Publié le 06/10/2026
Santé intégrative
Fatigue après 40 ans : ce que la périménopause change dans le corps
D’après l’épisode du podcast BloomingYou avec le docteur Myriam Sacchetti, médecin, qui exerce en médecine esthétique et s’est spécialisée en micronutrition, l’étude des vitamines, des minéraux et des nutriments dont le corps a besoin en très petite quantité. Elle publie Énergie illimitée. Vous n’aurez plus jamais envie d’avoir moins de 40 ans ! (Solar, 2026).
Réponse express :
Une fatigue qui s’installe après 40 ans, chez une femme qui mange et bouge comme avant, peut relever de la périménopause, la transition hormonale qui précède l’arrêt des règles. C’est la lecture que défend le docteur Myriam Sacchetti dans Énergie illimitée (Solar, 2026) et dans cet épisode. Elle relie la baisse des œstrogènes et de la progestérone à l’énergie des cellules, au sommeil, à l’humeur, aux os, au muscle et à la vessie. Pour elle, une prise de sang ne suffit pas à situer cette période : le diagnostic repose d’abord sur les symptômes, ce que rappellent aussi les enseignants d’endocrinologie pour la ménopause. Nous avons complété son propos par les repères des sociétés savantes et des études publiées. Rien ici ne remplace un avis médical.
Ce que contient la suite
La suite développe :
- 1. Définition : qu'est-ce que la périménopause ?
- 2. Une fatigue qu'on range ailleurs
- 3. Ce qui se passe dans les cellules : œstrogènes, mitochondries et insuline
- 4. « Je ne me reconnais plus » : progestérone, sommeil et humeur
- 5. Changer de vie à 48 ans : les hormones, ou l'histoire ?
Environ 39 minutes de lecture, 8 644 mots.
1. Définition : qu'est-ce que la périménopause ?
La périménopause est la période de transition pendant laquelle le fonctionnement des ovaires diminue progressivement, avec des cycles qui se dérèglent, avant l'arrêt définitif des règles. La ménopause, elle, est définie par l'absence de règles depuis au moins un an.
Ce que dit le docteur Sacchetti. À l'antenne, elle parle de dix à quinze années de changements avant l'arrêt complet des règles, et de femmes qui ressentent les premiers symptômes liés aux fluctuations hormonales dès 35 ans. Son livre définit la périménopause comme « toute la transition ménopausique, des premiers signes de déclin ovarien jusqu'à un an après le dernier cycle », qui peut durer « de 2 à 12 ans selon les femmes » (p. 250), et qui commence « pour certaines dès 37-38 ans » (p. 61).
Ce que disent les références françaises. Le Collège des enseignants d'endocrinologie décrit la préménopause comme un état transitoire chez la femme de 40 à 50 ans, qui dure environ cinq ans avant l'interruption définitive des règles. L'Assurance Maladie indique une durée de deux à quatre ans le plus souvent, parfois plus, avec des premiers symptômes vers 47 ans en moyenne. La définition du livre, elle, part des tout premiers signes de déclin des ovaires.
Pour mesurer l'enjeu, un chiffre tiré d'un autre épisode : dans la grande étude américaine SWAN, la moitié des femmes qui avaient souvent des bouffées de chaleur les ont gardées plus de 7,4 ans. Nous le détaillons dans notre article périménopause : combien de temps ça dure.
2. Une fatigue qu'on range ailleurs
Beaucoup de femmes qui consultent le docteur Sacchetti viennent pour un motif esthétique, une injection, un peeling, un ventre qui résiste, et la conversation glisse vite vers autre chose.
« On a le temps de discuter, on a le temps de poser des questions, on a le temps d'apprendre à se connaître et on découvre qu'il y a souvent de la fatigue, beaucoup d'acceptation, de résilience et parfois beaucoup de confrères qui ont été consultés, pas beaucoup de réponses. » Dr Myriam Sacchetti
Ce que dit le livre. Selon Énergie illimitée, une femme consulte en moyenne trois à cinq médecins différents avant que le lien hormonal soit évoqué (p. 60). Le livre avance aussi que plus de 80 millions de boîtes d'antidépresseurs et d'anxiolytiques sont prescrites chaque année en France, dont 60 % à des femmes de plus de 40 ans (p. 63 et 66). Le livre ne précise pas la source de ces chiffres. Pour l'idée d'une surprescription liée au sous-diagnostic, le livre renvoie à un texte de la Société européenne de la ménopause et de l'andropause publié en 2020 dans la revue Maturitas.
La nuance qu'elle pose elle-même. La médecin ne conteste pas la réalité de la dépression. Elle met en garde contre un diagnostic posé trop vite, qui viendrait masquer des symptômes liés à la baisse des hormones.
« Il y a aucune idée péjorative par rapport à la dépression, qu'elle soit réactionnelle ou pas. C'est une réalité médicale, mais il faut pas poser à tort trop vite le diagnostic de dépression et venir finalement cacher, atténuer, camoufler peut-être des symptômes qui sont aussi en lien avec la diminution des hormones. » Dr Myriam Sacchetti
Son propos porte sur le diagnostic de départ et ne remet pas en cause un traitement en cours, dont l'arrêt se discute toujours avec le médecin qui l'a prescrit. Elle rappelle d'ailleurs que les anxiolytiques exposent à une dépendance lorsqu'ils sont pris au long cours.
Concepts liés, selon le docteur Sacchetti : baisse des œstrogènes → modifie → humeur et sommeil ; symptômes non reliés aux hormones → prolongent → errance médicale.
3. Ce qui se passe dans les cellules : œstrogènes, mitochondries et insuline
Les mitochondries sont de minuscules structures présentes dans presque toutes les cellules, qui transforment ce que nous mangeons en énergie utilisable. La médecin les compare à de petites centrales.
Selon elle, la baisse des œstrogènes perturbe leur fonctionnement et leur qualité. Elle favorise aussi la résistance à l'insuline : les cellules répondent moins bien à cette hormone, et le pancréas doit en produire davantage pour obtenir le même effet. Cette résistance va de pair avec une inflammation de bas grade, discrète et persistante, qui ne donne aucun signe d'infection. Au quotidien, cela se traduirait par une fatigue tenace, une prise de poids autour de la taille et une difficulté à en perdre.
