Publié le 14/10/2026
Psychologie & Émotions
Gérer ses émotions ne suffit pas : ce que le trouble borderline nous apprend
D’après l’épisode du podcast BloomingYou avec le docteur Déborah Ducasse, médecin psychiatre. Avec Véronique Brand-Arpon, infirmière psychothérapeute et docteure en biologie de la santé, elle a fondé au CHU de Montpellier le premier centre français de soins et de recherche dédié au trouble borderline. Elles publient Borderline. Nouveau cahier pratique de thérapie à domicile (Odile Jacob, mai 2026).
Réponse express :
Gérer une émotion, c’est gagner du temps quand elle déborde : on s’éloigne, on se distrait, on attend que ça redescende. La réguler, c’est autre chose : apprendre à la ressentir sans se sentir en danger, puis choisir ce qu’on en fait. Le docteur Déborah Ducasse, médecin psychiatre et coautrice de Borderline. Nouveau cahier pratique de thérapie à domicile (Odile Jacob, mai 2026), s’appuie sur cette différence pour soigner le trouble borderline. Pour elle, la gestion sert à traverser une crise. Utilisée à la moindre contrariété, elle entretient l’idée que les émotions sont dangereuses. Nous avons complété son propos par les études publiées sur ce trouble et ses traitements. Rien ici ne remplace un avis médical.
Ce que contient la suite
La suite développe :
- 1. Définition : qu'est-ce que le trouble borderline ?
- 2. Pourquoi c'est important : des chiffres, et une longue errance
- 3. Une émotion, c'est d'abord un ensemble de sensations
- 4. Gérer ou réguler : le gilet de sauvetage et la navigation
- 5. « C'est parti d'un coup » : la tension était déjà là
Environ 27 minutes de lecture, 5 963 mots.
1. Définition : qu'est-ce que le trouble borderline ?
Le trouble borderline, aussi appelé trouble de la personnalité limite, est une manière durable et rigide de fonctionner, qui fait souffrir et qui pèse sur plusieurs domaines de la vie. Le docteur Ducasse le décrit par quatre instabilités : celle de l'image de soi, celle des émotions, celle des comportements et celle des relations. Il commence à l'adolescence, dit-elle, et s'installe à l'âge adulte.
D'où vient le mot. Il date de 1938. Le psychanalyste américain Adolph Stern l'emploie alors pour des patients que l'on n'arrivait à ranger ni du côté des névroses ni du côté des psychoses, les deux grandes familles de l'époque. Ils se tenaient sur la ligne entre les deux, « borderline » en anglais. La psychiatre explique ce qui trompait les médecins : des moments de dissociation, où la personne se coupe de ce qu'elle est en train de vivre, et qui ressemblaient à de la psychose sans en être. Pour elle, ce mot n'est pas celui qui décrit le mieux ce que ces personnes éprouvent.
Comment le diagnostic se pose aujourd'hui. Il s'appuie sur le DSM, le manuel américain qui sert de référence aux psychiatres. Ce manuel liste neuf critères, dont cinq doivent être réunis. Le docteur Ducasse les passe en revue à l'antenne : le sentiment de vide, des relations instables et intenses, la peur de l'abandon, des émotions qui montent haut et redescendent lentement, la colère, l'impulsivité, les gestes suicidaires ou d'automutilation, la dissociation, et une identité floue. Elle ajoute une précision de clinicienne : sans le critère relationnel, il peut s'agir de tout autre chose.
Elle tient aussi à relativiser l'étiquette. Les diagnostics évoluent avec le temps. Un nom sert à se dire qu'on n'est pas seul à vivre cela, et il permet aux soignants de parler de la même chose. Il devient un problème quand on s'y identifie.
2. Pourquoi c'est important : des chiffres, et une longue errance
Ce que dit le livre. L'épisode s'ouvre sur un chiffre tiré de l'avant-propos du livre (p. 9), qu'il présente comme une estimation : sur cent personnes, quatre souffriraient de ce trouble dans la population générale. Dans un service de psychiatrie, ce serait jusqu'à vingt sur cent.
Ce que disent les enquêtes. Pour l'hôpital, elles tombent d'accord : sur cent personnes hospitalisées en psychiatrie, vingt à vingt-deux répondent aux critères, selon une synthèse de 2018. Pour l'ensemble de la population, les résultats vont d'environ une personne sur cent à près de six. La même synthèse retient environ une personne sur cent. Une revue parue dans le JAMA en 2023 donne entre 7 et 27 adultes sur mille aux États-Unis. Une enquête américaine de 2008, menée auprès de 34 653 adultes, comptait les personnes concernées à un moment ou à un autre de leur vie : elle arrivait à près de six sur cent. Le chiffre du livre se situe dans cette fourchette, qui change selon la façon de poser les questions.
