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La santé, le prix à payer pour les femmes au pouvoir

  • mardi 5 juin 2018
  • 4 Min de Lecture

Quand décrocher la lune coûte cher

Nous ne sommes plus au temps de la mine du XIXème siècle, la violence au travail n’est plus physique, mais psychologique. En témoignent de nombreuses études :

  • En 2006, une enquête menée en Midi-Pyrénées a démontré que 20 % des employés se dopent avant d’aller au travailler, et ce, toutes catégories socioprofessionnelles confondues.
  • Une autre étude nationale a montré que 10 % de travailleurs prenaient une drogue illicite pour tenir le coup.

Du côté de la question des genres, nous retrouvons les membres de l’Observatoire des Futures, dont l’un des dessins est d’analyser les évolutions dues à l’entrée des femmes dans le monde professionnel et aux hautes responsabilités. La remarque pertinente de Dominique Méda, philosophe et sociologue, nous laisse déjà entrevoir le prix à payer pour les femmes : « Personne ne sest demandé par qui, ni même comment allaient être prises en charge les cinquante heures de travail domestique hebdomadaire qu’elles assuraient jusqu’à alors ». Or, garder les rênes de la maison tout en assumant les 35h au bureau ne peut que les rendre plus fragiles par rapport aux hommes. Et les chiffres vont dans ce sens :

  • 37 % des femmes déclarent souffrir du mal-être au travail contre 24 % des hommes.
  • 3 femmes pour 2 hommes sont victimes de burn out.
  • Les femmes abusent deux fois plus de médicaments que les hommes.

Les femmes d’ailleurs le reconnaissent elles-mêmes, pour 85 %, la cause de leur mal-être vient de leur difficulté à concilier vie professionnelle et vie privée. Dominique Méda avait vu juste. Actuellement, nous ne disposons que de très peu de données au sujet de la santé des femmes au travail, bien que nous ayons une idée très précise du contexte défavorable dans lequel elles évoluent. L’une des sources d’info de la question du mal-être des femmes vient des cabinets des thérapeutes et psychiatres. Les « patientes » en question sont très souvent celles qui ont des responsabilités importantes. Consultent-elles parce qu’elles peuvent davantage se le permettre financièrement ? Ou parce qu’elles ont plus de temps ? C’est une question. En tout cas, leurs témoignages mettent en lumière 4 types de souffrance de ces femmes de pouvoir.

Les souffrances des femmes au travail

  • L’alcoolisme. Dans les témoignages, une constante revient : plus les femmes sont instruites et ont de hautes responsabilités, plus elles consomment de l’alcool.
  • Le burn-out : Nous l’avons vu plus tôt, 3 femmes pour 2 hommes succombent au burn-out. Fait intéressant, les témoignages des femmes ont quelque chose de commun. Le burn-out surviendrait très souvent après la naissance du 3e

N’oublions pas que les symptômes burn-out peuvent s’entrecroiser avec ceux du brown-out, le manque de sens. On pourrait penser que ces mères de famille ont été frustrées de ne pas avoir pu profiter des premières années de leurs aînés. Or, voir évoluer et grandir son enfant est une expérience fabuleuse, et qui pour le coup a du sens.

  • Le harcèlement : Les femmes sont deux fois plus harcelées que les hommes. Les raisons étant liées à leur féminité : leur manque de disponibilité à cause de la maternité, leur incapacité à gérer leur stress ou leurs émotions. Sans parler des remarques de bon goût : « tu ne vas pas aller à la réunion comme ça, tu vas tous nous les exciter ».
  • La maternité contrariée : Un nouveau phénomène sociologique a interpellé les psychiatres : la solitude des femmes et le retard de leur maternité dû à leur investissement professionnel. Le problème c’est que l’horloge tourne et que les conséquences en découlent : désespoir de ne pas être mère, puis recherche frénétique d’un géniteur, allant jusqu’à passer la frontière pour bénéficier d’un don du sperme, et enfin, la culpabilité d’avoir fait un bébé toute seule.

Avoir des ambitions professionnelles n’est pas donc pas gratuit pour une femme. En jeu, sa santé tant psychologique que physique. On peut comprendre qu’en temps de crise économique, la santé ne soit pas un sujet préoccupant. Pourtant les médecins ne cessent de le marteler : c’est une erreur, et il est urgent de comprendre qu’une société en bonne santé économique ne peut naître que d’une société en bonne santé tout court. Il est grand temps d’envisager des solutions à échelle tant individuelle que collective.

Les solutions individuelles et collectives

A échelle individuelle, les femmes peuvent entamer un travail de confiance en soi, et sur leur éternelle culpabilité. Elles n’ont pas à porter le poids du monde sur leurs épaules, tout en se privant de la part du gâteau. Certainement le désir des femmes fait peur à certains hommes, à elles d’être malignes et de savoir apprivoiser ceux qui le redoutent. Elles se doivent pour elles-mêmes d’apprendre à s’exprimer tranquillement et sans crainte de rien. Une grande partie de leur solution viendra dans le savoir lâcher-prise, à laisser tomber l’idée de « faire l’homme », ou d’en faire autant qu’eux.

A échelle collective, les solutions ne manquent pas, et les femmes ne sont pas en reste pour en proposer :

  • Concrètement, aménager le temps de travail et télétravail quand les enfants sont en bas âge, ainsi que des lieux spécifiques pour tirer le lait.
  • Sur le plan psychologique, reconnaitre et accepter que les femmes gèrent les équipes et situations de façon différente que les hommes.

Ces solutions répondent à une réalité sociologique : la féminisation du monde professionnel. Ce même monde encore pensé et dirigé par des esprits passéistes, sourds à toute évolution de la société, même « grosse comme une maison ». En attendant, l’équilibre entre les femmes et les hommes met du temps à s’installer. Néanmoins, tout cela pourrait vite s’accélérer une fois que les hommes comprendront que c’est dans leur intérêt de mettre en place davantage d’équité à la maison, dans l’entreprise et dans la société. Intérêt que nous connaissons déjà chez BloomingYou. Souvenez-vous  de ce que gagnent les hommes avec le féminisme.

 Pour aller plus loin : Sophie Bramly & Armelle Carminati-Rabasse, « Pouvoir(e)s, les nouveaux équilibres femmes-hommes », Eyrolles, 2012 
1 commentaire
  • Répondre Pascale Caminade
    • mercredi 6 juin 2018
    • 10 h 33 min

    Bonjour,
    Bravo pour cet article tellement juste sur cette question profonde de société. C’est en effet un défi fondamental pour nous tous de vivre entre hommes, entre femmes et entre hommes et femmes au travail et plus largement dans la vie.
    Dans la panoplie, j’ajouterais l’abnégation des femmes pour paraitre belles, minces, de bonne humeur, le surinvestissement au travail, l’invisibilité des fameuses N°2 ETC. Cette panoplie visible et invisible renvoie au sujet essentiel : la difficulté ou l’incongruité d’être elle-même tout simplement. Quel désastre, quel gâchis, quelle honte, quels dégâts pendant ces longues, trop longues années de transition. Mesdames, soyez-vous mêmes, ne sur-jouez pas, ne sous-jouez pas. Vous vous ferez ainsi un cadeau, ainsi qu’à ceux et celles qui vous aiment.

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