Ce qu'elle conseille aux sportives fatiguées. Elle décrit des femmes qui font beaucoup de cardio, réduisent de plus en plus leur alimentation, dorment mal, et dont le corps répond de moins en moins. Sa réponse prend le contre-pied :
« On arrête de courir autant, on en fait un peu moins. » Dr Myriam Sacchetti
Elle propose davantage de renforcement musculaire, des sorties d'endurance plus courtes, menées en « zone 2 », qu'elle définit comme l'allure à laquelle on arrive encore à parler, et quelques séances brèves et intenses de fractionné, au besoin avec un coach le temps de prendre les bons réflexes. Cela ne veut pas dire, insiste-t-elle, s'entraîner plus ni plus souvent, et ce conseil vient de son expérience clinique.
Concepts liés, selon le docteur Sacchetti : baisse des œstrogènes → altère → fonctionnement des mitochondries ; résistance à l'insuline → entretient → inflammation de bas grade ; inflammation de bas grade → favorise → fatigue et graisse abdominale.
4. « Je ne me reconnais plus » : progestérone, sommeil et humeur
C'est une phrase que les femmes prononcent partout, et que le docteur Sacchetti entend souvent au cabinet. Elle vise le corps autant que le caractère : des réactions disproportionnées pour un détail, à la maison, suivies d'une culpabilité très forte.
« Souvent, on me dit : mon corps me trahit. Je perds la tête et mon corps me trahit. » Dr Myriam Sacchetti
La progestérone, souvent le premier signal. D'après la médecin et son livre, la progestérone baisse souvent avant les œstrogènes. Le livre la décrit comme un amortisseur du système nerveux, par son action sur le système GABA, le principal circuit de freinage du cerveau (p. 56). Quand elle diminue, le sommeil se fragmente : difficultés d'endormissement, réveils nocturnes, ou nuit apparemment complète suivie d'un réveil déjà épuisé. Ce signe passe souvent inaperçu, observe-t-elle, parce qu'il arrive à un âge où l'on met la fatigue sur le compte des enfants et du travail.
Trois messagers chimiques sous influence. Le livre cite la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline, des neuromédiateurs, c'est-à-dire des molécules qui transmettent l'information entre les neurones. Ils seraient sous l'influence directe des œstrogènes et interviennent dans le plaisir, la motivation et la récompense (p. 29). Le livre décrit aussi un déséquilibre entre le cortex préfrontal, la zone du cerveau qui relativise et planifie, et l'amygdale, qui traite la peur.
Le rôle de l'assiette, pour elle. Une alimentation restrictive, pauvre en protéines, compliquerait la fabrication de ces neuromédiateurs. Elle explique que sans assez de protéines dès le matin, on fabrique moins bien la sérotonine, puis la mélatonine, l'hormone du sommeil, qui en dérive. La sérotonine est elle-même fabriquée à partir d'un acide aminé, le tryptophane, apporté par l'alimentation. Sur la composition des repas à cette période, voir notre article ménopause : mieux manger quand la fatigue complique les repas.
Pour le stress, des gestes simples. Elle cite une activité physique régulière, un sommeil protégé, quelques minutes de cohérence cardiaque, le fait de ne pas bondir du lit le matin, et cinq minutes à l'écart pour respirer quand la tension monte dans la journée.
Concepts liés, selon le docteur Sacchetti : baisse de la progestérone → fragilise → sommeil ; baisse des œstrogènes → modifie → sérotonine, dopamine et noradrénaline ; sommeil fragmenté → aggrave → fatigue et irritabilité.
5. Changer de vie à 48 ans : les hormones, ou l'histoire ?
La question posée à l'antenne est celle que beaucoup se posent : quand une femme de 48 ans change de métier, quitte son conjoint ou reprend un projet abandonné, qu'est-ce qui relève de son histoire, et qu'est-ce qui relève d'un cerveau en pleine transition hormonale ?
Le docteur Sacchetti évoque une patiente d'une soixantaine d'années, partie s'installer en Espagne pour y monter son entreprise, sans traitement hormonal, avant de répondre sans trancher :
« Donc dans quelle mesure c'est lié aux hormones ? Je sais pas. Je pense que c'est quand même aussi sociétal et je pense que c'est une très bonne chose. » Dr Myriam Sacchetti
Les facteurs qu'elle avance sont sociaux autant que biologiques : des enfants qui ont grandi, une indépendance financière plus fréquente qu'autrefois, plus de temps pour soi, la conscience que la vie avance. Elle y voit une prise de conscience plus qu'un simple signal d'alarme du corps : ce corps devient un bien précieux dont on décide de prendre soin.
C'est ce qu'elle appelle le temps du phénix, l'oiseau qui renaît de ses cendres. Elle a choisi l'image contre l'idée, longtemps attachée au mot ménopause, d'un « début de la fin ».
6. Les os et le muscle, deux réserves qui se jouent après 40 ans
La densité osseuse
La fondation américaine Bone Health and Osteoporosis Foundation indique qu'une femme peut perdre jusqu'à 20 % de sa densité osseuse dans les cinq à sept ans qui suivent la ménopause, et qu'environ une femme de plus de 50 ans sur deux aura une fracture liée à l'ostéoporose. Le livre (p. 52) et le docteur Sacchetti à l'antenne citent les mêmes ordres de grandeur.
Pour elle, le chiffre d'une ostéodensitométrie, l'examen qui mesure la densité des os, n'est pas figé : une activité physique adaptée, avec des impacts répétés en séances courtes, peut la faire remonter.
Ce que montre un essai. L'essai LIFTMOR, publié fin 2017, a suivi 101 femmes ménopausées de 65 ans en moyenne, dont la densité osseuse était basse. Pendant huit mois, la moitié a suivi deux séances de trente minutes par semaine de renforcement intense et d'exercices d'impact, encadrées de près. La densité osseuse de la colonne lombaire a augmenté de 2,9 % dans ce groupe, alors qu'elle a baissé de 1,2 % chez les femmes qui suivaient un programme doux à domicile. C'est un seul essai, mené sur des femmes plus âgées que celles dont parle l'épisode, avec un encadrement que tout le monde n'a pas.
