou, une impulsivité. Le salarié surchargé les cumule : la tension permanente de devoir y arriver, l'incapacité à dire stop, et la suractivité sans frein. Le discernement commence par trois questions basiques, à poser avant toute réponse :
- est-ce de mon ressort, en termes de responsabilité comme d'aptitudes ?
- si oui, en s'ajoutant au reste, ai-je encore les moyens en temps et en énergie ?
- est-ce le moment opportun au regard de mes autres engagements, et suis-je convaincu de l'urgence affirmée par l'autre ?
Viennent ensuite les cas plus délicats : une mission qui heurte ses convictions ou ses valeurs, une pratique managériale qui choque, une décision jugée absurde ou incohérente. Se sent-il légitime pour diverger ?
Étape 4 : écouter le corps, pas la tête
C'est le conseil le plus contre-intuitif du livre, et Massin l'assume. « Non seulement sa pensée ne lui apporte aucun secours, mais il doit s'en méfier, car elle va l'entraîner dans son travers familier. » L'exemple qu'il donne : au moment de partir, le chef réclame un chiffre qui demande une heure de travail. La tête répond « oui, c'est dans mes attributions et je sais faire ». Le corps, lui, se crispe, accuse la fatigue de la journée, se raidit à la perspective d'un effort supplémentaire. « Le corps donne la perception de la limite, c'est en lui qu'elle se trouve. » Il ajoute une observation professionnelle : le maraîcher qui bine sait par son dos qu'il a son compte, mais le col blanc dont le cerveau accapare l'attention est privé de ce garde-fou. Deux techniques concrètes en découlent. Différer la réponse, ne serait-ce que de quelques instants, ce qui désamorce l'automatisme et installe l'idée intérieure : « rien ne se décidera sans que je me sois consulté ». Et, face à un interlocuteur insistant qui se rapproche ou monte le ton, la retraite stratégique : s'isoler quelques minutes sous n'importe quel prétexte, y compris les toilettes, pour retrouver son ressenti hors de l'interférence.
Étape 5 : l'entraînement au « non »
Massin appelle cette étape « l'épreuve du feu ». Il écarte d'abord une fausse piste. Les aspects techniques du comment dire non ont leur utilité, mais ce qui exerce l'influence la plus déterminante est l'unification intérieure. Concrètement : prendre conscience des différentes voix qui parlent en soi et se contredisent. Dans l'exemple du chiffre à produire : les arguments pour rester, la crainte de mécontenter, l'impression que l'urgence n'est pas si réelle, le corps qui rechigne. Le premier piège est de vouloir en supprimer une. « L'unification ne se réalisera pas en réprimant ce qui dérange. Chaque partie a sa raison d'être. » Il s'agit d'obtenir un panorama qui les inclut toutes, d'où émerge un sentiment global plus juste. Massin décrit le résultat : « il ne rejette rien », donc « il se retrouve plus solide sur ses jambes pour soutenir sa position ». Puis il décrit la dimension énergétique du non, à partir des sessions de thérapie de groupe qu'il animait. Il proposait aux participants de dire « non » à voix haute, sur le ton qui leur venait. Il observait une progression : d'abord sans conviction, puis des « non » plus vivants, désespérés, terrifiés, rageurs. Mais leur intensité allait de pair avec de l'impuissance, « il criait sa souffrance et quand on souffre on est dans la position de subir ». En poussant plus loin arrivait un point de bascule où le non changeait de tonalité : « il devenait éclatant d'énergie, une affirmation de soi pleine et entière ». Massin note que chaque « non » procurait alors « une véritable volupté » et un sentiment inédit de liberté. De là découle sa règle pratique la plus opérationnelle : « non est une phrase complète ». Tant que se manifeste le besoin de se justifier, l'unification n'est pas totale, et « chaque justification affaiblit davantage ». Il suffira que l'autre insiste ou culpabilise pour anéantir la tentative. Il recommande donc de retenir l'argumentation, de ne fournir des explications que si on les demande, et au compte-gouttes, en rappelant que justifier revient à montrer sa faille et à fournir à l'autre les leviers pour insister.
