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Troubles de l’infertilité : qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques ?

  • mis à jour le lundi 1 juin 2020
  • 4 Min de Lecture

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Les troubles de l’infertilité sont bien dans la tête

Alors que notre bon sens nous incline à croire que les causes d’infertilité chez la femme ne sont que provisoires car liées au stress, la science affirme que notre bon sens se trompe dans son diagnostic. Car si le trouble hormonal n’est pas une pathologie de nature psychologique, il est néanmoins bien localisé dans la tête.

La véritable origine de ce trouble de l’infertilité étant le dérèglement des neurones empêchant les mécanismes hormonaux d’être réguliers et fonctionnels. Il s’agit du syndrome SOPK, syndrôme des ovaires polykistes. C’est le problème de fécondité le plus fréquent, puisqu’il concernerait entre 10 à 18 % des femmes au cours de leur vie.

L’équipe du Dr Paolo Giacobini, chercheur à l’Inserm et à l’Université de Lille, a consacré ses études à la compréhension du syndrôme SOPK, avec comme objectif à long terme de trouver un traitement.

Le syndrome SOPK décrypté

L’AMH, la grande coupable des problèmes de fécondité

Le syndrome SOPK est un dysfonctionnement des ovaires où des sortes de kystes constitués d’une multitude d’ovules immatures se sont formés. Au point que pour tomber enceinte et éviter une fausse couche, certaines femmes en âge de procréer doivent subir un véritable parcours du combattant.

Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Même quand une naissance a lieu (grâce à une aide médicale quelconque), le syndrôme SOPK a 7 chances sur 10 de se transmettre aux filles dans leur cerveau dès le stade fœtal. Partant de ce constat, l’équipe de Paolo Giacobini a donc cherché à comprendre les causes de cette transmission héréditaire.

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Les raisons sont dévoilées grâce à une hormone, l’AMH, hormone anti-müllerienne. Comme l’explique Paolo Giacobini : « Nous savions que les femmes souffrant du syndrôme ont en permanence une concentration sanguine plus élevée d’une hormone appelée AMH. » Son étude soulève une autre anomalie : sur 66 femmes ayant ces troubles hormonaux mais qui ont réussi à tomber enceintes, le taux d’AMH reste trop élevé au début des grossesses. Un taux élevé en AMH crée une élévation hormonale excessive qui va stimuler les niveaux de testostérone (hormones mâles) au niveau du placenta. Le taux d’hormones masculines est alors supérieur aux hormones féminines, déséquilibrant ainsi le bilan hormonal.

Or, durant le temps gestationnel et la maturation, les hormones sexuelles jouent un rôle important dans le développement du cerveau du fœtus. L’intuition des scientifiques est confirmée par des tests sur des souris enceintes qui ont subi des injections de l’AHM.

Leurs souriceaux femelles ont montré, une fois adultes, une puberté tardive, des grossesses toutes aussi tardives avec une portée de petits souriceaux plus restreinte. Conclusion ? L’AMH pourrait bien être responsable du déséquilibre hormonal. Mais les recherches du Dr Giacobini ne s’arrêtent pas là.

Un cerveau masculin pour un corps féminin

Puisque les souriceaux femelles à l’état de fœtus reçoivent de forts taux de testostérones, Paolo Giacobini s’est demandé si leur cerveau n’était pas de facto masculinisé. Cette masculinisation du cerveau étant elle-même responsable à l’âge adulte des troubles de l’ovulation. Après vérification auprès des souris, les femelles atteintes du syndrome avaient bien un cerveau comparable à celui des mâles.

Or le cerveau masculin ne fonctionne pas comme un cerveau féminin. Le cerveau masculin secrète plus de GnRH, une neurohormone responsable de la synthèse et de la sécrétion de la LH, une hormone importante dans le fonctionnement sexuel.

En produisant plus de GnrRH, on produit plus de LH. Celle-là même qui passe dans le sang, perturbe le fonctionnement des ovaires, et provoque le syndrôme SOPK associé à de forts taux d’AMH. On se retrouve à notre point de départ, et le cycle est complet.

Maintenant que nous savons comment s’opère le syndrôme SOPK, toute la question est de savoir si nous avons trouvé un traitement pour soigner les femmes atteintes par cette maladie ?

Existe-t-il un traitement hormonal ? 

Il n’existe pas encore de traitement hormonal pour guérir du syndrome, mais il existe déjà un espoir : la cetrorelix, une hormone capable de réguler l’action de la GnRH. Administrer la cetrorelix aux patientes leur permet de retrouver des taux normaux de sécrétion de LH.  Résultat : une restauration de la fertilité des souris et un retour de la procréation avec des grossesses multiples. Et plus intéressant, un arrêt de la transmission du syndrome de génération en génération.

Le seul bémol dans ce traitement étant de possibles effets secondaires sur le bébé-fille à naître si on administrait le cetrorelix aux femmes enceintes. Est-ce une question de dosage ? Quoi qu’il en soit, pour le traitement de la transmission, ce n’est donc pas encore gagnée.

En revanche, pour les femmes qui ne parviennent à concevoir un enfant, le cetrorelix pourrait leur être prescrit. Cela leur épargnerait l’éprouvant recours à la procréation médicalement assistée (la fécondation in vitro ou l’insémination artificielle).

Plusieurs années de recherche sont donc encore nécessaires pour vérifier l’efficience et les conséquences de la cetrorelix, dans le but de permettre à des millions de femmes d’avoir un enfant. L’affaire est donc à suivre de près.

Source : Coralie Hancok, "Trouble de la fertilité", Science & Vie n°1213, octobre 2018
écrit par

La rédaction

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