Réponse express : Un deuil, une séparation, un accident ou une perte d’emploi sont des épreuves qui peuvent fragiliser, et pouvoir se confier à un proche compte parmi les appuis possibles. Les pistes de cet article (accepter ce qui arrive, se donner du temps, écouter ses émotions, une pratique de respiration inspirée du yoga) relèvent de l’expérience et d’un point de vue, pas d’études qui les auraient évaluées sous cette forme. Quand la souffrance s’installe, le médecin traitant ou un psychologue peuvent prendre le relais, et le 3114 répond gratuitement, jour et nuit, aux personnes en détresse comme à leurs proches. Rien ici ne remplace un avis médical.
Rien n’est constant, sauf le changement
Deuil, rupture, perte d’un travail ou d’un être cher… La vie distribue des gifles que personne n’a demandées. On aime se dire que les épreuves révèlent ce que nous avons de meilleur, mais sur le moment cette idée console peu, et la vraie question est plus simple : comment se remettre debout ?
Psycom, le site d’information sur la santé mentale, range le deuil, la séparation, l’accident ou la perte d’emploi parmi les épreuves qui peuvent nous fragiliser. Ce qui suit relève de l’expérience bien plus que de la recherche.
Accepter la réalité, c'est admettre que la vie n'est ni un planning ni un business plan, ou alors un plan qui nous reste illisible. Elle est mouvement, il lui arrive de nous faire tomber, et ce changement-là, surtout quand il est brutal, nous le détestons parce qu'il fait mal.
Il arrive pourtant qu'une fois l'épreuve passée et digérée, on la regarde autrement. Combien d'entre nous ont eu besoin d'une expérience douloureuse pour faire le tri entre ce qui compte et ce qui n'est qu'accessoire ? Ce qui ne tue pas rend plus fort, dit l'adage, ou parfois plus froid.
Face au changement, on se retrouve devant une alternative : accepter ou refuser. L'idée défendue ici, qui vient de l'observation et non d'une étude, est que le déni met la colère et la peur en sommeil sans les faire partir, et qu'il vaut mieux s'accorder du temps pour digérer la situation et regarder en face l'état de ses émotions.
Prendre le temps du changement
Quand la colère a pu s'exprimer, la tristesse prend parfois le relais. Accueillie plutôt que combattue, elle peut, comme la nuit, porter conseil : on y voit souvent plus clair sur ce qui nous est cher et ce qui nous est futile. En acceptant que la vie ait ses hauts et ses bas, on lâche un peu la bride, et l'on peut en ressortir plus présent, plus attentif à la valeur des choses.
Une pratique de respiration inspirée du yoga
Nous proposions en 2017 une pratique de respiration inspirée du yoga, dont nous n'avons pas pu retrouver l'origine précise. Elle consiste à respirer calmement en portant son attention sur son corps, à repérer l'endroit où la douleur émotionnelle semble se loger, puis à rester avec cette sensation plutôt qu'à la fuir. Nous n'avons trouvé aucune étude qui l'ait évaluée sous cette forme.
Sur le yoga en général, les travaux sont plus nombreux. Le NCCIH, le centre fédéral américain consacré aux approches complémentaires, cite une revue de 2020 qui réunissait douze études menées chez des adultes en bonne santé : toutes trouvaient un effet favorable du yoga sur le stress ressenti. Ces études portent sur des programmes de yoga variés, pas sur la technique décrite plus haut.
Quand l'épreuve pèse trop
Rien n'oblige à traverser une épreuve seul. Psycom rappelle que les conseils trouvés sur Internet « ne remplacent pas le soutien que nous trouvons auprès de notre entourage ou, quand c'est nécessaire, auprès des professionnels de la santé mentale ». Le médecin traitant est une première porte, et le dispositif Mon soutien psy de l'Assurance Maladie propose jusqu'à 12 séances chez un psychologue partenaire aux personnes en souffrance psychique d'intensité légère à modérée, sur rendez-vous direct si on le souhaite.
Si la détresse devient envahissante ou si des idées suicidaires apparaissent, le 3114, numéro national de prévention du suicide, est « accessible 24h/24 et 7j/7, gratuitement, en France entière ». Un professionnel du soin formé à la prévention du suicide y répond, y compris aux proches qui veulent aider. Pour simplement parler, SOS Amitié écoute de façon anonyme et gratuite, jour et nuit, au 09 72 39 40 50.
Se recentrer sur soi
Personne n'est à l'abri d'un bouleversement. Les épreuves sont peut-être aux humains ce que le sel et les épices sont aux plats : elles donnent du goût, à condition de ne pas forcer la dose, sous peine d'amertume. Rester attentif à ses émotions, à ses désirs, à ce qui attire et à ce qui nourrit, c'est une manière de se relever à son rythme, pour marcher en maître et non en esclave.