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Publié le 10/02/2026, mis à jour le 02/05/2026
Santé physique
Psycho-énergétique : Michel Odoul, du corps à l’âme
Pourquoi cette maladie ? Pourquoi maintenant ? Malgré tous les traitements, certains symptômes persistent tandis que d’autres personnes guérissent de façon inexpliquée. Michel Odoul, praticien en psycho-énergétique depuis plus de 30 ans, explore ces questions dans « Un corps pour me soigner, une âme pour me guérir » (Albin Michel, 2025). Dans cet entretien accordé à BloomingYou, il détaille sa vision du lien corps-esprit. Il évoque également les recherches sur les expériences de mort imminente (EMI) et les guérisons spontanées. Enfin, il explique comment articuler médecine traditionnelle chinoise et psychologie occidentale. Un échange exigeant, sans simplification, sur les limites et possibilités de cette approche pratiquée en France.
Nota bene : Les propos rapportés ici représentent le point de vue d’un praticien en psycho-énergétique. Ils ne constituent pas un avis médical. En cas de maladie, consultez toujours un professionnel de santé reconnu.
Les idées forces de l’épisode
Réédition apaisée : Michel Odoul a réécrit intégralement son livre de 2006. Il est passé d’un ton « accusateur » à une approche centrée sur la « fragilité » plutôt que la faiblesse individuelle.
Conscience cellulaire : Selon Odoul, les recherches sur les EMI suggèrent que la conscience ne serait pas uniquement cérébrale. Elle serait « intégralement cellulaire », présente dans tout le corps.
Guérisons spontanées : L’ouvrage documente des cas de rémissions inexpliquées. La science les qualifie « d’anomalies ». Elles surviennent après des EMI ou des changements de vie majeurs.
Non-culpabilisation : La maladie ne doit jamais être présentée comme une « faute ». Au contraire, elle constitue un signal invitant à explorer le sens de ce qui se passe.
Approche intégrative : La psycho-énergétique articule médecine traditionnelle chinoise (vision énergétique du corps) et psychologie occidentale (dimension émotionnelle et inconsciente).
Posture du praticien : Le rôle n’est pas de « donner le sens » de la maladie au patient. L’objectif est plutôt de l’accompagner pour qu’il le trouve lui-même.
Maladie = énergie : Odoul considère que créer une maladie nécessite une « puissance d’énergie inimaginable ». Par conséquent, cette énergie peut être redirigée vers la guérison.
Prix du changement : Guérir implique souvent d’accepter de modifier des comportements, des relations ou des situations de vie. Ces transformations ont un « prix » psychologique et pratique.
Psycho-énergétique : pourquoi réécrire ce livre fondateur ?
D’une approche accusatrice à une vision apaisée
En 2006, Michel Odoul publie pour la première fois cet ouvrage. Vingt ans plus tard, il le réécrit entièrement. Pourquoi ce changement ? Selon lui, la première version portait encore trop de colère et d’accusations envers les personnes malades. Comme si elles étaient responsables de leur état.
Avec le recul et l’expérience, il a souhaité adopter un ton plus « pacifié ». Il reconnaît désormais que derrière le fait de « ne pas savoir » ou « ne pas faire » ce qui maintient la santé, il y a souvent de la fragilité. Pas de la faiblesse morale.
Cette réédition intègre également deux dimensions absentes en 2006. D’abord, la notion de conscience (qu’est-ce que c’est ? où se situe-t-elle ?). Ensuite, deux phénomènes troublants que la science peine à expliquer : les expériences de mort imminente (EMI) et les guérisons spontanées.
Les enjeux épistémologiques de cette évolution en psycho-énergétique
L’évolution du propos de Michel Odoul sur 20 ans témoigne d’un passage significatif. Il est passé d’une posture accusatrice (qui pouvait renforcer la culpabilité des patients) à une approche plus phénoménologique et moins moralisatrice. Cette nuance est fondamentale en psychosomatique. En effet, la frontière est mince entre « comprendre le sens d’un symptôme » et « accuser la personne d’avoir créé sa maladie ».
