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L’albatros, le choc écologique

  • mercredi 22 août 2018
  • 4 Min de Lecture

Comment nos péchés consuméristes nous détruisent à petit feu ?

Sur la plage abandonnée, coquillage et crustacé, qui l’eut cru, déplorent la perte de l’été qui depuis s’en est allé. Comme aux derniers jours d’été, nous chantonnons cette rengaine intemporelle de B.B tout en faisant défiler nos souvenirs de vacances dans nos têtes : ces marches à la montagne, ces délicieux repas au restaurant, ces baignades au petit matin… Quel bonheur ce fût de se reconnecter à la nature ! Pourtant, des nouveautés malheureuses s’ajoutent à ce tableau idyllique. Mais oui, essayez de vous rappeler… Avez-vous rencontré ces petits morceaux de plastique qui recouvrent le sol durant vos randonnées ? Lors de vos expéditions maritimes, avez-vous remarqué la disparition des poissons ? Avez-vous observé le silence des oiseaux pendant votre méditation matinale ? Ou encore, avez-vous ressenti ces pics de chaleurs ?

Tous ces changements font se soulever de nouvelles questions et impliquent ainsi une nouvelle réalité, celle d’un monde qu’il faudra protéger.

Ainsi et depuis déjà quelques années, la communauté scientifique s’accorde : les activés humaines sont bel et bien responsables du dérèglement climatique actuel. On appelle cette période anthropocène (le terme de chronologie géologique « anthropocène » signifie littéralement « l’âge de l’homme ».)  Fort de ce constat, on entend déjà parler d’une prochaine 6ème extinction comme dans le livre d’Elizabeth Kolbert.

Mais alors, que cela veut-il dire ? Prenons l’exemple de ce petit insecte qu’est l’abeille : chaque jour, elle se fait tuer à cause de l’utilisation de nombreux pesticides utilisés par l’homme. C’est triste évidemment, mais quel rapport avec « moi » vous demanderez-vous ? La réponse est : tout, car tout est lié ! Actrices fondatrices de la pollinisation, les abeilles jouent un rôle indispensable dans la reproduction des plantes qui sont elles mêmes indispensables à nos besoins. Cette prise de conscience de l’interdépendance des choses et des espèces a réuni des hommes et des femmes bien décidés de faire changer les choses.

Chris Jordan est l’un d’entre eux et son film est un appel à l’aide.

Californien de naissance Chris Jordan est un artiste engagé connu pour ses grandes œuvres. Celles-ci tendent à faire comprendre aux Américains les enjeux du consumérisme occidental et notamment américain, en passant par des représentations de grands nombres, qui ne sont pas compréhensibles par le cerveau humain lorsque présentés par les statistiques pures.

La photo ci -dessus représente 139 000 mégots de cigarettes, soit le nombre de cigarettes fumées et jetées toutes les 15 secondes aux États-Unis. Les mégots de cigarettes sont les articles les plus répandus dans les espaces publics américains, y compris les parcs, les plages, les voies navigables et les environnements urbains. Cette forme de litière a des répercussions considérables sur l’environnement: les mégots contiennent de nombreux produits chimiques toxiques et cancérogènes, contaminent les sources d’eau et empoisonnent la faune. Les filtres sont en acétate de cellulose, un type de plastique qui ne se biodégrade pas.

Amoureux de la beauté de la nature et fervent défenseur de celle-ci, Chris Jordan revient cet été sur la scène contemporaine artistique avec un documentaire poignant baptisé sobrement Albatross (albatros en anglais).

Albatross, une tragédie écologique

Albatross est à l’origine un projet initié par Chris Jordan et le photographe Manuel Maqueda en 2008. Ayant eu vent de la terrible tragédie environnementale qui se déroulait sur les îles de Midway (océan pacifique) près de Hawaii, les deux amis ont décidé de s’y rendre.  Là-bas, ils découvrent des milliers de jeunes albatros morts sur le sol, leurs estomacs remplis de plastique.

De ce choc est né un projet, un chef-d’œuvre qui nous fait prendre conscience de la trace que l’homme laisse sur la nature. Plus qu’un hommage rendu à l’albatros, c’est une ode à l’oiseau, au monde animal et plus globalement à la beauté de ce qui nous entoure.

« Mon temps avec ces êtres magnifiques était une expérience intérieure et extérieure, imprégnée de moments accablants de beauté, de lyrisme, de mystère, de révérence, de chagrin et de joie. Les oiseaux et l’île ont résonné avec des couches richement poétiques de symbolisme, d’archétype, de métaphore et d’esprit. Midway me semblait être une sorte de point d’acupuncture sur le globe, émanant d’une énergie curative transformatrice qui, si elle était honorée dans toute sa profondeur et sa largeur, pourrait atteindre le champ de la conscience collective humaine. » (Chris Jordan)

En visionnant le documentaire, nous sommes bercés par la narration de Chris Jordan en voix off, ses remarques et ses sentiments. On est comme emportés dans son journal de voyage puisqu’on entend ses mots et que l’on voit comme à travers lui. Cette dernière phrase revêt d’un aspect primordial puisque qu’il convient de rappeler que l’initiateur du projet est un artiste plasticien et non un réalisateur de film documentaire. Par conséquent, les images sont issues d’un choix artistique, d’un regard particulier et sélectionnées pour leur esthétisme. On peut même aller plus loin en vous faisant une confidence : le documentaire est si bien réalisé que l’on finit par éprouver une compassion inattendue pour ces albatros et plus globalement pour cette altérité animale.

« À travers ce voyage, j’ai tenu à un principe d’émergence qui a servi de fondement créatif au projet. Je voulais faire l’expérience des oiseaux, selon leurs termes, en leur imposant le moins possible les jugements humains ou les idées préconçues. Pour ce faire, j’ai évité d’écrire n’importe quel aspect du film à l’avance. Les voyages ont été abordés comme des explorations créatives ouvertes, sans histoire ou agenda en tête » (Chris Jordan)

Tout au long du film, on assiste à l’admiration d’un homme pour la beauté du monde et à son indignation face à ses propres actions qui conduisent à la destruction de ce qu’il aime.  De cette expérience, la vraie nature du deuil s’est révélée d’elle-même, j’ai compris que le deuil est différent de la tristesse ou du désespoir, le deuil est la même chose que l’amour, le deuil est une expérience d’amour pour quelque chose que l’on perd ou que l’on a perdu. Lorsque le deuil nous entoure, on lui permet de venir chez nous là où notre lien avec la vie est le plus profond, je ne pensais pas que je pourrais m’attacher à un albatros. (Extrait du documentaire)

A voir absolument, Albatross fait écho aux préoccupations écologiques actuelles. C’est une claque esthétique et éthique que l’on recommande vivement !

Le film est disponible gratuitement en VOFR ici et pour plus d’informations sur l’artiste Chris Jordan c'est  !
écrit par

Elise Roche

Portraits & Interviews

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