L'errance. À l'antenne, Amal Dadolle évoque ces personnes qui mettent des années à être repérées, que leur entourage dit manipulatrices, parfois menteuses, et à qui l'on prescrit des antidépresseurs sans nommer leur trouble. La psychiatre confirme cette errance. Elle parle d'une stigmatisation qui existe aussi chez des soignants non formés, et elle l'explique ainsi : quand on se sent impuissant à aider quelqu'un, on peut finir par le rejeter.
Le livre s'adresse d'abord aux personnes concernées. Il commence par une série de questions (avant-propos, p. 9), lues à l'antenne. Vous décririez-vous comme une éponge émotionnelle ? Craignez-vous souvent que ceux à qui vous tenez s'éloignent ? Fonctionnez-vous en tout ou rien ? Beaucoup de lecteurs s'y reconnaîtront un peu, et la psychiatre l'assume :
« C'est un spectre, un continuum, et puis on est tous à un endroit du continuum. » Dr Déborah Ducasse
La question lui est posée à l'antenne : où passe la frontière avec l'hypersensibilité, dans laquelle tant de gens se reconnaissent ? Elle ne trace pas de ligne nette. Elle répond par ce continuum, puis par la définition du trouble : un fonctionnement durable, rigide, qui fait souffrir et retentit sur plusieurs domaines de la vie, avec la relation aux autres au centre.
3. Une émotion, c'est d'abord un ensemble de sensations
Avant de parler de gestion ou de régulation, le docteur Ducasse redéfinit le mot.
« J'aime bien dire qu'une émotion est un diagnostic qu'on pose sur un ensemble de sensations émotionnelles. » Dr Déborah Ducasse
Tout part de ce qu'on se raconte. Si l'on se dit « ça devrait pas se passer comme ça, c'est injuste », l'énergie monte, les bras et le dos se tendent, les mâchoires se serrent. Cet ensemble de sensations porte un nom : la colère. Si l'on se dit « attention, danger », c'est une boule dans le ventre et la gorge qui se noue. Elle prend l'exemple des enfants qui ont peur d'aller à l'école et qui ont mal au ventre. Ils ont vraiment mal, précise-t-elle, la peur se manifeste comme cela.
Pour elle, une émotion n'est ni bonne ni mauvaise. Elle renseigne sur ce que l'on est en train de vivre, comme un voyant sur un tableau de bord, elle sert à communiquer avec les autres et elle donne l'élan pour agir. La colère qui pousse à insulter ou à frapper dans un mur est mal dirigée. La même énergie, quand elle sert à dire non ou à faire respecter ses droits, est bien dirigée. La peur, elle, ressemble à un chien de garde : très utile s'il est bien dressé. Le nôtre, dit-elle, aboie systématiquement, même quand il n'y a pas réellement de danger.
Concepts liés, selon le docteur Ducasse : ce qu'on se raconte → déclenche → des sensations dans le corps ; une émotion → donne → un élan pour agir.
4. Gérer ou réguler : le gilet de sauvetage et la navigation
Le livre part de cette distinction.
La gestion émotionnelle regroupe les stratégies qui permettent de traverser une crise sans l'aggraver. Dans la thérapie dont s'inspire le livre, on les appelle les stratégies de tolérance à la détresse, et le premier module du livre leur est consacré (à partir de la p. 15). Quitter la pièce avant de dire une phrase qu'on regrettera, couper mentalement, se distraire. Elles ne changent rien au rapport que l'on a avec la situation. Elles protègent le corps et l'entourage, et elles font gagner du temps. Le livre file la même image : son premier module se présente comme l'apprentissage du gonflage d'un gilet de sauvetage avant celui de la navigation (p. 16 et 18).
« Ce sont des premières stratégies qui ne consistent pas à apprendre à naviguer, mais apprendre à gonfler un gilet de sauvetage. » Dr Déborah Ducasse
La régulation émotionnelle est un apprentissage plus profond : se sentir assez en sécurité pour accueillir les sensations, les nommer, se laisser traverser, puis agir selon ce qui compte pour soi. On ne cherche plus à faire taire l'émotion, on utilise son énergie.
Le docteur Ducasse observe chez ses patients un usage à l'envers. Julie, le personnage qui accompagne le lecteur dans le livre, sort le gilet de sauvetage à la moindre vaguelette. Le jour de la vraie tempête, elle ne s'en sert pas. Le livre la présente comme un personnage fictif, l'alter ego du lecteur (p. 13). Dans l'épisode, la psychiatre dit l'avoir composée à partir de femmes rencontrées au centre de thérapie.
Se distraire à chaque émotion a un coût. Attraper son téléphone, aller faire son sport, penser à autre chose : la fois suivante, on en est au même point.
« Ça finit par entretenir notre croyance que, en fait, je suis en danger par rapport aux émotions. » Dr Déborah Ducasse
Concepts liés, selon le docteur Ducasse : gestion utilisée hors crise → entretient → la peur des émotions ; régulation émotionnelle → modifie → le rapport à l'émotion.
