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  5. Comment soigner la souffrance psychique des enfants ?

Comment soigner la souffrance psychique des enfants ?

  • mis à jour le mardi 10 mars 2020
  • 28 Min d'écoute

/ 5.

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Décryptage de la pédopsychiatrie avec Bruno Falissard

Présentation de Bruno Falissard

Si les enfants bénéficient aujourd’hui de tous les soins nécessaires pour leur santé physique, il n’en est pas vraiment de même pour leur santé mentale. Et pourtant, l’époque ne les épargne pas d’un point de vue psycho-social : internet, les écrans, le climat compétitif, les changements internationaux et climatiques. Et toujours, les éternels conflits familiaux ou animosités vécues à l’école.

Pour mieux comprendre les enjeux de la santé mentale des jeunes, nous sommes allés à la rencontre du Dr Bruno Falissard, l’auteur de « Soigner la souffrance psychique des enfants » paru ce mois-ci.

Pédopsychiatre de formation, Bruno Falissard est également directeur d’un centre de recherche Inserm en épidémiologie, membre de l’Académie Nationale de médecine, et ancien Président de l’Association Internationale de psychiatrie de l’enfant et de l’adolescent.

Le métier de pédopsychiatre

En quoi consiste le métier de pédopsychiatre ? Et quelle est la différence avec les métiers de psychothérapeute et psychoclinicien ?

Bruno Falissard : Un pédopsychiatre (comme le psychiatre) est un médecin, ce que n’est pas un psychologue. On suit une formation d’une dizaine d’années dans les hôpitaux, où l’on observe comment font nos aînés, comment parler aux patients, en plus de faire des gardes aux urgences. Il y a une expérience de terrain que les psychologues n’ont pas. Ils possèdent, par contre, une formation académique de psychologie beaucoup plus importante que les psychiatres.

Ce qui différencie les deux métiers est également la gravité des symptômes psychiques. Le psychiatre s’occupe de personnes ayant fait une tentative de suicide ou qui présentent des comportements mentaux antisociaux. Tandis que le psychologue s’occupe uniquement des problèmes de vie d’ordre général (vie de couple, vie familiale et réalisation de soi).

A quoi ressemble une psychothérapie en psychiatrie ?

Bruno Falissard : Comme les médecins, nous recevons le patient, mais au lieu de lui palper le foie, nous le faisons uniquement parler pour comprendre quels sont ses symptômes psychiques.

Le psychiatre va interroger son patient sur sa vie personnelle et professionnelle, mais également sur des problèmes plus physiques comme les troubles du sommeil ou son alimentation.

A quoi ressemble une consultation avec vous, pédopsychiatre ?

Bruno Falissard : En tant que pédopsychiatre, on accueille des familles (le père, la mère, l’enfant et même ses frères et sœurs) qui considèrent que leur enfant va mal. Ce qui est un gros changement par rapport à la psychiatrie pour adulte, où le patient a conscience de sa souffrance.

La particularité de la psychiatrie pour enfant c’est que, le plus souvent, l’enfant n’a aucune idée de la raison de sa présence dans le cabinet. Pour lui tout va bien, ce sont ses parents et enseignants qui estiment qu’il y a un problème. Par exemple, il est trop agité ou il fait pipi au lit.

Puisque l’enfant n’a pas grand-chose à dire de son état, le pédopsychiatre interroge les parents. Pourquoi pensez-vous que votre enfant va mal ? Que s’est-il passé ? Depuis quand ? Quel était son comportement à la maternelle ? Mangeait-il bien ? Des questions assez banales, mais qui permettent d’avoir une vue d’ensemble sur la vie de la famille et de l’enfant.

Suite aux réponses de chacun, le pédopsychiatre va pouvoir diagnostiquer si l’enfant a des attaques de panique ou souffre de troubles alimentaires compulsifs, de dépression, d’anorexie mentale, etc.

La fin du dualisme corps et esprit

Vous dénoncez le dualisme corps / esprit dans la sphère médicale. Vous associez les mots du corps avec les maux de l’esprit. Pourquoi ?

BF : L’étymologie du terme « psychiatrie » signifie la discipline médicale qui s’occupe de l’âme. Psy étant l’âme en grec ancien.

Dans toutes les cultures et depuis toujours, les humains considèrent que l’on a une vie intérieure et qu’on a un corps. En médecine moderne, on a décidé qu’il y aurait des médecins qui s’occuperaient du corps, et des médecins qui allaient s’occuper de l’âme. Cette séparation ou dualité est un peu superficielle, car quand on gratte, c’est compliqué de séparer le corps et l’esprit. Par exemple, quelqu’un atteint d’un cancer souffre dans son âme, et une personne dépressive a mal un peu partout, y compris dans des muscles. Il y a donc un contact entre le corps et l’esprit.

C’est grâce à ce contact que l’on peut proposer des traitements qui ne sont pas des traitements médicamenteux. C’est d’ailleurs une particularité de la pédopsychiatrie : les médicaments y sont beaucoup moins prescrits que pour les adultes.

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Que penser des solutions médicamenteuses pour soigner la santé mentale des jeunes ?

Vous rapportez le témoignage d’un patient adulte sous antidépresseur : «je peux entendre l’angoisse crier quelque part en moi, mais elle est étouffée, comme si quelqu’un avait mis en place une fenêtre insonorisée. »

Quelle est votre posture par rapport à ce traitement médicamenteux que l’on trouve dans beaucoup de pays comme la France, le Canada ou les Etats-Unis ?