L’ajout de la notion de conscience s’inscrit dans un contexte scientifique contemporain. Depuis les années 2000, les neurosciences (notamment via Jon Kabat-Zinn et la méditation, le sport du cerveau) ont commencé à étudier les corrélations entre états mentaux et modifications physiologiques. Cependant, passer de corrélations à causalités reste un saut épistémologique majeur. La science n’a pas encore validé cela de façon consensuelle.
« Entre temps, il s’est passé 20 années qui, avec les heures de vol que ça amène, a pacifié un certain nombre de choses. J’avais ressenti le besoin vraiment d’arrondir le propos. Pas de l’édulcorer. Mais en revanche, de comprendre que derrière le fait que nous ne savons pas ce qui convient pour maintenir l’état de santé en nous, il n’y avait peut-être pas simplement une faiblesse de la part de l’individu, mais peut-être une fragilité. »
— Michel Odoul
La conscience est-elle uniquement cérébrale en psycho-énergétique ?
La question troublante des expériences de mort imminente
L’une des questions centrales soulevées par Michel Odoul : notre conscience est-elle localisée uniquement dans notre cerveau ? Ou pourrait-elle exister ailleurs, de façon plus diffuse dans tout le corps ?
Cette question a émergé notamment à travers les recherches sur les expériences de mort imminente (EMI). Des personnes en arrêt cardiaque, déclarées cliniquement mortes, ont rapporté des perceptions, des sensations, voire des « visions ». Cela alors que leur cerveau ne montrait plus d’activité électrique mesurable. Comment est-ce possible si la conscience est exclusivement cérébrale ?
Michel Odoul cite les travaux du professeur Pim van Lommel (cardiologue néerlandais). Dans les années 2000, ce chercheur a étudié ces phénomènes de façon rigoureuse. Les recherches du professeur Pim van Lommel sur les EMI ont eu un écho important en Europe. Selon Odoul, ces recherches suggèrent que la conscience serait « intégralement cellulaire ». Elle serait présente dans chaque cellule du corps, et pas seulement dans les neurones.
Ce que dit la science sur la localisation de la conscience
La question de la localisation de la conscience est l’un des débats les plus anciens en philosophie de l’esprit et en neurosciences. Trois positions principales coexistent.
Matérialisme réductionniste : La conscience émerge exclusivement de l’activité neuronale. C’est la position majoritaire en neurosciences contemporaines.
Dualisme : La conscience existe indépendamment du cerveau. Cette position est défendue notamment par certains chercheurs travaillant sur les EMI.
Approches émergentes : La conscience pourrait être un phénomène émergent complexe. Elle impliquerait le cerveau mais aussi d’autres systèmes (nerveux entérique, cœur, etc.).
Ce que dit la science :
Les travaux de Pim van Lommel (publiés dans The Lancet en 2001) ont documenté 344 cas d’arrêts cardiaques. Parmi eux, 18% ont rapporté une EMI. Ces résultats sont réels et documentés.
Cependant, l’interprétation reste controversée. La communauté scientifique majoritaire considère que ces perceptions peuvent survenir avant ou après la période d’activité cérébrale plate. Elles pourraient également être dues à des activités résiduelles non détectées par les EEG standards.
La notion de « conscience cellulaire » au sens où chaque cellule porterait une conscience individuelle n’a pas de consensus scientifique à ce jour.
Sources :
- Van Lommel, P., et al. (2001). “Near-death experience in survivors of cardiac arrest.” The Lancet, 358(9298), 2039-2045.
- Parnia, S., et al. (2014). “AWARE study.” Resuscitation, 85(12), 1799-1805.