Le muscle, un organe à part entière
« Le muscle, c'est un organe métabolique, c'est pas purement esthétique. » Dr Myriam Sacchetti
Selon elle, la masse musculaire commence à diminuer dès 30 ans. Le muscle améliore la sensibilité à l'insuline, protège la colonne vertébrale, prévient les chutes et participe au bon fonctionnement du cerveau. On appelle sarcopénie la perte progressive de masse et de force musculaires avec l'âge.
Elle distingue le renforcement musculaire et le simple fait de bouger, qu'elle juge tous deux indispensables. Contre la sédentarité, elle conseille de marcher en téléphonant, et dit tenir elle-même la plupart de ses réunions sur un tapis de marche. Et quelle que soit la semaine, garder un peu de renforcement, même avec un élastique dans une chambre d'hôtel, plutôt que d'appliquer la loi du tout ou rien.
« C'est les tout petits efforts répétés du quotidien qui vont produire les plus grands effets. » Dr Myriam Sacchetti
Pour une femme qui n'a jamais fait de sport, elle propose de commencer par dix minutes par jour, voire cinq. Elle place un geste avant même la prise de sang : mesurer son tour de taille. Chez la femme, un tour de taille supérieur à 80 centimètres est pour elle un signal d'alerte, un seuil qui correspond à celui retenu par la Fédération internationale du diabète pour l'obésité abdominale chez les femmes d'origine européenne.
La créatine
La médecin présente la créatine comme le complément alimentaire peut-être le plus étudié. Associée à un apport suffisant en protéines et à un vrai travail musculaire, elle aiderait à maintenir la masse musculaire et à lutter contre la sarcopénie. Chez la femme après 40 ans, elle réduirait aussi la fatigue intellectuelle après une mauvaise nuit ou un décalage horaire. Elle pose une limite : en cas de maladie rénale avérée, un avis médical s'impose.
La Société internationale de nutrition du sport, dans sa prise de position de 2017, s'appuie sur un large ensemble d'études pour juger la créatine sûre et bien tolérée chez les personnes en bonne santé. Ce texte porte surtout sur l'exercice et le muscle. Sur la fatigue intellectuelle, de petits essais vont dans le sens de ce qu'elle décrit : dans l'un d'eux, publié en 2006, dix-neuf adultes privés de sommeil pendant vingt-quatre heures ont vu leurs performances et leur humeur moins se dégrader sous créatine que sous placebo. Ces essais sont courts, portent sur peu de personnes et ne visaient pas spécialement les femmes de plus de 40 ans. Nous ne reprenons pas ici les doses citées à l'antenne. Pour aller plus loin : compléments alimentaires et endurance, ce qui est prouvé.
Concepts liés : baisse des œstrogènes → accélère → perte osseuse ; renforcement et exercices d'impact → peuvent augmenter → densité osseuse ; masse musculaire → améliore → sensibilité à l'insuline.
7. Vessie, urètre, vagin : le syndrome génito-urinaire de la ménopause
Le syndrome génito-urinaire de la ménopause, ou SGUM, regroupe les symptômes de la sphère intime et urinaire liés au manque d'œstrogènes. Le livre en dresse la liste : sécheresse vaginale persistante, douleurs pendant les rapports, brûlures, cystites à répétition sans infection retrouvée, envies pressantes d'uriner, fuites urinaires à l'effort (p. 25). Le vagin, l'urètre et la vessie possèdent des récepteurs aux œstrogènes, ce qui explique que ces troubles forment un même tableau.
Combien de femmes sont concernées ? Selon la Société nord-américaine de la ménopause (2020), entre 27 % et 84 % des femmes ménopausées, selon la définition retenue. Le livre écrit « près de 50 % » (p. 53) et le docteur Sacchetti a cité 70 % à l'antenne, deux chiffres qui entrent dans cette fourchette. Notre dossier sécheresse vaginale, douleurs, fuites urinaires détaille ces symptômes.
Un tabou qui retarde les soins. La médecin le décrit comme l'un des plus tenaces, au point qu'on n'en parle même pas entre amies. Elle rapporte cette phrase entendue au cabinet :
« Non, mais docteur, j'ai pas eu le temps et puis j'ai pas osé en parler à mon médecin traitant ou à mon médecin gynéco de ville. Et pourtant, j'ai des fuites tous les jours. » Une patiente, citée par le Dr Myriam Sacchetti
Elle observe aussi des fuites urinaires chez des femmes de 30 ans, même sans avoir accouché, qui pratiquent des sports à impact comme la course à pied ou le CrossFit.
Les solutions, par étapes
Il faut toujours graduer, dit-elle, de la plus simple à la plus lourde :
- La prévention, avec des contractions du périnée glissées dans la journée, dans les transports ou en se brossant les dents, et des programmes adaptés que proposent certains coachs sportifs, comme les abdominaux hypopressifs.
- La rééducation du périnée, possible tout au long de la vie et pas seulement après un accouchement, auprès d'une sage-femme ou d'un kinésithérapeute. L'Assurance Maladie précise qu'elle vise à renforcer la musculature du périnée. Voir aussi notre entretien sur le périnée avec Bernadette de Gasquet.
- Le pessaire, pour les sportives notamment. L'Assurance Maladie le décrit comme un dispositif intravaginal, le plus souvent en silicone, placé au fond du vagin pour maintenir les organes ; le modèle se choisit avec un médecin, une sage-femme ou un kinésithérapeute.
- Les œstrogènes appliqués localement, qui selon elle améliorent beaucoup de symptômes avec un passage quasi nul dans le sang. La Société nord-américaine de la ménopause les recommande à faible dose quand les symptômes gênants ne cèdent pas aux produits en vente libre.
- Le laser CO2 et certaines radiofréquences, pour améliorer la qualité de la muqueuse. Elle dit constater leurs effets sur la flore vaginale et sur les infections à répétition, et indique que l'Institut Paoli-Calmettes, à Marseille, utilise ce laser auprès de femmes traitées pour un cancer du sein. Elle précise disposer du même appareil dans son cabinet.
- Les injections autour de l'urètre, réalisées par des gynécologues pour renforcer la fermeture du sphincter en cas de fuites à l'effort.
- La chirurgie, en dernier recours, pour les descentes d'organes importantes. « La chirurgie a un rôle, il ne faut pas le dramatiser », dit-elle.