5. « C'est parti d'un coup » : la tension était déjà là
Un message blessant arrive, et tout explose. On se dit que c'est parti d'un coup. La psychiatre reprend la séquence au ralenti. Il y avait eu, avant, plusieurs petits moments de tension. À chaque fois, on avait mis le couvercle. La tension était donc déjà haute quand le message est arrivé.
« Non, ça a été une accumulation que j'ai pas pris le temps d'observer et d'accueillir. » Dr Déborah Ducasse
Pourquoi mettre le couvercle ? Parce qu'on ne nous a pas toujours appris à faire autrement, répond-elle, et parce que les émotions arrivent au mauvais moment, quand on voudrait rester efficace. Le problème, c'est qu'une émotion à laquelle on résiste met plus de temps à redescendre.
« Tout ce à quoi on résiste persiste. Donc plus je résiste à l'émotion, plus ça persiste. » Dr Déborah Ducasse
Le chiffre entre 0 et 10
Le livre propose une échelle de 0 à 10 pour situer sa tension (p. 19). Chacun a son seuil de détresse. Chez les personnes borderline, il se situe généralement autour de 7 sur 10, écrivent les autrices, qui précisent que cette valeur est purement subjective : l'important est de définir le sien. Julie place le sien à 7 (p. 28). À l'antenne, la psychiatre parle de 7 ou 8 : au-dessus, on ne peut plus faire face.
Au-dessus du seuil, c'est le moment du gilet de sauvetage : il s'agit de gagner le temps qu'il faut pour ne pas se faire de mal. Le livre invite à préparer ce moment à l'avance, avec un plan de sécurité écrit : personnes à appeler, services à contacter, environnement à sécuriser (p. 27 à 32).
En dessous du seuil, elle demande l'inverse : laisser le gilet et observer. Noter un chiffre chaque jour ne sert pas à grand-chose si l'on s'arrête là, prévient-elle. Le chiffre sert à prendre l'habitude de regarder ce qui se passe à l'intérieur. « Je suis triste » laisse la place à l'observation des sensations : un poids sur les épaules, de la fatigue, une énergie qui va vers le bas. Les thérapeutes appellent ce pas de côté la décentration. Viennent ensuite les questions : qu'est-ce que je suis en train de me raconter ? Qu'est-ce que ça me donne envie de faire ? Est-ce que ça me rapproche de ce qui compte pour moi ?
Elle prend la tristesse comme exemple. Un rendez-vous annulé peut suffire à la déclencher. Si on ne la regarde pas, elle s'ajoute au reste. Si on la regarde, elle invite à un retour sur soi : quelque chose manque, comment continuer sans ?
6. Le cœur du trouble : la relation aux autres
Pour décrire le trouble borderline, le docteur Ducasse reprend l'expression du psychiatre américain John Gunderson : une hypersensibilité relationnelle. Le livre la reprend : il propose de comprendre le trouble comme une sensibilité extrême à tout ce qui touche au lien (p. 106). Les contrariétés avec les autres ponctuent toutes nos journées. Chez une personne borderline, chacune fait monter la tension plus haut et plus longtemps.
Trois façons de se sentir vide
Elle part de l'idée que l'on se fait de soi. Quand on se vit comme quelqu'un à qui il manque quelque chose, ce manque prend trois visages. Tout le monde peut s'y reconnaître, dit-elle. Dans le trouble borderline, c'est plus intense. Le livre décrit les mêmes trois manques, de bien-être, de sécurité et de valeur (p. 106 et 116). Dans sa liste des neuf critères, il en cite deux autres : le vide de connexion et le vide de sens (p. 97).
- Le vide de bien-être. L'impression qu'il manque toujours quelque chose pour aller bien. « Quand j'aurai ça, ça ira » : le nouveau travail, les congés, puis la retraite. On obtient la chose, le plaisir monte, puis il retombe. Sur ce point, voir aussi notre article sur le sentiment de vide intérieur.
- Le vide de sécurité. La panique devant l'incertitude et devant ce qui est désagréable. Or une relation n'est jamais fixe : il y a des jours où l'on se sent plus loin de l'autre. Certaines personnes s'affolent dès qu'elles le perçoivent.
- Le vide de valeur. Le sentiment de ne pas valoir assez pour être aimé tel que l'on est. On compte alors sur ses performances, son physique ou les services rendus. Notre article sur l'estime de soi instable prolonge ce point.
La relation qui doit tout réparer
Ce qui est propre au trouble borderline, selon elle, c'est de compter sur une personne en particulier pour combler ce vide. La rencontre déclenche un investissement total et la certitude d'avoir enfin trouvé. L'autre n'est jamais à la hauteur d'une telle attente. Vient la déception, et le regard se retourne : on ne voyait que les qualités, on ne voit plus que les défauts. Elle appelle cela des montagnes russes.
« Plus je dépends de quelque chose pour aller bien, plus j'ai peur de perdre. » Dr Déborah Ducasse
De là vient la peur de l'abandon, et ce qu'elle fait faire : demander sans cesse à être rassuré, fouiller dans les affaires de l'autre, menacer, pousser l'autre à bout pour vérifier qu'il reste. S'il reste, il faut recommencer, parce que la preuve ne suffit jamais.
