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Troubles de la fertilité : c’est bien dans la tête

  • mardi 16 octobre 2018
  • 3 Min de Lecture

Quand les neurones commandent les ovaires

Alors que notre bon sens nous incline à croire que l’infertilité féminine est liée au stress, à des problèmes de couple ou à des traumatismes d’enfance, la science nous affirme qu’il n’en est rien. La raison de l’infertilité n’est pas de nature psychologique, mais le trouble est bien localisé dans la tête. La véritable cause étant le dérèglement des neurones engendrant des réactions hormonales inappropriées. Il s’agit du syndrôme SOPK, syndrôme des ovaires polykistes, le trouble de fertilité féminine le plus répandu puisqu’il concernerait entre 10 à 18 % des femmes au cours de leur vie. L’équipe du Dr Paolo Giacobini, chercheur à l’Inserm et à l’Université de Lille, a consacré ses études à la compréhension du syndrôme SOPK, avec comme objectif à long terme de trouver un traitement.

Le syndrôme SOPK décrypté

Le syndrôme SOPK est un disfonctionnement des ovaires où des sortes de kystes constitués d’une multitude d’ovules immatures se sont formés. Au point que tomber enceinte et mener une grossesse à son terme est un véritable parcours du combattant. Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Même quand une naissance a lieu (grâce à une aide médicale quelconque), le syndrôme SOPK a 7 chances sur 10 de se transmettre aux filles dans leur cerveau dès le stade fœtal. Partant de ce constat, l’équipe de Paolo Giacobini a donc cherché à comprendre les causes de cette transmission héréditaire.

Les raisons sont dévoilées grâce à une hormone, l’AMH, hormone anti-müllerienne. Comme l’explique Paolo Giacobini : « Nous savions que les femmes touchées par le syndrôme ont en permanence une concentration sanguine plus élevée d’une hormone appelée AMH. Un taux dont nous avons montré, sur 66 femmes atteintes de la maladie ayant malgré tout réussi à tomber enceintes, qu’il reste anormalement élevé lorsque la grossesse débute. » Les taux élevés en AMH créent une explosion hormonale jusqu’à provoquer un apport excessif en testostérones au niveau du placenta. Or, durant la gestation, les hormones sexuelles jouent un rôle important dans le développement du cerveau du fœtus. L’intuition des scientifiques est confirmée par des tests sur des souris enceintes auxquelles on a injecté de l’AHM. Leurs souriceaux femelles ont montré, une fois adulte, une puberté tardive, des naissances toutes aussi tardives avec une portée de petits souriceaux plus restreinte. Conclusion ? L’AMH pourrait bien être responsable de la transmission de la maladie. Mais les recherches du Dr Giacobini ne s’arrêtent pas là.

Puisque les souriceaux femelles à l’état de fœtus reçoivent de forts taux de testostérones, Paolo Giacobini s’est demandé si leur cerveau n’était pas de facto masculinisé. Cette masculinisation du cerveau étant elle-même responsable à l’âge adulte du dysfonctionnement des ovaires. Après vérification auprès des souris, les femelles atteintes du syndrôme avaient bien un cerveau comparable à celui de leurs compères masculins. Or le cerveau masculin ne fonctionne pas comme un cerveau féminin, il secrète plus de GnRH, une neurohormone responsable de la synthèse et de la sécrétion de la LH, une hormone importante dans le fonctionnement sexuel. En produisant plus de GnrRH, on produit plus de LH, or c’est elle qui passe dans le sang, perturbe le fonctionnement des ovaires, et provoque le syndrôme SOPK associé à de forts taux d’AMH. On se retrouve à notre point de départ, et le cercle est complet.

Maintenant que nous savons comment s’opère le syndrôme SOPK, toute la question est de savoir si nous avons trouvé un traitement pour le soigner ?

Y a-t-il déjà un traitement ?

Non mais il existe déjà un espoir : la cetrorelix, une hormone capable de contrôler l’action de la GnRH. Ainsi, en administrant cette hormone aux patientes, on parvient à normaliser la sécrétion de LH. Résultat : une restauration de la fertilité des souris et un arrêt de la transmission du syndrôme de génération en génération. Le seul bémol dans ce traitement étant de possibles effets secondaires sur le bébé-fille à naître si on administrait le cetrorelix aux femmes enceintes. Pour le traitement de la transmission, l’affaire n’est donc pas encore gagnée. En revanche, la cetrorelix pourrait être injectée aux femmes qui ne parviennent pas à avoir des enfants à cause du syndrôme SOPK. Une alternative beaucoup moins lourde et éprouvante que le recours à la fécondation in vitro.

Plusieurs années de recherche sont donc encore nécessaires pour vérifier l’efficience et les conséquences de la cetrorelix, dans le but de relancer la fertilité de millions de femmes. L’affaire est donc à suivre de près.

Source : Coralie Hancok, "Trouble de la fertilité", Science & Vie n°1213, octobre 2018
écrit par

Amal

Santé & Bien-être

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