Publié le 09/09/2026, mis à jour le 10/09/2026
Conscience & Société
Spiritualité et santé mentale : ce que la science établit vraiment (et ce qu’elle ignore)
Docteure en psychologie sociale, Julie Dachez a vécu deux expériences mystiques : la première sous psilocybine en Jamaïque, dans un cadre thérapeutique encadré, la seconde un an plus tard, sans aucune substance, dans un monastère catalan. Au lieu de choisir entre sa formation scientifique et son expérience, elle a passé deux ans à lire la littérature de recherche. Son enquête, Qu’est-ce que vous croyez ? Une enquête scientifique (mais pas chiante) sur les bienfaits de la spiritualité (Albin Michel, 2026), établit un point précis : le lien entre spiritualité et santé mentale est réel, mais il s’agit d’une corrélation faible à modérée, jamais d’un traitement. Cet article, tiré de son passage dans le podcast BloomingYou, restitue ce que la recherche documente, ce qu’elle ne tranche pas, et comment distinguer une ressource spirituelle d’une dérive marchande.
Ce que contient la suite
La suite développe :
- Qu'appelle-t-on spiritualité en recherche ?
- Pourquoi ce sujet compte
- Ce que la recherche établit : une corrélation, pas un traitement
- Le résultat qui surprend : la certitude protège plus que la croyance
- Psychédéliques et dépression : ce que le cadre autorise, et ce qu'il interdit
Environ 13 minutes de lecture, 2 808 mots.
Qu'appelle-t-on spiritualité en recherche ?
La spiritualité désigne, dans la littérature scientifique, une quête individuelle de sens et de connexion à quelque chose de plus vaste que soi. Elle se distingue de la religion, qui désigne une institution sociale organisée autour d'un système de croyances, de pratiques et de rituels partagés. La plupart des chercheurs considèrent la spiritualité comme le concept le plus large, dont la religion peut être une composante. Une personne peut donc être spirituelle sans être religieuse, et cette distinction conditionne la lecture de toutes les études du domaine. Une expérience mystique désigne un état de conscience caractérisé par un sentiment d'unité avec l'ensemble du réel, une transcendance du temps et de l'espace, des émotions intenses de paix ou d'amour, et une conviction de savoir. Le psychologue William James en avait identifié une propriété centrale au début du XXe siècle : l'ineffabilité, c'est-à-dire l'impossibilité de transposer l'expérience en mots. Julie Dachez la décrit ainsi : « le vocabulaire ne fait pas honneur à l'expérience ». Ces expériences ne sont pas marginales. Elles surviennent sous psychédéliques, mais aussi de façon entièrement spontanée, y compris chez des personnes qui ne se disaient pas croyantes.Pourquoi ce sujet compte
Une personne sur trois environ déclare avoir vécu une expérience de nature spirituelle, selon les enquêtes menées en population américaine, britannique et australienne. La quasi-totalité n'en parle jamais. Ce silence a un coût mesurable en santé mentale. Il prive les personnes concernées d'un espace pour intégrer ce qu'elles ont vécu, et il prive les soignants d'une information parfois utile à l'accompagnement. Julie Dachez a elle-même traversé cette solitude : « Dans une société comme la nôtre où on ne dispose pas vraiment d'espaces qui permettent de parler de ces expériences, de les déposer, de les accueillir, on se retrouve très seul avec ça. » Le mécanisme est le même que pour d'autres phénomènes que la science ne referme pas : les pilotes et les ingénieurs qui observent des objets volants non identifiés se taisent eux aussi, par crainte du ridicule. En France, ce silence tient à un héritage culturel identifiable. La pensée rationaliste issue des Lumières, puis le positivisme du XIXe siècle, ont installé une opposition entre la foi et la raison. Croire y est devenu synonyme de ne pas être rationnel. Julie Dachez qualifie cette opposition d'artificielle, en rappelant que des chercheurs étudient précisément ces phénomènes avec les outils de la méthode scientifique.Ce que la recherche établit : une corrélation, pas un traitement