Concepts liés, selon le docteur Ducasse : sentiment de vide → pousse à → tout attendre d'une relation ; dépendance à une relation → nourrit → la peur de l'abandon.
7. Sous la colère, souvent, la honte
La honte est l'émotion que l'on ressent quand on se raconte que l'on ne vaut rien, ou moins que les autres. Le livre lui consacre un chapitre entier, le chapitre 13, qu'il titre « émotion centrale du trouble borderline » (p. 213). Le docteur Ducasse la qualifie d'émotion identitaire, parce qu'elle porte sur la personne tout entière. Pour ceux qui croient ne pas la connaître, elle rappelle un souvenir d'école. La maîtresse pose une question, on lève la main, on répond à côté, toute la classe rit. On devient rouge, on se sent tout petit, on voudrait disparaître.
Cette émotion est si pénible, explique-t-elle, qu'elle se transforme très souvent en une autre : la colère contre celui qui nous l'a fait ressentir. La colère sert de paravent à d'autres émotions aussi. Une voiture vous frôle dans la rue, vous vous énervez. En réalité, vous avez eu peur.
Elle distingue deux hontes. Celle du trouble borderline déforme tout :
« C'est comme me regarder dans un miroir qui est déformant. » Dr Déborah Ducasse
Devant un miroir clair, la honte peut au contraire signaler une habitude à changer. Là encore, tout dépend du contexte.
Ce que disent les études. Selon elle, les personnes borderline ressentent plus de honte que quiconque. Les travaux publiés vont dans ce sens, avec des comparaisons plus limitées. Une étude de 2007 a interrogé 60 femmes atteintes de ce trouble, 30 femmes souffrant de phobie sociale et 60 femmes sans trouble : les premières rapportaient davantage de honte que les deux autres groupes, et cette honte allait de pair avec plus de colère et d'hostilité. En 2021, une analyse réunissant dix études a retrouvé plus de honte chez les personnes borderline que chez des personnes sans trouble. L'étude de 2007 montre que honte et colère vont ensemble. Elle ne dit pas laquelle précède l'autre. Sur la colère elle-même, voir notre article Réhabiliter la colère.
8. « Elle nous manipule » : à quoi sert un comportement
Tester l'autre, menacer, montrer le pire de soi : vu de l'extérieur, cela ressemble à de la manipulation. La psychiatre demande de regarder ce que le comportement cherche à obtenir.
« Souvent dans les comportements pervers, […] la fonction est autour de gagner de l'ascendance sur l'autre. Alors que dans le trouble borderline, la fonction, c'est être aimé. » Dr Déborah Ducasse
Sur ce que la psychiatrie range derrière le mot « pervers », voir notre entretien avec Jean Cottraux sur le pervers narcissique.
Un comportement ne dit rien par lui-même, insiste-t-elle, et elle prend l'exemple le moins suspect qui soit : le sport. Aux urgences, elle a reçu une patiente qui avait toujours fait du sport pour évacuer ses tensions, jusqu'au jour où ses genoux ont lâché. Privée de ce moyen, elle s'est mise à se couper de ce qu'elle vivait et à avoir des idées suicidaires. Faire du sport pour prendre soin de son cœur et faire du sport dès qu'une émotion pointe sont deux choses différentes.
À la fin de l'épisode, Amal Dadolle lui soumet une scène. Une mère dit de sa fille : « Elle fait ça pour qu'on s'occupe d'elle. » La fille répond : « Moi, je voulais juste que ça s'arrête. » La psychiatre ne tranche pas entre les deux. Le comportement n'est pas le plus efficace, reconnaît-elle, mais il répond à un besoin.
« On n'a pas à juger le comportement, on a à le comprendre et, du coup, à aider la personne à avoir des ressources pour répondre aux besoins recherchés derrière le comportement, mais d'une manière qui soit plus juste pour elle. » Dr Déborah Ducasse
9. Borderline ou bipolaire : deux troubles, deux traitements
Les deux sont souvent confondus. Le docteur Ducasse les sépare ainsi.
Le trouble borderline se manifeste par un trouble des émotions. C'est la surface, dit-elle. Dessous, le problème est relationnel.
Le trouble bipolaire est un trouble de l'humeur. L'humeur est une couleur affective qui dure. Elle s'accompagne de périodes prolongées d'énergie basse, la dépression, ou d'énergie haute, avec de l'euphorie ou de l'irritabilité. Ces périodes tranchent avec l'état habituel de la personne.
La distinction compte parce que les traitements diffèrent. Pour le trouble bipolaire, rappelle-t-elle, le médicament régulateur de l'humeur est le traitement de référence. Pour le trouble borderline, c'est la psychothérapie.
