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Comment survivre aux cons et ne pas en devenir un soi-même ?

  • mis à jour le vendredi 28 juin 2019
  • 6 Min de Lecture

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Subir la connerie, un défi de tous les jours

Cernés par les cons

Entre celui qui ne respecte pas le code de la route, et nous crée des bouchons monstres, ou encore un autre qui jette ses déchets par terre, les cons sont partout et nous en croisons tous les jours. Dans la vie de bureau, cela peut même aboutir à une réelle souffrance quand il devient impossible de travailler dans l’Open Space à cause d’abrutis qui se croient chez maman, ou quand son n+1 est un immonde connard.

Les cons sont un vrai problème, car pour tous ceux qui aspirent à cultiver la joie, la gratitude et l’ouverture aux autres, comment peut-on y arriver quand on se fait emmerder une à plusieurs fois par jour ?

La quête philosophique

La philosophie, dont la vocation principale est la recherche de la sagesse, prend enfin le taureau par les cornes en se consacrant au vaste sujet que sont les cons. Cette initiative plus que bienvenue, a été entreprise par Maxime Rovere, historien de la philosophie qui a enseigné à l’Ecole Normale Supérieure de Lyon et à l’université PUC de Rio de Janeiro. Il constate, en premier lieu, que nous devons reconnaître une qualité aux cons, c’est qu’ils sont très forts. Trop pour nous.

La force de la connerie

« Les cons s’obstinent à vivre, se reproduisent et nous survivront très certainement. On ne peut se réconcilier avec les cons, pour l’unique raison qu’ils ne veulent pas. Il faut donc apprendre à faire avec ».

Et oui, les cons sont contagieux. Dans le sens où ils nous rendent nous-mêmes cons. En effet, agacés ou outragés par la situation, nous sortons les dents et devenons nous -même agressifs, jusqu’à être hors de nous. Il y a donc bien une force chez la connerie, celle de la destruction.

L’enfer c’est les cons

« Si nous avons un problème avec les cons, c’est parce que nous faisons dans cette rencontre l’expérience de nos propres limites. Ils marquent le point au-delà duquel nous ne savons plus comprendre et où nous ne pouvons plus aimer. Les cons détruisent la fraternité. [ …]  Ils créent une rupture entre ce qu’ils font et la manière dont un être humain accompli doit se comporter, au moins selon votre propre conception de l’humain. » En clair, les cons rendent impossible le vivre ensemble.

Et d’ailleurs à quoi se reconnaissent les cons ?

Ce sont « ceux qui rejettent tous ceux qui ne suivent pas leurs codes, et sur ce point, la connerie est parfaitement distribuée entre dominants et dominés, riches et pauvres, savants comme ignorants, religieux comme athées. La connerie ici ne désigne pas l’appartenance à un groupe mais la manière de vivre cette appartenance en favorisant l’exclusion. »

Il est impossible d’être dans l’ouverture d’esprit et l’empathie quand on a en face de nous une porte de prison qui ne voudra jamais s’ouvrir. Alors que faire pour vivre avec les cons et les empêcher de nous nuire au quotidien ?

Pour ce faire, nous allons voir dans un premier temps comment vaincre le sentiment nauséeux et repoussoir que nous inspire les cons, puis nous verrons comment les cons peuvent devenir des maîtres spirituels.

Comment supporter les cons ?

Un sacré challenge émotionnel

Face à un con, toute notre difficulté réside dans notre capacité à prendre du recul avec la tempête d’émotions négatives qui se déchaîne en nous. Or, « Les émotions doivent être acceptées à leur tour comme des évènements, c’est-à-dire comme des défis de second degré. » Si cela nous est particulièrement difficile, c’est parce que le con défie notre logique. Il ne devrait pas agir comme il le fait, et pourtant il en est ainsi.

L’acceptation

Confrontés au con, nous voyons dans son existence et son comportement une erreur. Nous mettons alors un point d’honneur à corriger cette erreur par un discours où nous mettons en avant nos valeurs et notre moral pour aussi bien faire changer le con qu’apaiser nos émotions. Or, c’est là que nous nous fourvoyons, et que nous devenons le gros cons que nous récusons. Les cons ne sont pas une erreur. Comme les moustiques et les tiques, ils existent, c’est un fait. Il ne nous appartient pas de décider qui a le droit de vivre ou non. Alors comment s’en sortir ? En renonçant dans un premier temps à vouloir raisonner les cons.

Pourquoi la morale est inefficace ?

Dès que nous commençons à faire part de notre point de vue à un con, celui-ci l’ignore complètement. Vexés, blessés, notre orgueil explose et avec lui toutes les émotions négatives qui l’accompagnent. Nous jetons à la figure du con notre agressivité, notre indignation, nos valeurs, notre moral, notre point de vue. Le hic, c’est que cela ne sert strictement à rien. Il est impossible d’avoir un dialogue constructif avec un con, car il s’en fiche royalement. Pire, vous lui parlez une langue étrangère.