Le lien entre spiritualité et santé mentale est corrélationnel. Deux variables évoluent ensemble sans que l'une cause l'autre. Julie Dachez utilise une image que la recherche emploie couramment : en été, les ventes de glaces augmentent et les noyades aussi, sans que les glaces causent les noyades. Ce lien est faible à modéré selon les études. C'est la nuance décisive de l'enquête, et elle va à rebours de la promesse habituelle du développement personnel. Interrogée sur ce qui se passerait si un auditeur arrêtait sa thérapie pour se mettre à prier, sa réponse est sans ambiguïté : « Surtout, ne faites pas ça. » La spiritualité est une ressource parmi d'autres, jamais la principale. Les déterminants de la santé mentale documentés par la recherche incluent les conditions socio-économiques, la génétique, l'environnement de l'enfance, l'exposition aux violences, la qualité du sommeil, le soutien social et l'estime de soi. La croyance s'ajoute à cette liste sans s'y substituer. Un résultat contre-intuitif concerne la fréquentation d'un lieu de culte. Les personnes qui s'y rendent au moins une fois par semaine présentent un risque de mortalité plus faible que celles qui n'y vont jamais. L'hypothèse avancée n'est pas théologique mais sociale : un lieu de culte élargit le réseau social et le soutien émotionnel, deux facteurs solidement associés à une meilleure santé mentale. Ces travaux étant majoritairement conduits aux États-Unis, où le christianisme domine, il s'agit du lieu de culte en général, pas de l'église en particulier. Relation à retenir : fréquentation d'un lieu de culte → augmente → lien social et soutien émotionnel → améliorent → santé mentale.Le résultat qui surprend : la certitude protège plus que la croyance
Une intuition répandue veut que les croyants soient mieux armés face à la mort, puisque leur système de croyances présente la mort comme une étape. Les données rapportées par Julie Dachez décrivent autre chose. Les athées convaincus présentent eux aussi une anxiété de mort faible, précisément parce qu'ils sont certains qu'il n'y a rien après. Ce sont les agnostiques, ceux qui laissent la question ouverte, qui rapportent l'anxiété la plus élevée. Autrement dit, c'est le degré de conviction qui semble protéger, davantage que le contenu de la croyance. Niveau de preuve. Julie Dachez signale elle-même la limite : « C'est le résultat d'une étude, il nécessiterait d'être confirmé par d'autres recherches. » Ce résultat est donc à considérer comme une piste sérieuse, pas comme un fait établi.Psychédéliques et dépression : ce que le cadre autorise, et ce qu'il interdit
La psilocybine est la molécule active des champignons dits magiques. Elle fait l'objet de recherches cliniques sur la dépression résistante, c'est-à-dire les dépressions qui ne répondent pas aux traitements antidépresseurs classiques. C'est dans ce contexte que Julie Dachez s'est tournée vers une retraite encadrée en Jamaïque, après avoir épuisé les voies conventionnelles : psychothérapie, antidépresseurs, hygiène de vie. Le dispositif comportait des thérapeutes formés, un environnement préparé et un accompagnement après chaque prise. Elle insiste sur la difficulté de l'expérience : « Il faut les encaisser, c'est vraiment du travail, ce n'est pas une partie de plaisir. » Les expériences mystiques sous macrodose sont fréquentes, et elles ne sont pas un effet secondaire anecdotique. La recherche observe que les bénéfices sur la santé mentale sont les plus marqués et les plus durables lorsqu'une expérience mystique survient. Des travaux portent désormais sur les facteurs susceptibles d'en favoriser l'apparition, comme l'environnement naturel ou certains types de musique. Le cadre légal français interdit ces substances. La psilocybine est classée comme stupéfiant en France. Des essais cliniques y débutent, notamment sur la dépression et la dépendance à l'alcool. Julie Dachez anticipe une légalisation thérapeutique à terme, tout en soulignant le conservatisme français en la matière, et cite l'Australie, certains États américains et la Suisse comme territoires déjà engagés. Les contre-indications sont documentées. Les thérapies psychédéliques sont écartées en cas de troubles cardiaques ou d'hypertension, ainsi que pour les personnes présentant un trouble bipolaire, une schizophrénie ou des antécédents familiaux de ces troubles. Des décompensations psychotiques peuvent survenir après une prise, rarement, et se traitent en milieu hospitalier.Avertissement. Cet article décrit un parcours individuel et l'état d'une recherche. Il ne constitue ni un conseil médical, ni une incitation. L'usage de ces substances est illégal en France et dangereux hors cadre médical encadré. Aucun traitement en cours ne doit être interrompu sans avis médical.