Les deux peuvent coexister. Elle parle de vingt cas sur cent. Une revue de 2013 arrive au même ordre de grandeur : sur dix personnes borderline, environ deux ont aussi un trouble bipolaire. Dans huit ou neuf cas sur dix, chaque trouble existe sans l'autre. En France, la Haute Autorité de santé cite le trouble borderline parmi les diagnostics à distinguer du trouble bipolaire.
10. Ce qui soigne : une psychothérapie, et d'abord une explication
Le parcours au centre de Montpellier
Le patient est adressé par son psychiatre. L'équipe vérifie le diagnostic, puis prend le temps d'expliquer le trouble en montrant comment les symptômes s'articulent autour de la relation aux autres. Vient ensuite la psychothérapie. Le docteur Ducasse insiste sur l'étape de l'explication. Elle la rattache à une approche appelée Good Psychiatric Management, qu'elle attribue à John Gunderson. Expliquer le trouble et lever la stigmatisation, dit-elle, aide déjà beaucoup.
Les thérapies dont s'inspire le livre
Le livre appartient aux thérapies cognitives et comportementales, les TCC, dans leur version dite de troisième vague. Il en combine deux.
- La thérapie comportementale dialectique, ou TCD, a été mise au point par la psychologue américaine Marsha Linehan. « Dialectique » veut dire qu'on y tient ensemble deux choses qui semblent s'opposer : valider ce que vit la personne, et l'aider à changer. Elle compte quatre modules, dont la pleine conscience, la tolérance à la détresse et la régulation des émotions.
- La thérapie d'acceptation et d'engagement, ou ACT, apprend à faire de la place à ce que l'on ressent pour agir selon ce qui compte.
Le livre compte cinq modules. Les modules 1, 3, 4 et 5 reprennent la TCD. Le module 2 est une psychoéducation sur le trouble vu sous l'angle de l'identité, c'est-à-dire de l'idée que l'on se fait de soi. La pédagogie de l'ACT en est le fil conducteur (p. 11). Les autrices conseillent de suivre l'ordre des chapitres et d'en lire un par semaine au maximum, les exercices de chaque chapitre étant prévus sur une semaine (p. 11).
La première édition du cahier datait de 2017. Dans l'épisode, la psychiatre explique que la nouvelle réorganise les chapitres et place l'idée que l'on se fait de soi au centre du travail.
Les trois états de conscience
Dans le module de pleine conscience, Marsha Linehan décrit trois états. Dans la conscience émotionnelle, tout est vu à travers l'émotion. Dans la conscience rationnelle, on est froid et logique, coupé de ce que l'on ressent. La troisième réunit les deux. Linehan l'appelle wise mind, que l'on traduit par conscience éclairée ou esprit sage. Trois gestes y conduisent : observer, décrire, puis participer, c'est-à-dire choisir. Sur la pratique elle-même, voir notre entretien avec Christophe André sur la méditation de pleine conscience.
Ce que les études ont mesuré
Le docteur Ducasse présente la TCD comme le traitement de référence, celui qui compte le plus de données. Elle cite de mémoire une grande analyse de 2020 : 26 essais pour la TCD, 7 pour la thérapie arrivée en second.
La revue qui s'en rapproche le plus est celle de la collaboration Cochrane, publiée en 2020. Elle rassemble 75 essais, des études qui comparent des groupes de patients soignés de façons différentes, soit 4 507 participants. Un tiers de ces essais portent sur la TCD, environ vingt-cinq, l'ordre de grandeur qu'elle donne. Sept portent sur la thérapie basée sur la mentalisation. Par rapport aux soins habituels, la TCD réduisait la gravité des symptômes et les automutilations, et améliorait le fonctionnement dans la vie quotidienne. Les auteurs ajoutent deux réserves. Le niveau de preuve est faible. Et leur comparaison ne montre pas de différence nette d'efficacité entre les types de thérapie.
Un essai publié en 2009 va dans le même sens. Il a suivi 180 patients pendant un an. Les uns recevaient la TCD, les autres un suivi psychiatrique structuré, assuré par des médecins formés à ce trouble. Les deux groupes se sont améliorés autant l'un que l'autre. Sur un sujet voisin, voir notre article : la relation thérapeutique soigne avant même la technique.
Sur les médicaments, la revue du JAMA de 2023 conclut qu'aucun n'améliore de façon régulière les symptômes centraux du trouble borderline. Ils peuvent être prescrits pour un trouble associé, une dépression par exemple.
11. Sommeil, repas, sport : réduire sa vulnérabilité
Le chapitre 18 du livre, dans le module de régulation des émotions, s'ouvre sur les facteurs de vulnérabilité émotionnelle : certains états rendent plus réactif (p. 293 et suivantes). Il cite le stress, la fatigue, le manque ou l'excès de sommeil, l'alcool et les drogues, les excitants comme le café, les périodes avant et pendant les règles, la douleur et les maladies du corps (p. 294). À l'antenne, la psychiatre retient la période qui précède les règles, un sommeil désorganisé, une alimentation déséquilibrée.