Puisqu’on ne peut pas tuer les cons, ni leur parler, comment trouver le moyen d’apaiser les émotions qu’ils nous inspirent. En comprenant un fait fondamental : les cons souffrent. Leur connerie est le symptôme de leur mal-être.

Les cons souffrent

Si les cons sont odieux avec les autres, c’est parce qu’ils sont persuadés que la Terre entière leur est hostile. Or, l’Effet Miroir préconise que ce que nous percevons d’une situation est uniquement fondé sur nos interprétations. Interprétations qui ne sont que les projections de notre état intérieur. Ainsi, les cons ne doivent pas beaucoup s’aimer. Et en les jugeant, nous aggravons leur souffrance.

Voici ce que préconise Maxime Rovere :

« Les cons souffrent, inutile de passer par le jugement, essayez la narration ! Il n’est pas nécessaire que vous soyez d’accord avec les cons, il n’est même pas indispensable que vous compreniez tout ce qu’ils disent. L’essentiel est de considérer ceci : partout où il y a un con, vous ne pouvez faire autrement que de renoncer à une communication de type classique ; le plus efficace est d’ouvrir en urgence votre confessionnal. Les cons souffrent, alors même s’ils parlent une langue différente, laissez-les vous raconter leur souffrance ».

On pourrait se demander si les cons valent cet effort ? Oui, pour ne plus être confronté au quotidien aux émotions négatives et retrouver estime et confiance de soi, et enfin mieux supporter les cons.

Prêter une oreille attentive aux cons

« Nous n’avons pas besoin d’être tout à fait d’accord pour faire vérité ensemble, car la vérité d’une situation morale résulte de la croisée des opinions. Le travail de l’écoute et de la narration nous permet de répondre aux défis des émotions, aussi racontez-vous à votre tour, purgez votre cœur de ses émotions. Mais n’allez pas exiger des cons qu’ils vous comprennent et reconnaissent la vérité de votre souffrance ; allez plutôt trouver cet appui ailleurs, chez des personnes éclairées et de bonne volonté. Le grand défi moral ne consiste pas à rendre la connerie savante, mais à empêcher les cons de nuire. »

Comment s’épanouir grâce aux cons ?

Une épreuve d’humilité

Frédéric Lenoir dans son « Petit traité de vie intérieure » voue un chapitre à la question de l’adversité. Il parle de l’échec amoureux ou professionnel. Mais les cons sont aussi des adversaires finalement. Or,

« le premier atout [de l’adversité] qui n’est pas négligeable consiste à nous remettre dans une attitude d’humilité face à la vie. Il nous contraint à accepter la vie telle qu’elle est et non pas telle que nous la voulons ou rêvons. La souffrance c’est la résistance. »

La résistance avec les cons commence dès que nous les jugeons. A ce moment-là, nous manquons d’humilité. Même si nous sentons que c’est nous qui avons raison.

Mais, comme le rappelle très bien Maxime Rovere :

« Nous devons prendre du recul sur nos leçons de moral et nos valeurs, elles n’ont rien d’absolues, le croire c’est rejoindre le con qui a une image divine de lui-même. »

Il souligne également que nous ne devons pas désespérer, car après tout le monde n’abrite pas que des cons. Ceux là sont juste plus bruyants et envahissants que les autres.

Une vertu entraînant une autre, l’humilité favorise la capacité de lâcher prise face aux cons.

L’art du lâcher-prise

« Appréciez les propos du mari de votre sœur un peu facho-myso, au lieu de vous en exaspérer par avance. Ecoutez les, attentivement, encore et toujours pour les soulager de leur plainte, non sans reconnaître en eux le dieu Shiva qui, dans sa danse aux 1000 bras, détruit le monde en souriant. Car les cons sont les apôtres sacrés de la guerre. Et la guerre n’est pas juste un scandale, elle nous est abominable parce qu’elle révèle l’implosion extatique d’une joie sans sujet, sans but, sans sens. Pour ne pas entrer en guerre, laissons la se faire (puisqu’il le faut) mais ne nous en mêlons pas et faisons la paix de notre côté. »

« Vous ne changerez un con qu’en vous changeant vous-même. »

C’est là où les paroles de Gandhi prennent leur sens, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde. » Nous n’avons pas le pouvoir de changer les cons, alors acceptons-le et vivons en paix en accordant un point d’honneur à cultiver avec nos plus proches une qualité relationnelle qui compensera avec la rencontre inévitable des cons.

Source : Maxime Rovere, « Que faire des cons ? », Editions Flammarion, 2019
écrit par

Amal

Relations interpersonnelles

Savoir être

Confiance en soi

Bonheur

Lâcher-prise

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