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Vers l’équilibre homme/femme

  • mardi 5 juin 2018
  • 4 Min de Lecture

le défi de la nouvelle génération

Rome ne s’est pas faite en un jour, il en sera de même pour une société où les valeurs féminines seront reconnues aussi nobles et fortes que les valeurs masculines. En attendant que ce jour vienne, un think thank a été créé en 2010, baptisé l’Observatoire des Futures, dont le but est d’analyser l’arrivée des femmes dans le monde des hommes, celui du travail et du pouvoir. Composé de 45 membres issus des milieux universitaire, politique, artistique, et bien sûr de l’entreprise, leur excellence est reconnue par leurs pairs. La question de ces membres de l’Observatoire des Futures est simple : est-il possible de voir naître une société Occidentale, non plus patriarcale, mais fondée sur l’harmonie et le partage du pouvoir entre le masculin et le féminin ? Donnons immédiatement une première réponse : oui, toutes les étoiles et les planètes semblent s’aligner pour que nous puissions voir une telle société émerger. Avant d’en comprendre les raisons, revenons un instant sur l’impact des combats féministes des années 1970 pour mieux appréhender la suite des combats.

L’urgence des années 1970

L’inégalité homme/femme remonte à 70 000 ans, comme nous l’avions vu avec Raphaël Liogier. C’est du challenge, et cela passe par forcément par du « step by step ». Or, un fait intéressant, dont nous ne prenons pas toujours conscience, c’est que les féministes des années 1970 ont travaillé dans l’urgence pour émanciper les femmes de la tutelle des hommes et des épreuves liées aux grossesses non désirées. A ce propos, il n’était pas inhabituel de considérer la maternité comme un esclavage de la femme ; à l’image de Simone de Beauvoir, qui conseillait de ne pas avoir d’enfant et prônait la grève des ventres. Ce que l’on retient de ces années 1970, c’est que dans les esprits des femmes, pour être les égales des hommes, il fallait en devenir un soi-même.

Sorties des foyers pour aller travailler comme ces messieurs, un problème s’est rencontré comme l’a démontré Dominique Méda, professeur de sociologie à Paris-Dauphine : « Personne ne sest demandé par qui, ni même comment allaient être prises en charge les cinquante heures de travail domestique hebdomadaire qu’elles assuraient jusqu’à alors ». Personne effectivement. L’émancipation féminine est arrivée trop vite par rapport à la structure de la société, où la femme était restée longtemps confinée à la maison. Les femmes se sont alors mises à mener une double vie. La sociologue Marie Duru-Bellat, appuie l’argument de sa consœur, en désignant l’anticipation du temps dont auront besoin les femmes pour effectuer les tâches domestiques, comme le principal frein à leur carrière.

En attendant, les années ont passé, et l’intégration des femmes sur le marché du travail s’est faite. Ainsi à partir de 1970, une grande partie des petites têtes blondes ont vu maman travailler autant que papa. Certains hommes ont même commencé à aider leurs femmes en leur donnant un coup de main pour le ménage ou auprès des enfants. Résultat : la répartition sexuée des tâches est devenue floue, ce qui n’a pas été sans conséquence dans les esprits de ces enfants, garçons et filles confondus, maintenant trentenaires. Destinés à devenir parents à leur tour, ils entendent rabattre les cartes, et mettre fin au modèle patriarcal.

Le défi des jeunes générations : trouver l’équilibre au sein du foyer

Il y a un double contexte qui pousse les jeunes trentenaires à aspirer à davantage d’équilibre entre les sexes :

  • La première raison, nous l’avons dite : il n’y a plus de répartition de « tâches sexués ». Les parents se répartissent les tâches de la maison en fonction de ce qu’ils préfèrent, ou du domaine dans lequel ils se sentent plus à l’aise. La répartition des tâches vient de choix négociés à 2, ce qui change tout.
  • La seconde raison est d’ordre générationnel. Quand on grandit dans un monde en guerre, quand on a connu la faim, le froid et les souffrances, il est normal de se voir développer un appétit pour la matérialité. D’autant plus quand cet appétit peut être assouvi grâce à son travail. Travail chéri qui nous offre du confort, ainsi qu’un statut social et un sens à sa vie. Or, cette société là n’existe plus. Les trentenaires ont grandi dans un monde à l’opposé de celui de leur grands parents : un monde stable et opulent, mais en crise économique, social et écologique, et qui continue de fonctionner avec les vieilles règles.

Quand on enchaîne des stages mal payés, des CDD sans perspectives, quand on sait la planète à bout de souffle, les inégalités empirées, mais que la rentabilité économique reste la priorité de ceux qui ont le pouvoir (grande majorité d’hommes d’un certain âge), les jeunes ont l’impression d’hériter d’un monde sens dessus dessous. Ce qui explique leur forte envie de remettre du sens dans tout ça, d’y apporter davantage de justice et d’équité. Notamment en ce qui concerne l’équilibre femme/homme.

Et ce défi-là, pour qu’il réussisse, commence en balayant devant sa porte, en se partageant intelligemment le travail domestique, afin que chacun et chacune puissent profiter et s’investir dans sa vie, et non celle de son patron ou de ses enfants. Pour certaines femmes, comme la députée et féministe Clémentine Autain, le partage de la charge mentale devrait être considéré comme un véritable combat politique. Exagéré ? Pas vraiment. Car comme nous le voyons aussi ici, cette double charge mentale n’est pas sans conséquences sur la santé des femmes.

Pour aller plus loin : Sophie Bramly & Armelle Carminati-Rabasse, « Pouvoir(e)s, les nouveaux équilibres femmes-hommes », Eyrolles, 2012

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