Elle propose de retrouver des horaires réguliers pour dormir et pour manger, ce qui agit sur l'horloge interne, et de pratiquer une activité physique. Elle évoque aussi les aliments qui favorisent l'inflammation et les pics de sucre dans le sang, qui diminueraient selon elle la capacité à accueillir les émotions. Le livre développe ces conseils : le sommeil (p. 295), le mouvement (p. 297 à 299), l'alimentation, qu'il présente comme un levier sur l'inflammation et la réactivité émotionnelle (p. 299-300), et la méditation (p. 301). Il appuie ces points sur des références en notes, que nous n'avons pas relues une à une : nous rapportons son propos sans l'avoir confronté aux études.
Elle y revient une dernière fois : le sommeil, l'assiette et le sport se jugent eux aussi à ce qu'ils servent, ici une vie où l'on peut accueillir ses émotions plutôt que les fuir.
12. Pour les proches : valider avant de vouloir résoudre
Que faire quand la personne en crise est une sœur, une amie, celui ou celle avec qui l'on vit ? Le premier conseil du docteur Ducasse tient en un mot : valider. Le livre y consacre un chapitre entier, le chapitre 19, qui décrit six niveaux de validation, de l'écoute en pleine présence jusqu'à la reconnaissance de l'humanité que l'on partage avec l'autre (p. 325 à 328).
Valider, c'est faire comprendre à l'autre que ce qu'il vit a du sens, de son point de vue. Elle précise ce que ce mot ne veut pas dire :
« Ça veut pas dire que je valide ta conclusion. Ça veut pas dire que je valide ton comportement, mais ça veut dire que ton expérience est totalement compréhensible de ton point de vue. » Dr Déborah Ducasse
Le réflexe inverse est très répandu, chez les proches comme chez les soignants. La crise de l'autre nous met mal à l'aise, alors on veut qu'elle s'arrête au plus vite. La personne en face se sent incomprise. Elle en rajoute pour être entendue, et la situation s'envenime.
« J'ai pas besoin de résoudre l'émotion de l'autre. L'autre a besoin juste d'entendre que je suis là, à ses côtés, que je le reconnais comme un humain à part entière. » Dr Déborah Ducasse
C'est aussi l'erreur qu'elle dit avoir commise au début de sa carrière : valider un peu, puis passer trop vite aux solutions. « Non, en premier, valider », résume-t-elle.
Elle précise que ce soutien va de pair avec un accompagnement spécialisé. Et quand la souffrance fait naître des idées suicidaires, il existe en France un numéro national de prévention du suicide, le 3114. Il est gratuit, il répond jour et nuit, et il s'adresse aussi à l'entourage.
Applications pratiques
Ce que l'épisode propose d'essayer.
1. Situer sa tension entre 0 et 10. Y compris quand tout va à peu près bien. Le chiffre compte moins que l'habitude de regarder.
2. Repérer son seuil. Au-dessus, on gagne du temps et on se met en sécurité : s'éloigner de la situation, s'appuyer sur un plan de sécurité préparé à l'avance. En dessous, on observe.
3. Décrire les sensations avant de nommer l'émotion. Où est-ce dans le corps ? Qu'est-ce que je suis en train de me raconter ?
4. Se demander à quoi sert un comportement. Le sien comme celui d'un proche. Faire du sport pour sa santé et en faire pour ne rien sentir se ressemblent de loin.
5. Soigner le terrain. Des heures de coucher et de repas régulières rendent moins vulnérable aux émotions, d'après la psychiatre.
6. Avec un proche en crise, valider d'abord. « Je comprends ce que tu es en train de vivre » passe avant les conseils.
7. Demander une évaluation. Le diagnostic appartient à un psychiatre ou à un psychologue formé. Il permet aussi de rechercher un trouble bipolaire, dont le traitement est différent. Pour s'y retrouver entre les formes d'aide, voir comment choisir entre autosoin, coaching et thérapie.
Ce que dit la recherche : synthèse honnête
Ce qui fait consensus. La psychothérapie est le traitement de première intention du trouble borderline. Aucun médicament n'améliore de façon régulière ses symptômes centraux. Les psychothérapies conçues pour ce trouble réduisent la gravité des symptômes davantage que les soins habituels : la revue Cochrane juge ce résultat moyennement solide pour l'ensemble des thérapies, et fragile pour chacune prise à part. Le diagnostic repose sur cinq critères parmi neuf, et il revient à un professionnel.
Ce qui est en débat. La supériorité d'une thérapie sur les autres. La TCD est la plus étudiée, mais la revue Cochrane de 2020 ne trouve pas de différence nette entre les approches. Le cœur du trouble lui-même est discuté : en 2018, John Gunderson et ses collègues comparaient quatre théories, dont l'hypersensibilité relationnelle que retient le docteur Ducasse.
Ce qui manque encore d'études. L'enchaînement de la honte vers la colère : l'étude de 2007 montre que les deux vont ensemble, sans établir l'ordre. Le lien entre le sentiment de vide et l'identité, qu'elle rattache à une étude de 2025 : une revue de 27 études parue cette année-là observe que ces deux symptômes se regroupent souvent, sans que nous sachions s'il s'agit du travail auquel elle pense.
