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Radu Mihaileanu, la subjectivité de l’autre.

  • mercredi 23 mai 2018
  • Min d'interview

On juge trop avec nos références

Radu, l’homme qui cherche toujours à comprendre et jamais à juger. Découvrez le témoignage d’un homme qui démontre comment le jugement détruit toutes les connexions et nous livre sa relation avec l’invisible…

« La dictature, cela marque. Vivre dans la peur, entouré de gens paranos comme je l’ai vécu en Roumanie (sous le joug de l’infernal couple Caeusescu), cela marque. Le manque de liberté marque à vie, et mon combat à travers mes films, c’est de ne plus avoir à vivre ça, ni moi ni les autres. Ce n’est pas moi qui vais changer le monde, mais je peux apporter un regard »

« L’histoire de l’immigration, c’est d’essayer de tellement ressembler aux autres qu’on rase les murs, on en a marre de son accent et de son comportement différent, jusqu’au jour où l’on comprend que notre force est là-dedans. La force ce n’est pas de ressembler aux autres, mais d’être qui on est »

« La dictature a des qualités, c’est est en soi une « bonne école », parce que par manque de tellement de choses et de tellement de peur, l’humain est exacerbé. Les relations humaines et les amitiés étaient notre oxygène »

« Je cherche toujours la subjectivité de l’autre. Dans la « Source des Femmes » par exemple, quand on faisait le tour des villages marocains, on ne comprenait pas pourquoi les belles-mères emmerdaient autant les jeunes mariés, à vouloir contrôler leur ménage. Elles avaient vécu la même tragédie, et pourtant elles perpétuaient cela. Quand on les interrogeait, elles nous disaient toute : « c’est la tradition ». Et on comprenait ce mot à l’européenne : la tradition, c’est la connerie que l’on perpétue depuis la nuit des temps. Or on le comprenait à la Française alors qu’elles essayaient de nous faire comprendre quelque chose que nous nous n’arrivions pas à comprendre, parce qu’on venait d’ailleurs. On a donc essayé de comprendre, pendant longtemps et avec des sociologues. Et quand on a eu le déclic, c’est merveilleux de comprendre la subjectivité de l’autre »

« Moi, la liberté c’est une grande valeur. J’essaie de n’avoir aucun frein dans la pensée, de ne pas être dans le politiquement correct et de pouvoir exprimer ce que l’on veut, même quand c’est incorrect. On a le droit de tout penser tant qu’on ne fait pas de mal à l’autre et qu’on n’empiète pas sur la liberté de l’autre. Le jour où l’on met des barrières, on va doucement vers la dictature »

« La bêtise est source de toute dictature, même s’il y a plein de raisons économiques et sociales par ailleurs. Mais la source de toute dictature, c’est dans les moments multiples et complexes quand la bêtise prend sa revanche sur l’intelligence, quand l’irrationnel prend sa revanche sur le sens. »

« La vie, c’est du mouvement. Si on essaie d’endiguer le mouvement, la vie s’arrête »

« Tous les hommes sont égaux, même les plus stupides de chez les stupides ont quelque chose. Mais il y en un que j’ai idolâtré, c’est Nelson Mandela. Il est incompréhensible. C’est quelqu’un qui peut transcender sa haine et sa souffrance et en faire une force positive »

« L’humain est parfois tellement aveuglé par ce qu’il pense être la bonne marche de l’humanité, qu’il oublie de mesurer les conséquences de l’outil (de la technologie numérique et digitale) et lui donne trop de pouvoir, ce qui un jour écrasera la liberté de l’homme »

« Aujourd’hui, une des qualités qui nous manque beaucoup, c’est la lucidité de la conséquence de nos actes. Et c’est terrible de voir l’humanité fonctionner toujours par cycle, d’abord l’horreur puis l’espoir et l’abondance, jusqu’à un point culminant, pour se rediriger à nouveau vers une marche consciente qui mène à l’horreur »

« L’être humain a toujours eu un conflit naturel après sa propre condition de limite dans le temps et dans l’espace. Dieu en fait, à la base de toutes les religions monothéistes, c’est l’infini. Dieu n’est pas une personne, ni un marionnettiste, mais Dieu est soit l’énergie constante de l’univers, dont nous faisons partie, soit c’est aussi notre besoin de communiquer avec notre infini qu’on désire. On a besoin de se dire qu’on est autre chose qu’un corps limité. La spiritualité c’est le dialogue avec un infini, aussi lointain soit-il »

« Dans le Judaïsme, il y a une formule magnifique « Dieu vous a donné le texte, à vous de donner le souffle. » Cela veut dire que Dieu n’a pas tout donné, Dieu ne nous impose pas un texte à obéir à la ligne. Vous devez apporter votre esprit, sinon vous aurez un texte vide »

« Le plus intelligent, ce n’est pas celui qui répète ce qui a été déjà dit, le plus intelligent c’est celui qui apporte un souffle très personnel, qui lui appartient, et qui offre à l’autre et à la multitude une nouvelle pensée. Ça, c’est le comble de la liberté »

écrit par

Amal

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