Ce que dit la recherche sur le laser. Les résultats varient selon la façon dont les études sont menées. La méthode la plus exigeante compare le laser à un faux traitement, sans que les patientes sachent ce qu'elles reçoivent. En 2020, la Société nord-américaine de la ménopause jugeait ces essais trop peu nombreux pour conclure. Depuis, un essai australien publié en 2021 dans le JAMA, mené sur 85 femmes ménopausées, n'a pas trouvé de différence avec le faux traitement au bout de douze mois. Une méta-analyse de 2023, c'est-à-dire une étude qui regroupe les résultats de plusieurs essais, réunissait sept essais et 407 femmes : le laser n'y faisait pas mieux que le faux traitement sur la plupart des critères, mais faisait mieux sur une échelle de symptômes, ce que ses auteurs jugeaient prometteur tout en demandant d'autres essais. Une autre méta-analyse, publiée en 2026, observe une amélioration à court terme de la vie sexuelle, plus faible dans les essais qui utilisaient un faux traitement, avec un niveau de certitude limité.
Concepts liés : baisse des œstrogènes → amincit → muqueuse vaginale et urétrale ; amincissement de la muqueuse → favorise → infections urinaires et fuites ; tabou → retarde → prise en charge.
8. Pourquoi une prise de sang ne suffit pas
Beaucoup de femmes espèrent qu'une prise de sang leur dira où elles en sont, ce qui fonctionne mal selon la médecin. Les hormones sexuelles fluctuent : selon le jour du prélèvement, on tombe au creux ou au sommet de la vague. Un taux élevé de FSH, l'hormone qui commande les ovaires, oriente vers une ménopause installée, sans dire grand-chose de fiable sur la périménopause. Le bilan qu'elle juge utile est un bilan de santé plus large : inflammation, risque cardiovasculaire, glycémie, résistance à l'insuline.
Les enseignants d'endocrinologie rappellent de leur côté que le diagnostic de la ménopause est clinique et qu'aucune exploration biologique n'est nécessaire pour l'affirmer, sauf après une hystérectomie, l'ablation de l'utérus, qui supprime les règles. Ils réservent le dosage de FSH à des situations précises : avant 45 ans, ou entre 45 et 50 ans quand le tableau est inhabituel.
« La clinique, c'est les symptômes tout simplement. On n'a pas que l'intelligence artificielle ou les ordinateurs. Le médecin, quand il voit rentrer un patient au cabinet, il l'observe, il l'écoute. » Dr Myriam Sacchetti
Elle oppose la clinique, ce que le médecin observe et entend, à la paraclinique, l'ensemble des examens complémentaires comme les analyses ou la radiologie. Elle compte une trentaine de symptômes liés à la baisse des œstrogènes et compare la démarche à celle de la thyroïde : une prise de poids, une frilosité inhabituelle, une chute de cheveux font penser à la thyroïde avant même le bilan.
9. Le traitement hormonal de la ménopause : la peur, les chiffres, la fenêtre
Une colère de médecin
C'est le moment de l'épisode où elle parle avec le plus d'émotion. Selon elle, l'enseignement a longtemps réservé le traitement hormonal aux bouffées de chaleur invalidantes, en laissant de côté les bienfaits pour le cœur qu'elle lui attribue, et ses effets sur le cerveau, les os, les muscles, l'humeur, la peau et la sphère génitale.
« Là, sur le traitement hormonal, ça a sacrifié au moins une génération de femmes. J'ai beaucoup de colère par rapport à ça. » Dr Myriam Sacchetti
Elle décrit des patientes qui refusent le traitement par principe, sans antécédent personnel ni familial particulier, avec « juste une espèce de peur ». Son souhait, dit-elle, est « que les femmes soient suffisamment informées pour choisir en conscience au lieu d'être guidées par la peur ».
L'essai de 2002, en nombre de cas
En 2002, le volet de l'essai américain Women's Health Initiative qui testait l'association d'œstrogènes et d'un progestatif a été arrêté au bout d'environ cinq ans, alors qu'il devait en durer huit et demi. Il comparait, chez 16 608 femmes ménopausées de 50 à 79 ans, des œstrogènes conjugués équins, extraits d'urine de jument, associés à un progestatif de synthèse, à un comprimé sans principe actif, un placebo. Le risque de cancer du sein invasif y était multiplié par 1,26, soit une hausse d'environ 26 %.
Dans l'essai, cette hausse correspondait à 8 cancers du sein invasifs de plus pour 10 000 femmes suivies pendant un an, soit environ 4 cas de plus pour 1 000 femmes sur cinq ans. Pour le traitement combiné en général, le livre donne un ordre de grandeur proche, une augmentation « de l'ordre de 6 à 8 cas pour 10 000 femmes et par an » après cinq ans d'utilisation continue (p. 81). À l'antenne, nous avons repris le chiffre que le livre donne pour l'essai lui-même, 5 cas contre 4 pour 1 000 femmes sur cinq ans (p. 79) ; pour cet essai, c'est l'écart d'environ 4 cas pour 1 000 qu'il faut retenir. En nombre de cas, la hausse de 26 % reste faible à l'échelle d'une femme. Notre article ce que l'étude WHI comparait réellement détaille la population étudiée et le produit utilisé, peu prescrit en France.
Combien de femmes sont traitées en France ?
Le docteur Sacchetti décrit une chute très forte du recours au traitement depuis le début des années 2000, que l'on retrouve dans les chiffres officiels. Selon l'Agence du médicament, entre 20 et 25 % des femmes de 40 à 65 ans prenaient un traitement hormonal entre 2000 et 2002. Selon une étude du groupement Epi-Phare, qui réunit l'Agence du médicament et l'Assurance Maladie, publiée en juillet 2026, 6,6 % des femmes de 45 à 60 ans étaient traitées en 2012. La proportion est tombée à 3,6 % en 2022, puis elle est remontée à 4,4 % en 2025, soit environ 496 000 femmes. Ces deux sources ne portent pas sur les mêmes tranches d'âge, mais la tendance est nette.
La fenêtre d'opportunité
Ce que dit le docteur Sacchetti. Le traitement apporte le plus de bénéfices quand il est commencé dans les dix ans qui suivent la ménopause, soit, pour simplifier, entre 50 et 60 ans. Au-delà, un bilan cardiovasculaire complet permet de juger s'il garde un intérêt. Elle évoque aussi des études récentes en faveur d'un démarrage dès la périménopause quand les symptômes sont importants, avec un bénéfice qu'elle juge plus grand encore, notamment pour le cœur.