Ce que nous n'avons pas vérifié. Le rôle de l'alimentation dans la sensibilité aux émotions, que le livre avance (p. 299-300) et dont nous n'avons pas relu les références. Et l'effet d'un cahier d'exercices utilisé seul, à la maison : les études citées ici portent sur des thérapies menées avec des soignants, et leurs résumés n'en disent rien.
À retenir
- Le trouble borderline est une manière durable de fonctionner, marquée par l'instabilité des émotions, des relations, des comportements et de l'image de soi.
- Pour le docteur Ducasse, une émotion est un nom posé sur des sensations du corps, déclenchées par ce qu'on se raconte.
- Gérer une émotion fait gagner du temps pendant une crise. La réguler change le rapport qu'on a avec elle.
- Selon elle, se distraire à la moindre émotion entretient l'idée que les émotions sont dangereuses.
- Une explosion vient rarement d'un coup : elle suit une accumulation de tensions que l'on n'a pas regardées.
- Elle place la relation aux autres au cœur du trouble : attendre d'une personne qu'elle comble un vide nourrit la peur de la perdre.
- Un comportement se comprend par ce qu'il cherche à obtenir. Dans le trouble borderline, dit-elle, c'est être aimé.
- La psychothérapie est le traitement de première intention. La TCD est la plus étudiée, sans supériorité démontrée sur les autres thérapies spécialisées.
- Pour un proche, valider ce que l'autre ressent passe avant la recherche de solutions.
Vos questions
Quelle différence entre gérer et réguler ses émotions ?
Gérer, c'est traverser une crise sans l'aggraver : s'éloigner, se distraire, attendre que la tension baisse. Réguler, c'est apprendre à ressentir l'émotion sans se croire en danger, à la nommer, puis à agir selon ce qui compte pour soi. Le docteur Déborah Ducasse compare la gestion à un gilet de sauvetage et la régulation à l'apprentissage de la navigation.
Comment savoir si l'on a un trouble borderline ?
Le diagnostic repose sur neuf critères, dont cinq doivent être présents, et sur un fonctionnement durable qui fait souffrir. Se reconnaître dans une liste de questions ne suffit pas. L'évaluation revient à un psychiatre ou à un psychologue formé à ce trouble.
Hypersensibilité ou trouble borderline : quelle différence ?
Le docteur Ducasse ne trace pas de frontière nette : elle parle d'un continuum sur lequel chacun se situe quelque part. Le trouble borderline, lui, est un trouble de la personnalité. Il dure, il fait souffrir, il perturbe plusieurs domaines de la vie, et les difficultés dans les relations en sont le centre.
Trouble borderline et trouble bipolaire, est-ce la même chose ?
Non. Le trouble borderline se manifeste par un trouble des émotions, sur fond de difficultés dans les relations, selon le docteur Ducasse. Le trouble bipolaire est un trouble de l'humeur : l'humeur et l'énergie changent sur des périodes prolongées. Les deux peuvent coexister chez environ deux personnes borderline sur dix. Leurs traitements de référence diffèrent.
Quel est le traitement du trouble borderline ?
La psychothérapie. La thérapie comportementale dialectique est la plus étudiée. La revue Cochrane de 2020 ne trouve pas de différence nette d'efficacité entre les thérapies spécialisées. Aucun médicament n'améliore de façon régulière les symptômes centraux, mais un traitement peut être prescrit pour un trouble associé.
Une personne borderline est-elle manipulatrice ?
Ses comportements peuvent en donner l'impression. Pour le docteur Ducasse, leur but est d'être aimé et de ne pas être abandonné, pas de prendre l'ascendant sur l'autre. Elle invite à comprendre ce que le comportement cherche à obtenir.
Comment aider un proche en crise ?
En commençant par valider ce qu'il ressent, sans chercher à faire cesser l'émotion ni à proposer tout de suite des solutions. Valider ne veut pas dire approuver le comportement. Un accompagnement spécialisé reste nécessaire.
Peut-on se soigner seul avec un livre ?
Le cahier se présente comme un programme à suivre pas à pas, depuis chez soi, à raison d'un chapitre par semaine au maximum (p. 11). Il prévoit un plan de sécurité à préparer pour les moments de crise (p. 27 à 32). Les études citées dans cet article portent sur des thérapies conduites avec des soignants. Leurs résumés ne disent rien de l'effet d'un livre utilisé seul.
Pour aller plus loin
L'épisode complet. Conversation avec le docteur Déborah Ducasse, podcast BloomingYou, Mieux-être corps et esprit.
Son livre. Déborah Ducasse, médecin psychiatre, et Véronique Brand-Arpon, infirmière psychothérapeute et docteure en biologie de la santé, Borderline. Nouveau cahier pratique de thérapie à domicile, Odile Jacob, mai 2026.