Deux modèles de la conscience, aucun tranché
La question de fond posée par ces expériences est celle de la nature de la conscience. Deux cadres explicatifs coexistent, et Julie Dachez les présente comme des modèles, non comme des vérités. Le modèle productif est le cadre dominant. La conscience y est le produit de mécanismes neuronaux. Il en découle qu'à la mort du cerveau, la conscience cesse. Le modèle transmissif propose une autre lecture. Le cerveau n'y produit pas la conscience, il la capte. Julie Dachez utilise l'image de la radio : un poste de radio ne fabrique pas la station qu'il diffuse, il capte une fréquence qui préexiste. Dans ce cadre, la conscience persisterait après la mort, et une substance psychédélique reviendrait à changer de fréquence. Sa position est explicitement épistémique, pas dogmatique : « En vérité, on ne sait pas. Il faut juste rester ouvert. » Elle formule l'hypothèse que le modèle matérialiste a peut-être atteint ses limites sur certains sujets, sans affirmer que le modèle transmissif est vrai. C'est la même prudence que celle qu'imposent les guérisons que la médecine n'explique pas : constater n'est pas expliquer.Le deuil : le lien continu contre l'injonction à tourner la page
Le lien continu est un modèle du deuil formulé dans les années 1990 par Dennis Klass, Phyllis Silverman et Steven Nickman. Il énonce que maintenir une relation avec le défunt n'est pas pathologique, mais constitue une manière saine de vivre son deuil. La relation ne s'interrompt pas, elle se transforme. Ce modèle contredit l'héritage freudien, qui posait le détachement comme condition d'un deuil accompli. Julie Dachez est directe sur ce point : cette idée « est fausse, c'est basé sur rien ». Environ un tiers des personnes endeuillées déclarent recevoir des signes de leurs proches disparus. Ces expériences prennent des formes variées : un rêve d'un réalisme inhabituel, une odeur, une présence perçue, un objet retrouvé à un moment significatif. Julie Dachez en rapporte une, après la mort de sa chatte Misti : la sensation de son poids sur sa poitrine, au réveil. Elle maintient son incertitude sur l'interprétation, et sépare nettement le fait de l'explication : « Aujourd'hui encore, je ne sais pas quoi en penser, mais je sais que ça m'a fait du bien de sentir sa présence. » Le rapport au signe rejoint ici d'autres traditions qui donnent un sens au hasard sans prétendre le démontrer, comme une lecture symbolique du hasard. Ce que cela change concrètement. Honorer un défunt par un autel, une photographie, une bougie, un objet porté ou un signe accueilli soutient le processus de deuil au lieu de l'entraver.Fin de vie : la douleur totale et les soins spirituels
La douleur totale est un concept forgé par Cicely Saunders, fondatrice du mouvement moderne des soins palliatifs. Il désigne l'imbrication de quatre dimensions de la souffrance en fin de vie : physique, psychologique, sociale et spirituelle. La dimension spirituelle recouvre des questions concrètes : ce qui attend la personne après, le bilan qu'elle fait de sa vie, ses regrets. L'Organisation mondiale de la santé recommande d'intégrer cette dimension aux soins palliatifs. Les soins spirituels sont des pratiques simples. Faire venir un homme ou une femme de foi pour une conversation, soutenir un temps de prière si la personne en exprime le souhait, apporter une bougie, aménager un rituel. Ils concernent aussi l'entourage, qui traverse ses propres questionnements. Ces soins restent, en pratique, l'aspect le plus négligé de l'accompagnement palliatif.Reconnaître une dérive : trois signaux d'alerte
Julie Dachez consacre une partie de son travail aux dérives de la spiritualité New Age, courant né en Occident dans les années 1960 qui combine des pratiques et des traditions hétérogènes. Elle rappelle qu'elle aurait pu en être une cible.Signal 1 : le vocabulaire de la physique quantique
Lorsqu'un discours promet de transformer une vie en se « branchant sur une fréquence quantique », il détourne un langage scientifique pour vendre. La physique quantique n'a rien démontré de tel, et extrapoler ce qui s'observe à l'échelle subatomique aux événements d'une existence n'a pas de fondement en l'état des connaissances.Signal 2 : la promesse de guérison rapide
Un séminaire qui promet de dépasser des traumatismes en quelques jours vend quelque chose qui n'existe pas. La guérison en santé mentale est longue, non linéaire, faite de progrès et de rechutes. Pour le cas particulier de l'astrologie, voyez nos critères pour choisir un astrologue et repérer les promesses abusives.Signal 3 : l'engrenage progressif
La psychologie sociale décrit ce mécanisme sous le nom de théorie de l'engagement. Aucun mouvement d'emprise n'annonce ses intentions d'emblée. On commence par une réunion, puis une étude de textes, puis un séminaire. Plus l'engagement est important, plus le retour en arrière devient coûteux, parce que renoncer reviendrait à désavouer tout ce qui a déjà été investi. Ce sont les mêmes ressorts que ceux décrits dans notre article sur les mécanismes d'influence. Julie Dachez ajoute une nuance qui protège le lecteur de l'excès de confiance : connaître ces mécanismes ne suffit pas à s'en prémunir. La conspiritualité désigne l'articulation entre croyances spirituelles et croyances conspirationnistes, un phénomène identifié et nommé par les chercheurs. Le discours type combine l'annonce d'un éveil collectif de l'humanité et l'affirmation qu'une vérité serait dissimulée par les autorités.Ce que peut faire un thérapeute
