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Merci à un inconnu : au cœur du meilleur de l’humanité

  • mercredi 19 mai 2021
  • 29 Min d'écoute

/ 5.

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Rencontre avec Anne Cazaubon

A rebours des chaînes d’informations continues qui nous livrent quotidiennement une actualité terne et morose, on peut remercier Anne Cazaubon, artiste, conférencière et auteure d’avoir publié : « Merci à un inconnu. Soyons tous des héros du quotidien » aux éditions Vuibert.

Ensemble, nous revenons sur son parcours de vie, et la genèse de son intérêt pour les gestes gratuits et désintéressés de personnes qui illuminent et changent la vie des autres sans vraiment le savoir.

  • Le titre de votre livre reprend le nom de votre compte Instagram @merciauninconnu  Qu’est-ce qui vous a amené à recueillir et à partager des milliers de témoignages de gratitude d’inconnus envers d’autres inconnus ?
  • Anne Cazaubon : J’ai moi-même rencontré un inconnu il y a une vingtaine d’années sur un quai de métro.

« J’ai eu un début de vie adulte un peu difficile, et à 23 ans j’avais presque envie d’en finir. Avachie sur mon siège, j’étais recroquevillée sur mes problèmes, je mesurai les mètres qui me séparaient du quai et des rails. Un inconnu d’une cinquantaine d’années est venu se poster à côté de moi pendant près de 30min. Il était debout à côté de moi, silencieux, comme une sorte de sentinelle ou de garde de fou.

Puis, nos regards se sont croisés pendant une fraction de seconde. J’ai compris qu’il avait vu ce que j’allais faire, et le fait qu’il m’a tendu le miroir de ce que j’allais faire, cela m’a redonné l’envie de vivre.

Je me suis mise à courir sur le quai de métro pour rentrer chez moi. J’ai retrouvé le numéro d’une thérapeute qu’on m’avait donné trois ans auparavant pour prendre un rendez-vous. Le lendemain à 9h, j’étais dans son bureau pour entamer un long chemin de résilience et de libération émotionnelle. »

L’attention à l’autre comme remède au mal-être

Le collectif comme chemin de guérison

  • Comment s’est fait ce chemin de libération émotionnelle ?
  • AC : Au fur et à mesure des stages et des séances de thérapie, j’ai transformé tous ces espaces de libération émotionnelle en art pour le monde, en poésie urbaine.
  • Me focaliser sur le mal-être ne m’intéresse pas. Ce qui m’intéresse, c’est de trouver l’intelligence des situations qui vont permettre de transmuter mon mal-être et offrir au monde ma meilleure contribution.

« Je me suis mise à donner des petits mots dans le métro. Avec un rouge à lèvre, j’ai écrit sur les miroirs des cafés, brasseries et restaurants de Paris, des petits phrases réconfortantes qui parlent à n’importe quelle femme : « je suis un trésor », « ce n’est pas parce qu’elle est belle que je ne le suis pas ».

  • Quel était votre objectif en ouvrant le compte Instagram @merciauninconnu ?
  • AC : Je m’intéresse beaucoup à tout ce qui incarne la gratitude et le geste désintéressé. Cela peut être de la sollicitude, un compliment, une porte tenue, une poussette portée, un massage cardiaque. C’est montrer tout le possible que l’on peut réaliser quand on lève la tête de son Smartphone, et regarde ses semblables.
  • Quand j’étais journaliste radio, j’avais commencé à travailler sur le fil de l’inconnu. Au moment du confinement, je n’ai eu d’autre choix que de passer par Instagram. Je l’ai alimenté d’histoires personnelles, des amis ont contribué et aujourd’hui on est 224 000 à avoir raconté une histoire.

@merciauninconnu

  • Le titre de votre ouvrage est celui de votre compte Instagram @merciauninconnu, pourquoi avoir cheminé jusqu’au livre ?
  • AC : L’éditeur Vuibert est venu me chercher en me proposant d’en faire un bel objet, un beau cadeau que l’on puisse offrir à une collègue ou amie qui ne va pas bien. L’idée me plaisait. Par ailleurs, beaucoup de gens autour de moi ne sont pas sur les réseaux sociaux et souhaitaient découvrir ces histoires.

Précisons que le livre n’est pas un best off du compte Instagram, et contient :

  • Un manifeste pour le Geste Désintéressé
  • Quelques-unes des histoires les plus fortes publiées sur Instagram
  • Beaucoup de nouvelles histoires d’inconnus
  • Des histoires personnelles de l’auteure

Deux exemples d’histoires :

Christelle : « A vous l’inconnue croisée dans un supermarché. A vous qui avez vu le turban de ma mère glisser, laissant entrevoir son crâne lisse de femme souffrant d’un cancer. A vous qui l’avez regardé avec un sourire en lui disant : vous êtes si belle, vous n’avez pas besoin de ce morceau de tissu. Jamais je n’oublierai combien ma maman fut touchée par ces mots. Merci madame. »

Marie : « A vous les ouvriers slaves qui m’avaient réveillé un matin dans le train pour me prévenir que j’arrivai à mon arrêt. Vous l’aviez repéré au fil des jours, et vous m’aviez évité de finir au terminus ou d’être dépouillée de mes affaires. Merci d’avoir veillé sur moi pendant ce trajet, ainsi que tous les suivants. En sortant de mes gardes de nuit, je me suis toujours sentie rassurée par votre présence. »

Le paradoxe du désir de reconnaissance

La non-reconnaissance, la première blessure de l’Humanité ?

