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Du nouveau chez les génies 

Depuis peu, les enfants et adultes dont l’intelligence est supérieure à la moyenne ne sont plus appelés des surdoués, ni même des haut-potentiels, mais des philo-cognitifs.

Ces changements de nom émanent des travaux sur l’intelligence rapportés par Fanny Nusbaum, docteur en psychologie et chercheur en neurosciences, Olivier Revol, pédopsychiatre, et Dominic Sappey-Marinier, enseignant-chercheur en biophysique et neurosciences, dans un ouvrage commun « Les Philo-cognitifs » publié aux éditions Odile Jacob.

Tout d’abord, les auteurs expliquent pourquoi les qualificatifs de « surdoué » et de « haut-potentiel » manquent de pertinence pour décrire les personnes détenant une grande intelligence :

  • Un surdoué renvoi à l’idée que la personne est dotée d’un don. Seulement, avoir un don n’est pas automatiquement assimilé à une intelligence globale. De plus, quand on se penche sur la vie de beaucoup de ces surdoués, on se rend compte que leur don est davantage acquis qu’inné. Sans la forte culture musicale familiale et l’entraînement intensif imposé par son père, Mozart aurait-il été ce compositeur aussi prolifique que génial ?
  • Le terme de haut-potentiel, quant à lui, renvoi à l’idée de ressources cognitives présentes mais pas forcément disponibles. Un potentiel peut éclore ou non. Par ailleurs, les chercheurs notent que tous les individus capables de grandes performances ne sont pas automatiquement qualifiés de haut-potentiel.

Selon les chercheurs, le nom le plus approprié à donner pour les individus possédant des ressources cognitives supérieures est celui de philo-cognitif.

Leur point commun étant « un intérêt prononcé (voire un besoin profond) et une capacité supérieure pour la mobilisation massive de la pensée au travers de trois processus principaux : un raisonnement actif et compulsif (hyperspéculation), une sensibilité et une alerte exacerbées (hyperacuité) et une pensée automatique et analogique surdéveloppée (hyperlatence). »

La particularité des philo-cognitifs 

Les philo-cognitifs ont la particularité de penser comme ils respirent. Quoiqu’ils fassent et regardent, cela va être un sujet de questionnement. Pourquoi le ciel est bleu ? Pourquoi il fait froid en montagne alors que la chaleur monte ? Pourquoi ma conscience est dans mon corps et pas dans celui de mon chat ? Pourquoi a-t-on décidé qu’il y aurait 31 jours au mois de juillet et pas au mois de juin ? etc.

Ces questions peuvent traverser tout un chacun, mais chez les philo-cognitifs, ce questionnement n’est pas le signe d’une curiosité nouvelle mais d’un besoin compulsif.

Ce besoin n’est d’ailleurs pas toujours conscient et ne vient pas de leur volonté propre, mais de leur biologie. Plus précisément de leur cerveau qui a la particularité d’être mieux organisé et structuré que la moyenne.

Toutefois, et c’est une petite surprise, ceux qui disposent d’un tel cerveau ne sont pas forcément les plus performants ou compétents.

L’intelligence est-elle un facteur de réussite ?

Plusieurs causes l’expliquent…

D’abord, les chercheurs notent que l’on peut avoir de grandes appétences pour penser mais non pas pour agir. Autrement dit, on peut avoir les meilleures idées du monde, mais si elles restent dans notre cerveau, elles ne seront jamais reconnues.

Par ailleurs, étant donné la qualité de leur raisonnement, les philo-cognitifs « sont plus conscients des tenants et aboutissants du monde qui les entoure ». Ce qui peut être à double tranchant, car ils sont plus sujets au ressassement mental et à la dépression. Et dans un monde qui ne tourne pas rond, ils sont également plus sujets à s’en retirer.

Mais si la réussite n’est pas systématique pour les philo-cognitifs, l’est-elle pour un certain type d’individus ? Autrement dit, « existe-t-il ainsi un ingrédient, un comportement ou un réseau cérébral commun à ceux qui réussissent ? »

Les agents essentiels à la performance et la réussite

Une partie du cerveau sur-musclée

Il y a effectivement un point commun aux individus qui réussissent, et à qui on accrédite une grande performance. Ce sont ceux qui ont musclé une ou plusieurs régions cérébrales liées à leur domaine de compétence / performance :

Par exemple :

  • Les experts en mathématiques ont un réseau bilatéral préfonto-temporo-pariétal plus développé que la moyenne.
  • Pour les peintres, c’est leur réseau pariétal sensorimoteur qui est très musclé.
  • Pour les danseurs, l’activité cérébrale est particulièrement dense dans le cortex frontal, orbitofrontal et le cervelet.

Toutefois à compétence égale (ou à cerveau musclé égal), qu’est ce qui va faire qu’un individu réussit mieux professionnellement et socialement qu’un autre ?

On en revient à l’état d’esprit.

L’hyperactivité réhabilitée

Pour les chercheurs, le plus grand obstacle à la réussite est la peur, et son plus grand soutien, la motivation.

Que la motivation soit intrinsèque ou extrinsèque n’a pas beaucoup d’importance, pour qu’elle soit suffisamment forte, elle doit être capable de supplanter la peur.

Pour cela, la motivation doit reposer sur deux qualités…

La première est l’hyperactivité, ce qui est assez surprenant quand on sait qu’elle est associée aux troubles de l’attention. C’est à tort. Car s’il est vrai qu’un hyperactif apparaît comme un grand agité ou nerveux, c’est du fait de son « besoin irrépressible d’être en mouvement physique et/ou mental ».

Ce plein d’énergie, loin d’être un poids, va être un moteur essentiel pour faire avancer l’hyperactif dans ses projets. Contrairement à beaucoup de monde, il ne connait pas la tentation de tout remettre au lendemain, parce qu’il est habité par l’urgence d’atteindre ses objectifs au plus vite.

De plus, cette impulsivité naturelle va lui être d’une grande aide face à la peur, parce qu’il va d’abord agir avant de réfléchir.

La seconde qualité, enfin, est la flexibilité mentale, c’est-à-dire la capacité de rebondir face à l’inattendu et à l’urgence. Ce qui comprend aussi la gestion du stress, de la pression, et donc par extension de la peur.

Conclusion ? Virgile avait raison : la fortune sourit bien aux audacieux. Et à ce propos, il serait intéressant de savoir s’il n’existe pas aussi « un ingrédient, un comportement ou un réseau cérébral commun » propre aux courageux.

Cette question mérite d’autant plus d’être posée dans un monde, où c’est davantage de courage que d’intelligence dont nous avons besoin.

Source : Fanny Nusbaum, Olivier Revol & Dominic Sappey-Marinier, Les Philo-cognitifs, éditions Odile Jacob, 2019
écrit par

La rédaction

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