Ce que disent les sociétés savantes. La Société nord-américaine de la ménopause estime, dans sa prise de position de 2022, que le rapport bénéfices-risques est favorable avant 60 ans ou dans les dix ans qui suivent la ménopause, en l'absence de contre-indication, pour traiter des bouffées de chaleur gênantes et prévenir la perte osseuse. Au-delà, il devient moins favorable en raison des risques de maladie des artères du cœur, d'accident vasculaire cérébral, de thrombose veineuse et de démence. L'Inserm rappelle en 2026 que ces repères ne sont pas des règles absolues, que la décision est individuelle et qu'un suivi au moins annuel est indispensable. En France, la Haute Autorité de santé réserve le traitement aux troubles suffisamment gênants pour altérer la qualité de vie, à la dose minimale efficace et pour la durée la plus courte possible, avec une réévaluation au moins une fois par an.
Sur le cœur. Son livre écrit que le traitement « diminue le risque cardiovasculaire s'il est introduit tôt (avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause) » (p. 80). Les grands essais ne permettent pas encore de trancher, car ils ont surtout porté sur des femmes plus âgées : dans la revue Cochrane de 2017, qui rassemble les essais au long cours, l'âge moyen des participantes dépassait 60 ans dans la plupart des études, et 3 participantes sur 10 environ seulement avaient entre 50 et 59 ans au départ. Prises dans leur ensemble, ces études ne montrent pas de protection du cœur, et la prévention des maladies cardiovasculaires ne fait pas partie des indications du traitement. Chez les femmes traitées tôt, certaines données vont dans le sens du livre, sans être définitives. Une autre revue Cochrane, publiée en 2015, a regardé à part, dans une analyse que ses auteurs présentent comme exploratoire, les femmes qui avaient commencé le traitement moins de dix ans après la ménopause : elles avaient moins de décès, et moins d'infarctus ou de décès d'origine cardiovasculaire, avec un niveau de preuve jugé moyen, mais toujours plus de caillots dans les veines. L'essai ELITE a montré qu'un estradiol commencé moins de six ans après la ménopause ralentissait l'épaississement de la paroi des artères du cou, un signe précoce d'encrassement des artères, ce qui n'était pas le cas quand il était commencé dix ans ou plus après ; le scanner des artères du cœur ne montrait pas de différence.
Sur le démarrage dès la périménopause. Des essais existent sur les symptômes de cette période. Dans l'un d'eux, publié en 2018 et mené sur 172 femmes de 45 à 60 ans, un an d'estradiol en patch associé à de la progestérone micronisée a réduit l'apparition de symptômes dépressifs, avec 17 femmes sur 100 concernées contre 32 sur 100 sous placebo, et un effet surtout net en début de transition. Les essais au long cours manquent en revanche pour cette période : la revue Cochrane de 2017 n'en comptait aucun centré sur la périménopause, et jugeait les données insuffisantes pour évaluer les risques d'un traitement prolongé commencé à ce moment-là.
Les contre-indications
Ce que dit le docteur Sacchetti. Les vraies contre-indications seraient plus rares qu'on ne le croit et concerneraient certains cancers, notamment certains cancers du sein ou gynécologiques. Elle évoque des études récentes selon lesquelles un traitement piloté et personnalisé pourrait rester bénéfique chez des femmes ayant eu un cancer, une récidive, voire des métastases. Son livre range parmi les contre-indications absolues le « cancer du sein hormonodépendant actif ou récent (dans certains cas seulement) » (p. 85). Elle ajoute qu'il faut parfois du temps et plusieurs réglages pour trouver le bon équilibre, et que certaines femmes qui supportent mal le traitement au début l'arrêtent trop tôt, par peur.
Ce que prévoit la fiche officielle du médicament. En France, le résumé des caractéristiques d'un gel d'estradiol liste parmi les contre-indications le cancer du sein connu, suspecté ou passé, les tumeurs dépendantes des œstrogènes, un antécédent de thrombose veineuse (un caillot dans une veine) ou d'embolie pulmonaire (un caillot qui migre vers le poumon), un accident artériel récent comme un infarctus ou un AVC, un saignement génital inexpliqué, une hyperplasie de l'endomètre non traitée (un épaississement anormal de la muqueuse de l'utérus), certains troubles de la coagulation et certaines maladies du foie.
Les études sur le traitement après un cancer du sein sont peu nombreuses et ne vont pas toutes dans le même sens. L'essai scandinave HABITS, qui testait le traitement hormonal chez des femmes ayant eu un cancer du sein, a été arrêté en 2003 : après un suivi d'environ deux ans, 26 femmes du groupe traité avaient eu une récidive ou un nouveau cancer du sein, contre 7 dans le groupe non traité. Au Danemark, une étude d'observation, c'est-à-dire qui suit des femmes sans leur attribuer de traitement au hasard, publiée en 2022 et portant sur 8 461 femmes traitées pour un cancer du sein débutant sensible aux hormones, n'a associé ni les œstrogènes vaginaux ni le traitement hormonal général à davantage de récidives ; seules 133 d'entre elles avaient pris un traitement général, et les œstrogènes vaginaux étaient associés à plus de récidives chez les femmes sous inhibiteurs de l'aromatase, un traitement anti-hormonal du cancer du sein. Ces deux études concernent des femmes traitées pour un cancer du sein à un stade précoce. Pour les œstrogènes vaginaux après un cancer du sein, la Société nord-américaine de la ménopause renvoie la décision à l'avis de l'oncologue.
Le cerveau et la démence
Ce que dit le docteur Sacchetti. Pour elle, une femme non traitée est plus exposée au déclin cognitif et à la démence. Son livre évoque « un lien entre chute hormonale mal compensée et augmentation du risque de maladie d'Alzheimer chez les femmes » (p. 51), et écrit que le traitement « prévient le déclin cognitif s'il est débuté précocement » (p. 80).
Ce que permettent de dire les études. Aucun essai n'a encore suivi assez longtemps des femmes traitées dès la cinquantaine pour compter les cas de démence, qui surviennent le plus souvent des décennies après la ménopause. C'est en ce sens qu'un effet protecteur n'est pas démontré à ce jour : la preuve manque, dans un sens comme dans l'autre.