La question de la place des croyances en thérapie est posée par les instances professionnelles. Dans son livre, Julie Dachez cite la recommandation faite aux psychiatres de prendre systématiquement en compte, avec tact, les croyances et les pratiques religieuses ou spirituelles de leurs patients. Interrogée sur ce qu'un psychologue devrait faire quand une patiente lui parle de sa foi, sa réponse tient en trois verbes : « L'écouter, l'accueillir et l'utiliser comme ressource si possible. » Il ne s'agit jamais d'imposer une croyance, mais d'interroger celles qui existent et de s'y appuyer lorsque c'est pertinent. Fermer la porte à ce sujet fragilise le lien thérapeutique et prive le patient d'un appui. D'autres approches font le même pari d'une prise en charge qui relie le corps et l'âme dans la même consultation. La difficulté clinique inverse existe également : distinguer un éveil spirituel d'un épisode psychotique. Des critères et des systèmes d'évaluation existent pour cette distinction, qui relève de professionnels formés.Applications pratiques
Si vous avez vécu une expérience inexplicable. Vous n'êtes pas seul : c'est le message que Julie Dachez adresse en fin d'épisode. Ces expériences sont multiples, mystiques, de sortie de corps ou autres, et elles concernent une part importante de la population. Si un proche vous confie avoir reçu un signe d'un défunt. Accueillir ce récit sans le psychiatriser ni le valider comme preuve est cohérent avec ce que la recherche sait du lien continu. La question de savoir si le défunt était réellement présent n'est pas celle qui compte pour le processus de deuil. Si vous accompagnez une personne en fin de vie. La souffrance spirituelle fait partie du tableau clinique. Les rituels simples et la présence attentive ont leur place. Si vous cherchez une communauté ou un accompagnement spirituel. Appliquez les trois signaux d'alerte, et confiez votre santé mentale à un professionnel qualifié plutôt qu'à un coach ou un guide. Si vous êtes en dépression. La spiritualité est une ressource complémentaire, pas un traitement. Le suivi médical et psychothérapeutique reste la voie principale. Si vous voulez commencer par quelque chose de simple. La contemplation et l'attention se travaillent : nos trois niveaux d'attention constituent une porte d'entrée sans croyance requise.Ce que dit la recherche : consensus, débats, limites
Ce qui fait consensus. Le lien corrélationnel entre spiritualité et santé mentale est établi. Son intensité est faible à modérée. La fréquentation régulière d'un lieu de culte est l'une des dimensions les plus associées à des effets favorables, avec le lien social comme mécanisme le plus probable. Ce qui fait débat. La nature de la conscience, avec deux modèles concurrents et aucun tranché. Le statut du concept de mysticisme lui-même, critiqué pour son origine chrétienne et ses biais culturels. Le rôle exact de l'expérience subjective dans les effets thérapeutiques des psychédéliques. Ce qui reste inconnu. L'origine des expériences de communication avec les défunts. Les mécanismes précis reliant spiritualité et santé mentale. Julie Dachez formule sa position ainsi : « Je sais que je ne sais rien. » Les limites méthodologiques du champ. La spiritualité n'a pas de définition consensuelle, ce qui rend les études difficilement comparables. La majorité des travaux sont conduits en contexte occidental, ce qui introduit un biais culturel. Les recherches sur les expériences extraordinaires reposent largement sur des témoignages rétrospectifs, dont la fiabilité est limitée par les propriétés de la mémoire.À retenir
- La spiritualité est associée à une meilleure santé mentale, mais le lien est corrélationnel et d'intensité faible à modérée.
- Elle constitue une ressource complémentaire, jamais un substitut à un suivi thérapeutique.
- Une personne sur trois environ vit une expérience de nature spirituelle, et la plupart n'en parlent pas.
- C'est le degré de conviction, plus que son contenu, qui semble associé à une moindre anxiété face à la mort. Ce résultat demande confirmation.
- Le deuil sain repose sur un lien continu avec le défunt, pas sur son effacement.
- Trois signaux d'alerte face à une dérive : vocabulaire quantique détourné, promesse de guérison rapide, engagement progressif.
- Les psychédéliques font l'objet de recherches sérieuses sur la dépression résistante. Ils restent illégaux en France et comportent des contre-indications strictes.
Sources
- Julie Dachez, Qu'est-ce que vous croyez ? Une enquête scientifique (mais pas chiante) sur les bienfaits de la spiritualité, Albin Michel, 18 février 2026, 320 pages.
- Épisode 126 du podcast BloomingYou avec Julie Dachez (page consultée le 10 septembre 2026).
- William James, The Varieties of Religious Experience, 1902, pour les caractéristiques de l'expérience mystique.
- Dennis Klass, Phyllis Silverman, Steven Nickman, Continuing Bonds: New Understandings of Grief, 1996, pour le modèle du lien continu.
- Cicely Saunders, pour le concept de douleur totale en soins palliatifs.
- Organisation mondiale de la santé, recommandations sur les soins palliatifs incluant la dimension spirituelle.
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Publié le 09/09/2026, mis à jour le 10/09/2026