« Où est la conscience ? Celle-ci est-elle uniquement cérébrale, comme la mémoire ? Ou bien est-elle totalement ailleurs ? J’évoque dans mon livre comment ces travaux ont démontré qu’en fait, la conscience était intégralement cellulaire et habitait toutes les parties les plus infimes de notre réalité. »
— Michel Odoul
EMI et guérisons spontanées en psycho-énergétique
Le phénomène troublant des rémissions post-EMI
Michel Odoul rapporte un phénomène troublant documenté par plusieurs chercheurs. Un nombre important de personnes ayant vécu une EMI (expérience de mort imminente) et qui étaient gravement malades avant l’événement reviennent avec un corps « redevenu entièrement sain ».
Autrement dit : la personne est en phase terminale d’un cancer. Elle fait un arrêt cardiaque, vit une EMI. Quand elle revient, la maladie a disparu ou est en rémission. La science qualifie ces cas de « rémissions spontanées » ou « d’anomalies ». Aucun mécanisme biologique connu ne permet de l’expliquer.
Au-delà des EMI, Odoul évoque aussi des guérisons spontanées sans EMI. Des personnes qui, après une rencontre, un déclic, un changement de vie profond, guérissent de maladies considérées incurables.
Il termine son livre en racontant l’histoire de son propre père. Celui-ci aurait vécu une telle expérience. Selon Odoul, ce vécu personnel a profondément marqué sa pratique et sa compréhension du lien corps-esprit.
Ce que la science dit des guérisons spontanées
Les rémissions spontanées sont documentées dans la littérature médicale depuis des décennies. Le terme « spontané » est trompeur. Il signifie « sans cause médicale identifiable », pas « sans cause du tout ».
Ce que dit la science :
Des cas de rémissions spontanées de cancers existent. Ils sont publiés, notamment par l’Institute of Noetic Sciences dans sa base de données « Spontaneous Remission Bibliography ».
Cependant, ces cas restent extrêmement rares. On les estime à moins de 1/100 000 cas de cancers. De plus, ils sont multifactoriels.
Plusieurs hypothèses sont étudiées : réactivation immunitaire tardive, erreur de diagnostic initial, effet placebo complexe, modifications épigénétiques liées au stress ou à des changements comportementaux.
L’association EMI → guérison spontanée n’est pas établie scientifiquement. Les témoignages existent, certes. Mais aucune étude randomisée contrôlée n’a pu démontrer une causalité directe.
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Sources : O’Regan, B., & Hirshberg, C. (1993). Spontaneous Remission: An Annotated Bibliography. Institute of Noetic Sciences.
« Un nombre impressionnant, pour ne pas dire une quasi-totalité des individus qui ont vécu un EMI et qui, à ce moment-là, étaient gravement malades, quand ils reviennent de ce voyage en un corps qui est redevenu entièrement sain. »
— Michel Odoul
L’histoire du père de Michel Odoul
Un témoignage personnel au cœur de la démarche
Michel Odoul termine son livre en racontant l’expérience vécue par son père. Il la qualifie de « représentative » des guérisons spontanées. Bien que les détails ne soient pas développés dans cet entretien radio, il indique que cette histoire personnelle a été « absolument troublante » pour lui. Elle a nourri son travail de praticien.
Limites de l’anecdote personnelle en science
Les récits personnels de guérison font partie intégrante de la démarche de Michel Odoul. Comme dans de nombreuses approches complémentaires, le témoignage personnel du praticien sert de légitimation expérientielle. Il complète (ou parfois remplace) la validation scientifique.
Prudence éditoriale :
Ce récit n’est pas détaillé dans le podcast. Je ne sais pas : quelle était la maladie du père, quel était le contexte médical, quel diagnostic précis avait été posé. Ni quelle rémission a été constatée. Sans ces informations, il est impossible d’évaluer la pertinence scientifique du cas.
« Je termine mon livre en citant l’histoire de mon père, qui est absolument représentative et qui a été pour moi une expérience absolument troublante. »
— Michel Odoul
Psycho-énergétique : médecine chinoise et psychologie occidentale
Qu’est-ce que la psycho-énergétique ?