- Chez des femmes traitées tard. Le principal essai à avoir compté les cas de démence, le volet mémoire de la Women's Health Initiative, a recruté des femmes de 65 ans et plus. Il a observé davantage de démences sous traitement, une conclusion que ses auteurs formulent pour les femmes de cet âge.
- Chez des femmes traitées tôt. Deux essais cités par le livre ont mesuré la mémoire de femmes traitées peu après la ménopause. Dans KEEPS, qui prévoyait jusqu'à quatre ans de traitement chez des femmes de près de 53 ans en moyenne, le traitement n'a ni amélioré ni abîmé la mémoire et l'attention, ni pendant l'essai ni une dizaine d'années plus tard ; ses auteurs y voient un résultat rassurant pour la sécurité du traitement, sans effet protecteur pour la mémoire. Dans ELITE, un estradiol pris pendant près de cinq ans n'a pas non plus modifié la mémoire, qu'il ait été commencé moins de six ans ou plus de dix ans après la ménopause. Ces essais portaient sur des tests de mémoire et sur quelques années de traitement, pas sur des cas de démence.
- Dans les études d'observation. Elles suivent des femmes pendant de longues années, sans tirage au sort, et leurs résultats varient. Aux États-Unis, l'étude de Cache County, dans l'Utah, associe un traitement commencé dans les cinq ans suivant la ménopause à un risque de maladie d'Alzheimer inférieur d'environ 30 %, surtout quand il a duré dix ans ou plus. Au Danemark, une étude publiée en 2023 associe le traitement combinant un œstrogène et un progestatif à environ un quart de démences en plus que chez les femmes jamais traitées, y compris chez celles traitées à 55 ans ou avant. Leurs auteurs appellent à d'autres recherches, car ce type d'étude ne permet pas d'établir à lui seul que le traitement est la cause de ce qu'on observe.
À ce jour, la prévention de la démence ne fait pas partie des indications officielles du traitement hormonal, et la question reste ouverte pour les femmes qui le commencent tôt.
Gel, patch, comprimé, voie locale
Le livre et l'épisode rappellent que le traitement ne se résume pas au comprimé. Il existe des formes en gel et en patch, qui passent par la peau, et des œstrogènes appliqués localement dans le vagin. En France, la voie cutanée est devenue largement majoritaire pour les œstrogènes, avec 87 % en 2024 selon Epi-Phare, et l'usage de la progestérone micronisée, une progestérone identique à celle que produit le corps, a nettement augmenté. Pour le vocabulaire employé en consultation, voir notre dossier sur les hormones bio-identiques.
10. Compléments alimentaires : commencer par les fondations
Le livre consacre une large part aux solutions sans hormones, compléments compris. Le message qu'elle porte à l'antenne va à rebours de ce qu'on lit souvent sur le sujet :
« C'est pas quinze compléments alimentaires qui vont forcément être mieux que, pareil pour la skincare, que trois produits bien adaptés. » Dr Myriam Sacchetti
Elle demande de personnaliser, puis d'ajuster avec le temps. Le moment de prise du magnésium, par exemple, ne convient pas de la même façon à toutes ses patientes. Elle rappelle aussi que la vitamine D « n'est pas une vitamine mais une hormone ». Plus exactement, l'organisme la transforme en calcitriol, une forme active qui agit comme une hormone. Elle conseille d'en contrôler le taux de temps en temps par une prise de sang. Voir tout savoir sur la vitamine D et notre article sur le magnésium.
Sa règle emprunte à la médecine esthétique : on ne fait pas les raffinements avant les fondations de la maison. Ajouter de la L-carnitine ou des acides aminés pour sportifs ne servirait pas à grand-chose si la vitamine D est très basse, si le fer manque ou si la thyroïde fonctionne mal. Elle signale à ce propos que le manque de fer, plus fréquent qu'on ne le pense chez la femme, pèse aussi sur le moral. Nous ne reprenons ici aucune dose.
11. Quinze minutes de consultation, et la solitude
Le docteur Sacchetti décrit des consultations de médecine générale de quinze minutes, parfois sept, et des abus liés à certaines téléconsultations. Le livre évoque lui aussi ces consultations de quinze minutes (p. 66). Dans ce temps-là, il est difficile de confier une fatigue ou des fuites urinaires, d'autant que beaucoup de femmes se disent, selon ses mots, « c'est pas vital ». Les femmes repoussent aussi leurs propres rendez-vous pour donner la priorité à ceux de leur conjoint et de leurs enfants. Au travail, observe-t-elle, on attend d'elles le même rythme qu'avant, sans les adaptations dont elles auraient parfois besoin. Chez elle, une consultation dure au moins une demi-heure.
L'isolement, un facteur de santé. Elle range les relations sociales parmi les piliers de la santé, avec le sommeil et le stress. Une méta-analyse publiée en 2010, qui rassemble 148 études et plus de 300 000 participants, associe des relations sociales plus solides à une probabilité de survie supérieure de 50 %, un effet comparable à celui de facteurs de risque bien établis.
Aux femmes seules face à leurs symptômes, elle suggère une activité nouvelle, une langue, un instrument, la peinture, des groupes de parole, et moins de temps à faire défiler des écrans, parce que, résume-t-elle, « y a rien qui remplace le lien social ».
12. Plaire ou se plaire : ce que la médecine esthétique soigne, selon elle
Au cabinet, elle dit reconnaître souvent une femme en périménopause ou ménopausée à sa peau, plus terne, plus fine, plus relâchée, avec plus de taches, et parfois à sa posture, sans prétendre ne jamais se tromper.
Dans le livre, elle distingue deux démarches : vouloir plaire, c'est-à-dire « se conformer à un regard extérieur », et vouloir se plaire, « se réapproprier son image » (p. 220). À l'antenne, elle explique comment elle accueille une demande qui doit être réglée tout de suite, après un regard dans le miroir le matin même : elle ralentit, écoute, fait reformuler.
« On traite pas une ride, on traite une émotion en général. » Dr Myriam Sacchetti
Elle demande à la patiente où se loge, sur son visage, l'air fatigué ou triste qui la gêne. Elle reçoit aussi des femmes après un cancer, pour qui une petite correction compte après des mois de traitement.