Sur BloomingYou. Le parcours Mes émotions me débordent rassemble nos repères. Sur le même sujet : trouble borderline, comprendre, accompagner et demander de l'aide, écrit à partir d'un autre livre des mêmes autrices. Pour élargir : comment agir face à la souffrance émotionnelle, avec la psychiatre Stéphanie Hahusseau.
Sources
Fréquence du trouble
- Ellison WD, Rosenstein LK, Morgan TA, Zimmerman M. Community and Clinical Epidemiology of Borderline Personality Disorder. Psychiatric Clinics of North America 2018;41(4):561-73. D'après PubMed, DOI
- Leichsenring F, Heim N, Leweke F et coll. Borderline Personality Disorder: A Review. JAMA 2023;329(8):670-9. D'après PubMed, DOI
- Grant BF, Chou SP, Goldstein RB et coll. Prevalence, correlates, disability, and comorbidity of DSM-IV borderline personality disorder. Journal of Clinical Psychiatry 2008;69(4):533-45. D'après PubMed, DOI
Histoire et diagnostic
- Gunderson JG. Borderline personality disorder: ontogeny of a diagnosis. American Journal of Psychiatry 2009;166(5):530-9. D'après PubMed, DOI
- Kornaj J. Borderlines of psychosis, nosological propositions of Polish psychiatrists of the interwar period. Psychiatria Polska 2024;58(3):559-69. D'après PubMed, DOI
- Chapman J, Jamil RT, Fleisher C, Torrico TJ. Borderline Personality Disorder. StatPearls, mise à jour du 20 avril 2024. ncbi.nlm.nih.gov
- Triantafyllou A, Konstantakopoulos G, Stefanatou P et coll. Underlying Dimensions of Borderline Personality Disorder: A Systematic Review of Factor Analytic Studies. Psychiatric Quarterly 2025;96(4):751-85. D'après PubMed, DOI
Hypersensibilité relationnelle et honte
- Gunderson JG, Lyons-Ruth K. BPD's interpersonal hypersensitivity phenotype: a gene-environment-developmental model. Journal of Personality Disorders 2008;22(1):22-41. D'après PubMed, DOI
- Gunderson JG, Fruzzetti A, Unruh B, Choi-Kain L. Competing Theories of Borderline Personality Disorder. Journal of Personality Disorders 2018;32(2):148-67. D'après PubMed, DOI
- Rüsch N, Lieb K, Göttler I et coll. Shame and implicit self-concept in women with borderline personality disorder. American Journal of Psychiatry 2007;164(3):500-8. D'après PubMed, DOI
- Buchman-Wildbaum T, Unoka Z, Dudas R et coll. Shame in Borderline Personality Disorder: Meta-Analysis. Journal of Personality Disorders 2021;35(Suppl A):149-61. D'après PubMed, DOI
Trouble bipolaire
- Zimmerman M, Morgan TA. Problematic boundaries in the diagnosis of bipolar disorder: the interface with borderline personality disorder. Current Psychiatry Reports 2013;15(12):422. D'après PubMed, DOI
- Haute Autorité de santé, Patient avec un trouble bipolaire : repérage et prise en charge initiale en premier recours, fiche mémo, juin 2015. has-sante.fr
Traitements
- Storebø OJ, Stoffers-Winterling JM, Völlm BA et coll. Psychological therapies for people with borderline personality disorder. Cochrane Database of Systematic Reviews 2020;5:CD012955. D'après PubMed, DOI
- McMain SF, Links PS, Gnam WH et coll. A randomized trial of dialectical behavior therapy versus general psychiatric management for borderline personality disorder. American Journal of Psychiatry 2009;166(12):1365-74. D'après PubMed, DOI
- Linehan MM, Armstrong HE, Suarez A et coll. Cognitive-behavioral treatment of chronically parasuicidal borderline patients. Archives of General Psychiatry 1991;48(12):1060-4. D'après PubMed, DOI
Prévention du suicide
- Santé.fr, Le numéro national de prévention du suicide, le 3114. sante.fr
Sources primaires de l'article
- Retranscription intégrale de l'épisode BloomingYou avec le docteur Déborah Ducasse. Toutes les citations qui lui sont attribuées en proviennent. Les hésitations de l'oral ont été retirées, sans autre modification.
- Déborah Ducasse et Véronique Brand-Arpon, Borderline. Nouveau cahier pratique de thérapie à domicile, Odile Jacob, mai 2026. Texte relu dans la version numérique (lecteur Odile Jacob Pro) le 13 octobre 2026. Les numéros de page sont ceux de l'édition imprimée, repris du lecteur. La présentation des autrices vient de la quatrième de couverture. Les propos de la psychiatre qui ne sont pas suivis d'un numéro de page viennent de l'épisode. Première édition parue chez Odile Jacob en 2017.
Cet article a une vocation d'information. Il ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription, ni un avis médical personnalisé. Toute décision concernant un traitement se prend avec un professionnel de santé. BloomingYou ne promet aucune guérison.
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Publié le 14/10/2026