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Les ados, ce qui se passe dans leurs cerveaux !

  • mis à jour le lundi 20 avril 2020
  • 6 Min de Lecture

/ 5.

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Sautes d’humeur extrêmes de nos adolescents !

Souvenez-vous de La Boum ! Dans le film, Claude Brasseur demande désarçonné à Brigitte Fossey en parlant de leur fille Sophie Marceau « qu’est-ce qu’elle a ? » « 13 ans, répond-elle ! ».

Rares sont les parents à rester zen face à leurs ados ! Le livre du psychologue Michael J. Bradley va encore plus loin dans le constat, les ados rendraient fous !

Mais pourquoi ? Simple, les adolescents ont un cerveau temporairement lésé et la traversée de cette période de grand changement aussi bien physique, neurologique qu’émotionnel est marquée par des contradictions dignes de la théorie des contraires.

Ils cherchent à la fois amour et liberté. Ils souhaitent un cadre, mais ne rêvent que d’en sortir ! Ils se prennent pour des adultes mais sont moins responsables que les plus petits.

L’idée est donc de les accompagner dans cette période de bouleversement cérébral car malgré leur insolence et leur quête de liberté ils nous aiment plus que tout !

Preuves scientifiques à l’appui

Des neuro-scientifiques de l’université de Cambridge et de l’université collège de Londres ont réalisé des cartographies en IRM fonctionnelles. Elles montrent que certaines régions du cortex cérébral, la partie du cerveau notamment dédiée au raisonnement, à la pensée et aux mouvements, sont en pleine organisation pendant la période de l’adolescence. Le cerveau des ados est un vrai champ de bataille.

Mais, ces lésions ne sont qu’une étape chimique nécessaire à la construction des différents cerveaux. Oui, ce processus de transformation est naturel, pas d’inquiétude !

Période de mutation 

Nous nous sommes tous extasiés devant leur progression fulgurante particulièrement dans les domaines des capacités d’apprentissage, de la création artistique et de leur hypersocialisation. En revanche, impossible de louer le talent des ados en termes de libre arbitre, de contrôle, d’organisation, de planification, d’anticipation, et encore moins de mesure des conséquences de leurs actes.

Normal, les zones préfontales sont provisoirement moins opérationnelles. L’amygdale (centre de traitement et d’intégration des émotions subconscientes et responsable des réactions de stress) des ados est une cocotte-minute.

Pas étonnant donc qu’ils réagissent au quart de tour ! Par ailleurs, la dopamine (hormone de la joie) est davantage sécrétée dans leur cerveau ce qui pousse les ados à rechercher des sensations fortes sans qu’ils en estiment le risque. L’ado est câblé pour transgresser.

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Priorité au dialogue

Interdire et punir altère encore plus cette notion d’évaluation du danger. Pire, l’autoritarisme accroit leur désir de dépasser les limites surtout auprès de leur communauté. Priorité absolue à celle-ci. Pourtant, il y a bien un moyen d’envoyer un message paisible à leur amygdale. S’asseoir quand on leur parle ! En effet, cette position enverrait un signal de calme au cerveau et permettrait que leur perception du moment change.

Résultat : leur sentinelle émotionnelle ne ressent plus de menace et du coup les réactions de défense et d’attaque sont désactivée. Notre rôle : les aider à calmer leur amygdale et à dompter leur cerveau et non mettre de l’huile sur le feu en sortant de nos gonds.

Des copies de nous qu’on le veuille ou non

Rassurons-nous, nous avons été dans la même quête vitale qu’eux, nous avons parlé le même langage, nous avons cherché à désemparer nos parents. Quant au téléphone, sa simple vue nous procurerait tout autant de joie si la technicité l’avait permis à notre époque.

Car oui, ce satané smartphone déclenche chez eux un jaillissement de neuromédiateurs du plaisir, du bien-être dans son cerveau. Ne nous leurrons pas, il y a bien une histoire de chimie, certes dans un monde toujours plus fou et plus connecté.

Leur chambre est un capharnaüm 

C’est une manière de marquer leur territoire. Car, une chambre trop rangée c’est à leurs yeux passer par une petite fille/garçon bien docile. Or, l’ado hait ce jugement.

Pas question d’être sage et rangé comme une image ! Le plus étonnant est qu’il y aurait même un lien entre désordre et QI élevé. S’ils sont capables de retrouver leur devoir au milieu de leur bazar, soyons tolérants vis-à-vis de ce désordre.

C’est LEUR chambre et leur univers et cela permet qu’ils développent leur intelligence. Attention cependant au manque d’hygiène, symptôme probable d’une tension interne.

Ils n’écoutent pas ?    

La zone de langage chez le garçon de 14 ans est moins connectée avec le passage à l’action que chez la fille. Pour autant, fille ou garçon, l’ado a entendu ce qu’on lui demande mais ne pense pas qu’il doive obtempérer dans l’instant ! Il a compris la requête du parent, mais sans que cela ne déclenche une action immédiate, c’est pourquoi on entend systématiquement « attends ».