La psycho-énergétique, telle que pratiquée par Michel Odoul en France depuis plus de 30 ans, est une approche qui fait le pont entre deux systèmes de pensée.
La médecine traditionnelle chinoise (MTC) : Elle repose sur une vision énergétique du corps. Le Qi, les méridiens, les organes comme systèmes fonctionnels et non uniquement anatomiques.
La psychologie occidentale : Elle explore l’inconscient, les émotions refoulées, les traumatismes, les schémas répétitifs.
L’idée centrale : les déséquilibres énergétiques (selon la MTC) peuvent être liés à des conflits psycho-émotionnels non résolus (selon la psychologie). En travaillant sur ces deux plans simultanément, comme le permet notamment le fascia, clé du lien entre corps et émotions, le praticien chercherait à rétablir un équilibre global.
Cette approche s’inscrit dans un courant plus large de pratiques « intégratives » ou « complémentaires » en France. Elles ne cherchent pas à remplacer la médecine conventionnelle, mais à l’accompagner.
Statut et reconnaissance de la psycho-énergétique en France
La psycho-énergétique n’est pas une discipline reconnue par l’Ordre des médecins en France ni par les autorités de santé (HAS, Inserm). Elle relève des pratiques non conventionnelles à visée thérapeutique (PNCAVT).
Statut en France :
Le titre de « psycho-énergéticien » n’est pas protégé. La pratique n’est pas interdite, mais elle ne peut prétendre diagnostiquer ou traiter des maladies au sens médical.
Selon le rapport MIVILUDES (Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires), certaines pratiques peuvent présenter des risques. Notamment si elles détournent les personnes de soins médicaux validés.
Ce qui est établi scientifiquement :
L’influence du psychisme sur le corps (psychosomatique) est reconnue. Le stress chronique, la dépression, l’anxiété peuvent aggraver ou favoriser certaines pathologies (ulcères, maladies cardiovasculaires, troubles immunitaires).
Cependant, cela ne signifie pas que toute maladie physique a une origine psycho-émotionnelle. Ni qu’on peut guérir en travaillant uniquement sur le psychisme.
Ce qui n’est pas établi :
L’existence du Qi (énergie vitale) au sens de la MTC n’a jamais été démontrée par des méthodes scientifiques. Les méridiens décrits en acupuncture ne correspondent pas à des structures anatomiques identifiables (nerfs, vaisseaux).
Cela ne signifie pas que les techniques (shiatsu, acupuncture) sont inefficaces. Mais que leur mécanisme d’action reste débattu. Effet placebo complexe ? Stimulation de récepteurs sensoriels ? Autre ?
Sources :
- HAS (Haute Autorité de Santé). Évaluation de l’efficacité de la pratique de l’acupuncture (2014).
- MIVILUDES. Rapport sur les dérives sectaires dans le domaine de la santé.
La question de la culpabilisation en psycho-énergétique
Éviter la violence du « c’est de votre faute »
L’un des risques majeurs des approches liant émotions et maladies, c’est la culpabilisation. Si on dit à une personne atteinte d’un cancer : « Votre maladie vient de vos émotions non résolues », elle peut se sentir responsable. Coupable, voire honteuse.
Michel Odoul insiste beaucoup sur ce point dans l’entretien. Selon lui, la maladie n’est jamais une « faute ». Elle est un signal. Le rôle du praticien n’est pas d’accuser. Au contraire, il doit accompagner la personne à comprendre ce qui se joue, sans jugement.
Il utilise l’image de « l’ego ». Si celui-ci est obligé de changer sans comprendre pourquoi, il va résister. Il se sentira jugé, et refusera. En revanche, si la personne comprend le sens de ce qui lui arrive, elle peut accepter le changement nécessaire.
Positions scientifiques sur le lien émotions-maladie
La question de la culpabilisation est centrale en psychosomatique et en psycho-oncologie. De nombreux travaux (notamment ceux de Susan Sontag dans La maladie comme métaphore, 1978) ont montré à quel point les discours attribuant la maladie à la psyché peuvent être violents pour les patients.
