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Et si le cerveau était bête ?

  • mercredi 5 décembre 2018
  • 5 Min de Lecture
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La confusion des sentiments 

A quoi sert concrètement notre cerveau ? A l’évidence à recevoir des informations de nos cinq sens et de notre mémoire afin de comprendre et d’agir sur le monde. De cela, pas une âme scientifique qui vive n’irait le remettre en cause. Ce qui est remis en question, en revanche, c’est le fonctionnement de notre cerveau.

Jusqu’à présent, l’idée communément admise est que nos calculs cérébraux s’appuieraient sur une base de données dans laquelle serait niché ce qui constitue notre personnalité (nos croyances, nos désirs, nos espoirs, nos peurs etc.). Mais comme nous l’avions déjà appris au côté du neurochirurgien Eben Alexander, il n’y a pas un début d’indice pour savoir où cette base de données aurait élu domicile dans notre cerveau.

De nombreux autres travaux venant des sciences cognitives, de la philosophie, de la psychologie sociale et clinique et des neurosciences vont à l’encontre de l’idée de base de données présente dans le cerveau. A partir de leur conclusion, Nick Chater, professeur des sciences comportementales de la Warwick Business School, en a tiré une théorie choc sur le fonctionnement du cerveau.

Celle-ci étant : nous n’avons pas plus de base de données dans le cerveau que d’inconscient ou de subconscient. En clair, l’idée que nous puissions avoir un monde intérieur est totalement erronée. Freud se retourne dans sa tombe, et nous, nous tombons des nues.

Comment est-il arrivé à cette conclusion ? Qu’est-ce que cela implique pour le rapport à soi-même ? Mais d’abord, pourquoi nous sommes nous trompés aussi longtemps ?

Trompés par la grande illusion

Connaissez-vous l’effet Kouchelov ? C’est un effet de montage d’image qui découle d’une expérience menée par le cinéaste russe Kouchelov au début des années 1920.

Cette expérience consista à capturer trois grands plans d’un acteur au visage impassible, le regard porté vers trois autres plans représentant pour le 1er plan une assiette de soupe, un mort dans un cercueil au second plan, et une jeune femme se languissant pour le dernier plan.

Or, il s’avéra qu’en dépit de son visage impassible, et en fonction du plan, nous lisions sur le visage de l’acteur la faim, la tristesse et le désir. Ainsi, bien que nous nous pensions capables de lire le visage de quelqu’un, ce que nous prenons en compte pour l’interpréter, c’est avant tout le contexte.

C’est une règle d’or chez notre cerveau : dès lors qu’il perçoit un visage, un symbole ou tout autre chose, il l’interprète en lui donnant autant de sens que possible par rapport à un plus large contexte.

Notre cerveau est une machine à produire du sens, à tout prix, et c’est ce qu’il fait de mieux même si nous pouvons passer complètement à côté de la réalité. Ce qui fait dire à Nick Chater que notre cerveau est bête, puisque cette frénésie à tout interpréter peut nous perdre.

L’effet Koulechov. L’interpretation des expressions du visage est radicalement différente selon la nature des plans insérés.

Nick Chater revient sur une expérience menée par les psycho-sociologues Donald Dutton et Arthur Aron, dans les années 1970, sur les process du sentiment amoureux et de l’attirance physique.

Deux jolies femmes se placent sur un pont. Une partie de l’extrémité de ce pont étant en bon état et solide, et l’autre extrémité étant très instable et vétuste.

Les jeunes femmes avaient pour mission de faire remplir des questionnaires aux passants. Ces dernières leur proposaient leur numéro de téléphone à la fin de l’entretien.

Le constat tombe : les hommes ayant traversé le pont vétuste et très instable ont significativement plus eu tendance à rappeler l’assistante, par rapport aux hommes traversant le pont solide et en bon état. Ils ont aussi répondu au questionnaire avec beaucoup plus d’allusions et images sexuelles.

Pourquoi ? Les hommes étaient sensiblement plus attirés par la jeune femme parce qu’ils avaient juste avant ressenti beaucoup d’anxiété. Les chercheurs expliquent cet intérêt par la mauvaise interprétation des hommes de leur état émotionnel.

Ils ont attribué l’augmentation de leur rythme cardiaque et la moiteur de leurs mains à leur rencontre avec la jolie assistante, et non au fait qu’il venait de traverser un pont en bois et en câble suspendu 70 mètres au-dessus d’une rivière tumultueuse.

Nous croyons ressentir une attirance, alors que ce n’est pas forcément le cas, nous avons juste ressenti notre cœur battre plus vite.

A ce stade, qu’est-ce que cela implique pour le sentiment amoureux et l’amour ?

Et l’amour dans tout ça ?

Bien sûr, l’amour a ses raisons que la raison ignore. Mais la quantité d’échecs amoureux démontre que notre cerveau prend un malin plaisir à nous induire en erreur sur nos sentiments en nous racontant des histoires merveilleuses mais fausses. Surtout quand une relation amoureuse en est à ses débuts.

Le fait que nous puissions aimer les mêmes films, partager les mêmes valeurs ou que  nous ayons une enfance similaire sont des indices trop faibles pour décréter qu’untel (ou une telle) est l’amour de notre vie. Il ne sert à rien d’aller chercher dans les tréfonds de notre âme quel type de personne nous allons aimer, de quelle manière et à quel degré.

L’amour n’est pas quelque chose qui se réfléchit. L’amour se vit. Cela passe par une attirance physique évidente, une admiration pour les qualités de l’autre, des joies et des plaisirs partagés, ainsi qu’une solidarité et une complicité sans failles. On considère ces éléments comme des preuves d’une profonde intériorité qui serait l’amour véritable. Mais ce sont plus que des preuves, ces moments sont l’essence de l’amour, et ils demandent à ce que nous en soyons pleinement conscients pour que le couple dure. Ce qui nous amène à la clé pour mettre fin à la carrière d’illusionniste de notre cerveau, la pratique de la pleine conscience. 

La pleine conscience, la clé pour mettre fin à la grande illusion

Que nous permet la pleine conscience ? De vivre le moment présent, de penser en pleine conscience afin de repérer nos process de pensées. Pour développer votre pratique de pleine conscience, retrouvez ici les cinq attitudes à développer.

Cette théorie inédite faisant du cerveau une machine à créer du sens et balayant d’un revers de main l’idée de toute profondeur intérieure a quelque chose de déstabilisant et peut-être d’angoissant. Mais c’est également libérateur. Ce ne sont ni notre inconscient ni notre subconscient qui détiennent le pouvoir, mais notre pleine conscience.

Ainsi, notre cerveau n’est pas un indécrottable analyste qui ne révèle certains de ses secrets que sous d’obscurs symboles. Non, le cerveau n’est pas un intellectuel, mais il n’est pas non plus bête. C’est un conteur d’histoire et un artiste.

Ce n’est pas un hasard s’il dispose d’une nature neuro-plastique faisant qu’il évolue et s’adapte, nous permettant de modifier nos process de pensées en trois semaines.

En trois semaines, nous pouvons arrêter de nous méjuger intérieurement, mettre fin à nos angoisses et tourner le dos à nos fatalismes. Nous avons donc les capacités de prendre la plume en pleine conscience pour écrire les histoires que nous voulons.

Au départ, il s’agit juste de rêver, de s’inventer des situations de vie inspirantes et surtout de faire confiance à son intuition.

Et comme les années nous l’apprennent, ce que l’on sème dans son cerveau, on le récolte dans la vie.

 Source : Nick Chater, Et si le cerveau était bête ?, Editions Plons, 2018
écrit par

Camille

Mieux-être & Réussite

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