  • Votre livre est très émouvant. On se retrouve au cœur de l’Humanité et le souci de l’autre comme on peut le voir avec l’histoire de Marie et des ouvriers slaves.
  • AC : Exactement. Par ailleurs, l’histoire de Christelle parle de la puissance des mots en tant que verbe créateur. On peut impacter la vie de quelqu’un avec une simple phrase qui exprime la reconnaissance : « je vous vois et je reconnais ce que vous traversez ». La plus grande blessure de l’Humanité c’est le besoin d’être reconnu à travers les épreuves de la vie.
  • Vous reprenez une citation de Suzie Murray qui exprime très bien vos propos : Il y a des paroles qui portent plus loin que le vent.
  • AC : Cela me rappelle qu’un jour en prenant un RER dans une zone un peu craignos, j’aperçois un homme magnifique avec un style un peu « bad boy ». J’ai commencé à le dessiner, et avec mes yeux de dessinatrice qui devaient sembler inquisiteurs, il vient vers moi pour me demander si j’avais un problème. Je lui réponds que je le dessinais parce que je le trouvais magnifique. Surpris, il s’est liquéfié et ressaisi pour ensuite prendre la pose ! L’ours était devenu agneau. On a passé 30min à discuter, c’était magnifique.

Entre désir et croyance, le cœur balance

  • Comment vous expliquez cette défiance qu’il a eue avant de comprendre que vous ne lui vouliez que son bien ?
  • AC : Il y a une vraie ambivalence dans le désir de reconnaissance. On le désire autant qu’on en redoute les conséquences. Cette ambivalence est vraiment intéressante et compréhensible. Ce sont toujours ceux qui sortent des codes qui sont le plus susceptibles d’être harcelés.

Cette ambivalence du « oui je veux mais non » intérieure se retrouve ailleurs. Par exemple : « oui je me mets sur un site pour rencontrer un amoureux/se, mais non cela ne m’arrivera parce que ce sont tous/toutes les mêmes ».

Ce oui mais non nous renvoie à deux questions : Qu’est-ce que je veux bien croire au monde ? Qu’est-ce que je veux bien voir de ce monde-là ? »

  • AC : J’invite tout le monde à faire l’expérience de passer 1h devant une chaîne d’information continue, et 1h à lire @merciauninconnu. Ils verront que leurs réponses à ces deux questions ne seront pas tout à fait les mêmes.

Le monde extérieur, miroir du moi intérieur

  • Quelle histoire vous a touché plus que d’autres ?
  • AC : C’est une jeune femme qui est sur un pont d’autoroute et qui menace de sauter par-dessus. Un homme SDF, qui vit à côté, se jette sur elle avant qu’elle ne commette l’irréparable. Dans l’histoire, elle raconte qu’il la maintient au sol parce qu’elle a des pulsions d’en finir avec la vie. Rien que de m’imaginer la scène cela m’émeut beaucoup parce que je pense que cet homme SDF habite là pour se réparer à cet endroit-là.

Je vois bien dans ces histoires, que la souffrance des uns est en résonance avec le vécu des autres. Personnellement, je ne peux pas laisser passer à côté d’une petite-fille en train de pleurer sans rien faire, parce qu’il y a peut-être une petite fille qui pleure à l’intérieur de moi. En offrant quelque chose, en passant un peu de temps avec cette enfant, je viens soigner mon propre enfant intérieur.

Ce qu’il se passe à l’extérieur nous raconte ce que nous vivons à l’intérieur. En nous envoyant des messages, l’extérieur permet de réparer ce qu’il se passe à l’intérieur de soi. Si cela ne nous touche pas, cela veut dire que nous n’avons pas encore accédé à notre propre chagrin.

  • Vous avez un nouveau projet d’écriture en cours ?
  • AC : J’aimerais écrire autour de la créativité, notamment via le Sweet art, un art désintéressé, poétique et urbain que je sème depuis un certain nombre années. Je voudrais également raconter mon chemin vers le chamanisme. « Merci à un inconnu » est d’ailleurs une mission spirituelle que je remplis en tant que « chamane du bitume ». Car oui, tous les chamanes ne sont pas dans la forêt à taper sur un tambour…
Source : Merci à un inconnu. Anne Cazaubon. Vuibert éditions
écrit par

Amal Dadolle

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