Positions scientifiques :
La psycho-oncologie reconnaît que le stress, l’anxiété, la dépression peuvent influencer l’évolution de certaines maladies. Via l’immunité, les comportements de santé, l’observance des traitements.
Cependant, il n’existe aucune preuve que des émotions refoulées ou des traumatismes causent directement des cancers ou des maladies auto-immunes.
Le risque : transformer une corrélation (stress → inflammation → possiblement facteur aggravant) en causalité simpliste (« vos émotions ont créé votre cancer »).
« Tant qu’elle n’a pas compris le pourquoi, elle ne comprend pas la raison de nos choix. Ça va rentrer en conflit avec l’ego qui va considérer que c’est parce que ce qu’il faisait avant n’est pas bien. C’est là que va émerger la culpabilité, le refus, etc. »
— Michel Odoul
La maladie comme énergie en psycho-énergétique
Une vision énergétique de la pathologie
Michel Odoul propose une vision particulière de la maladie. Selon lui, créer une maladie dans le corps nécessite une « puissance d’énergie inimaginable ». Il donne l’exemple d’un enfant qui, en pleine grippe, peut monter à 40°C de fièvre. Parce qu’il a « beaucoup de jus » (beaucoup d’énergie vitale).
À l’inverse, une personne âgée, ayant moins d’énergie, ne montera qu’à 38°C.
L’idée : la maladie n’est pas un « manque » d’énergie. C’est une énergie mal orientée, qui « ne trouve plus les bons chemins ». Si on arrive à comprendre pourquoi cette énergie s’est « perdue », on peut la remettre « à notre service ». Et ainsi guérir.
Prudence face à la métaphore énergétique
Cette vision s’inscrit dans la logique de la médecine traditionnelle chinoise. La maladie résulte d’un déséquilibre énergétique (excès, stagnation, vide dans certains méridiens). L’objectif du praticien MTC est de rétablir la circulation harmonieuse du Qi. Notamment par des pratiques comme le Qi Gong pour canaliser les émotions.
« Si vous avez eu la force de créer la maladie en vous, parce que la maladie demande une puissance d’énergie inimaginable. Un petit enfant qui a la grippe, il monte en quelques heures à quarante degrés de fièvre parce qu’il y a beaucoup de jus chez lui. Un papy qui a dépassé les quatre-vingts ans et qui a la grippe, il monte à trente-huit degrés parce qu’il n’y a plus beaucoup d’énergie. »
— Michel Odoul
Le rôle du praticien en psycho-énergétique
Une posture maïeutique inspirée de Socrate
Michel Odoul insiste sur un point de méthode. Le praticien ne doit jamais dire au patient : « Votre maladie signifie ceci ». Ce serait une posture autoritaire, voire manipulatrice.
Le rôle du praticien est d’accompagner la personne pour qu’elle trouve elle-même le sens de ce qui lui arrive. Dans une démarche proche de l’hypnose médicale et des techniques d’activation de conscience. Cela passe par des questions, des hypothèses, des mises en lien entre la chronologie de la maladie et les événements de vie.
Selon Odoul, quand la personne comprend par elle-même ce qui la conduit à la maladie, elle devient capable d’accepter les changements nécessaires. Tant qu’elle ne comprend pas, tout changement imposé de l’extérieur sera vécu comme une agression par l’ego.
Limites et vigilance face au biais de confirmation
Cette posture rejoint des principes de psychothérapie humaniste (Carl Rogers, « approche centrée sur la personne ») et de maïeutique socratique. Le thérapeute ne détient pas la vérité. Il accompagne le patient à la découvrir.
Limites :
Le risque est que le patient « trouve » un sens qui lui est suggéré implicitement par le praticien. C’est ce qu’on appelle le biais de confirmation. La frontière entre « accompagner à trouver » et « orienter vers une interprétation » est mince. En psychanalyse, cette question est centrale : l’interprétation doit venir du patient, pas de l’analyste.
