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  5. Lever les tabous autour de l’erreur chirurgicale

Les droits et devoirs du chirurgien selon le Professeur Vibert

Au fil des témoignages de patients et de soignants sur notre système de santé, il est apparu qu’une révolution médicale est nécessaire. Et celle-ci se situe avant tout au niveau des mentalités.

La relation au soin, par exemple, se doit d’être plus horizontale et plus humaine entre le soignant et le patient. Non par souci démocratique, mais parce que l’état d’esprit serein et battant du patient joue un rôle déterminant dans sa guérison. Or, cet état d’esprit idéal repose en grande partie sur une bonne relation avec son médecin.

Si cette relation au soin est un aspect important de la révolution médicale, elle n’est pas la seule. Au niveau des chirurgiens, une autre relation se doit d’évoluer : la relation à l’erreur.

Aujourd’hui, cette relation n’existe pas, parce que l’erreur chirurgicale n’existe pas elle-même. Quand un chirurgien commet une erreur, il rectifie, quand il le peut, ce qui doit l’être mais n’en dit mot à personne. Ou presque.

Pour la recherche, l’enseignement et l’apprentissage, ce comportement est aussi surprenant que pénalisant. Car sans la possibilité de faire des erreurs, il est impossible d’apprendre et d’innover. Et surtout il est plus que possible de voir cette erreur se répéter.

Dans un ouvrage édifiant « Droit à l’erreur, devoir de transparence » (L’Observatoire, 2021), Eric Vibert, professeur de chirurgie digestive, spécialiste des maladies du foie et des voies biliaires à l’hôpital Paul-Brousse à Villejuif, explique les raisons de cette mise au ban de l’erreur.

Pourquoi l’erreur chirurgicale est-elle taboue ?

Un système hospitalo-universitaire à double tranchant

Le système hospitalo-universitaire est souvent qualifié de système de mandarinat. Un système où les membres d’une élite sont choisis en fonction des diplômes, des titres et de l’ancienneté. Cette élite gouverne tout le monde et toutes choses.

Une comparaison plutôt juste puisque tous les pouvoirs au sein de l’hôpital sont concentrés entre les mains de l’élite du corps médical : les chefs de service qui sont aussi de grands chirurgiens et professeurs reconnus.

Ces pleins pouvoirs s’exercent bien-sûr dans le bloc opératoire, où tous les autres intervenants (internes, aides, infirmiers etc.) sont relayés au rang d’observateurs et de subalternes au service du grand professeur. Personne à part ce dernier ne tient le bistouri.

Ces pleins pouvoirs s’étendent également jusqu’à l’organisation et la structure de l’hôpital. Si un chef de service veut ouvrir tel département de santé, promouvoir ou freiner la carrière d’un plus jeune confrère, il le peut.

Toutefois, il y a une contrepartie. A la moindre erreur, le mandarin perd ses pouvoirs, sa réputation est ruinée, sa carrière finie. Sans compter les potentielles galères financières et juridiques si l’hôpital et les patients décident de porter plainte.

écrit par

Amal Dadolle

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