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Fabienne Verdier, un pinceau inspiré !

  • jeudi 8 mars 2018
  • 4 Min de Lecture

La grâce du mouvement!

Les amoureux d’art contemporain ne peuvent pas passer à côté de de l’artiste peintre Fabienne Verdier. Elle expose dans les plus prestigieuses galeries du monde et a signé la couverture de la 50 ème édition du dictionnaire Le Petit Robert. Et pour vous, chers lecteurs, nous avons un spécial scoop BloomingYou : Fabienne Verdier signera la prochaine affiche de Roland Garros 2018, que nous découvrirons ensemble le 20 mars prochain.

Une aventurière hors norme

À l’âge de 20 ans, fraîchement diplômée des beaux-arts, elle part s’initier en Chine à la peinture, la gravure ancienne et la calligraphie chinoise.

Melodie blanche, 2015

Nous sommes en 1989, moment où la Chine rouge entend faire table rase de son passé impérial, arts compris. Dorénavant l’art est retranché au genre du réalisme socialisme à la Mao. Cela sera une première déroute pour la jeune étudiante qui ne rêve que d’arts chinois anciens. Cette épreuve ne sera pas la seule. La direction de l’Institut l’isole, en lui refusant l’apprentissage du chinois et en interdisant aux autres étudiants de lui adresser la parole. Pour l’isoler complètement, elle aura droit à un régime de faveur : une cellule pour elle seule, et de meilleurs plats.

Sa seule interlocutrice est son interprète, Mme Liu, qui la suivra (et la surveillera) comme son ombre. Ajoutez à cela la désuétude des bâtiments, l’hygiène de vie douteuse, et le rythme de vie quasi militaire de l’Institut (lever du drapeau national à 5h30 et extinction des feux à 22h30). En dépit de ces obstacles, Fabienne Verdier ne renoncera pas au but de son voyage. Non seulement, elle affrontera la hiérarchie de l’Institut, se fera des amis parmi les étudiants chinois, mettra fin à son « régime spécial », mais elle trouvera aussi des maîtres en arts anciens chinois. La raison de sa venue en Chine.

Pour en savoir plus sur les aventures de jeunesse de Fabienne Verdier, n’hésitez pas à lire « Passagère du silence, 10 ans d’initiation en Chine ». Dans cette autobiographie, elle nous rapporte les enseignements emprunts d’art et de spiritualité qu’elle a reçue de ses maîtres. Des esprits libres, gardiens des secrets et des origines d’un art, méprisé par les autorités. Leurs discours rapportés par l’artiste nous permettent de comprendre le processus de son art, celui du trait animé par la vie. Prodigieux.

Voix,vortex

L’art du trait animé par la vie

Tout le secret de ces arts chinois réside dans le trait. Fabienne Verdier rapporte l’enseignement de son principal maître en calligraphie chinoise, Huang Yuan qui lui a transmis au prix d’une ascèse réelle, dans la Chine suspicieuse, famélique et oppressante des années 80 à unir les souffles intérieur et extérieur :

« Le beau en peinture, n’est pas le beau tel qu’on l’entend en Occident. Le beau, en peinture chinoise, c’est le trait animé par la vie, quand il atteint le sublime du naturel. Le laid ne signifie pas la laideur d’un sujet, qui au contraire peut être intéressante : si elle est authentique, elle nourrit un tableau. Le laid, c’est le labeur du trait, le travail trop bien exécuté, léché… ».

Pélerinage aux monts des intentions, 2006

« Si on tente d’achever le tableau, il meurt. C’est dans l’inachevé qu’on laisse la vie s’installer. L’ineffable en peinture naît de ce secret : la suggestion. Tu dois parvenir à saisir cet état, entre le dit et le non-dit, entre l’être et le non-être. Il faut de la discontinuité dans la continuité du trait. La danse du pinceau dans l’espace laisse des blancs pour permettre à celui qui regarde de vivre l’imaginaire dans le tableau, d’aller découvrir le paysage seul, par la suggestion, sans trop en dire, pour faire jaillir la pensée. « 

Méditations en cobalt, 1997
Méditations en cobalt, 1997

“La peinture chinoise est une peinture de l’esprit ; elle ne vise qu’à transmettre l’esprit des choses à partir des formes, qui ne sont qu’un moyen ».

Fabienne Verdier le résume très bien. Les anciens calligraphes et peintres chinois avaient une vision anthropomorphique du trait. Il était vu comme un organisme vivant et un véhicule d’émotions. Huang Yuan était capable de déduire l’état d’esprit de son élève quand elle s’exerçait à l’art de la calligraphie. Etait-elle fébrile, fatiguée, calme, heureuse ou démotivée ?.« Le trait est une entité vivante à lui seul ; il a une ossature, une chair, une énergie vitale ».

Pour parvenir à la maîtrise de cet art, il faut du temps, de la patience, de la répétition, de la résiliation. Durant trois ans, Fabienne Verdier se consacrera à l’apprentissage de l’art du trait, devenant même la risée de ses « camarades-étudiants » qui ne comprenaient l’intérêt qu’elle portait à des vieux fous et un art jugé has been.

Fabienne Verdier persévéra dans la quête de son art et de soi, ce qui revient au même dans la Chine ancestrale.

L’artiste, cette grande dame, vit aujourd’hui à la campagne, son atelier est agencé autour d’un pinceau de deux mètres,  auquel elle a greffé un guidon de vélo pour exploiter au mieux les possibilités de son espace de travail et donner à ses créations une troisième dimension.

Profondément inspirée et inspirante, nous vous invitons à découvrir son histoire et ses oeuvres ici.

Enfin, notez dans vos agendas que Fabienne Verdier exposera à Paris en novembre prochain.

Pour aller plus loin : Fabienne Verdier, « Passagère du silence, 10 ans d’initiation en Chine », Albin Michel, 2003  
écrit par

Amal

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