« Ce n’est pas au praticien de donner le sens, mais c’est celui d’être capable de conduire le patient à trouver ce sens. »
— Michel Odoul
Le prix du changement
Guérir implique des choix difficiles
Guérir, selon Michel Odoul, ne se résume pas à prendre un médicament ou à suivre un protocole. Cela implique souvent de faire des choix difficiles. Quitter un travail toxique, mettre fin à une relation nocive, accepter de ralentir, de dire non, de poser des limites.
Ces changements ont un « prix ». Psychologique (peur de l’inconnu, culpabilité), social (jugement de l’entourage), matériel (perte de revenus, rupture de confort).
Odoul termine l’entretien en rappelant que « nous pensons que nous avons droit à tout et ne rien avoir à payer ». Mais selon lui, le principe de vie, c’est faire des choix. Et accepter le prix que ces choix impliquent.
Les bénéfices secondaires de la maladie
Cette vision rejoint la notion de « bénéfices secondaires de la maladie » en psychanalyse. Parfois, la maladie apporte un soulagement inconscient. Arrêt d’une activité insupportable, attention de l’entourage, justification d’un retrait social. Guérir signifie renoncer à ces bénéfices. Ce qui peut être difficile.
« Comme tous les enfants gâtés, nous pensons que nous pouvons avoir droit à tout et ne rien avoir à payer. Sauf que le principe de vie, c’est faire des choix et accepter le prix que ces choix impliquent. »
— Michel Odoul
Concepts clés de la psycho-énergétique
Psycho-énergétique : Approche non conventionnelle articulant médecine traditionnelle chinoise (vision énergétique) et psychologie occidentale (dimension émotionnelle). Pratiquée notamment par Michel Odoul en France.
EMI (Expérience de Mort Imminente) : Phénomène rapporté par des personnes ayant vécu un arrêt cardiaque ou un coma profond. Elles décrivent des perceptions, sensations ou « visions » alors que l’activité cérébrale mesurable était absente ou minimale.
Conscience cellulaire : Hypothèse selon laquelle la conscience ne serait pas uniquement localisée dans le cerveau. Elle serait présente dans chaque cellule du corps. Non consensuelle en neurosciences.
Guérison spontanée (ou rémission spontanée) : Disparition d’une maladie grave (souvent cancer) sans cause médicale identifiable. Très rare, documentée mais non expliquée par la science.
Médecine traditionnelle chinoise (MTC) : Système médical millénaire basé sur la circulation du Qi (énergie vitale), les méridiens, l’équilibre Yin/Yang. Inclut acupuncture, pharmacopée, diététique, Qi Gong.
Shiatsu : Technique manuelle japonaise dérivée de la MTC. Elle utilise des pressions des doigts sur les méridiens pour rééquilibrer l’énergie. Reconnue comme « médecine non conventionnelle » par le Parlement européen (1997), mais non réglementée en France.
Homéostasie : Capacité de l’organisme à maintenir un équilibre interne stable malgré les variations externes. Par exemple : température, pH sanguin, glycémie, etc. Concept central en physiologie.
Mindfulness (Pleine Conscience) : Pratique méditative issue du bouddhisme, adaptée en Occident notamment par Jon Kabat-Zinn dans les années 1970. Validée scientifiquement pour réduction du stress, anxiété, douleurs chroniques.
Psychosomatique : Discipline étudiant les interactions entre psychisme et corps. Comment facteurs psychologiques (stress, émotions) peuvent influencer l’apparition ou l’évolution de maladies physiques.
Bénéfices secondaires de la maladie : En psychanalyse, avantages inconscients qu’une personne peut retirer de sa maladie. Attention, repos forcé, évitement de situations anxiogènes. Cela rend la guérison psychologiquement ambivalente.
Ego : Dans le vocabulaire de Michel Odoul (et en psychologie), instance psychique qui régule nos comportements sociaux, nos défenses, notre image de soi. Peut résister aux changements perçus comme menaces.