Applications pratiques
Datez le malaise, ne cherchez pas la répartie. Quand un malaise diffus remonte, remontez le fil des heures précédentes jusqu'à la scène qui l'amplifie quand vous y repensez. C'est la méthode que Massin décrit pour percer l'anesthésie. Utilisez la question du deux poids deux mesures. « Est-ce que moi, je mettrais un autre dans cette situation, je lui parlerais ou j'agirais ainsi à son égard ? » Elle contourne la culpabilité, puisqu'elle ne demande pas si vous avez le droit de vous plaindre, mais ce que vous jugeriez acceptable pour quelqu'un d'autre. Passez les trois filtres avant d'accepter une demande. Est-ce de mon ressort, en ai-je les moyens maintenant, est-ce le bon moment. Différez systématiquement. Quelques instants suffisent à casser l'automatisme du oui. Consultez votre corps, pas votre raisonnement. La crispation, le raidissement, la fatigue sont plus fiables que l'argument que se donne la tête, « oui, c'est dans mes attributions et je sais faire ». Ne vous justifiez pas. Le non se suffit. Les explications se donnent sur demande, au compte-gouttes. Choisissez une action à votre mesure, pas idéale. Massin insiste : si Agnel se demande trop, il risque d'échouer et de renforcer son sentiment d'impuissance. Un écrit qui clarifie la situation, un rendez-vous avec le manager, un entretien à trois, un tête-à-tête : ce qui compte est de sortir de la position passive, quel que soit l'acte posé. Félicitez-vous des tentatives, y compris ratées. « Surtout qu'il ne s'en veuille pas de tentatives avortées, qu'il ne se décourage pas. La progression linéaire, dans ce domaine, n'est pas la règle. »
Ce que dit la recherche, et ce que ce texte ne tranche pas
La nature de la source. Essai clinique de vulgarisation fondé sur la pratique de l'auteur, sans données chiffrées ni protocole. Agnel, Agnelle, Loup, Renard et Lou sont des personnages composites construits pour l'exposé, non des cas rapportés individuellement. Ce qui relève du consensus et ce qui relève de l'auteur. Le lien entre insécurité affective précoce et difficulté à s'affirmer, ou le rôle de la peur dans l'inhibition, sont des idées largement partagées en psychologie clinique. La construction d'ensemble en trois troubles immunitaires, en revanche, est propre à Massin et ne correspond à aucune catégorie diagnostique reconnue. Une limite que l'auteur pose lui-même. Il précise ne pas traiter les situations relevant du cadre pénal, qui protège les victimes d'un rapport de force inégal. Une situation de violence conjugale, de harcèlement caractérisé ou d'emprise ne se règle pas par un travail sur les limites : elle relève d'un accompagnement spécialisé et, selon les cas, du droit. Une nuance sur la charge. Ce livre travaille sur la personne qui subit, ce qui est son objet. Il ne faut pas en déduire que la responsabilité d'une relation maltraitante lui incombe. Massin est explicite sur ce point ailleurs dans l'ouvrage : la personne « a grand besoin d'être convaincue qu'aucune violence n'est jamais justifiée ». Ce que cet article ne fait pas. Il ne compare pas cette approche aux méthodes validées d'affirmation de soi, ni aux thérapies cognitivo-comportementales qui traitent le même symptôme. C'est un choix éditorial assumé pour cette pièce.
À retenir
- Trois signes s'enchaînent : cécité à l'agression, anesthésie, absence de réponse.
- L'émotion qui bloque est la peur. Celle qui manque est la colère.
- Ne pas répondre envoie un message de permissivité, ce qui appelle la répétition.
- La perception de l'agression arrive souvent à retardement. C'est normal, et c'est déjà exploitable.
- Le meilleur révélateur est le deux poids deux mesures : ce qu'on tolère pour soi et ce qu'on refuserait pour un autre.
- Le corps sait la limite avant la tête, et la tête est ici un mauvais conseiller.
- « Non est une phrase complète. » Chaque justification affaiblit la position.
- Une action imparfaite mais à sa mesure vaut mieux qu'une riposte idéale hors de portée.
Sources
- Dr Christophe Massin, Savoir se défendre. L'immunité psychique, Odile Jacob, 2024, 201 pages. Sections mobilisées : chapitre 3, « L'immunité défaillante » (cécité, anesthésie, absence de réponse, reconnaître l'agression, acquérir des repères, réveiller la sensibilité, répondre enfin) ; chapitre 4, « Le besoin de limites dans l'immunodépression » (dangers du sans limites, discernement et connaissance de soi, déjouer les mécanismes habituels, le corps donne la limite, l'entraînement au non) ; chapitre 5, « Vicissitudes relationnelles de l'immunodéprimé » (Agnelle, Renard, Agnel, Lou, lâcher la quête d'approbation) ; chapitre 10 pour le reproche adressé à soi. Note de citation : rédigé à partir de la version numérique de l'ouvrage, sans pagination fixe. Les renvois se font par chapitre et par section.
Cet article est un contenu d'information. Il ne remplace pas une consultation auprès d'un professionnel de santé et ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription.
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Publié le 31/03/2020, mis à jour le 30/09/2026