Chez lui, un ordre inhibe la zone de responsabilité personnelle. Son cerveau préfrontal, toujours le même, est momentanément indisponible. À noter qu’un ado sur cinq connaît une perte auditive entre 12 et 19 ans ! Par ailleurs, s’il est capable d’assimiler plein d’infos, les compétences de multitâche ne se développent qu’entre 16 et 17 ans.

Les oublis et les maladresses

Se souvenir que leurs affaires de sport sont en train de rancir dans leur sac, penser qu’ils devraient les mettre dans la machine à laver pour qu’elles soient propres pour le prochain cours nécessite un esprit d’organisation, de planification et d’anticipation dont nous avons dit qu’ils ne sont pas encore équipés à cet âge-là. Par ailleurs, leur manque d’agilité (pas systématique) vient aussi que les choses pour eux ne sont pas toujours à la distance à laquelle ils les voient.

L’insolence 

Si les ados ne répliquaient pas, cela montrerait qu’ils sont bien dans ce monde de parents/ado, or ça les ferait redevenir petites filles/garçons. Quand ils entendent certaines fréquences de notre voix, inconsciemment, cela peut les renvoyer au passé quand ils étaient petits ce dont ils se protègent absolument avec de l’insolence. L’ado veut s’autonomiser et quitter la maison. En ayant le dernier mot, il espère affirmer son statut de grand !

La colère suivie de la porte qui claque

Tout comme chez les adultes, la colère parle d’eux et est probablement liée à une peur de perdre ou d’être abandonnés inconsciente. Tout en imposant le respect, soyons à l’écoute de leurs invectives car les ados parlent ici de leur souffrance. Parfois, ils en claquent violemment la porte de leur chambre. Si ce n’est pas excusable, là encore il y a une explication. L’ado « gifle » sa porte pour éviter de lever la main sur nous. Leur ton et leur insolence sont des manières, certes inappropriées, pour dire qu’on leur manque et qu’on n’est jamais là ! Réagissons avec le cœur à l’écoute.

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Les devoirs et notre obsession des résultats

Plus on s’implique moins les enfants réussissent, il paraît… Cependant, parce ce qu’on mise sur eux, difficile de résister à la tentation de faire à leur place quand ils ne comprennent pas. Montrons-leur qu’ils sont plus importants que leurs notes et valorisons leurs efforts plutôt que de créer chez eux une phobie scolaire déjà largement initiée par le système. Surtout bannissons le légendaire « tu es nul ». Le verbe a un pouvoir énorme sur le psychisme. Il suffit de dire à un enfant qu’il est nul et il s’invalidera toute sa vie. Quatre erreurs majeures sont à éviter dans le cadre des devoirs :

  • faire à leur place
  • trop contrôler, même si la confiance n’exclut pas le contrôle
  • intervenir entre l’ado et les enseignants
  • voler à leur secours pour les excuser s’ils n’ont pas fait leurs devoirs

Le fameux comme tu veux !

Nous avons tous proposé à notre ado de rester avec lui quand il avait rdv chez le docteur par exemple. La réponse est inconditionnellement « comme tu veux ». Grandir ne quitte pas leur esprit. Là encore, si l’ado ne s’oppose pas à ce que nous l’accompagnions voire le désire tout au fond de lui, impossible de le manifester, ce serait contraire à sa quête d’indépendance. C’est toute la complexité : ils détestent avoir envie d’être dorlotés et étreints, ça les rend bébé, et ils veulent être grands !

Conclusion : le vrai pouvoir des parents, c’est l’amour !

 L’adolescence est une période de grande fragilité du cerveau entre les hormones et les modifications. Notre vrai pouvoir réside dans la connexion avec eux et non dans la répression même s’il n’y a que les moyennes de juste. Nous sommes là pour qu’ils puissent un jour se soumettre aux règles de la société et cela passe par de la fermeté. Mais, sachons les écouter. L’écoute synthétise de l’ocytocine dans le cerveau, ce qui les aide à modérer leur stress.

Et puis, s’ils ne pleurent plus quand nous nous absentons, ils sont même positivement surexcités, nous restons une figure d’attachement capitale dans laquelle ils puisent un sentiment de sécurité et de confiance et vers laquelle ils se tourneront toujours. Quoi qu’il arrive !

Sylvaine Allié est praticienne en neuro-training à Paris.

Source : On ne se comprend plus – Isabelle Filliozat
écrit par

Sylvaine Allié

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2 commentaires
  • Répondre TOLLEFSEN
    • mardi 18 février 2020
    • 18 h 18 min

    Justement ce dont j’avais besoin. Merci 🙏

  • Répondre Céline
    • mercredi 27 mai 2020
    • 11 h 38 min

    Clair, simple et efficace. Merci pour cette mise au point.

Répondre à TOLLEFSEN Annuler la réponse.

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