La méthode Phœnix, qu'annonce la couverture du livre, désigne selon elle une prise en charge globale qui n'omet aucun des piliers de la santé abordés dans l'épisode : hormones, alimentation, activité physique, sommeil, stress et liens sociaux.
« Avoir 40 ou 50 ans, c'est tout sauf le début de la fin. Au contraire, c'est le début d'autre chose. » Dr Myriam Sacchetti
Applications pratiques
Ce que l'épisode et le livre permettent de faire, concrètement.
1. Tenir un relevé de ses symptômes. Noter pendant deux ou trois cycles la qualité du sommeil, l'énergie au réveil, l'humeur, les règles et les fuites éventuelles. Le diagnostic repose sur ces signes, et c'est souvent l'information qui manque en consultation.
2. Mesurer son tour de taille. Au-delà de 80 centimètres, le sujet mérite d'être abordé avec un médecin, au même titre qu'une prise de sang.
3. Garder du renforcement musculaire, même court. Pour elle, quelques minutes par jour valent mieux qu'une séance repoussée. Quand la densité osseuse est basse, les exercices d'impact gagnent à être encadrés.
4. Parler des fuites urinaires. Elles ne sont une fatalité ni de l'âge ni du sport. La rééducation du périnée est possible à tout âge, et les solutions vont de la plus simple à la plus lourde.
5. Revoir les fondations avant d'ajouter des compléments. Sommeil, protéines, fer, vitamine D et thyroïde se vérifient avec un médecin avant d'empiler des produits.
6. Préparer la question du traitement hormonal. Venir avec ses antécédents personnels et familiaux, demander où l'on se situe par rapport à la fenêtre des dix ans, et prévoir une réévaluation chaque année.
7. Poser la question du lien hormonal. Face à une fatigue, une anxiété ou des troubles du sommeil apparus après 40 ans, la question peut être posée au médecin qui suit. Elle ne remet pas en cause un traitement en cours.
8. Garder du lien. Une activité partagée, un groupe de parole, une amie à qui en parler : pour elle, la vie sociale fait partie du soin.
Ce que dit la recherche : synthèse honnête
Ce qui fait consensus. La transition hormonale ne se résume pas aux bouffées de chaleur : elle touche aussi le sommeil, l'humeur, les os et la sphère intime et urinaire, ce qui est le point de départ du docteur Sacchetti. Le diagnostic de la ménopause est clinique, et une prise de sang ne permet pas de dater la périménopause. La perte osseuse s'accélère après la ménopause. Le syndrome génito-urinaire est fréquent, et les œstrogènes vaginaux font partie des traitements recommandés. Le traitement hormonal a un rapport bénéfices-risques plus favorable quand il est commencé avant 60 ans ou dans les dix ans qui suivent la ménopause, en l'absence de contre-indication.
Ce qui est en débat. L'intérêt du laser CO2 vaginal, dont les essais donnent des résultats variables. L'ampleur de la surprescription de psychotropes chez les femmes en transition hormonale. Les effets de la créatine sur la fatigue intellectuelle, étudiés dans de petits essais.
Ce qui manque encore d'études. L'effet d'un traitement hormonal commencé tôt sur le cœur et sur la démence : les grands essais au long cours ont surtout porté sur des femmes de plus de 60 ans, et aucun n'était centré sur la périménopause. Pour le cœur, certaines données sur les femmes traitées tôt vont dans le sens d'un bénéfice, sans être définitives ; pour la démence, elles restent contrastées. Le traitement après un cancer du sein, sur lequel les essais sont rares et où la décision se prend avec l'oncologue.
Ce qu'on ne sait pas encore. Les effets à long terme, sur le cœur, les os ou le cerveau, d'un traitement commencé dès la périménopause. Le niveau de preuve, chez la femme, du lien direct entre baisse des œstrogènes, mitochondries et fatigue ressentie, que nous n'avons pas pu établir. Et la part de l'histoire de vie, de la société et des hormones dans les grands changements de la quarantaine, une question à laquelle l'invitée elle-même répond « je sais pas ».
À retenir
- La périménopause est la transition hormonale qui précède l'arrêt des règles ; la ménopause se définit par un an sans règles.
- Pour le docteur Sacchetti, la fatigue de cette période a une base biologique : baisse des œstrogènes, fonctionnement des mitochondries, résistance à l'insuline.
- Selon elle et son livre, la progestérone baisse souvent la première, ce qui fragilise le sommeil et l'humeur.
- Une prise de sang ne permet pas de dater la périménopause : les symptômes comptent davantage.
- Après la ménopause, une femme peut perdre jusqu'à 20 % de sa densité osseuse en cinq à sept ans ; dans un essai, un renforcement intense et encadré l'a fait progresser.
- Pour elle, le muscle est un organe métabolique, et de petits efforts quotidiens valent mieux que la règle du tout ou rien.
- Les fuites urinaires et la sécheresse vaginale relèvent d'un même syndrome, fréquent et traitable, mais souvent tu.
- Le traitement hormonal a ses repères, ses formes et ses contre-indications. Après un cancer du sein, la fiche officielle du médicament le contre-indique, et la question se pose avec l'oncologue.
- Sur le cœur et la démence, les essais menés chez des femmes traitées tôt manquent encore pour conclure, et la prévention de ces maladies ne fait pas partie, aujourd'hui, des indications officielles du traitement.
Vos questions
La fatigue de la périménopause, comment la reconnaître ?
Elle s'installe souvent sans changement d'hygiène de vie, avec un sommeil moins réparateur, un réveil déjà épuisé, une humeur plus instable, des trous de mémoire et une prise de poids autour de la taille. Ces signes sont communs à d'autres situations, comme un manque de fer ou un trouble de la thyroïde, d'où l'intérêt d'un avis médical.
Une prise de sang peut-elle confirmer la périménopause ?
Pas de façon fiable, selon le docteur Sacchetti, car les hormones varient d'un jour à l'autre pendant cette période. Les enseignants d'endocrinologie rappellent que le diagnostic de la ménopause est clinique et réservent le dosage de FSH à des situations précises, avant 45 ans ou entre 45 et 50 ans quand le tableau est inhabituel.
Qu'est-ce que le syndrome génito-urinaire de la ménopause ?
