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Nous voulons des coquelicots

  • mercredi 12 septembre 2018
  • 6 Min de Lecture

Ras-le-bol des pesticides !

En finir avec les pesticides, tel est l’objectif de l’appel « Nous voulons des coquelicots ! » lancé par Fabrice Nicolino et François Veillerette. Le premier est journaliste chez Charlie Hebdo où il traite des enjeux écologiques. Le second est le porte-parole de Générations Futures, une association militant en faveur de la défense de l’environnement. Leur ouvrage retrace plus de 70 ans de fourberies du lobby de l’agrochimie pour maintenir en place les pesticides.

En trois décennies, les pesticides, ces poisons qui nous tuent à feu doux, ont causé la disparition de 80% des insectes et du tiers des oiseaux. Un effondrement dramatique de la biodiversité auquel il faut ajouter les innombrables cancers, maladies de Parkinson et malformations à la naissance…

Chez BloomingYou, nous sommes solidaires de cet appel et marquons notre engagement en signant la pétition que vous pourrez trouver ici (https://nousvoulonsdescoquelicots.org/)

Ce livre répond à 2 questions majeures :

  • Comment la France est devenue le troisième utilisateur au monde de pesticides ?
  • Comment cette industrie s’est organisée pour dominer et saboter toutes les actions politiques visant à l’interdire ?

Voici une brève chronologie d’un crime contre l’humanité…

1945-1949 : La naissance d’une industrie

Après la guerre, l’Europe aspire à tourner la page, elle lorgne sur le style de vie des Américains, et adopte son rêve d’un futur idyllique érigé par le progrès technologique. A côté des frigos et des voitures, les pesticides s’installent dans nos vies, avec la commercialisation du DDT. Il faut dire que celui-ci apparaît comme un produit magique, protecteur efficace des exploitations contre des maladies (virus, bactéries, champignons), et autres ravageurs, comme les insectes ou les acariens. Cela sonne comme la fin des galères perpétuées depuis le Moyen-Âge.

Un homme comprend avant tout le monde que les pesticides seront un acteur incontournable dans l’agriculture : Fernand Willaume, ingénieur agronome et premier lobbyiste des pesticides en France. Il crée le Comité de propagande pour la défense des végétaux, accompagné de sa revue professionnelle Phytoma. Celle-ci sera surtout lue et entrenue par les membres de la nouvelle FNSEA, des scientifiques de la jeune INRA, des haut-fonctionnaires du Ministre de l’Agriculture et des fabricants de l’industrie des pesticides. Dorénavant, ces structures seront comme rassemblées dans une toile d’araignée, et les hommes qui les serviront, s’ils peuvent changer de poste de direction, ne quitteront jamais la toile.

1962 : la vérité éclate à propos des pesticides

Pour la première fois aux USA, un vent de panique souffle chez les pro-pesticides. En cause, la sortie d’un ouvrage « Le printemps silencieux », rédigé par une biologiste de la mer, Rachel Carson, où la vérité éclate à propos des pesticides. La biologiste, s’appuyant sur des nouvelles études puisées dans les meilleures sources scientifiques, démontre que le DDT est cancérogène, et dénonce la désinformation qui soutient que tout va bien. Monsanto, déjà là depuis 1901, et qui a investi plus de 150 millions dans les pesticides, monte au créneau en publiant un important nombre d’études scientifiques pour discréditer Rachel Carson. Seulement, ce ne sont pas les propos d’une hallucinée, Rachel Carson est soutenue par de prestigieux scientifiques, et sa traduction en français sera préfacée par une sommité de la science, Roger Heim, spécialiste mondial des champignons, à la fois directeur du Muséum national d’histoire naturelle et de l’Académie des sciences.

1971 : L’industrie phytosanitaire noyaute les organes de pouvoir

Le DDT est finalement interdit, certainement grâce à l’esprit soixante-huitard en plein recul avec l’apologie du progrès à tout prix. Cette même année sonne aussi la revanche du lobby de l’agrochimie qui va noyauter tout le système en plaçant ses hommes à la tête des principaux organismes que nous avions comme la FNSEA, l’INRA, mais également à la ComTox, la Commission des toxiques, responsable de l’autorisation de la mise sur le marché d’un produit. Autant dire qu’ils feront ce qu’ils veulent : quand un pesticide fait les gros titres dans la presse et scandalise tout le monde, il disparaitra pour laisser place à un, voire dix autres produits. C’est ce que nous allons constater au cours de deux affaires.

1972-1989 : Les ravages du Kepone aux Antilles.

Dans les îles, le charançon noir, petit insecte ravageur s’en prend à sa cible de prédilection : les bananiers. Pour y remédier on utilise en abondance la chlordécone, un insecticide organochloré, commercialisé sous le nom de Kepone. Dès 1975, on le soupçonne d’être cancérigène. En 1977, le rapport scientifique Snégaroff montre que les sols et les eaux des Antilles sont pollués par le chlordécone-Kepone. La même année, le produit est interdit aux USA. Deux ans plus tard, un nouveau rapport, celui de Kermarrec, alerte sur les dangers du Kepone, notamment par sa longue durée d’activité révélée par la présence du pesticide dans le muscle des oiseaux et de rats. Ça grince.