Pim van Lommel : Cardiologue néerlandais, auteur de Consciousness Beyond Life (2010). Il a publié dans The Lancet une étude sur les EMI chez 344 patients en arrêt cardiaque.
FAQ sur la psycho-énergétique
1. Qu’est-ce que la psycho-énergétique exactement ?
La psycho-énergétique est une approche thérapeutique non conventionnelle. Elle articule deux systèmes : la médecine traditionnelle chinoise (vision énergétique du corps via le Qi et les méridiens) et la psychologie occidentale (exploration des émotions, traumatismes, inconscient). Pratiquée notamment par Michel Odoul en France depuis plus de 30 ans, elle propose que les déséquilibres énergétiques puissent être liés à des conflits psycho-émotionnels. Cette discipline n’est pas reconnue par les autorités de santé françaises (HAS, Ordre des médecins). Elle relève des pratiques complémentaires.
2. Quelle est la différence entre psycho-énergétique et psychosomatique ?
La psychosomatique est une discipline scientifique reconnue. Elle étudie comment le psychisme (stress, émotions) influence le corps (ulcères, troubles cardiovasculaires, eczéma). Elle repose sur des mécanismes biologiques identifiés (cortisol, inflammation, immunité).
La psycho-énergétique va plus loin. Elle intègre la notion d’énergie vitale (Qi) issue de la médecine chinoise. Ce concept n’est pas validé scientifiquement. La psychosomatique est enseignée en facultés de médecine. La psycho-énergétique relève de formations privées non diplômantes.
3. La guérison spontanée existe-t-elle vraiment ?
Oui, les rémissions spontanées sont documentées dans la littérature médicale depuis des décennies. Elles désignent des cas où une maladie grave (souvent un cancer) disparaît sans cause médicale identifiable.
Ces cas sont extrêmement rares. On les estime à moins de 1 sur 100 000 cancers. Ils font l’objet de recherches (Institute of Noetic Sciences, base de données « Spontaneous Remission Bibliography »). Plusieurs hypothèses sont étudiées : réactivation immunitaire tardive, erreur de diagnostic initial, modifications épigénétiques. Aucune explication définitive n’existe à ce jour.
4. Qu’est-ce qu’une expérience de mort imminente (EMI) ?
Une EMI est un ensemble de perceptions, sensations ou « visions » rapportées par des personnes ayant vécu un arrêt cardiaque, un coma profond ou un traumatisme majeur. Les témoignages incluent souvent : sensation de sortie du corps, tunnel de lumière, revue de vie, rencontre avec des « entités ».
Entre 10 et 20% des survivants d’arrêt cardiaque rapportent une EMI (étude Van Lommel, The Lancet, 2001). L’interprétation reste débattue. Phénomène neurologique résiduel vs preuve d’une conscience indépendante du cerveau.
5. La conscience est-elle uniquement cérébrale ?
Selon la neuroscience contemporaine majoritaire, la conscience émerge de l’activité neuronale du cerveau. Cependant, certains chercheurs (dont Pim van Lommel) suggèrent, à partir des études sur les EMI, que la conscience pourrait exister indépendamment du cerveau.
Cette hypothèse reste controversée et non consensuelle. Michel Odoul, dans son livre, défend l’idée d’une « conscience cellulaire » présente dans tout le corps. Mais cette notion n’a pas de validation scientifique à ce jour.
6. Quel est le lien entre émotions et maladies physiques ?
La science reconnaît que les émotions et le stress chronique influencent le corps via des mécanismes biologiques (cortisol, inflammation, immunité). Par exemple, le stress peut aggraver l’hypertension, l’eczéma, les troubles digestifs.
Cependant, cela ne signifie pas que toute maladie a une origine émotionnelle. Ni qu’on peut guérir uniquement en travaillant sur les émotions. De nombreuses pathologies (génétiques, infectieuses, toxiques) n’ont aucun lien démontré avec le psychisme. La prudence est de mise pour éviter toute culpabilisation des patients.