BF : C’est une question très grave et très importante, mais ce n’est pas simple pour répondre. On pourrait dire que les médicaments sont dangereux et qu’il ne faut plus en prescrire. Le problème c’est que certains patients souffrent tellement, comme ceux atteints de cancer métastatique, qu’on ne peut faire autrement que de leur prescrire un médicament.

Conclusion ? On ne peut pas avoir une posture manichéenne. Il y a des médicaments qui sont utiles. Mais bien sûr la vigilance est de rigueur. Concernant les opioïdes, il est vrai qu’en ce moment aux Etats-Unis, il y a plus de morts par overdose aux médicaments opiacés que par overdose d’héroïne.

Quid de la prescription de médicaments pour les pathologies liées au trouble de déficit de l’attention/hyperactivité (TDAH) ?

BF : Il y a beaucoup de préjugés autour du TDAH. On pense que l’hyperactivité révélerait dans tous les cas de la psychologie. Sauf qu’on n’imagine pas à quel point cela peut prendre des propensions incroyables : le déficit de l’attention est tel que l’enfant peut traverser la route sans faire attention, ou ne peut rester assis en classe plus de 3 secondes. Cela peut avoir de graves conséquences, et quand c’est vraiment le cas, il y a des médicaments qui peuvent être utilisés.

La vraie problématique de la solution médicamenteuse est le quand. Quand est-ce qu’on donne un médicament à un enfant qui va vraiment très mal ou à partir de quand on en donne un à un enfant perturbateur ? Il est là le glissement. Et on en train de prendre la pente, en rentrant dans une société qui utilise le médicament comme un régulateur social. Et là bien sûr c’est la catastrophe absolue.

Aux Etats-Unis, actuellement, 10 % des garçons de 10 ans prennent un médicament stimulant pour gérer leur hyperactivité, en France, c’est 1 %. Mais le niveau de prescription augmente tout doucement. Comme nous avons tendance à reproduire ce que font les Etats-Unis en quelques années, on peut se demander : mais où va-t-on ?

Et donc où va-t-on ?

BF : Je crois que l’affaire est pavée de bonnes intentions. On veut que nos enfants ne souffrent pas, que tout aille bien et vu de loin ça a l’air extraordinaire comme souhait. Mais en faisant ça, on s’inquiète pour rien.

Par exemple, s’alarmer parce qu’un enfant joue un peu trop aux jeux vidéo, en déduire qu’il est addict et l’amener consulter un pédopsychiatre est une posture excessive.

Rappelons-le, la psychiatrie c’est fait pour les problèmes graves. Il faut donc savoir raison garder et bien réaliser qu’il y a des enfants en grande souffrance, et d’autres qui ont des passages à vide ou se fâchent avec leur famille. Le fait qu’il y ait des hauts et des bas arrive à tous âges. Et cela s’appelle la vie.

Vous dites d’ailleurs que des fois, il suffit juste d’avoir un bon ami à qui se confier.

BF : Absolument ! Dans notre jargon, on appelle cela le « support social ». La qualité des relations que vous avez avec votre environnement (vos amis, votre famille, vos collègues, vos camarades de classe quand ce sont des enfants) est un facteur prédictif pour ne pas tomber dans la dépression et les addictifs. C’est scientifiquement prouvé.

L’urgence d’agir pour la santé mentale des jeunes

Qu’est ce qui a motivé l’écriture de ce livre ?

BF : Pendant 4 ans, en tant que Président de l’association internationale de la psychiatrie pour enfants et ados, j’ai voyagé dans beaucoup de pays et je me suis rendu compte que nous avions tous les mêmes problèmes dans les pays occidentaux : les problèmes des enfants sont psychiatriques et non plus physiques. Ce qui corrobore ce que nous apprennent les données épidémiologiques.

Mon objectif, c’est qu’il y ait une prise de conscience, et la fin de ce clivage dans les discours médiatiques et politiques où l’on affirme que la santé mentale des enfants est très importante sans faire grand-chose derrière. A part proposer des sorties dans les musées ou leur montrer des films éducatifs. C’est gentil mais quand ils vont mal, ce ne sont pas des solutions. Il faut être lucide et s’en occuper sérieusement.

Deux chiffres alarmants et évocateurs :

  • En France, on compte 600 psychiatres pour enfants et ados et 10 000 psychiatres pour adultes. On oublie qu’un quart de notre population sont les enfants.
  • On compte 25 départements où aucun pédopsychiatre n’est installé en profession libérale. Pour pouvoir consulter, il y a des listes d’attente allant jusqu’à 1 an.

La malédiction du care

Bruno Falissard évoque un phénomène méconnu des débats publics, mais bien connu des sociologues : la malédiction du « care ». Dans l’imaginaire collectif, ceux qui s’occupent des enfants, comme les infirmières ou les professeurs des écoles, exercent des professions sympathiques et peu sérieuses. La grande majorité étant des femmes, « on » estime que ça leur est même naturel, et qu’elles sont mêmes trop bien payées pour cela.

Or, la réalité est tout autre. C’est très compliqué, et donc c’est un vrai métier de faire des entretiens cliniques avec des enfants pour arriver à leur faire dire ce qui va de mal. Cela demande des années de pratique, et une vraie expertise, pour arriver à établir un lien.

Espérons contribuer avec ce podcast, et cet article, au réveil des consciences.

Propos du Dr Bruno Falissard recueillis par Amal

écrit par

Amal Dadolle

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