Si ce n’est donc pas le Kepone qui peut être mis sur le marché, ce sera donc le Curlone, un autre nom commercial du chlordécone, qui recevra la bénédiction d’Edith Cresson, ministre de l’Agriculture sous Mitterrand en 1981. Il faudra huit années supplémentaires pour voir la ComTox se prononcer enfin pour l’interdiction du chlordécone, mais Henri Nallet, alors ministre de l’Agriculture de Mitterrand, et ancien de la FNSEA accorde une dérogation de deux ans pour écouler les stocks du poison. Le lobby de l’agrochimie s’en contentera.

1992-2017 : Le Gaucho, l’exterminateur des abeilles.

Le Gaucho, insecticide révolutionnaire de la famille des néonicotinoïdes, est commercialisé par Bayer pour traiter des semences des tournesols. L’envers du décor est que cela fait des ravages dans les ruches des abeilles. Les apiculteurs protestent, seulement Bayer a investi une fortune dans le Gaucho. Pas question de le voir supprimé du marché comme ça. La firme contre-attaque en publiant une série d’études scientifiques financées par ses soins attestant que le Gaucho n’y est pour rien dans l’hécatombe des abeilles. Visiblement sensible à ces arguments, le ministre de l’Agriculture, Jean Glavany autorise la mise sur le marché du Gaucho pour 10 ans. Un syndicat d’apiculteurs, furieux, porte alors plainte chez le juge. Panique au ministère où le dossier disparaît. Le Gaucho sera finalement suspendu en 2003, mais qu’à cela ne tienne, entre temps d’autres néonicotinoïdes, avec de nouvelles molécules tout aussi toxiques, sont apparues sur le marché : le Confidor, le Cruiser, le Poncho, le Bambi, le Proteus.

2007-2017 : Le Grenelle Environnement.

Dix ans après son lancement, nous pouvons aujourd’hui confirmer que le Grenelle Environnement a échoué dans son objectif initial de réduire de moitié les pesticides ou les engrais les plus dangereux en dix ans. Echec surprenant ? Non, si on n’avait pas oublié les trois derniers mots rajoutés à la fin du texte sous pression des représentants de la FNSEA : « si c’est possible ». Ce ne le fut pas. Ce fut même pire, puisque la consommation des pesticides entre 2007 et 2017 a augmenté de 20 %.

2018 : Le glyphosate

Dernière polémique en date, le glyphosate a suscité de nombreux débats houleux dans toute l’Europe. Robert Genet, alors Président de l’Anses, l’institut qui délivre les autorisations de mise sur le marché depuis la ComTox déclare : « pour mettre en œuvre la volonté d’interdire le glyphosate dans un délai plus court, il faudra avoir des éléments nouveaux soulignant un risque inacceptable et immédiat sur la santé et l’environnement ». Ce ne sont pas les études qui manquent, mais ne dit-on pas qu’il n’y a pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ?

Et maintenant ?

la lecture du livre « Nous voulons des coquelicots » nous éclaire sur les motivations de la démission de Nicolas Hulot, et son désarroi face à un système plus fort que n’importe qu’elle volonté politique bienveillante.

Pour entrer plus dans les détails de cette diabolique histoire, procurez-vous le livre-manifeste .

Merci à tous de signer cette pétition et de relayer cette initiative vitale!!!

Pour signer la pétition c’est  ici !

           « Les pesticides sont des poisons qui détruisent tout ce qui est vivant. Ils sont dans l’eau de pluie, dans la rosée du matin, dans le nectar des fleurs et l’estomac des abeilles, dans le cordon ombilical des nouveau-nés, dans le nid des oiseaux, dans le lait des mères, dans les pommes et les cerises.

Les pesticides sont une tragédie pour la santé. Ils provoquent des cancers, la maladie de Parkinson, des troubles psychomoteurs chez les enfants, des infertilités, des malformations à la naissance. L’exposition aux pesticides est sous-estimée par un système devenu fou, qui a choisi la fuite en avant. Quand un pesticide est interdit, dix autres prennent sa place. Il y en a des milliers.

Nous ne reconnaissons plus notre pays. La nature y est défigurée. Un tiers des oiseaux ont disparu en quinze ans ; la moitié des papillons en vingt ans ; les abeilles et les pollinisateurs meurent par milliards ; les grenouilles et les sauterelles semblent comme évanouies ; les fleurs sauvages deviennent rares. Ce monde qui s’efface est le nôtre, et chaque couleur qui succombe, chaque lumière qui s’éteint est une douleur définitive. Rendez-nous nos coquelicots ! Rendez-nous la beauté du monde !

Non, nous ne voulons plus. A aucun prix. Nous exigeons protection. Nous exigeons de nos gouvernants l’interdiction de tous les pesticides (de synthèse) en France. Assez de discours, des actes. »

Must read : Fabrice Nicolino, François Veillerette, « Nous voulons des coquelicots », Les Liens qui Libèrent, 2018

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