7. Comment se former au shiatsu en France ?
Selon Michel Odoul (entretien du 9 février 2026), son institut (shiatsu-institut.fr) propose des formations ouvertes à tous. Sans prérequis pour les modules d’initiation. Son institut de formation au shiatsu accueille des praticiens de toute la francophonie.
Des formations professionnelles existent également pour les praticiens de santé. En France, le shiatsu n’est pas réglementé, contrairement à d’autres pays européens. Le titre de « praticien shiatsu » n’est pas protégé. Le Syndicat Professionnel de Shiatsu (SPS) recense les écoles et praticiens certifiés. Une formation complète dure généralement 3 à 4 ans (500 à 600 heures).
8. Michel Odoul est-il reconnu par la communauté médicale ?
Michel Odoul est un praticien en psycho-énergétique et formateur en shiatsu. Il n’est pas médecin. Sa pratique ne relève pas de la médecine conventionnelle reconnue par l’Ordre des médecins ou la HAS (Haute Autorité de Santé).
Ses ouvrages (dont « Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi », Albin Michel) connaissent un large succès public en francophonie. Notamment en France, Belgique et Suisse. Il est une figure connue des approches complémentaires corps-esprit. Mais ses théories ne font pas consensus dans la communauté scientifique médicale.
9. Peut-on vraiment guérir par la conscience ?
Selon Michel Odoul, la conscience joue un rôle central dans la guérison. Il cite des cas de rémissions spontanées après des EMI ou des changements de vie profonds.
Cependant, aucune étude scientifique randomisée contrôlée n’a démontré qu’on peut guérir une maladie grave (cancer, sclérose en plaques, etc.) uniquement par un travail sur la conscience. Ce qui est validé : le mindfulness, la méditation, la psychothérapie peuvent réduire stress, anxiété, douleur. Ils améliorent la qualité de vie. Mais ils ne remplacent jamais les traitements médicaux validés.
10. La médecine traditionnelle chinoise est-elle compatible avec la médecine occidentale ?
Oui, dans une approche intégrative promue par la médecine holistique. L’OMS reconnaît certaines pratiques MTC (acupuncture) comme complémentaires pour douleurs chroniques, nausées, anxiété.
En France, la HAS a évalué l’acupuncture positivement pour certaines indications. Cependant, la MTC ne doit jamais remplacer un diagnostic ou traitement médical conventionnel. Surtout pour maladies graves (cancers, infections, urgences). L’approche recommandée : utiliser la MTC en complément, après validation médicale. Et toujours informer son médecin traitant.
Conclusion
Michel Odoul nous invite, dans cet entretien, à considérer la maladie non comme un ennemi à combattre, mais comme un signal à écouter. Un signal qui, selon lui, peut révéler des déséquilibres énergétiques et psycho-émotionnels. Ces déséquilibres nécessiteraient un ajustement profond de notre rapport à nous-mêmes et à la vie.
Sa vision articule médecine traditionnelle chinoise, psychologie occidentale, et témoignages troublants sur les EMI et guérisons spontanées. Si ces phénomènes sont documentés, leur interprétation reste controversée et non consensuelle en science.
La prudence est donc de mise. Explorer le sens de la maladie peut être libérateur pour certains. À condition de ne jamais remplacer un accompagnement médical rigoureux. Et de ne jamais culpabiliser la personne malade.
Comme le rappelle la citation finale de Carl Gustav Jung, partagée par Michel Odoul : « Les symboles que l’on ne comprend pas deviennent des symptômes. »
Peut-être la guérison commence-t-elle par cette capacité à habiter son corps autrement. À circuler dans sa propre maison intérieure avec curiosité et bienveillance.
À lire : Michel Odoul « Un corps pour me soigner, une âme pour me guérir » (Albin Michel, 2025)
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Publié le 10/02/2026, mis à jour le 02/05/2026