C'est l'ensemble des troubles intimes et urinaires liés au manque d'œstrogènes : sécheresse vaginale, douleurs pendant les rapports, brûlures, envies pressantes, fuites, cystites à répétition. Il toucherait entre 27 % et 84 % des femmes ménopausées selon les définitions, et il se traite.
Jusqu'à quel âge peut-on commencer un traitement hormonal ?
Selon la Société nord-américaine de la ménopause, le rapport bénéfices-risques est favorable avant 60 ans ou dans les dix ans qui suivent la ménopause, en l'absence de contre-indication. L'Inserm précise que ces repères ne sont pas des règles absolues : la décision se prend au cas par cas, avec un suivi au moins annuel.
Le traitement hormonal augmente-t-il le risque de cancer du sein ?
Une augmentation modeste existe avec l'association d'un œstrogène et d'un progestatif, et elle dépend de la durée et du produit. Dans l'essai de 2002, elle correspondait à environ 4 cas supplémentaires pour 1 000 femmes sur cinq ans, un ordre de grandeur proche de celui que donne le livre pour le traitement combiné. L'Inserm indique un signal plus faible avec la progestérone micronisée et la dydrogestérone, un progestatif proche de la progestérone naturelle, qu'avec certains progestatifs de synthèse.
Le traitement hormonal est-il possible après un cancer du sein ?
En France, la fiche officielle d'un gel d'estradiol range le cancer du sein connu, suspecté ou passé parmi les contre-indications du traitement. Le docteur Sacchetti évoque des études récentes plus ouvertes, avec un traitement piloté au cas par cas, et son livre range parmi les contre-indications absolues le « cancer du sein hormonodépendant actif ou récent (dans certains cas seulement) » (p. 85). Les études sont peu nombreuses : un essai scandinave a été arrêté pour excès de nouveaux cancers, tandis qu'une étude d'observation danoise n'a pas retrouvé, dans l'ensemble, davantage de récidives. La décision se prend toujours avec l'oncologue, y compris pour les œstrogènes appliqués localement.
Le traitement hormonal protège-t-il de la démence ?
Pour le docteur Sacchetti, le traitement « prévient le déclin cognitif s'il est débuté précocement », comme elle l'écrit dans son livre (p. 80). La recherche n'a pas encore d'essai qui ait suivi assez longtemps des femmes traitées tôt pour compter les cas de démence. Les essais qui ont mesuré leur mémoire, comme KEEPS et ELITE, n'ont montré ni bénéfice ni effet néfaste, et les études d'observation donnent des résultats variables. À ce jour, la prévention de la démence ne fait pas partie des indications officielles du traitement.
Le laser vaginal est-il efficace ?
Le docteur Sacchetti constate ses effets en consultation, et indique que l'Institut Paoli-Calmettes l'utilise auprès de femmes traitées pour un cancer du sein. Les essais qui le comparent à un faux traitement donnent des résultats variables : l'un d'eux, publié en 2021, n'a pas montré de différence à un an, tandis qu'une méta-analyse de 2023 le trouvait meilleur sur une échelle de symptômes, sans différence sur la plupart des autres critères, et jugeait ces résultats prometteurs tout en demandant d'autres essais.
La créatine est-elle utile aux femmes après 40 ans ?
Elle fait partie des compléments les plus étudiés, surtout pour le muscle, en association avec l'entraînement et un apport suffisant en protéines. Quelques petits essais suggèrent qu'elle limite la baisse des performances après une nuit blanche, sans avoir porté spécifiquement sur les femmes de plus de 40 ans. En cas de maladie rénale, un avis médical est nécessaire.
Pour aller plus loin
L'épisode complet. Conversation avec le docteur Myriam Sacchetti, podcast BloomingYou, Mieux-être corps et esprit.
Son livre. Énergie illimitée. Vous n'aurez plus jamais envie d'avoir moins de 40 ans !, Solar, 2026.
Les Assises des pratiques complémentaires, le 5 novembre 2026 au Palais des Congrès de Paris, organisées par Médoucine en collaboration avec BloomingYou. Le docteur Sacchetti figure parmi les intervenants annoncés.
Sur BloomingYou. Le parcours Périménopause et ménopause rassemble nos repères. Dans le même dossier : combien de temps dure la périménopause, avec le docteur Christelle Besnard-Charvet ; pourquoi tant de femmes se sentent mal cinq à dix ans avant leurs dernières règles ; ce que l'étude WHI comparait réellement ; sécheresse, douleurs et fuites urinaires à la ménopause ; les solutions naturelles selon vos symptômes. Pour élargir : pourquoi la médecine néglige la santé des femmes.
Sources
Définition et diagnostic
- Chevalier N., Item 124, Ménopause, Collège des enseignants d'endocrinologie, diabétologie et maladies métaboliques (CEEDMM), Société française d'endocrinologie, août 2022. sfendocrino.org
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Os, muscle, tour de taille, créatine
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Liens sociaux
- Holt-Lunstad J, Smith TB, Layton JB. Social relationships and mortality risk: a meta-analytic review. PLoS Medicine 2010;7(7):e1000316. D'après PubMed, DOI
Sources primaires de l'article
- Myriam Sacchetti, Énergie illimitée. Vous n'aurez plus jamais envie d'avoir moins de 40 ans !, Solar, 2026, ISBN 978-2-263-19629-4. Lu sur épreuves avant publication : p. 1 (couverture), p. 25 et 53 (syndrome génito-urinaire), p. 29 (neuromédiateurs, cortex préfrontal et amygdale), p. 51 (cerveau), p. 52 à 56 (os, métabolisme, progestérone), p. 60 à 66 (errance médicale, durée de la périménopause, psychotropes, durée des consultations), p. 79 à 85 (essai de 2002, risque de cancer du sein, effets sur le cerveau et le cœur, contre-indications), p. 220 (plaire et se plaire), p. 250 et 251 (notes). La pagination peut différer dans l'édition définitive.
- Retranscription intégrale de l'épisode BloomingYou avec le docteur Myriam Sacchetti, enregistré en septembre 2026. Toutes les citations attribuées au docteur Sacchetti en proviennent.
Cet article a une vocation d'information. Il ne constitue ni un diagnostic, ni une prescription, ni un avis médical personnalisé. Toute décision concernant un traitement se prend avec un professionnel de santé. BloomingYou ne promet aucune guérison.
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Publié le 06/10/2026